Le choix musical de RFI podcast artwork

PODCAST · music

Le choix musical de RFI

Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de l’identité de RFI.Diffusion 8h50, heure de Paris, 7h50 TU.

Publisher-supplied feed metadata · PodParley refreshed Sep 11, 2026 · Source feed

  1. 24

    Kin'Gongolo Kiniata: les sorciers du son recyclé venus de Kinshasa

    Energie brute, instruments bricolés et messages engagés, le collectif congolais Kin'Gongolo Kiniata impose un univers musical aussi surprenant qu'original. Dans l'effervescence des rues de Kinshasa, les cinq artistes ont forgé une identité sonore à la croisée de l'afro-punk, de l'électro-rock expérimental et des musiques traditionnelles congolaises.  Des guitares à une corde, des percussions fabriquées à partir de bouteilles en plastique, de casseroles ou encore de bidons récupérés : chez Kin'Gongolo Kiniata, le recyclage n'est pas seulement un choix esthétique ou économique : c'est un véritable message. « L'amour du prochain et protéger notre planète Terre. C'est pour cela qu'on crée des instruments avec des objets recyclés, des objets jetés », explique Lebrina Sabiti, alias Leebruno, chanteur et percussionniste du groupe. Les membres du collectif fabriquent eux-mêmes leurs instruments à partir de matériaux récupérés. Boîtes de conserve, pièces de rechange automobiles, métal de récupération : tout devient source de création sonore. Chanter le quotidien des Kinois Les artistes, tous trentenaires, chantent en lingala et racontent la vie quotidienne à Kinshasa. Leurs textes célèbrent l'ingéniosité et la débrouillardise que les habitants de la capitale congolaise appellent « l'article 15 », autrement dit l'art de se débrouiller par ses propres moyens. Le groupe évoque les petites victoires de tous les jours, les difficultés rencontrées par la population, mais aussi les espoirs qui continuent d'animer la jeunesse congolaise. Entre spiritualité et réalités sociales Parmi les thèmes abordés figurent également la religion et la place importante qu'elle occupe dans la société congolaise. Certaines chansons s'inspirent directement de l'univers des églises et des prédicateurs, omniprésents dans les rues de Kinshasa. Sur un registre plus social, Kin'Gongolo Kiniata évoque aussi les conditions de vie difficiles dans certaines zones rurales, notamment l'accès à l'eau potable. Une réalité quotidienne pour de nombreuses familles contraintes de parcourir de longues distances pour s'approvisionner. Un message de paix Le groupe n'hésite pas non plus à aborder des sujets plus graves, comme le conflit qui touche l'est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs décennies. Dans leur titre « Toko Lemba Té » (« Nous ne cèderons pas »), les musiciens délivrent un message de résistance et d'espoir. Un refrain simple et puissant : ne pas abandonner malgré les épreuves. « Le son qui écrase » Le nom du collectif résume à lui seul leur identité musicale. Kin'Gongolo Kiniata signifie « le son qui écrase ». Une expression qui traduit parfaitement la puissance rythmique de ce groupe né dans l'effervescence de Kinshasa. Après avoir marqué les esprits en France, notamment lors des Trans Musicales et du festival Africolor en 2022, les musiciens poursuivent leur conquête des scènes européennes. Leur credo : transformer les bruits de la ville, les objets abandonnés et le quotidien de Kinshasa en une musique irrésistible, inventive et profondément humaine.

  2. 23

    Le retour évènement de Céline Dion à Paris

    Cette voix, cette émotion, Céline Dion reprenant « L'Hymne à l'amour » d'Édith Piaf en haut de la tour Eiffel lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Paris en 2024. La star québécoise est de retour dans la capitale française où elle donnera demain, samedi 12 septembre, à la Plénitude Arena, la plus grande salle d'Europe, le coup d'envoi d'une série de concerts après six ans d'absence de scène en raison d'une maladie invalidante, le syndrome de la personne raide. C'est dire si les retrouvailles avec son public font l'événement. La presse internationale la sacre « plus grande chanteuse vivante ».  Un statut qu'elle a peaufiné avec rigueur et persévérance pendant 46 ans de carrière. Benjamine d'une fratrie de 14 enfants, élevée dans une famille de musiciens, elle débute son incroyable carrière à 12 ans et s'impose en quelques années au sommet de la chanson canadienne grâce à sa musicalité et sa voix puissante. Le public français la découvre en 1983 avec « D'amour et d'amitié ». Au début de sa carrière, elle connaît le succès avec ces chansons sentimentales écrites par le parolier français Eddy Marnay, parlant de Dieu, de l'amour, d'amis, de sujets encore enfantins en décalage avec ce timbre incomparable d'une voix plus mature. Elle perce aux États-Unis en 1991, lorsqu'elle est appelée à Hollywood pour interpréter en duo le titre du film Disney « La Belle et la Bête ». Céline Dion séduit le public américain Dans ces années 90, la chanteuse québécoise puise dans la tradition des chanteuses afro-américaines. Elle joue de la montée en puissance de sa voix pour provoquer des frissons, comme avec sa reprise de « All by Myself », titre sur lequel elle atteint et tient le Fa de la cinquième octave, et qui fait de cette chanson l'une des plus attendues de ses concerts. Superstar mondiale, avec ce titre puis celui du film Titanic, dans cette même décennie 1990, Céline Dion explore en parallèle en français une autre voix grâce à Jean-Jacques Goldman. Il lui écrit l'album D'eux en 1995, dans lequel elle joue d'un autre effet : le legato, cette façon de lier plusieurs notes sans rupture et qui rend les mélodies plus expressives sans jouer sur la puissance de la voix. D'eux est encore à ce jour l'album francophone le plus vendu au monde, plus de 10 millions d'exemplaires. À lire aussiLe Dossier Céline Dion

