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EPISODE · Sep 3, 2026

«À voix haute» : Polina Panassenko sur les traces d’une histoire familiale effacée en URSS

from De vive(s) voix · host RFI

Dans À voix haute, l’enquête d’une jeune femme sur les non-dits de sa famille devient une plongée dans les silences de tout un pays. Comment faire pour se souvenir de ce qu'on ne nous dit pas ?  Dans ce roman qui traverse trois décennies, Polina Panassenko plonge dans le passé de la Russie, à l’époque du stalinisme et des purges. Elle y interroge la manière dont cette histoire collective continue de résonner intimement dans le corps, la vie, les gestes, les peurs et les mots des jeunes générations. La narratrice a vingt ans lorsqu’elle part à Moscou pour intégrer l’École du Théâtre national. Elle y retrouve son grand-père, mais comprend rapidement qu’une zone de silence entoure sa famille. Lorsqu’elle pose des questions sur le passé familial, son grand-père lui répond de manière énigmatique : plutôt que de raconter, il lui confie des objets – une photographie, un vêtement, une pièce de monnaie ayant appartenu à un ancêtre. Dans cette famille, on a appris à ne pas parler. À parler doucement. À se méfier. À ne pas poser certaines questions. Le silence n’est donc pas seulement une absence de mots : il devient une manière de vivre, un héritage invisible qui se transmet de génération en génération. Peu à peu, la jeune femme découvre que le grand-père de son grand-père a été victime de la machine répressive soviétique. Cette découverte devient le point de départ d’une enquête qui la conduit jusqu’à la Kolyma, dans l’Extrême-Orient russe, sur les traces de cet homme dont l’histoire a été effacée. « Il faut effacer tout ce qui est dangereux » Polina Panassenko dessine alors ce qu'elle appelle une « cartographie de la peur » : remonter à l’origine des silences, comprendre ce qui n’a pas été transmis, et saisir comment la peur de parler peut se transmettre de génération en génération. Le théâtre occupe une place essentielle dans la vie de la narratrice. Comme un miroir de cette pratique, elle découvre ce que signifie véritablement parler lorsque l’on vient d’une famille, et plus largement d’un pays marqué par tant de silences. Jouer, chercher, nommer, écrire deviennent alors autant de façons de résister à l’effacement. Invitée : Polina Panassenko, écrivaine et comédienne franco-russe. En 2022, elle publie son premier roman, Tenir sa langue, aux éditions de L'Olivier, qui explore des thèmes comme l'identité, l'exil, la langue, la mémoire et l'appartenance. Elle travaille également comme traductrice du russe vers le français, notamment pour des œuvres théâtrales. Polina Panassenko a remporté le Prix littéraire « Le Monde » 2026 pour son livre À voix haute. Il a été décerné, jeudi 3 septembre au soir, à l’hôtel de Massa, siège de la Société des gens de lettres, à Paris. Programmation musicale :  La Grande Sophie - Le Large Youri Chevtchouk - Chanson sur la liberté / Песня о свободе À lire aussiLittérature: Polina Panassenko, entre deux langues, deux pays, deux identités

Episode metadata supplied by the publisher feed · Published Sep 3, 2026

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