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PODCAST · society

De vive(s) voix

Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission consacrée à la langue écrite qui vit, s’adapte, se développe. Mais aussi une émission où la langue parlée, blablatée, tchatchée, déclamée et murmurée aura toute sa place. En compagnie d’historiens, linguistes, traducteurs, artistes… ce nouveau rendez-vous sur RFI sera aussi celui de l’oralité : ce qui est émis, qui est énoncé de vive voix. Théâtre, slam, poésie sonore, contes, traditions orales… Émission présentée par Pascal Paradou, en collaboration avec Cécile Lavolot. Réalisation : Laura Pinto. Et en podcast sur www.rfi.fr. *** Diffusions du lundi au jeudi : à 13h30 TU vers toutes cibles ; 18h30 vers l'Afrique lusophone ; à 22h30 vers l'Afrique haoussa ; du lundi au jeudi à 23h30 vers Malabo/Bata. Le vendredi à 23h30 vers l'

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  1. 24

    «Nadja», un siècle plus tard : Léona Delcourt, André Breton et une correspondance surréaliste

    Cent ans après la parution de Nadja, Gallimard publie la correspondance échangée entre André Breton et la jeune femme qui inspira le livre, Nadja — de son vrai nom Léona Delcourt — entre octobre 1926 et février 1927. Une exposition vient également mettre en lumière ces lettres, longtemps conservées à la Bibliothèque nationale de France.  André Breton (1896–1966) est un écrivain et poète français, surtout connu comme le principal théoricien et fondateur du surréalisme, mouvement artistique et littéraire du XXè siècle. Nourri par la psychiatrie, la psychanalyse freudienne et son expérience de la Première Guerre mondiale, il rejette le rationalisme et les valeurs bourgeoises pour promouvoir une littérature tournée vers le rêve. Il a notamment publié le Manifeste du surréalisme (1924). Au cœur de son œuvre se trouve également Nadja publié en 1928, un récit hybride mêlant autobiographie, enquête, journal intime et photographies. L'auteur y raconte sa rencontre avec une femme mystérieuse, Nadja, figure à la fois réelle et fantomatique. Cette femme qui s'appelle Léona Delcour a réellement existé. Elle connaitra un destin tragique puisqu'elle deviendra folle et sera internée avant de décéder à l'asile, en 1941 à l'âge de 38 ans.   Invité : ​​Alban Cerisier, historien, archiviste.  À lire :  Nadja d'André Breton, 1928.  Nadja : Lettres à André Breton. Suivi d'autres textes et d'un choix de dessins. Édition d'Olivier Wagner À voir :  Nadja « Ma main écrit ce que tu penses... ». À voir à la Galerie Gallimard du 4 septembre au 3 octobre.  La puce à l’oreille Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l’oreille. Cette semaine, elle nous propose de «vider son sac» avec Géraldine Moinard, lexicographe aux éditions Le Robert. Mais de quel sac parle-t-on au juste ?  La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.  Programmation musicale : L'artiste Philippe Katerine avec le titre «Je te donnerais». 

  2. 23

    «Le mouvement» de Douce Dibondo : un premier roman coup de poing et radical

    Dans son premier roman, l'autrice, essayiste, poète Douce Dibondo imagine un groupe de jeunes femmes qui passent à l'action et se rêvent révolutionnaires pour imaginer un monde nouveau...   Douce Dibondo ne cache pas ses engagements militants : queer, décolonial, anti-raciste et pour un monde meilleur ! Elle milite également pour les droits des enfants, des femmes, des personnes LGBTQIA+, pour qu'iels aient le choix de leur propre autonomie. Elle milite pour un monde plus juste et «veut ouvrir les utopies».  Avec le Mouvement, l'autrice a voulu témoigner de ce qu'elle vit ou a vécu dans sa propre vie, et dénonce ce qu'on appelle la kyriarchie : les amas d'oppressions (patriarcat, homophobie, racisme) qui s'entrecroisent... mais toujours avec ce désir de remonter vers quelque chose de salvateur « quand on est allé puiser les émotions les plus négatives ». Une manière de transformer la rage en force politique et poétique. « J'ai fait de la colère, de la vengeance et de toutes les émotions dites négatives un chemin à reconquérir »   Dans son roman, elle utilise le pronom inclusif « iel » comme un choix politique, mettre à l'action ce militantisme à travers leurs arts. Mais le militantisme se lit aussi dans la ponctuation : pas de majuscule après les points, les phrases s'enchainent, frénétiquement. Le mot « France » est écrit sans majuscule, mais les mots « Aimer » et « Conscience » en ont toujours une : un véritable choix politique assène Douce Dibondo.  Invitée : Douce Dibondo, écrivaine, autrice, essayiste et ancienne journaliste. Son roman Le Mouvement est publié aux éditions Rivages.   Programmation musicale : La chanteuse Auren avec le titre « Coup droit ». 

  3. 22

    «Le poisson-scorpion», Samuel Labarthe est Nicolas Bouvier

    Sous les traits de Samuel Labarthe revient Nicolas Bouvier ! Après nous avoir entraînés à travers les Balkans, l’Afghanistan et l’Inde, l’écrivain-voyageur fait halte à Ceylan.  Quand Nicolas Bouvier arrive à Ceylan (actuel Sri Lanka) en 1955, il tombe malade. Cloué dans sa chambre, il délaisse la présence humaine pour s’entourer d’insectes étranges et de rêves hallucinés... Il édite le récit Poisson-scorpion vingt-cinq ans après avoir vécu ce voyage immobile.  C'est la deuxième fois que le comédien Samuel Labarthe interprète Nicolas Bouvier, après L'usage du monde, une pièce qui a été jouée plus de 200 fois. Le comédien a « un coup de foudre » pour cet auteur qu'il a découvert « un vrai choc émotionnel et artistique » nous explique-t-il, avec cette façon de « remplir les moments d'extase avec les mots ».  Nicolas Bouvier (1929-1998) est un écrivain, voyageur, photographe et iconographe suisse. Passionné très tôt par la géographie et les langues, il entreprend dans les années 1950 de longs voyages qui nourriront son œuvre. Son parcours le mène notamment de Genève aux confins de l’Asie, en passant par la Yougoslavie, la Turquie, l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan et le Japon, dont il devient un fin connaisseur. Son livre le plus célèbre, L’usage du monde (1963), récit de son voyage en voiture avec le peintre Thierry Vernet jusqu’en Afghanistan, est devenu un classique de la littérature de voyage. Il écrit ensuite ​​​​​​​Chronique japonaise, ​​​​​​​Le poisson-scorpion ou encore Journal d’Aran et d’autres lieux, qui prolongent sa réflexion sur le voyage, l’altérité et le regard. Photographe et iconographe, il travaille aussi sur des images et des archives, prolongeant par l’image ce qu’il explore par le texte. Le poisson-Scorpion, mis en scène par Catherine Schaub. À voir au Théâtre de Poche Montparnasse. Invité : Samuel Labarthe. Samuel Labarthe est un acteur franco-suisse né en 1963 à Paris. Formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, il commence sa carrière au théâtre avant de se faire remarquer au cinéma et à la télévision. Il a joué sous la direction de metteurs en scène reconnus et s’est imposé comme un comédien solide, à l’aise aussi bien dans le registre dramatique que dans des rôles plus populaires. Le grand public le connaît surtout pour son rôle du commissaire Laurence dans la série télévisée Les Petits meurtres d’Agatha Christie, où il incarne un enquêteur charismatique et ironique. Parallèlement, Samuel Labarthe poursuit une carrière régulière au théâtre et dans divers films et séries, confirmant au fil des années son statut d’acteur respecté, apprécié pour sa présence, sa diction et son élégance de jeu. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Chiapas au Mexique pour parler de la Journée mondiale de l'alphabétisation qui aura lieu les 8 et 9 septembre. Programmation musicale : l'artiste Cascadeur avec le titre ​​​​​​​Les temps perdus. 