  3. 22

    Jay-Z, trente ans de rap et un Stade de France entier pour souffler les bougies

    À 56 ans, Jay-Z, Shawn Carter de son vrai nom, tient la cap sans tergiverser. Le gosse des Marcy Houses, à Brooklyn, est devenu l'un des patrons du rap américain, poids lourd catégorie business autant que rimes. Le bilan comptable de Jay-Z donne le tournis : treize albums studio, plus de 100 millions de disques écoulés, 25 Grammy Awards dans la poche et une fortune personnelle évaluée par Forbes autour de 2,5 milliards de dollars. De quoi transformer « 99 Problems » en simple souvenir de jeunesse fauchée. En 2009 sort The Blueprint, son onzième album. Jay-Z y aligne les invités en lettres d'or, de Rihanna à Kanye West, et surtout Alicia Keys sur « Empire State of Mind », un tube universel, celui que même votre tante fredonne sans savoir d’où il vient.. Ce succès planétaire l'installe définitivement dans la cour des grands. Roi d'un rap swing élégant, lorgnant vers le jazz, Jay-Z est aussi resté un champion toutes catégories de la punchline assassine, de Nas à Prodigy, personne n'y a échappé. Et puis il y a l'autre versant de la légende : le mari de Beyoncé. En 2003, sur « Crazy in Love », single fracassant de son premier album solo, l'ex chanteuse de Destiny's Child, lui lance un « You ready ? » Sauf qu’en réalité, ce n’est pas une question. C’est plutôt un défi pour relever ceci : « Accroche-toi bébé, ça va chauffer ! » La suite : mariage, trois enfants, tubes en duo et quelques tempêtes conjugales reprises par la presse people américaine, mieux documentées que n'importe quel biographe autorisé. Trente ans de carrière, ça se fête, et Jay-Z a choisi le Stade de France, le 10 septembre 2026, pour souffler les bougies. Au menu, Reasonable Doubt, son tout premier disque sorti en 1996, et The Blueprint, album paru cinq ans plus tard et devenu depuis un monument absolu du hip hop, régulièrement cité parmi les meilleurs disques de tous les temps. Jay-Z, l'homme qui tape dans le dos des présidents, de Barack Obama à Nicolas Sarkozy, sans faire dans le tri partisan, règne depuis trois décennies sur la bande son planétaire. Après avoir enflammé la même pelouse à deux reprises, le new-yorkais y revient encore... Malgré tant d’adieux, la méga star américaine sait surtout transformer ses retours sur scène en événement XXL. Que de chemin parcouru !

  4. 21

    Ibibio Sound Machine célèbre l'unité et la danse sur son nouvel album «Chopping Mountain»

    Le collectif londonien Ibibio Sound Machine revient avec Chopping Mountain, un sixième album lumineux où afro-funk, électro et traditions nigérianes se rencontrent. Porté par la voix d'Eno Williams, le groupe célèbre l'amour, la solidarité et la puissance libératrice de la danse. Depuis ses débuts en 2013, Ibibio Sound Machine a bâti sa réputation sur une formule singulière : faire dialoguer les rythmes d'Afrique de l'Ouest avec l'électro, le disco, le funk ou encore le post-punk.  Résultat : des morceaux souvent très instrumentaux, hypnotiques, conçus autant pour la danse que pour l'évasion, comme le titre « What is your concept of love. » Une passerelle entre Lagos et Londres La chanteuse nigériane Eno Williams, née dans le Sud-Est du Nigeria, a grandi au rythme des chants gospel, du highlife et des contes traditionnels ibibio. Cet héritage irrigue son écriture: « Tout l'album prend source dans ma culture ibibio » explique la chanteuse. « L'amour, être ensemble, se relever ensemble en tant que communauté, prendre soin les uns des autres. Ce sont des thèmes qui traversent les histoires qu'on m'a racontées quand j'étais enfant. » Si Ibibio Sound Machine puise dans ces racines ouest-africaines, le groupe compose des grooves électroniques à la recherche d'un son afro-futuriste avec notamment Max Grunhard, l'autre pillier du groupe, au claviers et au saxophone. Un afro-futurisme festif Sur scène, les musiciens arborent d'ailleurs des costumes flamboyants, inspirés à la fois des textiles africains et de la science-fiction. « J'adore l'idée d'explorer ce que le futur nous réserve musicalement, d'expérimenter avec le son et d'essayer des choses qui n'ont jamais été faites. Dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, nous essayons de susciter une prise de conscience positive, de partager l'amour. Si notre musique peut remonter le moral et nous faire danser ensemble, alors la danse peut devenir quelque chose de libérateur », explique Eno Williams. Cette énergie traverse tout l'album. Les synthétiseurs, les guitares électriques, les cuivres et les percussions s'entremêlent dans de longues constructions rythmiques qui évoquent parfois une immense jam session. Mais le groupe sait aussi ralentir le tempo avec des morceaux plus chaleureux et lumineux, comme « Love ».  L'album Chopping Mountain paraît le 11 septembre. Ibibio Sound Machine sera également en concert à Paris, au Hasard Ludique, le 14 avril prochain.

  5. 20

    «Here Because of Hope» d'Ezra Collective, l’espoir comme arme de résistance

    Le groupe britannique Ezra Collective signe Here Because of Hope, un quatrième album pour  danser l’espoir. Sa  fusion détonante de jazz, calypso, rap, dub et afrobeat y trouve un nouvel élan. A l'arrivée : dix-sept titres célèbrent la liberté, la circulation des peuples et des cultures, et surtout l'ouverture au monde. Derrière cette musique métissée, un groupe devenu incontournable de la scène britannique. Né en 2012 dans les clubs et les structures jeunesse de Londres, Ezra Collective réunit cinq musiciens  dont les  frères nigérians Femi et TJ Koleoso, tous ont grandi ensemble. Une dizaine d'années plus tard, ils  entrent dans l’histoire en devenant la première formation de jazz à remporter le prestigieux  Mercury Prize, avant d’être sacré groupe de l’année 2025  aux Brit Awards.  Here Because of Hope ouvre un nouveau chapitre pour le collectif. Il raconte son histoire, celle des diasporas d’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes dans la capitale anglaise. De l’afrobeat de Fela Kuti, né dans le Nigeria en guerre, au calypso façonné par l’esclavage, une question traverse l’album : pourquoi tant de musiques noires, nées dans la douleur, dégagent-elles autant de joie ? Réponse Ezra Collective : la musique africaine ne s’attarde pas dans la souffrance. Elle regarde un autre ailleurs, imagine un monde meilleur. Cet élan de joie irrigue tous les morceaux, instrumentaux ou chantés et les collaborations avec Lila Iké ou Leona Lewis  Esprit de communauté et pont entre les générations « Only Love », avec le rappeur britannique d’origine gambienne PA Salieu, en dit long. Ici, l’amour n’est pas une affaire de sentiments, c’est une manière de résister. Ezra Collective convoque une constellation d’artistes afro-descendants, chacun avec sa grammaire musicale, ses racines, son parcours. Un hommage à l'esprit de communauté, mais aussi un pont entre les générations. Chez Ezra Collective, l’héritage n’est pas un musée, c'est une matière vivante, irrésistible, à faire groover. Les guerriers du jazz manient les sons et les mots comme un bouquet de grenades. Mais une fois explosées, elles font pousser des nénuphars. Ezra Collective Here Because of Hope (Partisan Records) 2026 En concert le 24 février 2027 au Zénith de Paris. 

