PODCAST · religion
✝️ Credo
by Dominicains de Bordeaux
Le Credo est le cœur de la foi chrétienne. Dans ce podcast, chaque article de la profession de foi est présenté, expliqué et replacé dans l’ensemble du mystère chrétien.À partir du symbole de la foi proclamé par l’Église, les épisodes offrent une catéchèse claire, structurée et accessible, permettant de mieux saisir ce que signifie croire en Dieu, en Jésus‑Christ, en l’Esprit Saint, en l’Église, et en la vie éternelle.Un podcast de formation fondamentale, pour entrer dans l’intelligence de la foi, approfondir son sens, et en vivre plus consciemment.
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Univers visible et invisible
« Créateur de l’univers visible et invisible » : anges, liberté et combat spirituelLorsque le Credo confesse Dieu comme « créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible », il affirme que l’acte créateur de Dieu ne se limite pas au monde matériel que nos sens peuvent percevoir. La foi chrétienne reconnaît l’existence d’un monde invisible, spirituel, qui précède et accompagne l’histoire humaine : le monde des anges.Cet épisode nous invite à élargir notre compréhension de la création. Dès les premiers versets de la Genèse, le « ciel et la terre » désignent l’ensemble du réel, bien avant la simple distinction entre firmament et terre ferme. L’univers créé comprend donc des réalités spirituelles, invisibles mais réelles, que l’Église confesse explicitement dans le Credo.Qui sont les anges ? Le mot « ange » signifie d’abord « messager » : celui qui porte une parole, une mission. Mais cette fonction suppose une nature propre. Les anges sont des créatures spirituelles, des « purs esprits », capables de connaître, d’aimer et de choisir, sans être liés à un corps, contrairement à l’homme qui est un esprit incarné. Avec les hommes, ils constituent le sommet de la création : des êtres capables de répondre librement à l’appel d’amour de Dieu.L’épisode éclaire la différence entre la liberté humaine et la liberté angélique. L’homme choisit lentement, dans le temps, par des actes répétés. Les anges, eux, se déterminent par un acte unique de l’intelligence et de la volonté. Leur histoire est déjà accomplie. Appelés à entrer dans l’intimité de Dieu, certains ont accueilli ce don dans l’adoration et l’humilité — « Qui est comme Dieu ? » — tandis que d’autres ont refusé de recevoir leur accomplissement comme une grâce.Ce refus radical donne naissance au monde des anges déchus, les démons, caractérisé par le repli sur soi, la volonté d’être sa propre fin, sa propre source de joie. Ce choix inaugure l’histoire du mal spirituel, qui précède l’histoire humaine et influencera ensuite, de manière indirecte mais réelle, la liberté de l’homme.La révélation biblique montre ainsi la présence discrète mais active des anges et des démons tout au long de l’histoire du salut : anges messagers, anges protecteurs, anges gardiens, mais aussi tentations, suggestions et combats intérieurs. Le monde visible et invisible se croisent constamment, jusqu’à leur réunion finale dans la Jérusalem céleste, où anges et hommes glorifiés participeront à l’unique louange de Dieu.Un épisode pour redécouvrir la profondeur du Credo et comprendre que la création n’est pas seulement matérielle, mais aussi spirituelle, appelée tout entière — visible et invisible — à la communion éternelle avec Dieu.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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L'homme et la chute
L’homme créé : image de Dieu, liberté et rupture originelleLe Credo confesse Dieu comme créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Après avoir évoqué la création du monde et celle des anges, cet épisode s’arrête sur le couronnement de l’acte créateur : la création de l’homme.La révélation biblique présente l’homme comme une créature singulière, située à la frontière du monde matériel et du monde spirituel. Pour comprendre ce que la Bible dit de l’homme, il est essentiel de distinguer le message théologique du langage imagé par lequel il est transmis. Les récits de la Genèse utilisent les symboles et les images d’une culture ancienne ; ils ne cherchent pas à fournir une explication scientifique, mais à dévoiler le sens profond de l’existence humaine.L’homme apparaît comme une rupture dans l’univers : être de parole, de conscience de soi, capable de se reconnaître, de nommer le monde et de s’y situer. Il ne se reconnaît pas dans les animaux ; aucun ne peut être pour lui une « aide qui lui corresponde ». La création de la femme manifeste alors que l’humanité est créée pour la relation. Tirée du côté de l’homme, la femme est son égale, son vis-à-vis. La première parole de l’homme devant la femme est une parole de poésie et d’émerveillement : l’humanité s’ouvre à la communion.Créé homme et femme, l’être humain reflète la vie même de Dieu. La bénédiction de la fécondité et de la sexualité appartient à l’ordre de la création : elle est un don originel, et non une conséquence du péché. L’homme est appelé à cultiver le jardin, à servir et à garder la création, dans une relation d’amitié avec Dieu et avec son prochain.Mais cette harmonie originelle est fragile. Le récit biblique du péché originel décrit non une faute biologique ou sexuelle, mais une rupture de la volonté. L’homme cherche à s’emparer de ce qui ne peut être que reçu : la connaissance du bien et du mal. La désobéissance naît de la défiance envers Dieu, soupçonné de s’opposer au bonheur humain. Ce choix entraîne des conséquences profondes : la peur de Dieu, la honte de soi, la rupture intérieure, la désagrégation des relations et l’incapacité à assumer pleinement sa responsabilité.Cette blessure originelle marque désormais la condition humaine : un repli sur soi, une fragilité de la liberté, une inclination au péché et à la mort. Toutefois, la foi chrétienne ne s’arrête pas à ce constat. Face au péché, Dieu ne renonce pas à l’homme : dès l’origine se profile la promesse du salut et de la rédemption.Un épisode essentiel pour comprendre la vision chrétienne de l’homme : créé pour l’amitié avec Dieu, libre et responsable, blessé mais toujours appelé à être relevé par la grâce.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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L'économie du Salut