  4. 21

    «À voix haute» : Polina Panassenko sur les traces d’une histoire familiale effacée en URSS

    Dans À voix haute, l’enquête d’une jeune femme sur les non-dits de sa famille devient une plongée dans les silences de tout un pays. Comment faire pour se souvenir de ce qu'on ne nous dit pas ?  Dans ce roman qui traverse trois décennies, Polina Panassenko plonge dans le passé de la Russie, à l’époque du stalinisme et des purges. Elle y interroge la manière dont cette histoire collective continue de résonner intimement dans le corps, la vie, les gestes, les peurs et les mots des jeunes générations. La narratrice a vingt ans lorsqu’elle part à Moscou pour intégrer l’École du Théâtre national. Elle y retrouve son grand-père, mais comprend rapidement qu’une zone de silence entoure sa famille. Lorsqu’elle pose des questions sur le passé familial, son grand-père lui répond de manière énigmatique : plutôt que de raconter, il lui confie des objets – une photographie, un vêtement, une pièce de monnaie ayant appartenu à un ancêtre. Dans cette famille, on a appris à ne pas parler. À parler doucement. À se méfier. À ne pas poser certaines questions. Le silence n’est donc pas seulement une absence de mots : il devient une manière de vivre, un héritage invisible qui se transmet de génération en génération. Peu à peu, la jeune femme découvre que le grand-père de son grand-père a été victime de la machine répressive soviétique. Cette découverte devient le point de départ d’une enquête qui la conduit jusqu’à la Kolyma, dans l’Extrême-Orient russe, sur les traces de cet homme dont l’histoire a été effacée. « Il faut effacer tout ce qui est dangereux » Polina Panassenko dessine alors ce qu'elle appelle une « cartographie de la peur » : remonter à l’origine des silences, comprendre ce qui n’a pas été transmis, et saisir comment la peur de parler peut se transmettre de génération en génération. Le théâtre occupe une place essentielle dans la vie de la narratrice. Comme un miroir de cette pratique, elle découvre ce que signifie véritablement parler lorsque l’on vient d’une famille, et plus largement d’un pays marqué par tant de silences. Jouer, chercher, nommer, écrire deviennent alors autant de façons de résister à l’effacement. Invitée : Polina Panassenko, écrivaine et comédienne franco-russe. En 2022, elle publie son premier roman, Tenir sa langue, aux éditions de L'Olivier, qui explore des thèmes comme l'identité, l'exil, la langue, la mémoire et l'appartenance. Elle travaille également comme traductrice du russe vers le français, notamment pour des œuvres théâtrales. Polina Panassenko a remporté le Prix littéraire « Le Monde » 2026 pour son livre À voix haute. Il a été décerné, jeudi 3 septembre au soir, à l’hôtel de Massa, siège de la Société des gens de lettres, à Paris. Programmation musicale :  La Grande Sophie - Le Large Youri Chevtchouk - Chanson sur la liberté / Песня о свободе À lire aussiLittérature: Polina Panassenko, entre deux langues, deux pays, deux identités

  5. 20

    Le français est-il toujours une langue de la diplomatie?

    À l’occasion de l’évènement « La fabrique de la diplomatie » qui aura lieu les 4 et 5 septembre 2026 à la Sorbonne : comment la place de la langue française a-t-elle évolué dans la diplomatie ?     Faire le tour des grandes questions internationales, dévoiler les coulisses de la diplomatie, tel est l’enjeu de ces deux journées de tables rondes qui vont avoir lieu à la Sorbonne à Paris en cette fin de semaine à la Fabrique de la diplomatie, un évènement organisé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.  Parmi ces tables rondes : la question du français, la langue parlée dans les instances politiques et dans le monde… Xavier North rappelle que la diplomatie s’est longtemps faite en français. Jusqu’au XIXe siècle, les traités étaient rédigés en français, car cette langue était considérée comme particulièrement précise. Depuis le traité de Versailles en 1919, les textes diplomatiques sont rédigés en deux langues. Aujourd’hui, la diplomatie se pratique dans plusieurs langues, dont le français, même si l’anglais occupe une place dominante. Xavier North insiste sur le fait que les langues restent des instruments de pouvoir : leur usage reflète des rapports de force, elles illustrent des rapports de force dans leur pratique ! Aujourd'hui, le français s'apprend et séduit toujours autant. « C'est une langue qui reste assise sur un patrimoine littéraire, un patrimoine de pensée qui reste très attirant. » Bérangère Denizeau insiste, elle aussi, sur le rôle des langues dans la diplomatie. Elle est directrice adjointe de l’ESIT (École supérieure d’interprètes et de traducteurs), un établissement qui va bientôt fêter ses 70 ans et qui forme de nombreux étudiants amenés à travailler dans les grandes instances diplomatiques. Bérangère Denizeau défend le plurilinguisme dans ces institutions. Son école forme des étudiants francophones, mais aussi des étudiants non francophones : « La grande idée de notre école est de leur donner une méthodologie pour pouvoir traduire dans tous les domaines, nous ne voulons pas cloisonner. » Invités : Xavier North, président de l’Alliance française de Paris, et ​​​​​​​Bérangère Denizeau, maître de conférences à la Sorbonne Nouvelle et directrice adjointe de l'ESIT, l'École supérieure d'interprétation et de traduction de la Sorbonne Nouvelle. La puce à l’oreille Et comme chaque mercredi Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l’oreille. Cette semaine, elle nous raconte avec Géraldine Moinard, lexicographe aux éditions Le Robert, les origines de l'expression « peigner la girafe ». Mais pourquoi une girafe ? La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.  Programmation musicale : l'artiste Welox avec le titre « For Sure (Macron Remix) ».

  6. 19

    Clémentine Mélois donne voix aux souvenirs que portent les objets

    Dans Choses que je croyais perdues, l'autrice Clémentine Mélois nous raconte les souvenirs et les histoires dont sont lestés les objets. C’est l’histoire d’un verre à moutarde Musclor avec un prince sous stéroïdes mal imprimé, accompagné d’un tigre vert. C'est l’histoire d’une rupture, celle d'Emilie avec son conjoint – et d’un déménagement, donc elle trie, elle range et parfois elle casse. Ce verre à moutarde est brisé : il avait été acheté par son ex-conjoint dans un vide-grenier. Et c'est le premier objet d’une longue liste qui constitue la trame du roman de Clémentine Mélois… car les souvenirs remontent. Clémentine Mélois se définit comme une « gardeuse » d'objets, « cela permet d'avoir toujours de quoi bricoler et d'être entouré d'histoires. Les intérieurs vides m'angoissent ».  Selon l'autrice, les objets n'existent que s'ils sont liés à des histoires et ces histoires font de nous ce que nous sommes. Pour autant, elle ne considère pas que ce roman soit nostalgique. Elle fait le récit de ce qui a eu lieu, en regardant vers l'avenir.   Elle parle ainsi d'objets « insignifiants », ces choses auxquelles on ne fait pas attention, ce que Georges Perec appelait l'« infraordinaire ", le contraire de l'« extraordinaire » à l'image de ces pots de confiture vides qui racontent tellement de choses sur notre humanité et nos histoires personnelles.   Invitée : Clémentine Mélois Clémentine Mélois est une autrice, artiste et plasticienne française née en 1980. Normalienne, elle est connue pour ses détournements visuels de couvertures de livres et son travail mêlant humour, culture populaire et références littéraires. Elle a publié notamment des ouvrages de littérature jeunesse et des recueils autour de la lecture et des objets du quotidien, et collabore régulièrement avec des institutions culturelles. Elle a été membre de l'Oulipo de 2017 à mai 2026.  Choses que je croyais perdues est publié chez Gallimard.  Également publié chez Hoebeke – Gallimard : Rêve d'évasion. À lire : Les choses de Georges Perec  Programmation musicale : Les artistes Vincent Delerm et Voyou avec la reprise du titre « Évidemment » de France Gall. 

  7. 18

    L’écrivain Laurent Nunez braque 13 mots d’autres langues, intraduisibles en français !

    Dans Mots de passe, l'auteur, traducteur et éditeur Laurent Nunez déniche treize mots d'autres langues intraduisibles en français... Un essai sur les mots qui nous manquent !  En anglais, « eye-servant » désigne celui qui n'est zélé que lorsqu'on l'observe. En néerlandais, « kutzwager » nomme le lien étrange entre deux inconnus qui ont aimé la même personne. En islandais, « gluggaveður » dit le plaisir de regarder l'orage, ou n'importe quel désastre, depuis un lieu où l'on ne risque rien. Le français ne sait pas dire ces choses. Et ce qu'une langue ne sait pas dire, comment pourrait-on le vivre tout à fait ? Saviez-vous qu'on utilisait le terme « Mo-Ki-Ta » en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour désigner une vérité que tout le monde connait mais que personne n'ose dire ? C'est pour combler de tels silences que Laurent Nunez braque avec beaucoup d'humour treize autres langues, avec cette idée qu'on peut « changer sa vie avec des mots nouveaux et des mots d'ailleurs ». Pour Laurent Nunez, les mots apportent les idées à l'image du mot « boycott » qui vient de l'histoire du fermier britannique Charles Cunningham Boycott contre qui est lancé le premier blocus répertorié de l'histoire contemporaine, et qui donna plus tard naissance au mot « boycott » en 1880.  Emporter l'ailleurs, c'est absolument essentiel.  Des mots venus d’ailleurs, traduits en français tels quels, comme « féminicide » – terme forgé en 1976 par la militante et sociologue féministe sud‑africaine Diana Russell – contribuent à nommer et à officialiser ce crime. Le mot « féminicide » a ainsi fait son entrée dans le Petit Robert en 2015, puis dans le Larousse en 2020.   Invité : Laurent Nunez est écrivain et éditeur. Ancien rédacteur en chef du Magazine littéraire, il est l'auteur de plusieurs essais sur la littérature, parmi lesquels L'Énigme des premières phrases (Grasset, 2017) et Il nous faudrait des mots nouveaux (Cerf, 2018). Il a publié un roman, Le Mode avion (Actes Sud, 2021 ; Rivages poche, 2025), et deux récits autobiographiques, Les Récidivistes (Champ Vallon, 2008 ; Rivages poche, 2014) et Tout ira bien (Rivages, 2025 ; Rivages poche, 2026). Et la chronique Ailleurs nous emmène à Cotonou, au Bénin, où Gildas Hassidé, juriste, entrepreneur, nous présente le programme du Kids Speaker Program dont il est le fondateur. Une initiative éducative déployée au Togo et au Bénin et dédiée à l'autonomisation des enfants et des jeunes à travers la prise de parole en public.  Programmation musicale : l'artiste Angèle avec le titre « Une seule vie ». 