  6. 19

    Le rappeur toulousain HYL repeint la vie en jaune

    Casquette jaune vissée sur la tête et sourire contagieux, HYL fait partie de ces artistes qui mettent des mots sur les préoccupations de toute une génération. Entre rap, chanson, slam, funk et électro, le Toulousain dévoile un univers singulier avec La Vie en jaune, une mixtape de douze titres portée par une écriture engagée, sensible et résolument tournée vers l'avenir. À l'écoute du titre « Le monde est immense », une question s'impose : pourquoi voir la vie en jaune ? Pour HYL, il ne s'agit ni d'un rire jaune, ni d'une référence directe aux gilets jaunes. Cette couleur symbolise plutôt une façon de résister au découragement. Si ses textes dressent un constat lucide de notre époque, ils ne cèdent jamais au fatalisme. Le rappeur mêle ainsi préoccupations sociales, regard critique sur le monde et volonté d'avancer. Une démarche qui traverse l'ensemble de son projet et qui fait de La Vie en jaune une œuvre à la fois engagée et lumineuse. Un parcours nourri de multiples influences Derrière le débit rapide et la spontanéité qui caractérisent HYL se cache avant tout un amoureux des mots. Introverti dans sa jeunesse, il commence à écrire dès l'âge de 9 ou 10 ans. Très vite, il explore différents horizons musicaux. Au fil des années, il joue dans des groupes de hard rock, de funk, de hip-hop ou encore de jazz. Un parcours éclectique qui lui permet d'affiner progressivement sa propre identité artistique. Après un premier EP, Monopoly, consacré à la fin de l'adolescence, viennent une période de doute, une dépression, puis un second EP. Aujourd'hui âgé de 32 ans, graphiste de formation et fort de plus de 150 concerts, HYL semble avoir trouvé sa voie et sa couleur. Entre urgence politique et émotions intimes Avec La Vie en jaune, l'artiste parvient à trouver un équilibre subtil entre les grandes questions de société et les préoccupations personnelles. Ses chansons parlent autant du monde qui l'entoure que de ses propres fragilités. Des titres comme « Sauvetage » ou « Laisser tomber » illustrent cette double dimension : l'envie de poursuivre le combat sans perdre de vue l'importance de prendre soin de soi. Derrière l'énergie de ses morceaux affleure une sincérité qui rend son propos particulièrement accessible. Et malgré la gravité de certains thèmes, HYL conserve toujours une forme de légèreté, refusant de se prendre trop au sérieux. Un album attendu en octobre Parmi les morceaux déjà dévoilés figure « PGCAP (Pas grand-chose à perdre) », un titre à la croisée de l'insouciance et de la prise de conscience, porté par une énergie dansante. Il s'agit de l'un des six singles qui annoncent la sortie de La Vie en jaune. L'album complet paraîtra le 9 octobre. D'ici là, HYL poursuit sa tournée à travers la France et fera notamment étape au Point Éphémère à Paris le 6 novembre, l'occasion pour le public de découvrir sur scène l'univers coloré et énergique de cet artiste inclassable.

  7. 18

    Liim Lasalle, la nouvelle voix sensible du rap new-yorkais

    À seulement 23 ans, Liim Lasalle s'impose comme l'une des figures les plus singulières du rap alternatif américain. Originaire de Harlem, à New York, le jeune artiste dévoile son deuxième album, A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find. Un disque où hip-hop, soul, r’n’b et pop se croisent dans une esthétique libre et lumineuse. Avec ses dreadlocks aux épaules, ses lunettes fines et son vélo, Liim Lasalle incarne une nouvelle génération de rappeurs qui s'affranchissent des codes traditionnels du genre. Sur ce nouvel album de treize titres, A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find, il privilégie les mélodies chantées, les compositions jouées entre amis — synthétiseurs, batteries, cuivres — et une écriture introspective. Des morceaux comme « Machete Summer », « I Wanna Be With You » ou « Right Ride » témoignent de sa volonté de construire un univers à part. Loin de glorifier la violence ou les excès, Liim Lasalle évoque les relations humaines, critique les drogues et la vanité, et défend l'idée qu'une forme de douceur peut aussi avoir sa place dans le rap. « À Harlem, on ne s'attend pas à ce genre de sensibilité » Élevé par sa mère marocaine, qui lui transmet la foi musulmane, Liim Lasalle grandit à Harlem aux États-Unis. Son père afro-américain quitte le foyer alors qu'il est enfant, mais lui laisse un héritage précieux : un iPod rempli de blues, de funk, de soul et des grands classiques du hip-hop des années 1980, 1990 et 2000. Il rend d’ailleurs hommage à cette culture dans son titre retro, « 1980 ». Adolescent, il passe son temps entre le skateboard, les sessions rap avec ses amis et les premiers clips publiés sur YouTube.  « Les gens à New York m'associent à Harlem. Je parle de la vie ici. Il y a des choses dures dans mon album, parce que c’est la réalité, et ça a traversé mon enfance. Bien sûr, à Harlem, il y a des gens comme moi et mes amis, qui sont ouverts, vulnérables, sensibles... Mais ce n'est pas la norme. C’est un quartier difficile où grandir...et ma sensibilité peut surprendre. » Cette tension entre dureté urbaine et aspiration à la douceur traverse tout le disque. Liim Lasalle la fait apparaître sur sa pochette : « On voit un ciel gris, de grands immeubles presque vides, et devant, une photo de moi quand j'étais enfant, avec des petites fleurs... C'est comme si j'apportais de la lumière dans cet endroit sombre. » Le bouche-à-oreille et le soutien de Tyler, The Creator Dans un paysage rap américain particulièrement foisonnant, Liim Lasalle s'est fait connaître grâce au bouche-à-oreille, aux réseaux sociaux et au soutien de plusieurs figures de la scène alternative, parmi lesquelles Tyler, The Creator. Son premier album, Liim Lasalle Loves You, publié en 2025, avait déjà attiré l'attention par sa liberté de ton et son refus des étiquettes. Avec A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find, il confirme cette identité artistique singulière. Chanteur émergeant, il revendique la simplicité, la patience et l’authenticité. De passage à Londres, il confie avoir été surpris d’entendre le public entonner ses chansons… loin de son Harlem natal. Liim Lasalle A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find (three times LOUDER) 2026 Liim Lassalle se produira à Paris en novembre pour son premier concert en France.