De la création à la rédemption : l’histoire sainte, réponse de Dieu au malLe Credo ne confesse pas seulement la foi en Dieu créateur, mais aussi en Dieu sauveur. Après avoir contemplé la création et les origines mystérieuses du mal dans l’histoire humaine, cet épisode nous fait entrer dans ce que la tradition chrétienne appelle l’économie de la rédemption : la réponse patiente et fidèle de Dieu au péché de l’homme.La rupture originelle a blessé profondément la relation entre Dieu et l’humanité : peur de Dieu, honte de soi, désagrégation des relations, repli sur soi. Face à ce drame, Dieu ne se résigne pas. Il engage toute son œuvre pour restaurer l’amitié perdue. Cette œuvre de salut se déploie dans l’histoire sous la forme d’alliances successives, qui structurent ce que la Bible nomme l’histoire sainte.Le terme « économie », dans son sens théologique, ne désigne pas une gestion matérielle mais l’ensemble des moyens que Dieu, comme maître bienveillant de la maison, met en œuvre pour conduire l’humanité vers sa joie et son accomplissement. Dès après la chute, cette économie prend la forme d’une pédagogie divine de la miséricorde.L’épisode retrace les grandes étapes de cette histoire du salut. Avec Noé, l’humanité passe à travers les eaux de la mort pour recevoir une alliance nouvelle. Avec Abraham, Dieu inaugure une relation fondée sur la foi : un homme quitte ses sécurités pour répondre à l’appel du Dieu unique et reçoit la promesse d’un fils et d’une bénédiction pour tous les peuples. Abraham devient ainsi le père des croyants.Cette promesse se précise avec Moïse : Dieu libère son peuple de l’esclavage, le fait passer à travers la mer, lui donne sa Loi au Sinaï pour l’éduquer à une relation juste avec lui. La Loi n’est pas une fin en soi, mais une préparation à l’accueil du Messie. Puis vient l’alliance avec David, à qui est promise une descendance royale dont le règne n’aura pas de fin : un fils qui pourra appeler Dieu « mon Père ».Enfin, l’épreuve de l’exil manifeste à la fois la gravité du péché et l’infinie fidélité de Dieu. Même lorsque tout semble perdu — la terre, le Temple, la ville sainte — Dieu continue d’agir pour donner à son peuple « l’espérance et l’avenir ».Toutes ces alliances convergent vers un accomplissement unique : la venue de Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, notre Seigneur. En confessant notre foi en Jésus-Christ, nous affirmons que Dieu a répondu au scandale du mal non par une idée ou une théorie, mais par une personne : son propre Fils, don ultime et définitif de sa miséricorde.Un épisode clé pour comprendre le Credo comme la mémoire vivante de l’histoire du salut et comme la profession d’une espérance enracinée dans la fidélité de Dieu.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Jésus-Christ est Seigneur
« Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, notre Seigneur » : le cœur de la foi chrétienneLa profession de foi des chrétiens, telle qu’elle s’exprime dans le Credo, s’est précisée au fil des siècles. Pourtant, dès l’origine, elle possède un noyau simple et décisif : « Jésus est le Christ », « Jésus-Christ est Seigneur ». Cet épisode nous conduit au cœur même de la foi chrétienne, là où tout converge : la confession de Jésus comme Fils unique de Dieu et Seigneur.Tout commence par un nom : Jésus. Ce nom n’est pas anodin. Donné à l’enfant par ordre de l’ange, il signifie « Dieu sauve ». Il désigne la mission même de celui qui vient : sauver l’humanité de ses péchés. En confessant Jésus, les chrétiens confessent l’acte ultime par lequel Dieu répond au mystère du mal : non par une idée, mais par une personne donnée pour le salut du monde.Jésus est appelé le Christ — le Messie — c’est-à-dire « celui qui a reçu l’onction ». Ce titre inscrit Jésus dans toute l’attente d’Israël : l’accomplissement des promesses faites à Abraham, à Moïse et à David. En lui s’accomplit l’espérance des prophètes. Il est l’homme historique en qui Dieu manifeste définitivement sa bienveillance pour l’humanité.Mais la foi chrétienne va plus loin encore : Jésus-Christ est Seigneur. Ce mot, loin d’être honorifique, est chargé d’une densité théologique immense. Dans la tradition biblique, « le Seigneur » est le nom même de Dieu, celui que l’on substitue au Nom imprononçable. Confesser Jésus comme Seigneur, c’est confesser sa divinité. C’est reconnaître en cet homme le Dieu vivant venu habiter parmi nous.Le Credo affirme alors ce qui constitue le cœur du mystère chrétien : Jésus est le Fils unique de Dieu, vrai Dieu et vrai homme. Il est consubstantiel au Père : non seulement de même nature, mais partageant la même vie, le même être. Le Verbe éternel, par qui tout a été créé, entre dans notre histoire sans perdre sa divinité, assumant pleinement notre humanité pour nous communiquer la vie divine.Dans le Christ s’accomplissent les grandes figures de l’histoire du salut : il est roi dont le règne n’a pas de fin, prophète en qui Dieu se dit tout entier, et grand prêtre qui s’offre lui-même pour la rédemption du monde. En confessant Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, Seigneur, l’Église proclame le dessein bienveillant de Dieu porté à son accomplissement.Un épisode central pour comprendre que toute la foi chrétienne converge vers cette confession simple et radicale : Jésus-Christ est le Seigneur.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Jésus-Christ est fils de Dieu
« Jésus-Christ, Fils de Dieu » : révélation de la filiation et appel à devenir filsAu cœur du Credo se trouve une confession décisive : « Jésus-Christ est Seigneur ». En approfondissant cette foi, l’Église affirme aussi que Jésus est le Fils de Dieu. Cet épisode explore le sens profond de cette expression et ce qu’elle révèle à la fois sur Jésus et sur notre propre vocation.Dire que Jésus est Fils de Dieu ne signifie pas simplement qu’il serait un envoyé privilégié ou un prophète éminent. Dans les Évangiles, Jésus se présente comme le Fils au sens le plus fort : celui qui connaît le Père de toute éternité, qui l’a vu, qui vit de sa vie même. Cette vérité n’est pas le fruit d’un raisonnement humain ; elle relève de la Révélation. Lorsque Pierre confesse : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant », Jésus lui répond que cette connaissance vient du Père lui-même.Tout au long de sa mission, Jésus dévoile cette relation filiale unique. Elle apparaît de manière éclatante lors de son baptême dans le Jourdain : le Fils entre librement dans les eaux du repentir pour porter les péchés du monde, l’Esprit repose sur lui, et la voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». La Trinité se manifeste, et Jésus est révélé comme Fils par excellence.Mais cette révélation ne concerne pas Jésus seul. S’il est venu dans notre chair, c’est pour nous donner part à sa propre relation avec le Père. L’homme a été créé pour la filiation : être regardé, désiré et aimé pour lui-même par Dieu. Le péché a obscurci et blessé cette relation, mais il ne l’a pas supprimée. En Jésus-Christ, image parfaite du Père invisible, cette vocation est restaurée et rendue accessible par grâce.L’épisode souligne une grande vérité biblique : l’homme n’est pas fait pour le monde, c’est le monde qui est fait pour l’homme. Unique créature voulue pour elle-même, l’homme est appelé à vivre comme fils, non comme centre absolu de tout. Cette filiation n’est pas seulement une identité reçue, mais aussi une responsabilité. Dans le Nouveau Testament, devenir fils de Dieu engage un agir conforme à cet amour : vivre dans la vérité, le don de soi et la confiance filiale.Être fils de Dieu, c’est refuser le repli égoïste et consentir à recevoir la vie comme un don. Jésus vient précisément pour cela : faire de nous des fils adoptifs, capables de dire « Père » avec vérité. Il accomplit ainsi la promesse faite à Abraham : le don du Fils par qui toutes les nations seront bénies.Un épisode central pour comprendre que la foi chrétienne n’est pas seulement une croyance, mais une transformation de l’identité : appelés à devenir, en Jésus-Christ, les fils bien-aimés du Père.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Jésus descend du Ciel et prend chair