  8. 17

    Avignon: Vanasay Khamphommala et le collectif XY, deux façons de célébrer le corps et la voix

    Vanasay Khamphommala et le Collectif XY proposent des spectacles et performances portés sur la voix et le corps. Deux manières d’exposer nos fragilités.  L'artiste Vanasay Khamphommala propose deux performances : l'une, Songs of Grief, pour se préparer au décès de son père. Son père lui a demandé de chanter la chanson « Love Me Tender » d'Elvis Presley, à sa mort. « Je te chante une chanson toute nue en échange d'un verre. » Dans « Je te chante une chanson toute nue en échange d'un verre », le public est assis à moins de deux mètres, ce qui instaure une grande proximité. Cette idée de performance est née pendant le Covid-19, avec l'émotion de se rencontrer, de se retrouver. Elle se retrouve seule et nue face à un tout petit groupe pour chanter une chanson différente à chaque session.  « Chanter nue change le regard des gens. » Et tout commence par le souffle. L'artiste désire tisser avec le souffle une nappe sonore. Dans sa performance, il entend célébrer la « chance d'être vivant ensemble ».    Le collectif XY est né il y a vingt ans. Ils sont 22 sur scène de toutes nationalités. Ils sont acrobates et chanteurs. Brésil, Colombien, Argentin, Europe. C'est la première fois qu'on peut voir un spectacle de cirque dans la cour d'honneur du festival d'Avignon. Ce spectacle qui puise son influence dans la danse contemporaine défend un « éloge du vivant » : on va exposer nos fragilités avec « des océans de corps, des forêts de colonnes humaines ». Un travail collectif dans lequel chaque artiste apporte ses imaginaires et trouve un chemin commun pour trouver du sens collectivement. Sur ces 600 m² de plateaux, ils créent de grandes formes. Les corps deviennent paysages ou minéraux et interrogent notre rapport au temps.  « On incarne des métamorphoses du vivant. On va puiser dans des fragilités, on cherche à déployer notre intimité. On aime bien que le spectateur puisse avoir sa propre lecture de ce qu'il voit. »   Invités : Amaia Valle et Pedro Guera du collectif XY. Après Möbius (2019), Les Voyages (2018), Il n’est pas encore minuit… (2014), Le Grand C (2009) et Laissez-Porter (2005), Le Pas du Monde est la sixième création du collectif XY.  Ce spectacle de cirque contemporain rassemble 22 acrobates et chanteurs qui interrogent les métamorphoses du vivant et la course du temps, en faisant des pyramides humaines de véritables paysages.  Vanasay Khamphommala est une artiste française queer, metteuse en scène, dramaturge et chanteuse, née à Rennes en 1980. Elle a été formée à la Maîtrise de Bretagne. Son travail interroge les identités genrées et racisées.  Depuis 2018, elle crée des performances, parmi lesquelles L’Invocation à la muse (Festival d’Avignon 2018 dans le cadre de Sujet à vif), Écho, ou ສຽງຂອງຍ່າ (La Voix de ma grand-mère). Cette année, elle présente deux spectacles-performances : Je te chante une chanson toute nue en échange d'un verre et Songs of Grief [Love Me Tender].    Et dans le OFF, Fanny Imbert est allée voir la pièce Hchouma blues de Hicham Boutahar qui raconte les violences policières.   Moha fait sa première année à l’université quand un adolescent de sa cité est tué par un policier.  À voir au théâtre des Carmes du 4 au 25 juillet. Programmation musicale :  L'artiste Benjamin Clementine avec « Pizza mind ».

  9. 16

    Molière et Shakespeare se jouent encore à Avignon avec «Hamlet» et «1, 2, 3, Poquelin»

    À Avignon, les grands classiques du théâtre gardent leur place aux côtés du théâtre contemporain.Thibault Perrenoud met en scène une version « épurée » de Hamlet de William Shakespeare.Quant au collectif belge tg STAN, ils offrent un « marathon Molière » avec leur pièce 1,2,3 Poquelin.  Qu’est-ce qu’un « classique » au théâtre ? Une pièce vieux style ou intemporelle ? Qui traverse les époques ou qui vieillit ? Qui peut se rejouer sans cesse et résiste aux siècles et qui continue, malgré tout, à parler au présent ? Cette année à Avignon, des auteurs classiques tels que Molière et Shakespeare, pour ne citer qu'eux, sont encore adaptés et joués ! Est-il encore possible de les renouveler ?  Hamlet de Thibault Perrenoud, une « version à l'os » Thibault Perrenoud adapte Hamlet de William Shakespeare, une « version à l'os » adaptée d'une nouvelle traduction de Clément Camar-Mercier avec seulement trois comédiens et l'ambition d'aller à l'essentiel en 1h30, avec très peu de moyens techniques. Il se défend de trahir Shakespeare : « La traduction est de toute façon déjà une trahison. » On retrouve donc le célèbre monologue avec « Être ou ne pas être », qui est pour Thibault Perrenoud une réplique assez naïve, une question qu'on peut se poser à l'aube ou au crépuscule de sa vie selon le metteur en scène. « C'est LA question qui regroupe toutes les autres. Qu'est-ce qu'il y a après ? C'est une question buvard. »   L'intrigue s'articule autour de trois cérémonies : celle du mariage entre Claudius et Gertrude, celle du théâtre dans le théâtre, et celle des funérailles... La pièce, itinérante, est jouée en extérieur tous les jours dans un endroit différent à la manière d'un  « théâtre de tréteaux ».  1, 2, 3 Poquelin : un marathon Molière à Boulbon L’autre grand classique d’Avignon, c’est Molière. À la Carrière de Boulbon, le collectif belge tg STAN, fondé à Anvers il y a trente ans, présente 1, 2, 3, Poquelin, après Poquelin (2003) et Poquelin II (2017). Cette fois, Jolente De Keersmaeker et Damiaan De Schrijver s’attaquent aux farces de Molière : une compilation de cinq pièces, dont L’Avare et Le Médecin malgré lui. Au total, 4h30 de spectacle, un véritable « marathon Molière ». Le monde de Molière reste vivant! « On a coupé, mais sans toucher à la langue : c’est du Molière pur sang », revendiquent-ils. Farces burlesques, comédies qui rient avec goût de l’humanité et de la condition humaine, ils y jouent une dizaine de personnages, guidés par une envie simple : divertir et reprendre les farces les plus drôles. Invités :  Thibault Perrenoud. Il met en scène Hamlet de Shakespeare. À voir jusqu'au 25 juillet.  Jolente De Keersmaeker et Damiaan De Schrijver de tg STAN, collectif de théâtre belge flamand.    Et dans le OFF, Fanny Imbert a assisté au spectacle Molière et ses masques de Simon Falguières, qui retrace la vie de Molière. À voir au théâtre du Train Bleu. Programmation musicale :  L'artiste Alissa Wenz avec le titre Pardon. Elle est en concert à Avignon. 