  8. 17

    Interpol signe un rock crépusculaire et dystopique avec «This Mirror Weighs a Ton»

    Figures incontournables du rock post-punk américain, les new-yorkais d'Interpol reviennent en cette fin d'été avec leur huitième album This Mirror Weighs a Ton (« Ce miroir pèse une tonne »). Un disque avec lequel les cinq musiciens restent fidèles à leur univers sombre et introspectif, tout en proposant quelques expérimentations musicales : pas une révolution, mais bien une évolution. Ils se taisaient depuis quatre ans. Les new-yorkais d'Interpol viennent d'offrir, comme un cadeau de rentrée, leur huitième album This Mirror Weighs a Ton – un disque enregistré dans leur ville natale de New-York, pour la première fois depuis dix ans. Surtout, après The Other Side of Make-Believe, sorti en 2022 et enregistré à distance pendant la pandémie de coronavirus, les musiciens se sont cette fois retrouvés en chair et en os, pour donner corps à leur vision crépusculaire de la musique. Interpol, fidèle à son univers  Près de trente ans après leur formation et un quart de siècle après leur premier disque, les new-yorkais sont restés fidèles à eux-mêmes. Costumes impeccables, cheveux gominés et l'air toujours tiré à quatre épingle, les musiciens proposent une nouvelle fois ce qu'ils savent faire de mieux : un rock aux sonorités post-punk, froid, presque clinique, et surtout introspectif. Le titre du disque lui même (« Ce miroir pèse une tonne ») est une invitation à la réflexion. Mais plutôt qu'une profonde inspection de soi, le groupe propose de regarder en face l'état de nos sociétés. La couverture - un chandelier où les caméras de surveillance ont remplacé les lumières – donne le ton, sans ambigüité. De fait, au fil des titres, voilà l'auditeur catapulté dans l'univers de Brazil, le film culte de Terry Gilliam : un univers où les machines et la déshumanisation sont omniprésentes. Ainsi du dystopique « Iron City », où le chanteur Paul Banks s'imagine déambulant seul dans un New York où les intelligences artificielles ont pris le contrôle, au détriment de l'humain et de ses émotions.  L'art d'évoluer sans se transfigurer Dire qu'en trois décennies Interpol n'a pas bougé d'un iota serait mentir. La composition du groupe elle-même a évolué : pour la première fois, le trio est devenu un quintet sur cet album. Interpol abrite désormais sous son aile le bassiste et le claviériste qui, depuis plusieurs années, accompagnaient la formation sur scène.  Surtout, le groupe s'est, pour ce disque, offert la collaboration du producteur Andrew Wyatt. Oscarisé pour la chanson « Shallow » dans A Star Is Born, producteur de la bande originale du film Barbie, collaborateur de Rosalia, Charli XCX ou encore Liam Gallagher : il est l'une des têtes de pont de la production actuelle. C'est donc sous son égide qu'Interpol s'est amusé à intégrer, sur ce disque, des instruments à corde et des vents. Le groupe s'est même risqué, avec « So Rides The Reindeer », à livrer son premier titre à la guitare acoustique : une réussite, le titre est l'un des plus beaux de l'album.  Pas une révolution donc mais au moins une évolution, qui ne semble pas surprendre le chanteur : « Rien de tout ça n'est soudain pour moi », susurre-t-il dans « Sudden ». Avant de s'interroger sur la suite, pour lui, pour le groupe, pour l'humanité : « l'avenir nous le dira, tous les chemins sont ouverts ». Au moins, en fermeture de l'album, l'espoir est-il permis. Interpol, This Mirror Weighs a Ton (Partisan Records), sortie le 28 août 2026

  9. 16

    The Cramps, les revenants du psychobilly signent «Gravest Gravy»

    Légende du rock alternatif, The Cramps n’a jamais vraiment disparu. Le quintette américain s’était simplement tapi dans ses archives, prêt à ressortir les crocs. Les pionniers du psychobilly signent Gravest Gravy. Les  douze  titres inédits de Gravest Gravy, dormaient depuis 1977 dans les archives des Cramps. Près de cinquante ans plus tard, les revoilà sous les projecteurs avec un album inattendu qui  ressuscite les architectes du psychobilly et, surtout, la voix sauvage de leur chanteur, Lux Interior, mort en 2009. Le disque rappelle aussi une évidence : les Cramps ont largement contaminé le rock actuel. Dès 1976, les New-Yorkais se distinguent en mélangeant l’urgence du punk avec le rockabilly pur et dur des années 1950. Un mix unique et déglingué qu’ils baptisent donc de psychobilly. De Nick Cave aux White Stripes, jusqu’aux Français des Limiñanas, leur influence continue de ramper sous les riffs. À lire aussiThe Limiñanas, du rock qui sort du garage avec «Faded» Et puis il y a les classiques, comme « Goo Goo Muck ». Mais pour eux, les guitares ne sont jamais là pour faire joli. Sexe, drogue, folie, monstres : le groupe préfère les sujets qui grattent là où ça démange. Même les laissés-pour-compte et les éboueurs ont droit à leur quart d’heure de gloire, avec « Garbage Man ». Sur scène, les Cramps ne faisaient pas davantage dans la dentelle. Imaginez Elvis Presley sous acide, plein de vice : du rock'n'roll malade de la braguette, compressé dans un petit string en cuir. Lors d’un concert devenu mythique dans un hôpital psychiatrique de New York, les patients, la peur aux tempes, grimpaient aux rideaux. Certains sont même partis en courant en entendant « Human Fly ». Et si vous aimez le trash, le gore et le rock primitif, The Cramps connait aussi une nouvelle jeunesse à l’écran. Dans Mercredi, sur Netflix, le réalisateur américain Tim Burton les met à l’honneur et propulse leur décadence au sommet du grand art. Une deuxième vie, donc, pour les Cramps, avec en prime un trésor de perles rares, « Gravest Gravy », paru chez Vengeance Records le 21 août 2026. Il prouve une chose : même les morts ont encore quelque chose à dire. Et généralement, ça fait plus de bruit que les vivants.

