EPISODE · Jun 18, 2026 · 59 MIN
1776, l’indépendance de treize États unis : La France dans la révolution américaine, tout pour enquiquiner l'Angleterre !
La France ne digère pas sa défaite lors de la guerre de Sept Ans en 1763, où elle perd le Canada. Identifiée comme la Seconde Guerre de Cent Ans, les rebelles dans les Treize colonies britanniques d’Amérique suscitent l'attention de l'Angleterre et de la France. Une cause lointaine et incertaine, la France face à la révolte des Treize Colonies Depuis la fin de la guerre de Sept Ans (1756-1763) et la perte de l'ancien Canada français, la France cherche à rétablir l'équilibre européen, trop favorable à l'Angleterre. Dans cette dynamique, le ministre des Affaires étrangères, Charles Gravier, comte de Vergennes, en poste depuis 1774, voit dans le soulèvement des Treize Colonies une opportunité. Pourtant, peu de personnes en France perçoivent le conflit pour ce qu'il est réellement. Les habitants des Treize Colonies sont pour beaucoup des Anglais qui s'opposent à des Anglais dans des contrées lointaines. L'engagement français est incertain. Conquérir les cœurs avant la liberté Pour les dirigeants américains, pour gagner le soutien de la France, il faut gagner les cœurs. Un réseau d'influence pro-révolutionnaire états-unien est mis en place dans le pays, avec la bénédiction et le soutien de ses dirigeants. Le soutien aux insurgés devient une lutte pour la liberté, célébrée autour de figures comme celle du marquis de La Fayette. Benjamin Franklin se rend à Londres comme agent colonial pour défendre les intérêts des colonies britanniques en Amérique, explique l’historienne Leïla Tnaïnchi, autrice de La Correspondance de Benjamin Franklin, psyché de la France d'Ancien Régime (1776-1790), (Honoré Champion, 2026). "Quand Benjamin Franklin arrive en France pour ses missions de lobbyiste, il va rencontrer certes des amis scientifiques, mais aussi cotoyer énormément de monde dans les salons parisiens." Il est marqué par les idées développées en France, notamment de Condorcet : "un être totalement à part qui est anti-esclavagiste, anti-raciste et anti-misogyne." De la raison d'État à la reconnaissance officielle, l'alliance franco-américaine de 1778 Pour l'État français, la possibilité d'une entente future entre la Grande-Bretagne et son ancienne colonie, qui viendrait menacer les colonies des Antilles, n'est pas acceptable. L’historien Éric Schnakenbourg, auteur de La révolution américaine et la naissance des États-Unis, 1763-1800 (Armand Colin, 2026), souligne que "le comte de Vergennes veut absolument conclure une alliance rapide avec les États-Unis. Il est persuadé que si les Français ne signent pas une alliance avec les Américains, ceux-ci vont se réconcilier avec les Anglais." Le 20 mars 1778, Louis XVI accepte formellement « les ambassadeurs des Treize Provinces unies » et entérine l'alliance franco-états-unienne. Il s'agit de la première reconnaissance des États-Unis en tant que nation souveraine. Pour en savoir plus Éric Schnakenbourg est professeur d’histoire moderne à Nantes Université et directeur du Centre de Recherche en Histoire internationale et Atlantique (CRHIA). Ses publications : La Révolution américaine et la naissance des États-Unis, 1763-1800, Armand Colin, 2026. Le Monde atlantique. Un espace en mouvement, XVᵉ-XVIIIᵉ siècle, Armand Colin, 2021. Leïla Tnaïnchi est docteure en histoire, chercheuse associée au Centre Lucien Febvre de l’Université Marie et Louis Pasteur à Besançon. Elle a publié La Correspondance de Benjamin Franklin, psyché de la France d'Ancien Régime (1776-1790), Honoré Champion, 2026. Références sonores de l’émission : Le comte de Gueydon à propos de la guerre coloniale et maritime en 1756, RTF, 9 janvier 1944. Beaumarchais et le comte de Vergennes, secrétaire d'État des Affaires étrangères, à propos de l’insurrection des Treize colonies, RTF, 6 mai 1971. Benjamin Franklin à propos de sa présence en France, "La voix de l'Amérique", RTF, 1962. Lettre de Benjamin Franklin à son ami anglais David Hartley, 2 février 1778, lu par Thomas Beau. Extrait du film The Patriot, Mel Gibson, 2000. Lin-Manuel Miranda, "My shot", Hamilton: An American Musical, Original Broadway Cast Recording, 2015. Générique : "Gendèr" par Makoto San, 2020.
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