  10. 15

    Avignon : « Capra (une chèvre) » de Jeanne Candel, sur les traces de la mémoire

    Dans Capra (une chèvre), Jeanne Candel nous propose d'entrer dans la tête d'une poétesse, sur les chemins de la mémoire… « Capra » : ça veut dire chèvre en latin. C'est aussi le pseudonyme que s'est trouvé la poétesse dont il est question dans la pièce mise en scène par Jeanne Candel. Le nom n'est pas choisi au hasard: la chèvre, c'est l'animal qui cherche sa liberté dans l'enclos. Ils sont huit comédiens et chanteurs sur scène et nous font entrer dans la tête de Capra pour regarder à l'intérieur d'une femme.  Dans ce spectacle, des morts se sont logés dans son corps et ils parlent à travers elle. « On rentre à travers son corps, son esprit, ses obsessions. » Mais le vrai fil directeur de l'histoire, c'est la mémoire. Jeanne Candel et son collectif ont puisé des anecdotes sur la mémoire en lisant L'Art de la mémoire de l'historienne britannique des arts du 19ᵉ siècle, Frances Yates. Dans son essai, elle relate notamment les techniques des anciens pour « se souvenir ». Elle narre Simonide de Céos, poète « à la langue de miel », lyrique grec né en 556 av. J.-C. à Céos et mort en 467 av. J.-C. à Agrigente. Selon la tradition grecque, il est le premier auteur d’épigrammes. Il passe pour avoir inventé l'Art de mémoire. En effet, ses facultés d’observation et de mémorisation lui permirent, après l’effondrement d'une salle où avait lieu un banquet, de contribuer à l’identification de victimes dont les corps étaient extrêmement abîmés, grâce au souvenir très précis qu’il gardait de la disposition des invités et de leurs vêtements avant la catastrophe. Elle affirme même que cet événement aurait incité le poète à rédiger le premier traité de la mémoire. Il comparait sa mémoire à un tableau et disait que « la peinture, c'est de la poésie muette, la peinture, c'est de la poésie qui parle ». La technique de mémorisation des Anciens est simple mais terriblement efficace: il s'agit d'utiliser un lieu qu'on connaît parfaitement et d'y ranger des images très frappantes, avant de composer une image de ces souvenirs.    Invitée :  Jeanne Candel est une metteuse en scène et actrice. Elle a fondé la compagnie La Vie brève en 2009. L’écriture collective et sa recherche sur l’enchevêtrement entre la musique et le théâtre façonnent ses créations comme notamment Robert Plankett en 2010,  Le Crocodile trompeur / Didon et Énée co-mis en scène avec Samuel Achache en 2013, Baùbo – De l’art de n’être pas mort en 2023 ou Fusées présenté au Festival d’Avignon 2025. Depuis 2019, La Vie brève dirige le théâtre de l’Aquarium à la Cartoucherie, à Paris. Capra (une chèvre) est à voir jusqu'au 25 juillet.    Et dans le OFF, Fanny Imbert nous emmène voir Médusée, une pièce cabaretique dans laquelle la créature mythologique Médusa réclame justice après avoir été violée par Zeus. Médusa et ses sœurs gorgones nomment tout : les rêves romantiques, les viols, les combats, les métamorphoses tout en chantant des tubes pop (Dalida, Juliette Armanet...). Programmation musicale :  Le groupe LAS ONDAS MARTELES avec le titre Y despues de todo. 

  11. 14

    Festival d'Avignon: Salim Djaferi et David Murgia, deux spectacles sur l’exclusion sociale

    Politique de logement et ségrégation, immigration et urbanisme, constructions et représentations : dans « Bâtir », Salim Djaferi interroge l’influence du colonialisme sur la façon de concevoir les villes en France. Dans « Rumba », David Murgia conclut une trilogie sur la précarité et l’exclusion sociale, après Laïka et Pueblo. Deux spectacles sont à l'honneur aujourd'hui ! Leur point commun ? Mettre en récit l'exclusion sociale. Côté « IN » Bâtir de Samir Djaferi Le metteur en scène retrace l’histoire de la politique urbaine en France, celle qui a vu surgir les grands ensembles de banlieue. Il nous entraîne dans les archives du département de la Seine-Saint-Denis autant que dans la mémoire familiale, pour mettre en lumière la dimension raciale des politiques de logement social depuis les années 1950. Côté « OFF », Rumba de David Murgia David Murgia nous plonge dans l’histoire d’un spectacle joué sur les parkings de la périphérie. Un acteur et un musicien y répètent une pièce sur Saint-François d'Assise. Au fil de leurs rencontres, ils donnent voix à des hommes et des femmes relégués aux marges, écartés de la société et rendus invisibles. C’est le troisième volet de la « Trilogie des pauvres diables », que David Murgia et l’auteur italien Ascanio Celestini, au regard presque anthropologique, consacrent à l’exclusion sociale après Laïka (2017) et Pueblo (2020). Ils ont à cœur de raconter les invisibles : « Ils n’ont pas d’auteurs à proximité, pas de réalisateur pour raconter leurs histoires, ne savent pas forcément les écrire, mais des histoires, ils en ont un tas. » Rumba suit deux personnages qui observent les gens, inventent leurs vies, puis se rendent sur un parking pour y jouer un spectacle autour de Saint-François d’Assise. Saint François d’Assise (1181/1182–1226), fondateur de l’ordre des Franciscains et grande figure de la spiritualité chrétienne, issu d’une famille aisée, renonce à toutes ses richesses pour vivre dans la pauvreté, la simplicité et au service des plus démunis, à l’imitation du Christ. Je me sens chanteur de récit.  Le spectacle fait surgir une galerie de pauvres, de figures marginalisées : ceux qui affirment qu’il faut se souvenir du nom des morts en Méditerranée pour les enterrer dans le cœur des vivants, mais aussi les racistes, comme Giovanni, personnage qui tient des propos ouvertement haineux contre les gitans. Dans Bâtir, Salim Djaferi mène l’enquête. À partir de l’histoire de sa propre famille, il déploie un récit plus large. Sur un ton doux, toujours souriant, il raconte pourtant l’implacable : les assignations, les orientations forcées, qu’il rejoue inlassablement par des gestes – à droite, à gauche, les deux bras tendus pour indiquer la direction – comme les stewards et hôtesses de l’air dans un avion. Il choisit de ne montrer aucune image des cités ni des immeubles : tout passe par le corps.   "Je raconte la périphérie mais aussi le centre, s'il y a une périphérie, il y a forcément un centre" Il raconte la politique raciale mise en place pour loger les immigrés à partir des Trente Glorieuses, cette période de prospérité qui suit la Seconde Guerre mondiale en France. Il raconte la manière dont les bidonvilles ont été « résorbés » dans les années 1950, et sa découverte, aux archives départementales, de notes administratives où l’on classe les demandeurs de logement social selon « leur distance culturelle vis-à-vis de la France ». Un spectacle très politique, qui n’accuse pas un gouvernement plutôt qu’un autre, mais met en lumière un cadre racial, une sorte de pensée collective structurante. Invités:  Salim Djaferi, metteur en scène de Bâtir, et David Murgia, co-auteur et comédien. Rumba est à voir au théâtre des Doms. Programmation musicale :  L'artiste Lisette Lombe et Marc Namour sur RFI avec le titre « Ma langue » : un extrait de leur spectacle Ce que le ventre dit qui se joue au théâtre des Doms et que l'on verra la saison prochaine à Paris au 104.

  12. 13

    Festival d'Avignon : Julie Deliquet met en lecture «Impossibles adieux - Oiseau» de Han Kang

    Dans Oiseau tiré du roman Impossibles adieux, Julie Deliquet propose une lecture-performance du premier chapitre du roman de l’autrice et prix Nobel de littérature Han Kang. Après l'anglais, l'espagnol et l'arabe, c'est le coréen qui était la langue invitée pour cette 80è édition du Festival d'Avignon. À cette occasion et sur commande de Tiago Rodrigues, Julie Deliquet a mis en lecture en français et en coréen, le premier chapitre Oiseau, tiré du roman Impossibles adieux de la Coréenne Han Kang et pour lequel elle a remporté en 2021 le Prix Nobel de Littérature.  Dans ce roman, elle tente d’approcher par la fiction, la tragédie du soulèvement de Jeju en République de Corée...  Un matin, Gyeongha reçoit un message de son amie Inseon, qui vit sur l’île de Jeju. Elle s'est sectionné les doigts et elle est hospitalisée sur le continent. Elle demande de se rendre à Jeju afin de nourrir son petit perroquet blanc laissé à son domicile. Gyeongha prend l'avion. Elle arrive sur l'île dont la végétation luxuriante a été envahie par une tempête de neige.  Gyeongha découvre à son arrivée comment l’histoire familiale d’Inseon s’entremêle à l’un des pires massacres de l’histoire coréenne - le massacre de Jeju, une île coréenne - et dont le nombre de victimes est estimé à 30 000.    Le massacre de Jeju désigne une répression sanglante menée en Corée du Sud sur l’île de Jeju après la Seconde Guerre mondiale après que la Corée s'est libérée du joug japonais. À l’origine, des habitants et des groupes de gauche protestent contre la division de la Corée et contre les élections séparées au Sud. Le soulèvement est alors écrasé par l’armée et les forces de sécurité sud-coréennes. De très nombreux civils sont arrêtés, torturés et exécutés, des villages sont détruits. Les historiens précisent que des dizaines de milliers de personnes ont été tuées sans qu'un chiffre exact puisse être donné. Longtemps censuré et tabou, cet épisode n’a été officiellement reconnu que tardivement, et fait aujourd’hui l’objet de commémorations et de travaux de mémoire. L'actrice française Isabelle Huppert et l'actrice coréenne Hyeyoung Lee mettent en voix en français et en coréen ce texte mémoriel, révélant les motifs récurrents qui traversent l’œuvre de Han Kang : traumatismes de l’histoire, fragilité de l’être, croyance absolue en la vie...  Han Kang ou Han Gang (en coréen : 한강), née le 27 novembre 1970 à Gwangju, est une romancière sud-coréenne. Elle reçoit le prix Nobel de littérature en 2024. Invitée : Julie Deliquet, metteuse en scène française, fondatrice du collectif In Vitro, Julie Deliquet crée des pièces à l’inspiration cinématographique : Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman à la Comédie-Française en 2019, Un conte de Noël d’après le film d’Arnaud Desplechin. Elle crée en 2025 La guerre n’a pas un visage de femme de l’autrice prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch. Elle a dirigé le Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis en 2020, avant de prendre la direction du Théâtre national de la Colline en mars 2026.   Et Fanny Imbert nous emmène voir le spectacle Neige, neige, neige, de Lee Jaram d’après Maître et serviteur de Léon Tolstoï. Un spectacle qui suit l histoire d’un marchand cupide et de son serviteur pris dans la tempête... Programmation musicale :  L'artiste Claire Diterzi avec le titre Ma bouche, ton écluse.