« Descendu du ciel, il a pris chair » : le mystère central de l’IncarnationAu cœur du Credo, l’Église confesse une affirmation décisive pour la foi chrétienne : Jésus-Christ, Fils de Dieu, est descendu du ciel et a pris chair. Cet épisode propose de s’arrêter sur ces paroles simples en apparence, mais d’une densité théologique inouïe, qui expriment le cœur même du mystère chrétien.Descendre du ciel ne signifie pas un déplacement spatial, comme si Dieu quittait un lieu pour en rejoindre un autre. Cette expression dit que le Verbe éternel, qui est Dieu et qui est auprès de Dieu, entre librement dans notre histoire. Le Prologue de saint Jean l’exprime avec force : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». Dieu assume réellement la condition humaine, sans cesser d’être Dieu.Face à ce mystère, l’histoire de l’Église a dû tracer un chemin étroit entre deux tentations opposées. La première consiste à réduire Jésus à un homme exceptionnel, adopté par Dieu à un moment de son existence. Les doctrines adoptionnistes ou ariennes affirmaient un Jésus supérieur aux autres hommes, mais créé, et non Dieu lui-même. L’Église a répondu avec clarté : Jésus n’est pas une créature, mais le Fils engendré, non créé, consubstantiel au Père. « Moi et le Père, nous sommes un ».La tentation inverse consiste à nier le réalisme de l’Incarnation. Selon le docétisme, Jésus ne serait qu’un Dieu déguisé en homme, son humanité n’étant qu’une apparence. Là encore, la foi chrétienne s’y oppose fermement : Jésus est véritablement homme. Il a un corps réel, une intelligence humaine, une volonté humaine, des émotions humaines. Il pleure, il a faim, il éprouve l’angoisse, il souffre et il meurt.Ce patient travail doctrinal conduit au grand principe formulé par les Pères de l’Église : « Ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé ». Tout ce qui fait l’homme — corps, intelligence, volonté, affectivité — a été assumé par le Verbe pour être sauvé. Le concile de Chalcédoine le formulera avec précision : une seule Personne, le Verbe éternel, subsiste en deux natures, divine et humaine, sans confusion ni séparation.Ainsi, lorsque Jésus agit, parle, souffre ou meurt, c’est Dieu lui-même qui agit à travers son humanité. L’humanité du Christ devient l’« instrument conjoint » de sa divinité : non un simple masque, mais la médiation réelle par laquelle Dieu se rend accessible à l’homme. Toucher l’humanité du Christ, c’est rencontrer Dieu.La finalité de l’Incarnation est alors révélée : Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse devenir participant de la vie divine. En descendant du ciel et en prenant chair, le Fils ouvre à l’humanité blessée le chemin de la communion avec Dieu.Un épisode fondamental pour comprendre que la foi chrétienne repose sur une affirmation vertigineuse : Dieu s’est rendu proche, jusqu’à partager notre condition, afin de nous faire partager sa propre vie.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Jésus est né de la Vierge Marie
« Conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie » : Marie au cœur du mystère du ChristAu centre de la foi chrétienne se tient le mystère de l’Incarnation : Dieu s’est fait chair pour notre salut. En confessant dans le Credo que Jésus-Christ a été « conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie », l’Église nous invite à contempler le rôle unique de Marie dans l’histoire du salut.Cet épisode propose d’entrer dans ce que la théologie appelle le dogme marial, en soulignant d’emblée une vérité essentielle : tout ce que la foi chrétienne dit de Marie est entièrement ordonné au mystère du Christ. La mariologie est inséparablement christologique. Ainsi, le titre central de Marie Mère de Dieu n’est pas né d’une dévotion mariale isolée, mais d’un débat décisif sur l’identité même de Jésus.Si Marie est proclamée Mère de Dieu (Théotokos), c’est parce que celui qu’elle met au monde n’est pas seulement un homme uni à Dieu, mais Dieu lui-même fait chair. Elle n’est pas la source de sa divinité, mais elle est véritablement la mère de la Personne divine du Fils dans son humanité. En affirmant ce titre, l’Église protège la vérité de l’Incarnation : l’enfant de la crèche est le Verbe éternel de Dieu.Dieu aurait pu sauver l’humanité sans passer par Marie. Pourtant, il a voulu entrer dans notre histoire par le consentement libre d’une femme. Ce choix manifeste une loi profonde de l’économie du salut : Dieu ne sauve pas l’homme sans l’homme. La réponse de Marie — « Qu’il me soit fait selon ta parole » — devient le modèle de toute collaboration humaine à la grâce. Comme le dira saint Augustin, Dieu qui nous a créés sans nous ne nous sauve pas sans nous.L’épisode éclaire ensuite la signification de la virginité de Marie, souvent difficile à comprendre pour l’homme moderne. Loin d’être un détail biologique, elle est un signe théologique : Jésus n’a pas d’autre Père que Dieu. Sa naissance virginale manifeste que la source de sa vie est entièrement divine et que son origine ne dépend pas d’une initiative humaine. Elle exprime aussi le don total de Marie à Dieu, sa disponibilité sans partage à l’œuvre du salut.Enfin, une juste place est donnée à saint Joseph, figure essentielle et souvent silencieuse. Père non par la chair mais par l’accueil, le nom, l’éducation et la transmission, Joseph donne à Jésus son insertion concrète dans l’histoire humaine. Il rappelle que la paternité dépasse la biologie : elle est aussi responsabilité, fidélité et service.Un épisode pour comprendre que, dans le mystère de Marie, c’est toujours le Christ qui est confessé : Dieu qui a voulu avoir besoin d’une réponse humaine pour entrer dans notre monde et nous faire entrer, à notre tour, dans sa vie.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Marie dans l'Histoire Sainte
