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EPISODE · Mar 20, 2026 · 58 MIN

Fou d'histoire : Jean-Jacques Annaud. Silence, moteur, histoire !

from Le Cours de l'histoire

La Victoire en chantant, La Guerre du feu, Le Nom de la rose, L'Ours, L'Amant, Guillaumet, les ailes du courage, Sept Ans au Tibet, Stalingrad, Deux Frères jusqu’à Notre-Dame brûle. Silence, moteur... la parole au réalisateur Jean-Jacques Annaud. Aimer l'histoire, car elle libère l'imagination Enfant, Jean-Jacques Annaud parcourt la France en train avec ses parents, grâce à l’abonnement ferroviaire de son père cheminot. Avec son premier appareil photo, il photographie les monuments patrimoniaux, comme les églises, et les compile en albums. Cet attachement au patrimoine et aux musées ne l’a pas quitté. "J'ai gardé beaucoup de tendresse pour les vieilles gares. Je visite systématiquement les musées ferroviaires dans le monde entier. Ça me plaît parce que ça me permet plus de rêver que le contemporain", confie le réalisateur, que l'histoire fait rêver, parce qu'elle libère l'imagination. "J'aime bien apprendre ce qui m'a précédé, puisque je ne sais pas trop ce qui va me succéder." Dans Notre-Dame brûle (2022), Jean-Jacques Annaud met en scène l’incendie de Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019, cathédrale qu’il observe depuis l’enfance. Il reconstitue la chronologie des faits, à l’image d’une enquête. Il explore également les charpentes et les coursives des cathédrales de Bourges et de Sens, où certaines scènes sont tournées. Pour le réalisateur, le film historique n’aborde toutefois pas seulement la vérité historique. Avec Le Nom de la rose (1986), adaptation du roman éponyme d’Umberto Eco publié en 1981, qui prend place dans une abbaye bénédictine, il crée l’architecture extérieure du monastère selon son imagination. "Quand on traite d'un sujet historique, il faut travailler sur l'essentiel et pas sur le détail, savoir qu'il faut obtenir le sentiment qu'on a eu à la lecture par la qualité des objets, par exemple. Ce qui m'a frappé dans la lecture du texte d'Umberto [Eco], c'est que c'était inventé, mais j'ai eu l'impression de plonger dans le Moyen Âge", explique le réalisateur, qui cherche avant tout la crédibilité de l'histoire qu'il raconte. Apprendre par le divertissement L'attachement à l’histoire de Jean-Jacques Annaud est également académique. Il suit des études classiques à la Sorbonne, traduit le grec ancien et découvre l’histoire médiévale. En même temps, il rejoint l’École technique de photographie et de cinéma (ETPC, aujourd’hui École nationale supérieure Louis-Lumière), puis l’IDHEC (aujourd’hui La Fémis). Un temps réalisateur de films publicitaires, pour certains primés, il réalise son premier long-métrage en 1976, La Victoire en chantant, dans lequel il aborde le bellicisme et le colonialisme aux débuts de la Première Guerre mondiale. Son intérêt pour l’Antiquité l’accompagne dans Sa Majesté Minor (2007), film aux allures mythologiques qui prend place sur une île des Cyclades, dans la Grèce antique. À travers ses films, Jean-Jacques Annaud offre aussi des explorations géographiques comme historiques. Dans Le Dernier Loup (2015), il met en scène un étudiant de Pékin qui rejoint les steppes de Mongolie. Pour Deux Frères (2004), il emmène le spectateur au nord du Cambodge, dans les ruines des temples khmers. Pour Jean-Jacques Annaud, un film doit porter un message : "François Truffaut disait toujours : 'un bon long métrage doit aussi être un bon documentaire'. Et il a raison, parce que les gens ont soif d'apprendre et d'apprendre dans le divertissement." Pour en savoir plus Actualité de Jean-Jacques Annaud : "Le chantier invisible. Dans les coulisses des films de Jean-Jacques Annaud", exposition du 20 mars au 31 octobre 2026 à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé à Paris. Filmographie de Jean-Jacques Annaud : Notre-Dame brûle, 2022. Le Dernier Loup, 2015. Or noir, 2011. Sa Majesté Minor, 2007. Deux Frères, 2004. Stalingrad, 2001. Sept Ans au Tibet, 1997. Guillaumet, les ailes du courage, 1995. L'Amant, 1992. L'Ours, 1988, César du meilleur réalisateur, 1989. Le Nom de la rose, 1986, César du meilleur film étranger, 1987. La Guerre du feu, 1981, César du meilleur film et du meilleur réalisateur en 1982. Coup de tête, 1979. La Victoire en chantant, 1976, Oscar du meilleur film étranger en 1977. Références sonores de l'émission : Le réalisateur Marcel L'Herbier à propos de l'IDHEC, France Culture, 26 septembre 1964. Extrait du film La Victoire en chantant de Jean-Jacques Annaud, 1976. Extrait de la masterclasse de Michel Pastoureau, historien et conseiller historique sur le film Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud, France Culture, 21 juillet 2024. L'écrivain Umberto Eco à propos de son roman Le Nom de la rose, 1982. Générique : "Gendèr" par Makoto San, 2020.

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