  13. 12

    Festival d'Avignon: Israël Nzila et Etienne Minoungou font dialoguer morts et vivants

    Dans cette émission, Etienne Minoungou et Israël Nzila parlent de leurs pièces respectives.  Ils ne se seraient jamais rencontrés mais grâce à Etienne Minoungou, ils dialoguent grâce au théâtre dans «L'intraitable beauté du monde», un titre inspiré d'une lettre écrite par Glissant et Chamoiseau à Barack Obama après son élection en 2008. Etienne Minoungou s'est rendu sur la tombe d'Edouard Glissant en Martinique pour lui demander l'autorisation d'emprunt de cette formule ! Avec cette pièce, il fait dialoguer deux grands auteurs Edouard Glissant et Sony Labou Tansi. Il définit son spectacle comme un « théâtre de conversation »: « une dramaturgie traditionnelle où les vivants se retrouvent sans distinction, célèbrent le quotidien et l'invisible. L'acteur principal c'est la parole de l'imagination ». Deux auteurs dont il a apprivoisé les textes : « Glissant, c'est touffu, complexe mais c'est comme une forêt, on s'y habitude, on reconnait les chemins, les lianes et cette forêt devient une clairière. »    Edouard Glissant, écrivain martiniquais disparu en 2011, était romancier mais aussi philosophe et poète. C’était l’homme du « tout monde », de la relation et du concept de « créolisation »  Sony Labou Tansi, né en 1947, écrivain congolais décédé en 1995, était un auteur de théâtre prolifique et d’un roman essentiel La vie et demie. L'auteur et dramaturge congolais Israël Nzila a ouvert la saison du cycle « Ça va, ça va le monde ». Lauréat du prix RFI théâtre 2025, sa pièce  « Clipping » raconte l'histoire de Do, une femme qui cherche son enfant, dans un marché de Lubumbashi, elle a connu la guerre, les viols, les violences et tout cela est dans sa tête, dans sa psyché.  A-t-elle vraiment perdu son enfant ou revit-elle son propre abandon, comme un cauchemar ? Un texte où il est question de folie et dont la fin reste ouverte. Le son y occupe une place centrale. Le titre lui-même, Clipping, désigne en technique audio la saturation du signal : dans la pièce, les voix se bousculent et se chevauchent — celle de Do, de sa mère, de l’enfant, du père, mais aussi le brouhaha du marché, qui devient personnage à part entière. Le metteur en scène, Jean-Paul Delore a choisi de faire dire le texte par une seule comédienne :  Lindiwe Martchykiza. « toute cette pièce, je l'ai écrite en voyant Do dans son cachot », explique le dramaturge.  Invités : - Etienne Minoungou, acteur, conteur, fondateur du festival « Les Récréâtrales »  à Ouagadougou. Sa pièce « L'intraitable beauté du monde » est à voir à Avignon jusqu'au 19 juillet.   - Israël Nzila, auteur et dramaturge congolais né en 1995 à Kinshasa. Il est lauréat du prix RFI Théâtre en 2025 pour son texte « Clipping ». La pièce sera prochainement disponible en replay et en podcast sur le site de RFI.    Programmation musicale :  L'artiste GYSLAIN N avec le titre Tout à l'amour. Il sera en concert ce jour dans le cadre du « off » au théâtre de l'Arrache-Coeur.     .

  14. 11

    Avignon: Valérie Dréville et Guy Cassiers adaptent «Thésée, sa nouvelle vie»  de Camille de Toledo

    Valérie Dréville et Guy Cassiers adaptent le roman de Camille de Toledo, Thésée, sa nouvelle vie.  Qui commet le meurtre d’un homme qui se tue ? C'est la question qui ouvre le spectacle de Valérie Dréville et Guy Cassiers qui mettent en scène Thésée, sa nouvelle vie de Camille de Toledo, paru en 2020, aux éditions Verdier.  Après le suicide de son frère Jérôme en 2005 et la mort de ses parents, Camille de Toledo devient « Thésée » et s'installe en Allemagne avec trois cartons d'archives, qu'il explore en espérant comprendre ce qui a poussé son frère à se tuer. Il s'interroge : le suicide est-il un problème sociétal ? Un acte libre ? Aucune réponse ne lui convient.  Il entame une enquête, à la fois documentaire et fictionnelle, qui circule entre les trajectoires de ses ancêtres et les transformations sociales et politiques de l’Europe.  Ce n'est pas la première fois que Valérie Dréville et Guy Cassiers travaillent ensemble. La tragédienne est à l'origine de ce projet. « Quand j'ai lu le roman de Camille de Toledo, j'ai immédiatement pensé au théâtre. » Elle se souvient avoir été frappée par cette phrase de l'écrivain : « Quand j'écris, je pense pas à la littérature, mais j'entends des voix. » Avec Guy Cassiers, formé aux Beaux-Arts d’Anvers et habitué à inventer un langage très visuel, ils construisent un dispositif où les photos et les images se figent sur l’écran et se mêlent à sa présence… Seule, filmée en permanence, dans une sorte de kaléidoscope visuel, elle pense être une intermédiaire entre le texte scénique et le public : « Je passe à travers les personnages et les différents points de vue sur leur histoire. »  La dramaturgie se déploie autant dans les images que dans le jeu Guy Cassiers, lui, entend « la polyphonie des voix. Valérie était la seule à pouvoir nous guider dans ces voix et nous faire entrer dans chaque pensée de chaque personnage », explique-t-il.  Ainsi, en 1h40, le spectacle traverse l’histoire personnelle de Camille de Toledo mais aussi celle de l’Europe, comme un voyage dans le labyrinthe du XXè siècle. Le texte remonte la généalogie de l’auteur, qui fait des découvertes et trouve des réponses. La fin se veut optimiste : la pièce se définit comme une tragédie, mais qui s’ouvre vers la lumière. Elle invente la notion de « revivance » et se clôt sur un mot : avenir.   Invitée : Valérie Dréville, metteuse en scène et comédienne, et Guy Cassiers. Valérie Dréville est une actrice et metteuse en scène française née en 1962. Elle a été formée au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. Elle entre au théâtre au début des années 1980 et collabore régulièrement avec quelques figures importantes du théâtre public, comme Antoine Vitez, Claude Régy, Alain Françon ou Stanislas Nordey. Elle traverse aussi bien des textes classiques que contemporains.  Guy Cassiers est un metteur en scène belge, principalement actif en Flandre, connu pour un travail qui mêle textes, arts visuels et technologies numériques. Camille de Toledo est un écrivain français né en 1975. Il est également plasticien et vidéaste. Il vit aujourd'hui à Berlin.    Thésée, sa vie nouvelle vie d’après le roman de Camille de Toledo à voir à Avignon jusqu'au 24 juillet.  Et Fanny Imbert a assisté au spectacle Le projet Barthes qu'on peut voir du 4 au 24 juillet au Train Bleu.  Programmation musicale :  La reprise de la chanson de Barbara « Du bout des lèvres », une chanson de 1968 et tirée du spectacle Barbara (par Barbara) joué à Avignon. Une mise en scène d'Emmanuel Noblet qu'on peut voir à la Scala Provence.