  10. 15

    Avec «Afandi», Saint Levant valorise le dandysme

    Avec deux moyen formats et trois albums, Saint Levant s'affirme comme la star montante de la pop arabe. Le Palestinien livre avec Afandi douze titres chantés exclusivement en arabe – contrairement à ses habitudes de polyglotte – dans lesquels il rend hommage aux dandys du showbiz arabe des années 1990.  « Afandi » est un terme qui désigne un gentlemen, une personne élégante, parfois provocatrice, en un mot : un dandy. Le terme colle parfaitement à l'image que donne de lui depuis ses débuts en 2022 Saint Levant. Marwane Abdelahamid né d'un père serbo-palestinien et d'un mère française d'origine algérienne s'est construit depuis quelques années une image de dandy de la pop et du r'n'b. Un lover boy à la moustache soignée, à la voix grave, souvent sussurrée, et aux tenues impeccables d'autant qu'elles sont désormais signées Prada, marque dont il est l'ambassadeur. Lui qui avait pour habitude chanter en anglais, en français et en arabe, c'est cette fois-ci concentré sur la seule langue arabe. Afandi et ses douze titres forme un hommage aux chanteurs arabes des années 1990-2000, hommage aussi aux divers styles musicaux comme la dabkeh, la danse palestinienne de mariage, mais aussi le chaâbi, le raï, l'électro-pop arabe. Saint Levant explore tout cela en compagnie de têtes d'affiches orientales comme palestinien Mohammed Assaf et la libanise Haïfa Wehbe. À lire aussi«Afandi» de Saint Levant: la musique arabe à l’épreuve de la pop mondialisée

  11. 14

    Gil Scott-Heron à l'honneur de Jazz à la Villette 2026

    Légende de la musique noire américaine, Gil Scott-Heron est à l'honneur de l'édition 2026 du festival Jazz à la Villette.Disparu en 2011 à l'âge de 62 ans, ce chanteur, romancier, poète, slammeur, demeure une référence pour de nombreux rappeurs du monde entier.  La soirée hommage de Jazz à la Villette est prévue ce mercredi 2 septembre 2026 dans la grande salle de la Philharmonie. Brian Jackson, claviériste et flutiste, collaborateur musical de Gil Scott-Heron sur une dizaine d'albums sera sur scène en compagnie de Yasiin Bey, alias le rappeur Mos Def, pour réinterpréter des titres devenus emblématiques comme « The Revolution Will Not Be Televised » (« La révolution ne sera pas télévisée »). Dans ce poème mis en musique en 1971, Gil Scott-Heron se livre à une critique au vitriol des médias de masse et de l'ignorance de l'Amérique blanche des conditions de vie dans les cités. Dans cette décennie 1970, il se fait le porte-parole des désherités et des Afro-américains. Et il peut faire passer des messages forts sur de la musique avenante, funk, soul ou groove, comme sur Angel Dust : il y chante les ravages de la drogue  Pionnier du rap Ce titre a été depuis samplé, notamment par Kanye West. Car l'influence de Gil Scott-Heron est immense dans le milieu du rap américain et mondial. Plus de vingt ans après sa mort, des artistes comme Pharrell Williams, Eminem, Snoop Dog, le Wu-Tang, Chuck D, Kanye West, Jay Z, Ice Cube se réclament encore de lui. Gil Scott-Heron, avec son phrasé rythmique, ses vers déclamés – on parle de spoken word – est considéré comme un pionnier du rap. C'est ce que confirme l'un des deux programmateurs de Jazz à la Villette : « On dit souvent que c'est un des père du rap, affirme Franck Picard. D'un seul coup un Afro-américain arrive à faire état d'une condition difficile, et puis il était contre Nixon à l'époque, contre Bush à la suite. Donc c'est sûr que dans une Amérique aujourd'hui trumpienne, ça résonne avec beaucoup de force et on voit des artistes afro-américains très engagés politiquement, je pense à Kendrick Lammar. Mais il y a quelque chose de particulier avec Gil Scott-Heron c'est son lien avec le jazz. Les musiciens qui jouent sur ses albums les plus connus, c'est par exemple Ron Carter qui a joué avec Miles Davis. Il y a un lien qui est très fort. » Yasiin Bey, qui sera sur scène ce mercredi, a déjà samplé des titres de Gil Scott-Heron. Par exemple « Legend in His Own Mind », un titre de 1980. Samplé par Yasiin Bey, alias Mos Def avec Q-Tip en 1999 cela donne Mr Nigga.