Marie dans l’histoire du salut : Immaculée, associée à l’œuvre du Christ et mère de l’ÉgliseL’Incarnation du Fils de Dieu est le cœur de la foi chrétienne. En confessant que Dieu a voulu passer par la Vierge Marie pour entrer dans notre histoire « pour nous les hommes et pour notre salut », le Credo ouvre une méditation sur la place unique de Marie dans l’histoire du salut.Cet épisode invite à contempler Marie non pas isolément, mais dans le grand mouvement de l’histoire sainte. Elle est l’aboutissement d’une longue attente biblique : celle du Fils de la promesse. Tout l’Ancien Testament peut se lire comme une histoire tendue vers cette naissance, portée par les figures des justes et des saintes femmes qui transmettent la vie jusqu’à ce que puisse naître le Sauveur. Marie, humble servante, recueille en elle toute cette attente et y répond au nom de l’humanité entière.À partir de la salutation de l’ange — « Je te salue, pleine de grâce » — l’Église a progressivement perçu le mystère de l’Immaculée Conception. Affirmer que Marie est conçue sans péché originel ne revient nullement à nier sa condition humaine. Comme tout être humain, elle est conçue de parents humains. Mais Dieu l’a préservée, par anticipation des mérites du Christ, de la blessure du péché originel, afin qu’elle puisse répondre à son appel dans une liberté pleine et intacte.Loin de restreindre sa liberté, cette grâce la rend au contraire pleinement humaine. Le péché n’agrandit jamais la liberté : il la diminue. Marie, préservée de cette atteinte, est capable d’un acquiescement total, spontané et personnel à la volonté de Dieu. Elle aurait pu refuser, mais elle choisit de répondre de tout son être : « Qu’il me soit fait selon ta parole ».Marie est ainsi reconnue par l’Église comme fille de l’humanité, héritière des promesses anciennes ; comme sœur, partageant l’épreuve, la foi et la confiance ; et, dans l’ordre de la grâce, comme mère. Sa coopération à l’œuvre du salut ne s’arrête pas à l’Annonciation. Elle accompagne le Christ dans son enfance, au début de sa vie publique, au pied de la croix, puis au cœur de l’Église naissante à la Pentecôte.Au terme de sa vie terrestre, la foi chrétienne confesse que Marie est pleinement associée à la gloire de son Fils : c’est le mystère de l’Assomption, par lequel elle participe déjà, corps et âme, à la résurrection promise à tous. Dans le paradis, se tiennent désormais un homme et une femme glorifiés : le Christ ressuscité et sa mère, associée à son œuvre.C’est pourquoi l’Église reconnaît en Marie non seulement un modèle de foi, d’espérance et de charité, mais véritablement la Mère de l’Église. Glorifiée auprès de Dieu, elle continue d’intercéder pour les croyants. Par elle est venu le salut ; par sa prière maternelle, il continue d’atteindre chacun.Un épisode contemplatif et profondément théologique, pour saisir combien Dieu a voulu associer une créature humaine à l’œuvre même du salut, et comment, en Marie, l’humanité trouve déjà sa réponse la plus pure à l’appel de Dieu.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Baptême et prédication du Christ
Le ministère public de Jésus : signes, enseignement et manifestation du FilsAprès avoir contemplé le mystère de l’Incarnation et la place de la Vierge Marie dans l’histoire du salut, le Credo nous conduit vers le cœur de la vie terrestre de Jésus : son ministère public. Cet épisode ouvre la méditation sur ces trois années décisives où le Christ se manifeste publiquement comme Sauveur.Les Évangiles nous montrent d’abord un long temps de silence : la vie cachée à Nazareth, où Jésus grandit humblement, soumis à Marie et à Joseph. Puis vient l’heure de la révélation. Le ministère public s’ouvre par un geste paradoxal et profondément révélateur : le baptême de Jésus dans le Jourdain.Jésus ne commence pas en maître ou en juge, mais en se plaçant au milieu des pécheurs. Il entre le dernier dans les eaux, prenant sur lui le poids du péché du monde. En agissant ainsi, il inaugure déjà l’œuvre de la rédemption. Jean le Baptiste le désigne alors comme « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».Au sortir des eaux, se manifeste le mystère trinitaire : les cieux s’ouvrent, l’Esprit repose sur Jésus, et la voix du Père proclame : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Ce n’est pas un commencement de filiation, mais une manifestation : l’aujourd’hui éternel de Dieu entre dans le temps de l’histoire. Jésus est révélé comme le Fils, le Messie envoyé pour sauver.Aussitôt, l’Esprit le conduit au désert, où Jésus affronte le tentateur. Là encore, il agit en notre nom, reprenant l’histoire de l’humanité pour la conduire à la victoire sur le mal. Son ministère commence par cette confrontation décisive avec le prince de ce monde.Tout au long de ces années, Jésus agit et enseigne. Les Évangiles parlent moins de « miracles » que de signes : des gestes qui révèlent sa mission et son identité. Guérisons, délivrances, résurrections sont autant de signes qui manifestent la venue du Royaume de Dieu. Ces actes sont toujours accompagnés d’un enseignement qui en éclaire le sens profond.Jésus se révèle comme maître et rabbi. Sa prédication trouve une expression particulièrement dense dans le sermon sur la montagne, véritable charte de la vie chrétienne. Les béatitudes y dessinent un chemin paradoxal de bonheur, fondé sur la pauvreté du cœur, la douceur, la miséricorde, la quête de justice et la paix.Allant au-delà de la Loi ancienne, Jésus en manifeste l’accomplissement radical : l’appel à la sainteté comme participation à la perfection de Dieu lui-même. Cet enseignement culmine dans le commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». La nouveauté n’est pas l’amour, mais la mesure de cet amour, qui va jusqu’au don total de soi.Ainsi, le ministère public de Jésus révèle progressivement qui il est et pourquoi il est venu : le Fils bien-aimé du Père, venu poser en actes et en paroles l’amour de Dieu pour le monde, jusqu’à livrer sa vie pour que l’homme ait la vie éternelle.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Le Christ guérit et pardonne
Guérir, libérer, pardonner : le Royaume de Dieu à l’œuvre dans le ministère de JésusLe Credo confesse que Jésus-Christ est venu pour nous révéler le cœur de Dieu et nous introduire dans une relation filiale avec le Père. Après avoir contemplé son baptême et sa prédication, cet épisode s’arrête sur une dimension centrale de son ministère public : les guérisons, les libérations et le pardon des péchés comme signes de la venue du Royaume de Dieu.Jésus n’est pas seulement un maître qui enseigne une sagesse morale. Il ne se contente pas d’indiquer un chemin : il fait advenir ce qu’il annonce. Le Royaume de Dieu qu’il proclame n’est pas une idée abstraite, mais une réalité vivante qui se manifeste par des actes concrets. Les guérisons occupent dans les Évangiles une place tout à fait particulière, toujours liées à une restauration profonde de la personne.Jésus refuse toute interprétation simpliste qui ferait de la maladie une sanction directe d’un péché personnel. Pourtant, il affirme clairement le lien biblique entre le mal, les forces de mort et la rupture de l’homme avec Dieu. La guérison devient alors un signe du salut : elle exprime le rétablissement d’une relation juste avec le Père, une relation