  15. 10

    Festival d'Avignon: «Mon frère» de François Gremaud: une pièce militante sur la surdité

    Dans Mon frère, le comédien François Gremaud déroule, sur scène, la trajectoire de son frère Christian, sourd de naissance, entre injustices, fierté et engagement. François Gremaud et son frère Christian Gremaud évoquent leur création théâtrale Mon frère, une pièce où la langue des signes et la langue parlée se répondent et se complètent. Deux frères, deux langues : la naissance de Mon frère Sourd de naissance, Christian raconte sans complexe son rapport à la surdité : « Je ne me suis pas senti handicapé. Je suis né sourd mais je n’ai jamais vraiment eu conscience de cela. C’est plus tard que j’ai compris, mais je m’accepte tel que je suis. » François Gremaud nous confie la genèse de cette création : « J’ai imaginé ce spectacle car, à un moment de la vie de Christian, je l’ai retrouvé très affecté par la série d’injustices qu’il a vécues. Je voulais lui donner la possibilité d’exprimer tout ce qu’il avait gardé durant ces années. » Fort de ses nombreuses expériences, Christian n’a pas eu peur d’être sur scène : « J’aime m’exprimer, car quand je parle, personne ne m’écoute ! », explique-t-il non sans humour. Créer entre français et LSF : réécrire plutôt que traduire Écrire entre deux langues n’a pourtant pas été simple. François a d’abord rédigé un corpus en français, avec des jeux de mots et des phrases littéraires, mais ce texte n’était pas toujours adapté à la langue des signes, parfois intraduisible en LSF : un texte « trop entendant ». Les deux frères ont ensuite non pas traduit, mais recréé le spectacle en langue des signes, sur la base de ce corpus. Et cette fois, certains jeux de signes étaient très difficiles à rendre en français pour son frère François. Christian a également tenu à montrer la pluralité des langues des signes : par exemple, signer « Donald Trump » – un signe inventé par les Sourds américains, main sur le front pour mimer sa mèche – qu’il faut voir pour comprendre… et sourire. Une histoire personnelle devenue combat militant Christian a appris la langue des signes à deux ans, au moment du Réveil sourd, ce mouvement social et culturel majeur de l’histoire des Sourds en France, qui émerge dans les années 1970. Ce n’était pas encore la LSF telle qu’on la connaît aujourd’hui, devenue une langue à part entière, mais une gestuelle que François a apprivoisée à quatre ans et qui est devenue leur langue à eux. Christian parvient à mettre des mots sur le silence : « Le silence, c’est tous les jours, c’est mon quotidien. Je ressens des vibrations. Quand je vois une foule bruyante, je vois les expressions sur les visages, les sensations visuelles. » Aujourd’hui, selon lui, il y a bien une petite évolution, mais encore largement insuffisante. Trop peu d'inclusivité dans le travail, par exemple : « On court après l’accessibilité. On nous dit que ça coûte trop cher, que nous ne sommes pas assez nombreux, que c’est possible… mais trop cher. » François, lui, a envie d'inverser cette phrase : « C'est compliqué, mais c'est possible ». Le spectacle propose d'ailleurs au public d'apprendre ces quatre mots signés : résister, égalité, union et amour.   Invités : François Gremaud, comédien suisse et metteur en scène de théâtre, et Christian Gremaud.  Un grand merci à Sylvie Dhailly pour l'interprétation LSF/français.  Mon frère : à voir à Avignon, puis au Théâtre du Rond-Point à partir du 18 septembre 2026.    Et, le reportage de Fanny Imbert avec la compagnie Minute Papillon spécialisée dans l’art lyrique, qui présente La Cuisine musicale, un spectacle ludique pour tout public.  Programmation musicale :  L'artiste Suzanne Belaubre avec le titre C'est quoi la suite ?

  16. 9

    Musique : la chanteuse franco-brésilienne Gildaa pour son premier album

    Née en 1994, la Franco-Brésilienne Gildaa, de son vrai nom Camille Constantin Da Silva, dévoile son premier album éponyme, Gildaa. Un mélange envoûtant de jazz, chanson, funk et électro, porté par douze titres en français et en portugais.   Gildaa : quand le Brésil et la France dialoguent en musique Gildaa, artiste franco-brésilienne, incarne une dualité où le cœur et la raison se répondent. Née et grandie en France, elle est allée chaque année au Brésil - le pays de sa mère - pour y puiser chaque année une nostalgie et une émotion brute, bercée par les mélodies de sa famille et les sons du violon, qui ont marqué son entrée en musique. « Le Brésil, c’est mon cœur, l’émotion, la nostalgie ; la France, c’est plus le mental, la raison », confie-t-elle. Cette double culture se reflète dans ses chansons, où les mots et les mélodies s’entrelacent en français et en portugais. Sur scène, Gildaa devient une autre personnalité, une incarnation artistique.  Un projet artistique aux multiples visages Son album s’inscrit dans un projet artistique global, où chaque média – clips, film, scène – raconte une partie de l’histoire. Gildaa joue avec les héteronymes. « Chaque média raconte une partie du projet. L’album fait partie d’un grand tout », explique-t-elle. Une autobiographie plus ou moins dissimulée se dessine entre les lignes mais la « pudeur me garde de tout dire ». Parmi ses titres, l’un reprend le mythe grec de Perséphone, raconté comme un écho à une emprise subie... Mélodies et mots : un pont entre deux mondes Sa voix, elle la définit comme « versatile ». Avec des chansons en français et en portugais, Gildaa tisse un lien unique entre deux langues, deux cultures, et deux émotions. Son violon, premier vecteur de sa passion musicale, porte les souvenirs d’une enfance partagée entre deux pays. Son art explore les thèmes de l’identité, de la mémoire et de la résilience, tout en laissant une place à l’imaginaire et à la mythologie. Que ce soit à travers le mythe de Perséphone ou les récits familiaux, son œuvre invite à une réflexion sur ce qui nous lie aux autres, aux absents, et à nous-mêmes.  Invitée : La chanteuse Gildaa, de son vrai nom Camille Constantin Da Silva, née en 1994 à Paris, est une chanteuse, musicienne, autrice-compositrice et comédienne franco-brésilienne.  Titres de Gildaa diffusés - Perséphone - Pensées diluviennes - Et vous - Mainha.

  17. 8

    Hervé Le Tellier : parrain de l'opération «Lire c'est voyager, voyager c'est lire»

    Du 3 juillet au 8 août 2026, La 8è édition de l’opération « Lire, c’est voyager ; voyager, c’est lire », organisée par la Fondation VINCI Autoroutes, s’installe sur 12 aires du réseau VINCI Autoroutes du 3 juillet au 8 août 2026 ! Le but ? Inciter les vacanciers à faire une pause en leur proposant de proposer de repartir avec un livre... Cette 8è édition de l'opération « Lire, c’est voyager ; voyager, c’est lire » qui reprend un aphorisme de Victor Hugo, est menée en partenariat avec Folio (Gallimard), le Centre national du livre (CNL) avec son opération « Partir en Livre », le ministère de l’Éducation nationale avec son opération « Cet été, je lis » et l’association « Lire et faire lire ». Elle est parrainée par l'auteur Hervé Le Tellier très attaché à ces « livres de vacances ».  « Je trouve que c'est un très joli projet de faire lire des livres à des gens qui ne vont pas être forcément ceux qui entrent dans les librairies ».  Parmi cette sélection de quatorze livres en format poche et dont les thèmes gravitent autour du thème du voyage:  des récits, reportages, romans ou poésie « pour faire voyager le lecteur ! ». Est proposé l'un des premiers romans de Hervé Le Tellier, Le Voleur de nostalgie qui est un hommage à Italo Calvino, un des auteurs préférés de Hervé Le Tellier. A retrouver également : Alors c'est bien de l'autrice Clémentine Mélois sur les derniers jours de la vie son père mais également pas mal de classiques : Les Voyages de Gulliver, de Jonathan Swift, Les neiges du Kilimandjaro de Joseph Kessel, La tour de la prison de Marguerite Yourcenar, Miss Dalloway de Virginia Wolf... Mais on tpeut aussi découvrir la poésie persane, avec le recueil J'irai jusqu'au rivage du soleil de Forough Farrokhzâd, une poétesse iranienne, icône de l’émancipation féminine, disparue prématurément à l'âge de 32 ans dans un accident de voiture.Selon Hervé Le Tellier, cette diversité permet de faire dénicher des livres qu'on n'aurait jamais eu l'idée ou - l'envie ! - d'ouvrir « On voyage dans la langue de l'autre ! ».  Invité : Hervé Le Tellier, écrivain français né en 1957 et membre de l'Oulipo. Il a publié une trentaine d'ouvrages, dont le roman L'Anomalie qui a obtenu le prix Goncourt en 2020. Il est le parrain de cette huitième opération  « Lire, c’est voyager ; voyager, c’est lire ».  Il vient également de publier Jardin sauvage et autres parcs parisiens, une promenade dans quinze jardins et parcs de Paris. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup revient sur les origines et la signification d'une expression française bien connue (ou pas !) en complicité avec la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et les CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Et si jamais, vous vous sentez « dans vos petits souliers » quand vous entendez une expression, alors cette chronique est vraiment faite pour vous !    Programmation musicale : L'artiste Pomme avec le titre Le village.

