EPISODE · Aug 12, 2026
Le groupe de reggae fusion Groundation rallume l'espoir avec «Candle Burning»
from Le choix musical de RFI · host RFI
En 28 ans, ils se sont imposés comme un groupe majeur du reggae fusion mondial : les américains de Groundation sont en tournée tout l'été en France, avant de repartir pour plusieurs dates aux États-Unis. Prolifique, la formation a sorti il y a quelques mois son onzième album, Candle Burning, où elle explore des thématiques liées à la spiritualité, à l'espoir et à la lumière intérieure. Dans ses précédents albums, Groundation avait plutôt pour habitude de dénoncer le « Babylon System » : corruption, cupidité, oppressions... autant de thématiques que l'on retrouvait dans des titres comme « Babylon Rule Dem » ou « Jah Jah Know ». Dans Candle Burning au contraire, le groupe choisit de voir la lumière : « c'est le concept global de l'album, acquiesce Harrison Stafford, le leader du groupe. Mais en réalité, il est question de deux lumières : celle, universelle et éternelle, qui nous entoure ; et puis celle que l'on a tous en nous, qui représente la vie et qui, inévitablement, finira par s'éteindre. » Un choix qui peut surprendre, à l'heure d'une actualité géopolitique particulièrement sombre – c'est pourtant précisément ce qui a poussé les dix musiciens de Groundation à aller dans cette direction. « Je pense qu'il y a assez de négativité comme cela, pointe le chanteur. Nous voulions faire quelque chose de plus réjouissant, car nous avons vraiment besoin de changer de perspective. » Une musique audacieuse mais dont les racines restent profondément reggae Groundation s'est toujours amusé à mélanger les genres – le groupe a, après tout, été fondé par des étudiants en jazz. Sur Candle Burning, le groupe a donc expérimenté avec les guitares électriques (sur la chanson titre notamment) pour flirter avec le reggae-rock, tandis que d'autres, comme « Hypnotized », font un virage assumé vers le jazz. « J'adore expérimenter, sourit Harrison Stafford, et je crois qu'après 28 ans, avec Groundation, nous n'avons fait qu'effleurer la surface de ce qui est possible musicalement. » À lire aussiAvec Groundation, l'Américain Harrison Stafford célèbre les racines africaines du reggae Pour autant, la formation demeure fidèle à ses racines reggae et à l'inévitable « one drop » – le fait de souligner les contretemps plutôt que les temps forts de la mesure. Les artistes invités sur cet album (« nous n'avons jamais eu autant de collaborations ! ») sont d'ailleurs, pour la plupart, des légendes du reggae : le chanteur de dub Mutabaruka (The Light), l'ancien chanteur des Black Uhuru, Michael Rose (« The Youth »). Sur ce même titre, le groupe a aussi invité l'icône du reggae africain, Alpha Blondy : « C'était magique ! Je me pince encore », s'enthousiasme d'ailleurs le leader du groupe. Un disque enregistré à l'analogique C'est la méthode que Groundation a toujours privilégiée, celle « à l'ancienne ». Pour ce onzième album, le groupe s'est retrouvé dans le prestigieux studio ICP à Bruxelles. Au lieu d’enregistrer les éléments séparément puis de les superposer par ordinateur, les dix musiciens ont joué leurs titres tous ensemble, avec un mixage en direct : c’est ce qui donne cette couleur commune aux chansons. C’est aussi de là que vient le côté pas entièrement lisse des titres, leur chaleur, qui va bien finalement avec la thématique de l’album. Avec Candle Burning, les musiciens de Groundation nous disent qu’ils ont encore la flamme... tellement d’ailleurs, qu’ils sont en studio, en ce moment même, pour un nouveau projet.
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