filiale, pacifiée, libérée.C’est pourquoi Jésus associe souvent la guérison à un appel à la conversion : « Va, et ne pèche plus ». Il ne s’agit pas de condamner, mais de réintroduire l’homme dans le Royaume, là où le péché, la maladie et la mort perdent leur pouvoir. Le Royaume est présent là où l’homme retrouve Dieu comme Père.Cette œuvre de restauration s’étend aussi à la lutte contre les puissances du mal. Les Évangiles témoignent de manière insistante des expulsions de démons opérées par Jésus. Ces récits ne relèvent pas de l’anecdote ni du spectaculaire. Ils manifestent la victoire du Christ sur « l’accusateur » et la libération de l’homme de toute emprise qui l’éloigne de Dieu. Fait frappant : les démons reconnaissent immédiatement en Jésus « le Saint de Dieu ». Mais Jésus refuse que cette vérité soit proclamée par eux : la révélation de son identité est destinée aux cœurs qui croient, non aux puissances de ténèbres.Parmi tous les actes de Jésus, un geste provoque une opposition décisive : le pardon des péchés. Jésus ne se contente pas de dénoncer le mal ou d’encourager la vertu : il pardonne. Et cette initiative suscite un scandale légitime aux yeux de ses contemporains : « Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? » En agissant ainsi, Jésus se situe délibérément au niveau de Dieu lui-même.Face à Jésus, il n’y a alors que deux issues possibles : reconnaître en lui le Messie, le Fils de Dieu, ou l’accuser de blasphème. Cette alternative ouvre directement sur le mystère de la Passion. Les actes de Jésus — guérir, libérer, pardonner — révèlent ce qu’il est, mais déclenchent aussi le rejet qui conduira à sa mort.Un épisode essentiel pour comprendre que le ministère public de Jésus n’est pas une morale améliorée, mais une irruption du Royaume de Dieu dans l’histoire humaine : un Royaume où l’homme est guéri, réconcilié et rendu à sa dignité de fils.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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La Cène
Jésus appelle les Douze et se donne en Eucharistie : le Royaume transmis à l’ÉgliseLa foi confessée dans le Credo est entièrement centrée sur la personne du Christ Jésus. Après avoir contemplé son enseignement et ses œuvres — guérisons, libérations, pardon des péchés — cet épisode met en lumière une dimension essentielle mais parfois méconnue de son ministère public : le choix des apôtres et l’institution de l’Eucharistie.L’action de Jésus n’est jamais improvisée ni purement spontanée. Elle s’inscrit dans une mission reçue du Père : faire advenir le Royaume de Dieu et rétablir l’humanité dans une relation filiale avec lui. Pour que ce Royaume atteigne tous les peuples et traverse le temps, Jésus ne se contente pas de parler aux foules. Il choisit.Au milieu de la multitude de disciples, Jésus appelle librement Douze hommes. Ce choix n’est ni arbitraire ni élitiste : il est profondément symbolique. Les Douze renvoient aux douze tribus d’Israël et manifestent la refondation du peuple de Dieu. Avant de les appeler, Jésus passe la nuit en prière. Il les choisit « pour être avec lui », pour entrer dans l’intimité de son enseignement, puis pour être envoyés en avant de lui comme témoins et pasteurs du Royaume.Les apôtres ne reçoivent pas un savoir secret réservé à quelques initiés : ce que Jésus leur révèle, il le fait afin qu’ils le transmettent à tous. Ils deviennent les dépositaires d’événements uniques — la Transfiguration, par exemple — où la gloire divine du Christ se manifeste dans sa chair. Ils sont établis témoins pour l’Église de tous les temps.Mais la mission du Christ ne s’accomplit pleinement qu’en allant jusqu’au don total de sa vie. Avant d’entrer dans sa Passion, Jésus pose un acte décisif qui unit tous les chrétiens à son sacrifice : l’institution de l’Eucharistie. Dans le contexte du repas pascal — mémoire de la libération d’Israël — Jésus se désigne lui-même comme l’Agneau véritable. Il donne son Corps et son Sang, établissant l’Alliance nouvelle et éternelle « pour la rémission des péchés ».En livrant l’Eucharistie, Jésus confie à ses apôtres non seulement un enseignement ou un souvenir, mais sa présence vivante. L’Église reçoit ainsi le sacrement qui est à la fois la source et le sommet de toute la vie chrétienne. Dans l’Eucharistie, ce n’est pas seulement la grâce qui est donnée, mais l’Auteur même de la grâce : le Christ vivant, vrai Dieu et vrai homme.À travers les apôtres et leurs successeurs, cette présence est rendue accessible à chaque génération. La mission confiée par le Christ consiste à transmettre non seulement sa parole, mais le Christ lui-même, offert pour la vie du monde.Un épisode décisif pour comprendre que le Royaume de Dieu n’est pas une idée abstraite, mais une réalité transmise dans le temps par une communauté appelée, envoyée et nourrie par l’Eucharistie.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Crucifié sous Ponce Pilate
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate : la Passion librement consentie du FilsAu cœur du Credo chrétien se trouve un événement décisif : la Passion de Jésus-Christ, « crucifié pour nous sous Ponce Pilate ». Cet épisode nous fait entrer dans ce mystère central de la foi, là où se révèle pleinement l’identité de Jésus et l’amour rédempteur de Dieu.La première prédication de l’Église, rapportée dans les Actes des Apôtres, s’appuie précisément sur ce point : celui qui a été mis à mort et que Dieu a ressuscité est le Messie annoncé par les Écritures. Ce n’est pas une théorie qui fonde la foi chrétienne, mais un événement historique, inscrit dans le temps, porté par le mystère pascal.La Passion n’est pas un accident de l’histoire ni l’échec d’un projet. Jésus sait où il va. Tout au long de son ministère, il annonce à ses disciples qu’il sera livré, qu’il souffrira, qu’il mourra, et qu’il ressuscitera. Cette lucidité atteint son point culminant dans l’agonie à Gethsémani. Là, l’humanité du Christ est saisie d’angoisse devant la souffrance et la mort à venir. Sa prière révèle la vérité de l’Incarnation : une volonté humaine tremblante, mais pleinement unie à la volonté du Père — « Non pas ma volonté, mais la tienne ».La Passion est donc volontaire. Jésus ne fuit pas, ne se défend pas par la force, ne cherche pas à se sauver lui-même. Lorsqu’il est arrêté, il se livre librement : « Je suis ». C’est le nom divin lui-même qui fait tomber ses adversaires, signe que celui qui va souffrir reste souverain jusque dans l’abaissement.Le récit de la Passion montre une responsabilité largement partagée. Autorités religieuses et pouvoir romain, peur, lâcheté, calcul politique, abandon des disciples : tous prennent part, d’une manière ou d’une autre, au drame. Et pourtant, au cœur même de cette injustice, des figures de fidélité et de compassion apparaissent : Marie, le disciple bien-aimé, Marie-Madeleine, Simon de Cyrène, le centurion. Le récit ne cherche pas des coupables, mais révèle une vérité plus profonde : c’est pour nous que le Christ souffre.Dans sa Passion, Jésus ne se contente pas d’enseigner le pardon, il le vit. Il prie pour ceux qui le crucifient, console jusqu’au dernier instant, remet son esprit entre les mains du Père dans une confiance filiale parfaite. Son cri sur la croix n’est pas désespoir, mais l’extrême profondeur de la prière de l’innocent livré.La Croix est ainsi le sommet de l’œuvre de salut. Jésus ne meurt pas parce que le péché est plus fort que Dieu, mais parce que l’amour de Dieu est allé jusqu’au bout. Comme le dira saint Paul, il a été « fait péché pour nous », non parce qu’il aurait péché, mais parce qu’il s’identifie totalement à la condition humaine blessée pour la sauver de l’intérieur.Confesser le Christ « crucifié pour nous sous Ponce Pilate », c’est reconnaître que le salut n’est pas une idée, mais une vie donnée. C’est croire que, dans la faiblesse apparente de la Croix, se dévoile la toute-puissance de l’amour de Dieu.