  12. 13

    Zoë Më: de l’Eurovision à «Jamais été (cool)», une pop suisse affirmée

    Artiste suisse bilingue, Zoë Më s’est imposée entre indie pop intimiste et ambitions plus pop, depuis l’Eurovision où elle a porté la Suisse avec « Voyage ». Née à Bâle, installée à Fribourg, elle mêle allemand et français et signe « Jamais été (cool) », titre lucide et fédérateur. Un coup de cœur que nous partage Karine Vouillamoz de la RTS pour les Médias francophones publics.   Zoë Më est grande. Si grande qu’elle a failli devenir professionnelle de volleyball. Mais voilà, elle est finalement devenue chanteuse. Zoë Më, c’est un nom qui vous dira peut-être quelque chose si vous êtes fan de cet événement assez unique en Europe : le concours Eurovision de la chanson, un ovni pour les Québécois, une référence pour les Européens. Elle y avait représenté la Suisse en 2025, avec un titre très inspiré, « Voyage ». Au croisement de quatre cultures Heureusement, sa carrière ne s’arrête pas à une représentation à l’Eurovision. Zoë Më est née à Bâle, une ville où l’on parle allemand, avant d’émigrer à Fribourg, une ville où l’on parle allemand… et français. Cette question des langues est importante parce qu’en Suisse, petit pays de 7 millions d’habitants, il y a quatre langues nationales, quatre cultures différentes qui cohabitent. On y parle majoritairement allemand, puis français, puis italien, puis romanche. Et Zoë Më n’est pas née dans une famille bilingue. Elle a appris le français à l’école et avec ses amis. Elle est devenue un doux mélange de deux cultures. Pour ses premières compositions, elle a choisi de ne pas choisir : de mêler l’allemand et le français dans le texte. Et c’est troublant à s’y méprendre tant les langues se marient bien. C’est d’ailleurs avec cette chanson, « OK », qu’elle a tapé dans nos oreilles du programme de soutien à la musique suisse, Radar. « OK », c’était bien avant l’aventure de l’Eurovision, bien avant son émancipation musicale, puisque son premier album date de 2020. Auteure, compositrice, interprète, pianiste, Zoë Më a tous les talents. Hold-up pop de l’été en Suisse La vision musicale de Zoë Më s’est élargie. Ses compositions, ses textes ont pris de l’ampleur, ont gagné en espace, même si elle garde toujours cette touche si personnelle, avec une profondeur dans les textes, une approche très indie de ses compositions. Elle rêve de partager une valse avec Stephan Eicher, star nationale en Suisse. Proposition faite, emballement du chanteur, le titre sort sous le nom de « Valse à demi ». Mais si les compositions de Zoë Më ont toujours baigné dans une certaine torpeur, dans un univers plutôt intimiste, rien ne l’empêche de poursuivre sa quête des grands espaces. Et de verser du côté plus pop pour tenter, pourquoi pas, le hold-up de l’été, en Suisse déjà, avec « Jamais été (cool) ». Ce titre porte un regard personnel et lucide sur son monde, sur notre monde, celui dans lequel on vit, où les comparaisons sont reines, en particulier pour les jeunes générations. C’est un morceau qui pousse à s’affirmer, à s’aimer tel que l’on est. Vous l’aurez compris, Zoë Më, c’est une artiste authentique, simple, une fille attachante, qui mérite clairement le détour.

  13. 12

    Dahi et son premier album: quand le serviteur devient le maître

    Black Boy (Alternative), voilà le titre du premier album du Californien d'origine ivoirienne Dahi. Celui qui s'est fait un nom en composant pour Kendrick Lamar, Madonna ou encore Tyler the Creator a décidé de voler de ses propres ailes avec un premier album pétri de bonnes idées puisées dans son immense culture musicale.  Des géants se cachent parfois dans l’ombre, dit-on. Cette maxime s’applique à merveille à Dahi. Durant une quinzaine d’années, le compositeur et musicien a travaillé pour d’autres. On lui doit notamment une foule de titres pour Kendrick Lamar dont « Money Trees » et quatre autres pépites de l’album Damn du rappeur de Compton. Madonna, Vampire Weekend, 21 Savage ou encore Tyler the Creator ont fait appel à ses talents. Loué pour son originalité et la musicalité de ses samples, Dahi a décidé de vivre dans la lumière avec un premier album mûri durant des années. « Trouver ma voie créative fut un long processus », dit-il. Le résultat est à la hauteur. Un « Radiohead africain » Black Boy (Alternative) foisonne d’inventivité et ne craint pas d’afficher ses références. C’est « un Radiohead africain », explique à la presse américaine Dahi. De fait, le titre « Find Me » et ses arpèges de guitare n’est pas sans rappeler « Reckoner » du groupe britannique Radiohead. Quant à l’Afrique, elle appartient au patrimoine génétique et musical de cet homme de 39 ans. Dacoury Dahi Natché est né d’un père ivoirien et d’une mère africaine. Il a grandi entouré d’instruments de musique et au son de la folk-soul ouest-africaine des années soixante-dix et quatre-vingt. Un sampleur entouré de voix prestigieuses Dahi est un sampleur hors pair, il est aussi un instrumentiste qui aime s’entourer de musiciens pour composer. Ce qui donne une coloration très particulière à ce premier album. Et comme il a travaillé avec la moitié des artistes de sa génération, il a invité beaucoup de monde sur l’album. À commencer par Kendrick Lamar et Vince Staples, en passant par Childish Gambino, Obongjayar mais aussi Fousheé et Mez. Car s’il s’essaie timidement au chant sur certains titres, il préfère encore laisser le micro à d’autres. Sortir de l’ombre, tout en évitant de se brûler les ailes… Dahi prend manifestement toujours le temps de bien faire les choses.

  14. 11

    Overmono, duo gallois d’électro émotionnelle, embrase le monde avec «Pure Devotion»

