EPISODE · Sep 9, 2026
Espace: quel est l'impact environnemental des satellites?
from Questions d'environnement · host RFI
Le sommet international dédié à l'espace réunit 120 pays à Paris mercredi 9 et jeudi 10 septembre pour parler de l'exploration, de la sécurité, de l'économie, mais aussi de la durabilité du secteur spatial. Car à l'heure où des géants comme SpaceX et Amazon déploient des constellations de milliers de satellites, se pose la question de la pollution associée. C'était un enjeu considéré comme anecdotique il y a encore quelques années, mais qui ne l'est plus tant que cela, étant donné le nombre d'engins envoyés en orbite chaque année. Un sujet paradoxal tant les satellites sont essentiels pour comprendre ce qui se passe sur notre planète et l'évolution de son climat. Ce sont eux qui nous permettent de mesurer la montée du niveau des océans, le recul des glaciers et de la banquise, de suivre les sécheresses, les incendies, la déforestation. Et une bonne partie de ce que nous savons aujourd'hui sur le changement climatique repose sur plusieurs décennies d'observation de la Terre depuis l'espace. Mais à côté d'eux se multiplient les constellations de satellites de communication. Starlink de SpaceX est la plus connue : il y a presque 10 000 de ces engins en orbite, en ce moment, au-dessus de nos têtes. Mais ces satellites ont une fin de vie. Beaucoup de ceux qui évoluent en orbite basse sont volontairement précipités vers la Terre. Ils entrent dans l'atmosphère à plusieurs kilomètres par seconde, chauffent à des températures extrêmes, se désagrègent et, pour une large part, se vaporisent. Si l'engin part en poussière, sa poussière, elle, reste, dispersée dans la haute atmosphère sous forme de gaz et de minuscules particules. À lire aussiVingt ans de SpaceX: du risque de faillite au conglomérat mêlant spatial et IA Parmi ces matériaux, il y en a un qui intéresse particulièrement les chercheurs : l'aluminium, qui n'est pas sans effets sur l'environnement. Pendant la rentrée dans l'atmosphère, une partie de l'aluminium qui compose le satellite peut former de minuscules particules d'alumine. Les chercheurs pensent que ces particules pourraient favoriser des réactions chimiques qui, au bout de la chaîne, contribuent à détruire l'ozone. Une étude publiée en 2024 a essayé d'évaluer l'ampleur du phénomène. Pour un satellite de 250 kilos contenant 30 % d'aluminium, les chercheurs estiment que la rentrée peut produire environ 30 kilos de nanoparticules d'alumine. Avec les grandes constellations, on pourrait arriver à terme à plusieurs centaines de tonnes d'alumine produites chaque année par les rentrées atmosphériques. Mais sait-on exactement si cela abîme la couche d'ozone ? Non, c'est là qu'il faut distinguer ce qu'on sait de ce qu'on soupçonne. Ce qu'on sait, c'est que cette pollution existe. En 2023, des chercheurs américains ont prélevé des particules directement dans la stratosphère. Ils y ont retrouvé de l'aluminium, mais aussi du cuivre, du lithium et d'autres métaux dans des proportions qui portent la signature des engins spatiaux. Donc nos activités spatiales modifient déjà, au moins localement, la composition de la haute atmosphère. Ce qu'on ne sait pas, du moins ce qu'on ne sait pas encore bien mesurer, c'est la conséquence de cette pollution sur la couche d'ozone dans son ensemble. On sait qu'il y a un effet, reste à déterminer les proportions. Il y a encore de la recherche à faire sur le sujet. Le problème, c'est que le secteur n'attend pas : il y a cinq ans, on mettait environ 1 300 satellites en orbite chaque année ; en 2025, on a dépassé les 4 000, essentiellement sous l'effet du déploiement des grandes constellations. À lire aussiParis accueille un sommet sur l'espace pour renforcer le rôle de l'Europe dans le domaine
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