  18. 7

    Thomas Schlesser nous invite à la beauté de la poésie dans «Le chat du jardinier»

    Après avoir décortiqué les grandes œuvres de la peinture dans Les yeux de Mona, l’auteur Thomas Schlesser nous transmet l’amour de la nature et de la poésie dans Le chat du jardinier.  Louis est jardinier en Provence. Solitaire, sa vie s'effondre quand il découvre que son chat a une tumeur. Sa nouvelle voisine, Thalie, professeure de lettres à la retraite, la soixantaine passée lui redonne le goût de vivre en lui faisant déclamer devant ses arbres les textes des grands poètes d'hier et d'aujourd'hui. Elle va alors transmettre le goût des mots.  Ce n'est pas la première fois que cet auteur raconte l'art au travers d'une histoire: en 2024, son roman Les Yeux de Mona connait un grand succès. Il a été traduit environ quarante fois. Dans ce roman, l’apprentissage de la vie passe par la découverte de l’art. À travers la description d’œuvres, l’auteur propose une initiation accessible à l’histoire de l’art. Il y narre l’histoire d’une fillette menacée de cécité, que son grand-père accompagne pendant un an dans les musées parisiens. Avec ce nouveau roman d'initiation, Thomas Schlesser nous initie à la poésie: « Moi je crois beaucoup aux vertus existentielles des grands productions humaines. Elles infusent notre être ». La poésie, il l'a découverte au lycée grâce à Guillaume Apollinaire. Dès lors, elle ne l'a jamais abandonnée. Avec Le chat du jardinier, l'auteur entend rendre ce langage accessible. « La poésie qui semble élitiste est un adjudant merveilleux pour se faciliter la parole. C'est le langage qui unit tout le monde. » Invité : Thomas Schlesser est historien de l’art, directeur de la Fondation Hartung-Bergman, professeur à l’École polytechnique et auteur de nombreux essais. Le chat du jardinier est publié aux éditions Albin Michel.   Programmation musicale : L'artiste Grand Corps Malade en duo avec Styleto avec le titre Le prochain rêve. 

  19. 6

    La revue d’anthropologie Terrain consacre son numéro à la voix et à l’illusion vocale

    Jamais l’émission n’aura autant mérité son titre qu’aujourd’hui ! La revue d’anthropologie et de sciences sociales Terrain consacre son dernier numéro à l’illusion vocale.    Invités : Vincent Hirtzel, chargé de recherche au Cnrs, directeur du centre d’Enseignement et de recherches en Études amérindiennes et Aïssatou Mbodj-Pouye, anthropologue, directrice de recherche au CNRS et membre de l’Institut des mondes africains. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé au Togo avec Frédérick Mawupenkor TSATSU, délégué général des 11èmes Joutes Verbales Francophones qui va désigner le meilleur orateur ou la meilleure oratrice du pays ! Et la finale aura lieu ce 11 juillet 2026 à l’Institut français du Togo.  Programmation musicale : L'artiste Vicky R feat. Ebokolo  avec le titre Djolo.

  20. 5

    Julien Perez pirate nos rêves avec son roman NyxX

    Dans son roman, NyxX, l'auteur Julien Perez raconte la rencontre d’un journaliste vieillissant et d’une jeune femme de 25 ans qui a fait fortune en imaginant une plateforme numérique pour échanger nos rêves.     Dans la mythologie grecque, Nyx est une déesse grecque de la Nuit. Dans le seconde roman de Julien Perez, il s'agit d'un réseau social en 2029 qui permet de capter ses rêves durant la nuit, puis de les transformer en vidéo comme si ont regardait un film, avant de pouvoir les partager sur les réseaux sociaux. Pauline Grandgeorges, la créatrice de cette application technologique embauche Karol Malik, un ancien journaliste et auteur de trois romans passés inaperçus pour écrire sa biographie... Le roman va osciller sans cesse entre réalité et souvenirs. La thématique du rêve est très importante pour l'auteur « J'avais un rapport très compliqué au sommeil lorsque j'étais enfant. Je rêvais beaucoup des rêves effrayants, j'appréhendais beaucoup les moments d'endormissement. »   Invité : Julien Perez, auteur français né en 1986. Il est également musicien, auteur et compositeur, il signe de nombreux albums sous le nom de PEREZ (Rex, Vert Vert, Un album de collection, Surex, Cavernes, L’Hôte, Saltos). Il travaille avec les arts plastiques, le cinéma et le théâtre. En compagnie de l’artiste Dominique Gonzalez-Foerster, il forme le duo Exotourisme.  En 2025, il publie Hommages, son premier roman. NyxX, son second roman est paru aux éditions POL.  Programmation musicale : L'artiste Julien Perez avec son titre « 7 lav » extrait de son album Rev. 

  21. 4

    Les langues aux États-Unis : 250 ans d'histoire riche mais complexe

    Depuis mars 2025, sous l’impulsion de Donald Trump, l’anglais est devenu, par décret, la seule langue officielle aux États-Unis rompant ainsi avec l’histoire du pays qui a toujours plaidé, pour le plurilinguisme. Et pour cause, plus de 350 langues sont parlées dans le pays. Selon certaines projections démographiques, l’espagnol pourrait devenir la langue majoritaire dans le pays d'ici la fin du siècle. Pourquoi instaurer une langue officielle 250 ans après ? Ce décret est-il le point de début d’une politique linguistique offensive ? Quelles langues parle-t-on aujourd’hui aux États-Unis ? Les États-Unis, une tour de Babel sans langue officielle Dès les premières colonies, l’anglais s’impose comme langue dominante, mais sans jamais être officiellement consacrée. Néerlandais, allemand, espagnol ou langues amérindiennes coexistent sans que les autorités ne jugent utile d’imposer un cadre. Au XIXè siècle, l’afflux d’immigrants européens (allemands, italiens) et asiatiques (mandarins) ne change pas la donne : l’anglais reste de facto la langue commune. Ce n’est qu’à partir des années 1960, avec l’explosion de l’immigration hispanophone et asiatique, que le débat aurait dû s’imposer. Mais le « culte de la liberté » l’emporte : les États-Unis ne légifèrent pas. Aujourd’hui, plus de 350 langues y sont parlées, avec une domination écrasante de l’anglais et de l’espagnol. Certains États, comme Hawaï ou le Nouveau-Mexique, adoptent des langues co-officielles, mais ces mesures restent symboliques.  Du melting-pot vire au communautarisme ? L’absence de langue officielle a-t-elle accéléré la fragmentation des États-Unis ? À partir des années 1980, le melting-pot semble céder la place à un repli communautaire : les crises économiques, l’ultra-libéralisme reaganien et l’effondrement de l’ascenseur social ont creusé les inégalités. Résultat ? Des quartiers entiers où l’anglais disparaît au profit du polonais, du russe ou de l’espagnol. Il n'est pas rare de croiser à New York, des jeunes de 25 ans ne parlant pas un mot d’anglais, précise Romuald Sciora. À Los Angeles, des écoles enseignent exclusivement en espagnol. Les médias et les publicités s’adaptent, renforçant l’isolement : chaînes de télé en mandarin, journaux en russe, cours de récréation où l’anglais est minoritaire. Bill Clinton avait envisagé une légifération dans les années 1990, mais cela ne s'est jamais concrétisé. Aujourd’hui, imposer l’anglais comme langue unique est perçu comme une provocation et un acte réactionnaire : comment justifier une telle mesure alors que l’espagnol est parlé par près de 50 millions de personnes ? Les tentatives de Donald Trump pour promouvoir l’anglais ont été vues comme une attaque contre les hispanophones. Cinquante ans de tergiversations ont transformé un débat pragmatique en sujet explosif. Vers un bilinguisme ou un multilinguisme officiel ?   Aujourd'hui, l’enjeu n’est plus de savoir si les États-Unis doivent légiférer, mais comment le faire sans braquer une partie de leur population. Face à cette fragmentation,  les États-Unis devraient-ils s'inspirer du Canada en adoptant deux langues officielles, l’anglais et l’espagnol ? Les hispanophones, qui représentent près de 20% de la population : une telle mesure aurait le mérite de reconnaître une réalité démographique tout en apaisant les tensions. Un cadre bilingue permettrait d’imposer l’apprentissage des deux langues dès l’école, brisant ainsi les barrières entre communautés. Invité :  Romuald Sciora, essayiste, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’Iris, auteur de America 250, une histoire graphique des États-Unis. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup revient sur les origines et la signification d'une expression française bien connue, en complicité avec la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et les CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Et, je peux vous assurer que, malgré la chaleur, Lucie « se porte comme un charme » aujourd'hui !   Programmation musicale : L'artiste Cécile McLorin Salvant avec la reprise de la chanson extraite du film «Les parapluie de Cherbourg». 