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Est descendu aux enfers
« Crucifié, mort et enseveli : il est descendu aux enfers » — le salut jusqu’au cœur de la mortLe Credo insiste avec force sur le réalisme de la mort de Jésus : crucifié, mort, enseveli, et descendu aux enfers. Ces précisions ne sont ni accessoires ni symboliques. Elles disent jusqu’où Dieu est allé pour sauver l’homme — jusque dans l’expérience intégrale de la mort.La mort du Christ s’inscrit au cœur de la Pâque juive, mémoire de la libération d’Israël hors de l’esclavage d’Égypte. Selon la chronologie de l’Évangile de Jean, Jésus meurt au moment même où l’on immole les agneaux dans le Temple : il est l’Agneau véritable, celui qui porte le péché du monde. Sa mort n’est pas accidentelle : elle accomplit l’Écriture et révèle le sens ultime de l’Alliance.Déposé hâtivement dans le tombeau avant l’entrée du sabbat, le corps de Jésus connaît le grand silence du Samedi saint. Cette mise au tombeau affirme sans équivoque la réalité de sa mort : Jésus ne feint pas, ne joue pas la mort, ne disparaît pas symboliquement. Il meurt réellement dans son humanité. Son corps inanimé repose dans le tombeau, sans perdre toutefois l’union à sa divinité — raison pour laquelle il ne connaîtra pas la corruption.Mais le Credo va plus loin encore : « il est descendu aux enfers ». Cette affirmation ouvre un mystère souvent mal compris. Les « enfers » — au sens biblique du Shéol — ne désignent pas l’enfer de damnation, mais l’état d’existence où les morts sont privés de la vision de Dieu. C’est là que descendaient, avant le Christ, justes et injustes indistinctement.En entrant dans la mort, le Christ descend jusque dans ce lieu d’absence de Dieu. Il va rejoindre l’humanité captive depuis l’origine, enfermée par le péché et la mort. Selon la prédication apostolique, il y libère les justes de l’Ancien Testament : patriarches, prophètes, tous ceux qui vivaient dans l’attente de la promesse. Les portes de la mort sont brisées de l’intérieur.La descente aux enfers manifeste l’extrême profondeur de l’abaissement du Fils et prépare son exaltation. Toute la mission du Christ se déploie comme une grande descente — du Père jusqu’aux enfers — suivie d’un relèvement glorieux. Désormais, la mort est transformée : elle n’est plus une prison close, mais un passage ouvert par le Christ.C’est là une bonne nouvelle radicale : aucun lieu de l’existence humaine n’échappe au salut. Même la mort est visitée, traversée, vaincue. À partir de la Pâque, la destinée humaine est définitivement partagée : le refus définitif de Dieu mène à l’enfermement sur soi qu’est l’enfer au sens strict, tandis que l’accueil du salut ouvre à la communion avec Dieu, au paradis.Confesser que le Christ est « mort et descendu aux enfers », c’est proclamer que le salut ne s’arrête pas aux limites du visible et du vivant. Il rejoint l’homme là où nul ne pouvait plus descendre pour l’en délivrer.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Est ressuscité le 3e jour selon les écritures
« Il est ressuscité le troisième jour » : le cœur vivant de la foi chrétienneAu centre de la foi chrétienne proclamée par le Credo se trouve une affirmation décisive : Jésus-Christ est ressuscité le troisième jour selon les Écritures. Cet épisode nous conduit au cœur même du message chrétien, là où tout converge et d’où tout jaillit : le mystère de la Résurrection.La mort réelle du Christ, son ensevelissement et sa descente aux enfers sont essentiels. Mais ce qui bouleverse radicalement la vie des disciples, ce qui fonde l’Église et transforme l’histoire, c’est la Résurrection. À partir de cet événement, plus rien n’est comme avant. Les apôtres et les disciples, marqués par la peur, la fuite ou la tristesse après la Passion, sont transformés par la rencontre du Ressuscité.Le mystère pascal forme un tout indissociable : la Cène, la croix, la Résurrection ne peuvent être séparées. Déjà, dans l’institution de l’Eucharistie, Jésus annonce la venue de son Royaume au-delà de la mort. La croix elle-même ne peut être comprise qu’à la lumière du tombeau vide. Et inversement, on n’accède à la foi en la Résurrection qu’en passant par la croix, par l’acceptation du scandale et de la faiblesse.Les récits évangéliques montrent un chemin précis vers la foi pascale. D’abord le tombeau vide et les signes laissés derrière lui. Puis les apparitions : Marie-Madeleine, première témoin et messagère de la Résurrection, les disciples, les apôtres, Thomas. La foi naît toujours d’un témoignage reçu, relayé, accueilli. On croit à la Résurrection parce que quelqu’un en parle, parce que quelqu’un en témoigne.La Résurrection a lieu le troisième jour, qui devient pour les chrétiens le jour par excellence : le dimanche, premier jour de la semaine et aussi « huitième jour », symbole d’une création nouvelle. Ce jour inaugure un monde radicalement nouveau, où la mort n’a plus le dernier mot.Le Christ ressuscité n’est pas simplement revenu à une existence ancienne. Son corps, tout en portant les marques de la Passion, est désormais glorieux. Il n’est plus soumis aux lois de ce monde : c’est le monde qui devient relatif à lui. La Résurrection révèle le Christ comme le Vivant, celui qui a le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre.Les Écritures elles-mêmes trouvent dans la Résurrection leur pleine intelligibilité. Sur le chemin d’Emmaüs, le Ressuscité relit Moïse et les prophètes, montrant que toute l’histoire sainte converge vers ce mystère. C’est cette intelligence des Écritures qui fait brûler le cœur des disciples, jusqu’au moment où ils reconnaissent le Seigneur dans le geste eucharistique de la fraction du pain.La Résurrection n’est donc pas seulement un événement passé : elle devient présence actuelle dans l’Église, particulièrement dans l’Eucharistie. Là, le Christ vivant se donne à reconnaître et à aimer.Avec Thomas, la foi chrétienne trouve sa confession ultime : « Mon Seigneur et mon Dieu ». La Résurrection ouvre à l’humanité l’accès à la vie même de Dieu et fait résonner pour chaque croyant l’appel à vivre dès maintenant de cette vie nouvelle.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Jésus est monté au Ciel