    Duo gallois d’électro émotionnelle, Overmono revient avec son deuxième album Pure Devotion et une tournée internationale qui passera par l’Olympia à Paris le 14 novembre 2026. Entre techno, breakbeat, UK garage et nostalgie rave, Tom et Ed Russell affinent une signature sonore aussi dansante que mélancolique. Voilà déjà cinq ans que les Gallois d'Overmono officient et font danser tous les clubs et festivals de la planète. Mais leur carrière est bien plus ancienne. Les deux frères Tom et Ed Russell sont aussi connus sous leurs noms de scène Truss et Tessela, du temps où ils produisaient déjà de la musique mais chacun de leur côté. À l’époque, Tom était plus branché techno tandis qu’Ed maniait la drum and bass. Puis, en 2016, ils ont rempli une voiture de synthétiseurs et de boîtes à rythmes, se sont réfugiés une semaine dans un cottage au Pays de Galles et ont transformé la cuisine en studio de fortune. Overmono était né. Et pendant le confinement, leurs créations ont explosé, notamment avec « So U know » (« Pour que tu saches »). La musique d’Overmono est souvent qualifiée d’électro émotionnelle. Notamment parce qu’Overmono utilise des voix découpées, samplées, sur des basses profondes et des ambiances mélancoliques. Le duo fusionne les genres : techno bien sûr, mais aussi breakbeat et UK garage, avec une nostalgie pour le son rave des années 1990. La chanson titre de leur premier album Good Lies (« Les bons mensonges »), sortie en 2023, incarne cette union. Pure Devotion reste fidèle à cette signature musicale, avec quelques aménagements. Dans ce deuxième album, les synthés des années 1970 et 1980 sont par exemple mis en avant. Il faut aussi souligner que Pure Devotion, c’est le nom d’une série de concerts et de soirées orientées clubbing proposée par Ed et Tom Russell depuis deux ans. Pas étonnant quand on écoute le très dansant « Knight in Shining Prada » (« le preux chevalier en Prada »), l’un des onze titres de l’album. Quatre-vingt-quatre versions différentes de cette chanson ont été créées avant que le duo ne trouve la mouture idéale. Ed et Tom Russell sont des perfectionnistes, mais aussi des « savants fous » comme ils se décrivent. Pour ce deuxième album, ils ont multiplié les expérimentations un peu barrées : ils ont cuit une cymbale au four, détruit des synthétiseurs, pédales d'effets et processeurs audio après les avoir poussés au-delà de leurs limites, et réamplifié le son à travers un vieux système d'annonces de gare ferroviaire datant des années 1930. La recette d'un album relevé. Overmono sera en tournée aux États-Unis, au Canada, en Europe et en Australie jusqu'à la fin de l'année. Et ils seront à Paris, à l’Olympia, le 14 novembre 2026.

  15. 10

    Les Womack Sisters, héritières de la soul, sortent leur premier album

    Trois sœurs, trois voix de la soul et une histoire racontée en parfaite harmonie par les Womack Sisters qui partagent leur parcours et leurs émotions dans un premier album au titre éponyme. Les trois sœurs sont pour ainsi dire tombées dans la musique quand elles étaient petites. Bg, Kucha et Zeimani ont, en effet, grandi sur les routes, au fil des tournées et des voyages de leurs parents Linda et Cecil Womack, les deux membres du célèbre duo de r’n’b Womack & Womack. Par la suite, elles ont continué les tournées en suivant cette fois leur oncle, non moins célèbre, le soulman Bobby Womack, qu’elles accompagnaient au chant. Enfin, les trois sœurs héritent de l’histoire d’un grand-père qu’elles n’ont pas connu mais qui a marqué l’histoire des États-Unis : Sam Cooke, le pionnier de la soul, pilier du mouvement des droits civiques aux États-Unis et auteur de la chanson « ​A Change Is Gonna Come » devenue l’hymne du Civil Rights Movement. À écouterL’énigme Sam Cooke Un album hommage, pour faire vivre l’histoire de leur famille Les trois sœurs ont donc de qui tenir. C’est pourquoi leur premier album peut s’écouter comme un hommage à cet[ ]héritage familial. En onze titres, les trois artistes revisitent la soul et la remettent au goût du jour sans en renier les éléments fondateurs. Les chœurs, les cuivres, les harmonies et l’intensité émotionnelle qui en sont caractéristiques résonnent et ne se démodent pas, comme avec le titre « I Just Don’t Want You (To Say Goodbye) ». Les trois sœurs revendiquent une proposition résolument vintage Malgré le prestige de leur nom, les Womack Sisters ont eu du mal à se frayer un chemin dans le show business. À leur début les Womack Sisters ont essuyé les refus et se sont vues reproché leur style démodé. Dans le morceau « Chauffeur », elles racontent la précarité des petits boulots qu’elles ont dû enchaîner à cette période. La puissance des voix des trois sœurs résonne pour y décrire leurs années en tant que chauffeuses Uber, le tout dans un ton résolument vintage, amplifié par un effet de réverbération, procédé très à la mode dans la soul des années 1960. La poésie de leur plume au service de la sororité En plus de la beauté de leur voix, les Womack Sisters font entendre la poésie de leur plume. Comme sur le titre « I Am Your Season », dans lequel les saisons deviennent une métaphore de l’amour et où les feuilles qui tombent et l’annonce du printemps se muent en mots d’amour. Dans « My Sisters and Me », le trio s’envole dans une ode aux liens et à la sororité. Fortes, fières et sensibles, les Womack Sisters sont déjà très prometteuses.

  16. 9

    Avec «Some Small Fortune», corto.alto porte son jazz fusion au-delà de Glasgow

    Le groupe corto.alto, nouveau son jazz venu d'Écosse, dévoilera son nouvel album intitulé Some Small Fortune le 4 septembre 2026. Le collectif sera ensuite en concert le 5 septembre au festival Jazz à la Villette de Paris, avant une tournée prévue jusqu'en janvier 2027. corto.alto, c'est d'abord un groupe de musiciens et amis de longue date, réunis à 16 ans pendant leurs études au Conservatoire royal d'Écosse à Glasgow. Tous ne venaient pas forcément d'un milieu favorisé à l'origine, mais en Écosse l'enseignement musical et les cours d'instrument dans les écoles publiques et les conservatoires est très souvent gratuit pour les enfants écossais précaires, grâce à plusieurs financements de l'Etat et aides publiques. Une gratuité qui leur a permis de découvrir la musique et le jazz, et de vivre aujourd'hui de leur passion. En l'occurrence, leur passion est de repousser les frontières du jazz contemporain pour le mêler à du hip-hop, du r'n'b, de la musique classique et du broken beat : ce genre de musique électronique de club né à Londres à la fin des années 1990 avec une forte influence jazz, funk et soul. Tout est matière à composer À l'origine et au centre de corto.alto, on trouve le jeune multi-instrumentiste écossais Liam Shortall, à la fois au trombone, à la basse, aux synthés, aux samples, aux effets, à la composition et à la production du projet. Depuis des années, il passe l'essentiel de son temps en studio et y accumule des idées, des riffs et des improvisations pensées non seulement à partir de ses instruments mais aussi à partir d'enregistrements dans la rue, de fragments de voix et même de sons sur TikTok... Pour lui, tout est matière à composer. Il multiplie les démos et construit ses morceaux par couches successives, inspiré à la fois par le hip-hop de A Tribe Called Quest, les symphonies de Brahms et le dubstep de Skrillex.  Entre nostalgie et regard vers le futur Sorti en 2024, le disque 30/108 de corto.alto était un album-concept : trente morceaux travaillés et publiés l'un après l'autre, chaque jour pendant un mois. La preuve de leur créativité et de leur capacité à improviser et à innover ensemble. On sent que les musiciens s'amusent, même si cet album à venir est plus personnel et intime que les autres... Car Liam Shortall a travaillé autour des thèmes de l'enfance, du temps qui passe et de la manière dont les souvenirs s'effacent ou se transforment avec le temps. Une ambiance nostalgique qu'on retrouve notamment dans le morceau « April », en featuring avec la chanteuse franco-sénégalaise Anaiis. Some Small Fortune, le prochain album de corto.alto, est prévu pour le 4 septembre 2026. Le groupe sera en concert le 5 septembre au festival Jazz à la Villette à Paris, puis en tournée jusqu'en janvier prochain.