  22. 3

    François Le Lionnais par Marcel Benabou : comment l’Oulipo libère l’écriture par la contrainte

    Marcel Benabou publie un essai hommage consacré à François Le Lionnais, créateur de l'OULIPO, l'ouvroir de littérature potentielle.  François Le Lionnais, « FLL » était un ingénieur, mathématicien et écrivain est né en 1901 et disparu en 1984. Il est surtout connu pour avoir été le « fraisident-pondateur » de l'Oulipo (l'Ouvroir de Littérature Potentielle) en 1960 avec l'écrivain Raymond Queneau. Ce mouvement réunit des écrivains, des traducteurs, des universitaires, dont Marcel Benabou fut longtemps le « secrétaire définitivement provisoire » avant de cumuler cette fonction avec celle de « secrétaire provisoirement définitif ». Dans cet essai, Marcel Benabou commente en quelque 400 pages les poèmes de François Le Lionnais, qui visaient à être le plus court possible puisque telle était son ambition.  François Le Lionnais était un passionné par les liens entre sciences, mathématiques et littérature, il a joué un rôle-clé dans la promotion d’une approche ludique et contrainte de la création littéraire, où les auteurs utilisent des règles formelles (comme les lipogrammes ou les palindromes) pour stimuler leur imagination. Il a peu écrit : des poèmes avec le minimum de mots, le minimum de lettres, et même, sommet de la réduction, un poème sans lettres.  Il disait de lui-même qu’il avait une certaine « constipation de plume »  « Symétriquement, j'ai voulu commenter de manière la plus longue possible ces très courts poèmes », nous explique Marcel Benabou. Ainsi, il nous raconte les dessous du poème composé du seul mot « Fenouil » ou de la réduction d'un poème à une seule lettre « T. » : une lettre qui a finalement tant de choses à dire et qui ouvre un très grand champ d'interprétations...  FLL est notamment l’auteur de La Littérature potentielle (1973), un ouvrage fondateur coécrit avec Raymond Queneau, qui explore les contraintes formelles comme outil de création littéraire. On lui doit aussi Les Nombres remarquables (1983), un livre dédié aux propriétés mathématiques singulières, ou encore Le Second Manifeste de l’Oulipo (1973), où il théorise les principes de ce mouvement. Par ailleurs, il a rédigé des essais sur les échecs, comme L’Ouverture française (1935), et des textes plus personnels, tels que Le Temps (1963), mêlant réflexions scientifiques et philosophiques. L’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) est un groupe littéraire fondé en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais et l’écrivain Raymond Queneau. Ce dernier a déjà beaucoup publié dont le fameux Zazie dans le métro, ce ne sont donc pas des jeunes gens en mal de reconnaissance et d’aventures ! Leur objectif est d’explorer les possibilités de la création littéraire à travers des contraintes formelles, souvent inspirées des mathématiques ou des jeux de langage. Ces contraintes, comme l’écriture sans la lettre e (lipogramme) dans La disparition de Georges Perec ou la structure en s+7 (remplacer chaque substantif d’un texte par le septième suivant dans un dictionnaire), stimulent l’imagination et donnent naissance à des œuvres originales.    Invité : Marcel Benabou, né en 1939 au Maroc, est un écrivain et historien français, membre de l’Oulipo depuis 1970. Il en était le « secrétaire définitivement provisoire » avant de cumuler cette fonction avec celle de « secrétaire provisoirement définitif ». Ses travaux littéraires s’inscrivent dans la tradition oulipienne, utilisant des contraintes formelles pour explorer des thèmes comme le langage, la mémoire et la création. Parallèlement à son activité d’auteur, il a mené une carrière d’historien, spécialisé dans l’Antiquité romaine. Ses ouvrages, tels que Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres (1986) ou Jette ce livre avant qu’il ne soit trop tard (1992), illustrent son approche à la fois structurée et réflexive de l’écriture. Aux franges du silence, glose pour FLL est publié aux éditions du Seuil.  Programmation musicale : L'artiste Dali avec le titre Parler fort. 

  23. 2

    Qu'est-ce que le capital linguistique?

    Sommes-nous égaux devant le langage ? Dans Le capital Linguistique, Frédéric Lebaron interroge le concept de capital linguistique. Mais qu'est-ce qu'un capital linguistique ? Pour le sociologue du langage, « chacun a des compétences linguistiques : ce qui m'intéresse, c'est comprendre la manière dont ces ressources intériorisées fonctionnent et sont dotées d'une valeur sociale. Les ressources linguistiques sont immédiatement évaluées : la valeur du langage va déterminer la valeur d'une personne. » L'auteur fait la différence entre sociolinguistique et sociologie du langage. Pour faire simple, la sociologie du langage étudie le rôle du langage dans la structuration de la société et les enjeux sociaux liés aux langues quand la sociolinguistique étudie les relations entre la langue et la société, en se concentrant sur l’usage concret des langues dans les interactions sociales. La sociologie du langage existait avant la sociolinguistique : l'un des pionniers était Marcel Cohen qui a écrit Pour une sociologie du langage en 1956.  Dans son essai, Frédéric Lebaron évoque également la question de la hiérarchie des langues, de la place et de la dominance de l'anglais dans l'espace francophone : la présence des anglicismes par exemples.  Invité : Frédéric Lebaron, sociologue, professeur à l’École Normale Supérieure Paris Saclay, il a notamment travaillé sur les discours économiques. Auteur de Le Capital Linguistique: une sociologie du langage, publié aux éditions CNRS.   Et la chronique Ailleurs nous emmène à Abidjan, en Côte d'Ivoire, Adam Mots présentera son spectacle «La calebasse n'a pas de couvercle» entre théâtre, slam, poésie et « griotisme » à l'Institut français d'Abidjan, le 4 juillet.  Programmation musicale : L'artiste Zaho avec Alonzo & Magic System - pour le titre « Mauvais caractère ». 

  24. 1

    Chez Samy : cinquante comédiens, une histoire inventée et l’âme d’un quartier de Bobigny

    Claire Lasne Darcueil et Feroz Sahoulamide mettent en scène « Chez Samy », un spectacle collectif gratuit  pour et avec les habitants qui raconte l'histoire d'une famille élargie, d'un café et d'un quartier de Bobigny, ville très métissée de la Seine-Saint-Denis.   Le spectacle, une commande d'Hortense Archambault, directrice de la MC 93 a pour but de faire une vraie création avec les habitants.  Ils sont une cinquantaine sur scène à raconter l'histoire d'un café disparu à Bobigny, c'est une histoire inventée mais basée sur de faits réels : la MC 93 a été construite sur un ancien quartier.  La pièce raconte l'histoire fictive d'un couple, tout aussi fictif, Samir et Samy, qui a eu dix enfants ! Aucun ne se ressemble, aucun ne parle la même langue... viennent s'ajouter les oncles, les tantes et puis... les amis ! On retrouve des amateurs, mais aussi des professionnelles comme ces trois chanteuses lyriques qui chantent aussi bien « La Traviata » que les chansons des Demoiselles de Rochefort. « Le principe est de sortir des stéréotypes et de plaider la diversité », plaide Claire Lasne.  Les cinquante comédiens couvrent tous les âges, cultures, choix de vie, couleur de peau... !  La pièce raconte également par les « petites histoires », l'histoire des immigrés de la première génération.  Dans le spectacle, sont parlées une quantité de langues, les langues des locuteurs/acteurs sur scène.  Le spectacle, fait avec peu de moyens : quelques tables, quelques chaises, un vidéaste qui filme quelques scènes projetées sur grand écran.  À voir jusqu'au 28 juin 2026 à la MC 93.  Invitée : Claire Lasne Darcueil, ancienne directrice du Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Autrice et metteuse en scène de la pièce Chez Samy à la MC 93.    Programmation musicale : L'artiste Sarahmée avec le titre « Ratata ». 

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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission consacrée à la langue écrite qui vit, s’adapte, se développe. Mais aussi une émission où la langue parlée, blablatée, tchatchée, déclamée et murmurée aura toute sa place. En compagnie d’historiens, linguistes, traducteurs, artistes… ce nouveau rendez-vous sur RFI sera aussi celui de l’oralité : ce qui est émis, qui est énoncé de vive voix. Théâtre, slam, poésie sonore, contes, traditions orales… Émission présentée par Pascal Paradou, en collaboration avec Cécile Lavolot. Réalisation : Laura Pinto. Et en podcast sur www.rfi.fr. *** Diffusions du lundi au jeudi : à 13h30 TU vers toutes cibles ; 18h30 vers l'Afrique lusophone ; à 22h30 vers l'Afrique haoussa ; du lundi au jeudi à 23h30 vers Malabo/Bata. Le vendredi à 23h30 vers l'

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