« Il est monté au ciel et siège à la droite du Père » : l’humanité entrée dans la gloire de DieuAprès avoir confessé la Résurrection du Christ, le Credo nous fait entrer dans un autre mystère fondamental de la foi chrétienne : l’Ascension de Jésus et sa session à la droite du Père. Cet épisode propose d’en approfondir le sens, à la fois pour la foi des premiers chrétiens et pour notre espérance aujourd’hui.Dire que Jésus est monté au ciel et qu’il siège à la droite du Père ne signifie pas une simple disparition ou un éloignement. Il s’agit de l’accomplissement même de l’Incarnation. Celui qui est Dieu fait homme, passé par la mort et relevé dans la Résurrection, fait entrer définitivement l’humanité dans la gloire de Dieu. L’Ascension révèle ce pour quoi l’homme a été créé : non seulement vivre ici-bas, mais partager la vie même de Dieu, dans son intimité.Pour les premiers chrétiens, cette vérité accomplissait les attentes religieuses les plus profondes de l’humanité — le désir d’une proximité véritable avec Dieu — tout en les dépassant infiniment. Désormais, ce n’est plus seulement le sacré qui se manifeste à l’homme par des rites et des médiations, mais l’homme lui-même qui est introduit auprès de Dieu, dans la personne du Christ.L’Ascension proclame avec force le réalisme du salut chrétien. Ce n’est pas seulement l’âme ou l’esprit qui sont appelés à Dieu, mais aussi le corps. Le corps ressuscité du Christ, semblable au nôtre et pourtant glorifié, atteste que notre chair elle-même est destinée à la vie divine. Ce mystère oriente toute l’espérance chrétienne : la Résurrection n’est pas seulement victoire sur la mort, elle est ouverture d’un avenir corporel et glorieux pour l’humanité.Cependant, l’Ascension n’ouvre pas un temps d’absence. Elle inaugure un mode nouveau de la présence du Christ. Comme le montre la rencontre avec Marie‑Madeleine — « Ne me touche pas… » — la relation au Ressuscité change. Jésus est désormais présent autrement, d’une présence plus universelle et plus intérieure, qui sera pleinement dévoilée par le don de l’Esprit Saint.Le Christ confie alors à ses disciples la mission d’annoncer l’Évangile à toutes les nations et promet de demeurer avec eux « jusqu’à la fin du monde ». Cette promesse s’accomplit aujourd’hui de manière concrète. Le Christ ressuscité se rend présent dans les Écritures proclamées et méditées, où le Verbe nous parle encore. Il est présent lorsque les chrétiens sont réunis en son nom. Il est présent surtout dans les sacrements, où il agit par la puissance de l’Esprit : baptiser, pardonner, nourrir de son Corps et de son Sang.Ainsi, l’Ascension ne retire pas le Christ à l’histoire humaine ; elle le rend agissant autrement. Désormais glorifié, il exerce sa seigneurie sur le ciel et la terre en communiquant sans cesse sa grâce. Assis à la droite du Père, il intercède pour nous et ouvre à chacun le chemin du monde à venir.Un épisode lumineux pour comprendre que l’Ascension n’est pas une séparation, mais l’accomplissement de la promesse chrétienne : l’homme appelé à vivre avec Dieu, corps et âme, pour toujours.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Jésus reviendra dans la gloire
« Il reviendra dans la gloire » : le sens de l’histoire et l’espérance chrétienneLa foi de l’Église, proclamée dans le Credo, ne se limite pas aux événements passés de l’histoire du salut. Après avoir confessé la Résurrection et l’Ascension du Christ, elle affirme une espérance décisive : le Christ reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts.Cet épisode nous invite à comprendre ce temps singulier dans lequel vivent les chrétiens : un temps de l’entre-deux, entre l’accomplissement déjà réel du salut dans le Christ et son achèvement définitif lors de son retour glorieux. Cette tension — « déjà là, mais pas encore » — structure toute l’existence chrétienne et donne sens à l’histoire humaine.La vision biblique de l’histoire rompt avec les conceptions cycliques ou tournées vers le passé des grandes civilisations antiques. L’histoire a un commencement, une direction et une fin. Elle est orientée vers une rencontre ultime avec le Christ, qui récapitulera toute chose, révélera la vérité des œuvres humaines et établira définitivement le Royaume de Dieu.Le retour du Christ n’est pas présenté comme une catastrophe à redouter, mais comme une espérance à désirer. Pour les premiers chrétiens, il ne s’agissait pas de retarder l’Apocalypse, mais de la hâter par une vie fidèle à l’Évangile. Chaque acte de justice, de fidélité, de charité prépare et anticipe la venue du Royaume. À l’inverse, chaque compromission avec les forces de destruction fait perdre à l’histoire son orientation et son sens.Ce jugement annoncé n’est pas d’abord une menace, mais la révélation de la vérité : ce qui est fait dans l’amour demeure pour l’éternité, tandis que ce qui est fondé sur la domination, la violence ou l’égoïsme disparaît avec le monde qui passe. L’histoire humaine se révèle ainsi comme un lieu de combat — non entre blocs abstraits, mais au cœur même de chaque conscience.Le Christ refuse de donner un calendrier précis de son retour. Il en souligne le caractère soudain et universel. Les signes qu’il évoque — la prédication de l’Évangile à toutes les nations, les crises de la foi, la reconnaissance du Messie par Israël — ne servent pas à spéculer, mais à veiller et persévérer.Les Pères de l’Église, notamment saint Bernard, parleront même d’une triple venue du Christ : sa venue humble dans l’Incarnation, sa venue glorieuse à la fin des temps, et une venue intermédiaire — celle de la grâce — par laquelle il visite aujourd’hui les cœurs ouverts à son appel. Ainsi, la venue du Christ n’est pas seulement future : elle s’accomplit déjà chaque fois que nous choisissons la vie selon l’Évangile.Un épisode pour redonner au Credo toute sa portée existentielle : croire au retour du Christ, c’est croire que l’histoire a un sens, que nos choix ont un poids éternel, et que le bien posé aujourd’hui n’est jamais perdu.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Jésus reviendra pour juger les vivants et les morts
« Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts » : jugement, liberté et vérité de l’histoireLe Credo affirme que l’histoire humaine n’est pas une dérive sans direction ni un éternel recommencement. Elle est orientée vers un accomplissement : le retour glorieux du Christ, venu juger les vivants et les morts. Cet épisode approfondit cette vérité parfois redoutée, souvent déformée, mais essentielle à la foi chrétienne.Le temps actuel est celui de l’entre-deux : le salut est déjà donné dans le Christ ressuscité et glorifié, mais il n’est pas encore pleinement manifesté. Cette tension nourrit à la fois l’espérance et la responsabilité. Loin d’une menace arbitraire, le jugement du Christ vient révéler la vérité des vies humaines et donner sens à l’histoire.Notre culture oscille fréquemment entre le scepticisme face à toute idée de jugement final et une fascination presque obsessionnelle pour la fin du monde. Films, romans, récits apocalyptiques témoignent d’une intuition diffuse : quelque chose doit advenir pour clore l’histoire. Le christianisme ne nie pas cette attente, mais lui donne un visage : celui du Christ ressuscité.Le jugement annoncé par Jésus et prêché par les apôtres — saint Paul à l’Aréopage en particulier — est fondé sur la Résurrection. Celui que Dieu a ressuscité est établi juge de l’histoire humaine. Il ne s’agit pas d’un jugement arbitraire, mais d’une restitution de la vérité : Dieu rendra à chacun selon ses œuvres.L’Écriture et le Catéchisme évoquent aussi les grandes épreuves qui précéderont la fin : l’annonce de l’Évangile au monde entier, la reconnaissance du Messie par Israël, et surtout l’épreuve ultime de l’Église, marquée par une grande apostasie. Comme le Christ est entré dans la gloire par l’humiliation de la croix, l’Église entrera dans la gloire non pas par un triomphe terrestre, mais par une fidélité éprouvée.Le cœur de cet épisode porte sur le sens du jugement. Dieu veut le salut de tous et donne à chacun une grâce suffisante pour choisir le bien. Mais cette miséricorde universelle n’annule pas la gravité de la liberté humaine. Nos choix comptent réellement. L’homme n’est pas sauvé ou perdu par décret arbitraire, mais par l’orientation qu’il donne à sa vie.Le jugement n’est donc ni une vengeance divine ni une indulgence sans exigence. Il est la reconnaissance de la responsabilité humaine. L’homme se construit tout au long de sa vie par ses actes, soutenu par la grâce, et Dieu prend au sérieux cette construction. Le pardon est offert sans cesse ici-bas, mais l’histoire ne sera pas effacée : elle sera transfigurée dans la vérité.Croire au retour du Christ et au jugement final, c’est croire que le bien n’est jamais inutile, que la fidélité discrète demeure pour l’éternité, et que l’histoire humaine a un sens ultime. C’est aussi vivre dès maintenant dans une vigilance confiante, non dans la peur, mais dans l’espérance active.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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Je crois en l'Esprit-Saint
Je crois en l'Esprit-Saint
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Esprit-Saint : Seigneur et vivificateur
Esprit-Saint : Seigneur et vivificateur
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Les dons de l'Esprit
Les dons de l'Esprit
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L'Esprit-Saint a parlé par les prophètes
L'Esprit-Saint a parlé par les prophètes
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Je crois en l'Église
Je crois en l'Église
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Je crois en l'Église une et sainte
Je crois en l'Église une et sainte
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Je croix en l'Église catholique et apostolique
Je croix en l'Église catholique et apostolique
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Je reconnais un seul baptême
Je reconnais un seul baptême
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Les sacrements, la confirmation
Les sacrements, la confirmation
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L'Eucharistie
L'Eucharistie
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Le sacrement du mariage
Le sacrement du mariage
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Le sacrement de l'ordre
Le sacrement de l'ordre
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Confession et onction des malades
Confession et onction des malades
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La communion des saints
La communion des saints
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La résurrection des morts
La résurrection des morts
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Amen
Amen
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Le Credo et l'œcuménisme
Le Credo et l'œcuménisme
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La création éclairée par saint François d'Assise
La création éclairée par saint François d'Assise
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Jésus fils de Dieu expliqué par saint Paul
Jésus fils de Dieu expliqué par saint Paul
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Saint Bernard de Clairvaux
Saint Bernard de Clairvaux
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La Passion du Christ éclairée par Marie
La Passion du Christ éclairée par Marie
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Jésus descend aux enfers
Jésus descend aux enfers
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Le mystère de l'Ascension éclairé par saint Léon
Le mystère de l'Ascension éclairé par saint Léon
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Le tympan du jugement dernier de Conques
Le tympan du jugement dernier de Conques
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La résurrection de la chair
La résurrection de la chair
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La vie éternelle
La vie éternelle
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La foi est plus qu'une opinion
La foi est plus qu'une opinion
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La foi est un acte naturel à l'Homme
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La Bible est la parole de Dieu 1/2
La Bible est la parole de Dieu 1/2
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La Bible est la parole de Dieu 2/2
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Dieu agit dans l'Histoire 1/2
Dieu agit dans l'Histoire 1/2
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Dieu agit dans l'Histoire 2/2
Dieu agit dans l'Histoire 2/2
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Dieu existe 1/2
Dieu existe 1/2
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ABOUT THIS SHOW
Le Credo est le cœur de la foi chrétienne. Dans ce podcast, chaque article de la profession de foi est présenté, expliqué et replacé dans l’ensemble du mystère chrétien.À partir du symbole de la foi proclamé par l’Église, les épisodes offrent une catéchèse claire, structurée et accessible, permettant de mieux saisir ce que signifie croire en Dieu, en Jésus‑Christ, en l’Esprit Saint, en l’Église, et en la vie éternelle.Un podcast de formation fondamentale, pour entrer dans l’intelligence de la foi, approfondir son sens, et en vivre plus consciemment.
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Dominicains de Bordeaux
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