EPISODE · Feb 19, 2026 · 7 MIN
Jeûner pour la Présence – Méditation du vendredi 20 février 2026
from Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin · host Centre Le Pèlerin
No 154 – série 2025-2026Évangile du vendredi 20 février 2026 – vendredi après les cendres« Des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront » (Mt 9, 14-15)En ce temps-là,les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésusen disant :« Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons,tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »Jésus leur répondit :« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuilpendant le temps où l’Époux est avec eux ?Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ;alors ils jeûneront. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.La question des disciples de Jean-Baptiste : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » semble posée dans un esprit de comparaison : « Pourquoi nous, et pas eux ? » Mais cette comparaison détourne l’attention de ce qui est au cœur du jeûne : l’écoute de Dieu, pour la fixer sur l’apparence des pratiques. Or, comme le rappelle Jésus, le jeûne n’est pas un concours de piété, mais une réponse à une présence : « Les amis du marié ne peuvent pas être en deuil tant que le marié est avec eux. »Ce passage, particulièrement en cette année où Carême et Ramadan coïncident, invite à une réflexion profonde sur la diversité des chemins spirituels. Le jeûne, dans les traditions chrétienne et musulmane, ne correspondent pas à la même démarche, alors même qu’ils participent de la même recherche : celle de la rencontre avec le Saint, par le dépouillement. La mise en œuvre dans notre religion relève, non un rituel qui s’applique, mais une liberté qui s’implique.Le vrai jeûne, c’est d’abord un acte de discernement intérieur. Il ne consiste pas à cocher des cases : « j’ai bien jeûné », mais à se demander : « Qu’est-ce qui prend trop de place en moi ? Qu’est-ce qui m’empêche d’être disponible à Dieu, aux autres, à moi-même ? ». Personne ne pourra répondre à cette question à ma place. Peut-être est-ce un manque de maîtrise de moi-même, et une dépendance qui peut concerner aussi bien une nourriture, qu’un écran ou une habitude, un appel à écarter une parole blessante ou une pensée ruminée. Le jeûne, alors, devient un geste de liberté : il libère l’espace intérieur pour laisser entrer la Parole, l’Amour, la présence du Christ.Jésus ne condamne pas le jeûne : il le reprend à sa source. Il ne s’agit pas de se priver pour se prouver quelque chose, mais pour se souvenir que Dieu est présent. Le jeûne, c’est un rappel corporel : « J’ai faim de Toi, Seigneur. » Il n’est pas une mise en scène :« que ton jeûne ne soit pas visible aux hommes » (Mt 6,16), mais un geste intime, silencieux, qui ouvre le cœur à la joie de la présence divine.Cette méditation nous invite à accompagner ceux qui nous interrogent non pas vers une pratique uniforme, mais vers une écoute personnelle. Chaque personne est appelée à identifier son « lieu de dépouillement » : celui qui la libère, non pas pour se punir, mais pour se donner. Cela peut être une invitation à réduire le temps d’écran pour faire place à la prière ou à l’écoute de l’autre, à lâcher une habitude qui asservit, pour retrouver une liberté intérieure.Le jeûne, alors, devient un acte de fraternité : il ne sépare pas, mais unit. Il ne juge pas, mais libère. Il ne se compare pas, mais se recentre. Et surtout, il ne se fait pas sans l’autre : car si le jeûne fait oublier que « le marié est avec nous », il devient vide. Le but n’est pas la privation, mais bien la présence : celle de Dieu, et celle des frères et sœurs que nous rencontrons sur ce chemin. « Tant que le marié est avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. » Le jeûne n’est pas une absence, mais bien une attente, et une attente joyeuse, qui prépare à la rencontre, à la communion, et à la fête.
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No 154 – série 2025-2026Évangile du vendredi 20 février 2026 – vendredi après les cendres« Des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront » (Mt 9, 14-15)En ce temps-là,les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésusen disant :« Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons,tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »Jésus leur répondit :« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuilpendant le temps où l’Époux est avec eux ?Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ;alors ils jeûneront. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.La question des disciples de Jean-Baptiste : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » semble posée dans un esprit de comparaison : « Pourquoi nous, et pas eux ? » Mais cette comparaison détourne l’attention de ce qui est au cœur du jeûne : l’écoute de Dieu, pour la fixer sur l’apparence des pratiques. Or, comme le rappelle Jésus, le jeûne n’est pas un concours de piété, mais une réponse à une présence : « Les amis du marié ne peuvent pas être en deuil tant que le marié est avec eux. »Ce passage, particulièrement en cette année où Carême et Ramadan coïncident, invite à une réflexion profonde sur la diversité des chemins spirituels. Le jeûne, dans les traditions chrétienne et musulmane, ne correspondent pas à la même démarche, alors même qu’ils participent de la même recherche : celle de la rencontre avec le Saint, par le dépouillement. La mise en œuvre dans notre religion relève, non un rituel qui s’applique, mais une liberté qui s’implique.Le vrai jeûne, c’est d’abord un acte de discernement intérieur. Il ne consiste pas à cocher des cases : « j’ai bien jeûné », mais à se demander : « Qu’est-ce qui prend trop de place en moi ? Qu’est-ce qui m’empêche d’être disponible à Dieu, aux autres, à moi-même ? ». Personne ne pourra répondre à cette question à ma place. Peut-être est-ce un manque de maîtrise de moi-même, et une dépendance qui peut concerner aussi bien une nourriture, qu’un écran ou une habitude, un appel à écarter une parole blessante ou une pensée ruminée. Le jeûne, alors, devient un geste de liberté : il libère l’espace intérieur pour laisser entrer la Parole, l’Amour, la présence du Christ.Jésus ne condamne pas le jeûne : il le reprend à sa source. Il ne s’agit pas de se priver pour se prouver quelque chose, mais pour se souvenir que Dieu est présent. Le jeûne, c’est un rappel corporel : « J’ai faim de Toi, Seigneur. » Il n’est pas une mise en scène :« que ton jeûne ne soit pas visible aux hommes » (Mt 6,16), mais un geste intime, silencieux, qui ouvre le cœur à la joie de la présence divine.Cette méditation nous invite à accompagner ceux qui nous interrogent non pas vers une pratique uniforme, mais vers une écoute personnelle. Chaque personne est appelée à identifier son « lieu de dépouillement » : celui qui la libère, non pas pour se punir, mais pour se donner. Cela peut être une invitation à réduire le temps d’écran pour faire place à la prière ou à l’écoute de l’autre, à lâcher une habitude qui asservit, pour retrouver une liberté intérieure.Le jeûne, alors, devient un acte de fraternité : il ne sépare pas, mais unit. Il ne juge pas, mais libère. Il ne se compare pas, mais se recentre. Et surtout, il ne se fait pas sans l’autre : car si le jeûne fait oublier que « le marié est avec nous », il devient vide. Le but n’est pas la privation, mais bien la présence : celle de Dieu, et celle des frères et sœurs que nous rencontrons sur ce chemin. « Tant que le marié est avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. » Le jeûne n’est pas une absence, mais bien une attente, et une attente joyeuse, qui prépare à la rencontre, à la communion, et à la fête.
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