EPISODE · Sep 3, 2026
Course à l'intelligence artificielle: manger ou être mangé
from La fabrique du monde · host RFI
Deux sommets internationaux ont marqué le début de la semaine. Celui de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Bichkek, au Kirghizstan, et celui des ministres des Finances du G20, en Caroline du Nord. À l'ordre du jour des deux rencontres : le développement et la maîtrise de l'intelligence artificielle, un enjeu géopolitique à l'origine d'une véritable course entre géants américains et chinois, pendant que d'autres sont spectateurs. C'est en Caroline du Nord que le sujet a été davantage mis en avant. Les organisateurs américains en ont fait l'un des axes principaux des travaux. Et ils y ont mis toute leur puissance. Les barons américains de la haute technologie et les patrons en pointe du secteur y sont intervenus. Mark Zuckerberg, patron de Meta et Elon Musk, mais aussi Sam Altman, patron d'OpenAI, à l'origine de ChatGPT, l'IA générative la plus connue. Ces grands patrons annoncent des taux de croissance à deux chiffres et des créations de centaines, voire de millions d'emplois. Autant de chiffres difficiles à vérifier. Leur message est double : surtout pas de réglementation ou alors une réglementation minimale basée sur l'autorégulation, pour ne pas brider la créativité et l'innovation, et davantage de centres de données. Opposition Ces gigantesques concentrations de serveurs informatiques rencontrent pourtant une opposition de plus en plus virulente. D'abord aux États-Unis, notamment à l'approche des élections de mi-mandat. En cause : leur utilisation exponentielle de ressources en eau et en électricité, ce qui renchérit les factures des consommateurs américains, leur cause des nuisances, et leur coût écologique très important dans le contexte du réchauffement climatique. Donald Trump, qui leur doit beaucoup et qui utilise objectivement leur puissance et leur absence de vérification des informations, vient en aide aux barons de la technologie en expliquant que les opposants aux centres de données finiront arriérés et pauvres, et qu'ils servent les intérêts chinois. À lire aussiIntelligence artificielle: la gronde contre les data centers se répand à travers le monde Contrôler les contenus La Chine, c'est l'autre géant de l'intelligence artificielle. Beaucoup de ses modèles, contrairement aux modèles américains qui appartiennent à leurs propriétaires, sont ouverts et donc partageables. D'ailleurs au Kirghizstan, Vladimir Poutine, grand allié de Xi Jinping, a dit vouloir coopérer avec la Chine sur l'intelligence artificielle. Une alliance objective entre deux dirigeants qui ne sont pas les plus grands démocrates du monde et qui ont une tendance bien connue à contrôler les contenus. Allez demander à une IA chinoise ce qu'il s'est passé place Tian'anmen au printemps 1989 et vous obtiendrez une réponse assez peu détaillée. Si les modèles chinois sont en libre accès, c'est dans le but d'étendre l'influence du pays à ceux qui n'ont pas d'industrie de l'IA. Être à table ou au menu On pense à des continents entiers, comme l'Afrique ou l'Europe, où l'intelligence artificielle est peu développée. Jusqu'ici en Europe, on s'est surtout évertué à mettre en place ces régulations qui agacent tant les patrons et le gouvernement américain. À quelques exceptions près, comme le Français Mistral, l'Europe n'a pas de spécialiste de l'IA. De passage hier au siège de l'entreprise néerlandaise ASML qui fabrique les machines capables de fabriquer les puces électroniques, alors que l'Europe ne produit pas de puces elle-même, le président français Emmanuel Macron appelle à l'indépendance technologique européenne. Le chantier et le retard sont immenses. Actuellement, il y a deux géants qui se disputent la première place dans la course à l'IA et qui accélèrent. Les États-Unis et la Chine sont à la table de ceux qui commandent. Les autres sont pour l'instant au menu. À lire aussiIntelligence artificielle: la Chine veut rivaliser avec les États-Unis dans la production de processeurs
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