EPISODE · Nov 4, 2024 · 9 MIN
La sagesse a dressé une table - Méditation du mardi 5 novembre 2024
from Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin · host Centre Le Pèlerin
Évangile du mardi 5 novembre - 31e semaine du Temps ordinaire Tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions « Va sur les routes et dans les sentiers, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison soit remplie » (Lc 14, 15-24) En ce temps-là, au cours du repas chez un chef des pharisiens, en entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez, tout est prêt.” Mais ils se mirent tous, unanimement, à s’excuser. Le premier lui dit : “J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir ; je t’en prie, excuse-moi.” Un autre dit : “J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t’en prie, excuse-moi.” Un troisième dit : “Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne peux pas venir.” De retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : “Dépêche-toi d’aller sur les places et dans les rues de la ville ; les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux, amène-les ici.” Le serviteur revint lui dire : “Maître, ce que tu as ordonné est exécuté, et il reste encore de la place.” Le maître dit alors au serviteur : “Va sur les routes et dans les sentiers, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner.” » L’homme est fait pour le bonheur d’une vie partagée où Dieu se révèle dans ce qu’il y a de plus humain. Un convive à la table d’« un chef des pharisiens » s’exclame « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » Le Christ n’acquiesce à ce propos qu’en corrigeant ce qu’il a de restrictif : cette bénédiction n’est-elle pas le bonheur d’un homme repu satisfait de manger avec ses pairs ? Je t’invite, tu m’invites et nous nous définissons l’un par l’autre dans un miroir de jeu de politesse. Nous fabriquons notre satisfaction par la reconnaissance que nous nous renvoyons les uns les autres. Mécanisme utile, mais réducteur. Car, ces déterminismes préfabriquent notre moi social qui trouve dans nos voisins des modèles à imiter. Je pense comme « on » pense… je m’éloigne de la foule comme « on » s’éloigne de la foule… Mais, derrière ce « on » existe-t-il un « je » ? Dans cette parabole, le Christ met en lumière l’extravagance d’une invitation de gens inconnus, trouvés le long des chemins, pour montrer que l’homme intérieur s’édifie en dépassant le déterminisme du donnant donnant. Ce qui se préfabrique en moi, je dois le donner, le dépasser. Je dois surmonter ce pauvre « moi » étriqué pour rejoindre le moi qui est au-delà, en avant. Je dois marcher à la rencontre de ce qui, en moi, est éveillé par la rencontre du Christ. Seule l’invitation reçue par Jésus me stimule à aimer plus et mieux en élargissant l’horizon du désir. Découvrir en moi une Présence divine qui me dépasse redéfinit le « moi » à partir d’un infini plus vaste que mes préfabrications psychologiques ou sociales. Mes combines, mes compromis pour claudiquer dans la prison d’un moi boiteux volent alors en éclats sous la poussée d’un moi éclairé de lumière divine. Quand l’homme intérieur devient possible, alors je me rends compte que Dieu est réel. Si l’on en reste aux préjugés que l’on récite, on doute : l’homme existe-t-il ? Ma vie vaut-elle la peine d’être vécue ? Qu’un pharisien se réjouisse entouré de pharisiens… en imaginant un paradis rempli de pharisiens… ce n’est qu’une imagination limitée… C’est un instinct grégaire enrobé de mots religieux.
What this episode covers
Évangile du mardi 5 novembre - 31e semaine du Temps ordinaire Tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions « Va sur les routes et dans les sentiers, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison soit remplie » (Lc 14, 15-24) En ce temps-là, au cours du repas chez un chef des pharisiens, en entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez, tout est prêt.” Mais ils se mirent tous, unanimement, à s’excuser. Le premier lui dit : “J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir ; je t’en prie, excuse-moi.” Un autre dit : “J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t’en prie, excuse-moi.” Un troisième dit : “Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne peux pas venir.” De retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : “Dépêche-toi d’aller sur les places et dans les rues de la ville ; les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux, amène-les ici.” Le serviteur revint lui dire : “Maître, ce que tu as ordonné est exécuté, et il reste encore de la place.” Le maître dit alors au serviteur : “Va sur les routes et dans les sentiers, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner.” » L’homme est fait pour le bonheur d’une vie partagée où Dieu se révèle dans ce qu’il y a de plus humain. Un convive à la table d’« un chef des pharisiens » s’exclame « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » Le Christ n’acquiesce à ce propos qu’en corrigeant ce qu’il a de restrictif : cette bénédiction n’est-elle pas le bonheur d’un homme repu satisfait de manger avec ses pairs ? Je t’invite, tu m’invites et nous nous définissons l’un par l’autre dans un miroir de jeu de politesse. Nous fabriquons notre satisfaction par la reconnaissance que nous nous renvoyons les uns les autres. Mécanisme utile, mais réducteur. Car, ces déterminismes préfabriquent notre moi social qui trouve dans nos voisins des modèles à imiter. Je pense comme « on » pense… je m’éloigne de la foule comme « on » s’éloigne de la foule… Mais, derrière ce « on » existe-t-il un « je » ? Dans cette parabole, le Christ met en lumière l’extravagance d’une invitation de gens inconnus, trouvés le long des chemins, pour montrer que l’homme intérieur s’édifie en dépassant le déterminisme du donnant donnant. Ce qui se préfabrique en moi, je dois le donner, le dépasser. Je dois surmonter ce pauvre « moi » étriqué pour rejoindre le moi qui est au-delà, en avant. Je dois marcher à la rencontre de ce qui, en moi, est éveillé par la rencontre du Christ. Seule l’invitation reçue par Jésus me stimule à aimer plus et mieux en élargissant l’horizon du désir. Découvrir en moi une Présence divine qui me dépasse redéfinit le « moi » à partir d’un infini plus vaste que mes préfabrications psychologiques ou sociales. Mes combines, mes compromis pour claudiquer dans la prison d’un moi boiteux volent alors en éclats sous la poussée d’un moi éclairé de lumière divine. Quand l’homme intérieur devient possible, alors je me rends compte que Dieu est réel. Si l’on en reste aux préjugés que l’on récite, on doute : l’homme existe-t-il ? Ma vie vaut-elle la peine d’être vécue ? Qu’un pharisien se réjouisse entouré de pharisiens… en imaginant un paradis rempli de pharisiens… ce n’est qu’une imagination limitée… C’est un instinct grégaire enrobé de mots religieux.
NOW PLAYING
La sagesse a dressé une table - Méditation du mardi 5 novembre 2024
No transcript for this episode yet
Similar Episodes
Sep 17, 2025 ·24m
Jun 12, 2025 ·20m
May 19, 2025 ·25m
Jan 10, 2025 ·28m
Jan 10, 2025 ·23m