  17. 8

    TeddyBear, le nouveau visage sensible du rap belge aux «Chaussures roses»

    TeddyBear, jeune artiste belge aux racines siciliennes, vient du monde des batteurs mais s’impose aujourd’hui au micro. Entre rap, chanson et jazz, il expose ses failles, ses regrets et une grande tendresse dans « Chaussures roses », un titre qui révèle une humanité débordante et un timbre puissant. Un coup de cœur que nous partage Alexandra Vassen de la RTBF pour les Médias francophones publics.   Envisagée telle une humble présentation en public, la chanson de TeddyBear « Chaussures roses » nous voit enchantés de le rencontrer, nous aussi. Derrière un second degré apparent, des chaussures roses donc et un bomber presque assorti, c’est un jeune homme dense, sensible, qui se dévoile avec force et tendresse. Alors que l’on commémore cette année le 80ᵉ anniversaire du protocole d’Accord belgo-italien signé le 23 juin 1946, resté dans l’histoire sous le nom d’Accord charbon – du charbon belge contre des dizaines de milliers de travailleurs italiens envoyés dans les mines –, on peut noter que ce fut le cas du grand-père du jeune homme, né et élevé à Mons, en Belgique. D’une famille donc de mineurs, puis de musiciens originaires de Sicile, TeddyBear fait ses armes derrière une batterie qui le conduit à assurer la rythmique de nombreux artistes. Puis il remplace un pote un soir au chant. C’est du rap, en fait. Son humanité déborde et on l’entend immédiatement. Ce jeune homme va nous emmener loin, au fond de nous, avec une énergie vitale. Il raconte les failles, les flottements, les regrets avec tendresse. C’est de l’amour pour conjurer la violence ambiante, que nous offre TeddyBear, droit dans les yeux, droit au cœur. Lui qui aime autant la chanson viscérale de Jacques Brel que le jazz audacieux, incarne comme personne ses textes. Il porte son timbre puissant, déployé en studio aux côtés de Nicolas Subréchicot qui travaille aussi avec Zaho de Sagazan et avec Paco Del Rosso, qu’on connaît aussi pour son travail avec Damso, mais surtout sur scène. Ce n’est donc pas un hasard si, conquis, Benjamin Biolay, Clara Luciani, Feu Chatterton! ou Julien Doré lui ont demandé d’assurer leur première partie. Les Transmusicales de Rennes 2026 viennent juste d’annoncer qu’après Stromae en 2010, Zaho de Sagazan en 2022 ou encore Asfar Chamsi et Lynx Irel aux Trans 2025, c’est TeddyBear qui se produira cette année, durant les cinq jours du festival, du 2 au 6 décembre 2026. TeddyBear se distingue avec ses chaussures roses, mais pas que...

  18. 7

    La Route du Rock: la pop souveraine en costume trois-pièces de The Divine Comedy

    Groupe irlandais symbole de l'élégance pop en costard-cravate, The Divine Comedy a fait une escale remarquée  au festival La Route du Rock, à Saint-Malo le 13 aout 2026, avant d'achever sa tournée d'été en Angleterre. Dans la musique, il y a les artistes à la mode, sourires calibrés, poses calculées, et puis il y a les autres, déjà dépassés avant même  d’avoir commencé. The Divine Comedy, lui, snobe superbement les diktats de l’industrie musicale avec une bonne dose d’humour. La preuve : sur la ballade bucolique « Other People », tirée de l’album Foreverland (2016), tout s’arrête net sur ces mots : « bla bla bla ».   Un artisan d’une pop symphonique atemporelle « Bla bla bla », c’est signé Neil Hannon, l’homme à la tête du groupe depuis une trentaine d’années. Un chic type. Et surtout un chanteur à textes, auteur-compositeur érudit, célèbre artisan d'une pop symphonique atemporelle. Rencontré à La Route du Rock (du 12 au 15 août 2026), il a prouvé une fois de plus en concert qu’il est, à 55 ans, en pleine forme. « Monter sur scène, c’est mon métier, il faut bien gagner sa vie. J’ai beaucoup composé pour des séries télé et le cinéma, mais travailler pour les autres...Honnêtement, rien ne remplace mon petit studio, où j’écris. Là, je suis vraiment libre et heureux. Je me fous de ce qu’on attend de moi. Mes morceaux sont parfois stupides, drôles, agressifs, ou très émotionnels, mais souvent magnifiques, grâce à l’accident créatif. On est tous plusieurs personnes à la fois, je fais de mon mieux. Et je continuerai à faire de  "la divine comédie", parce que c’est un peu moi, tout ça ! » Un dandy libre sur scène Rainy Sunday Afternoon, treizième album du groupe sorti en 2025, regorge de pépites. Il  faut dire que sur scène, l’Irlandais cravaté a l’embarras du choix en termes de belles mélodies. Alors il pioche dans sa riche discographie, entre classiques et réussites récentes dont le kitschissime « Mar-a-Lago by the Sea », clin d’œil à la résidence de Donald Trump en Floride. À lire aussiRetour en grâce de The Divine Comedy avec «Rainy Sunday Afternoon» « On a tous un vrai souci, pas seulement à cause de Trump, mais avec tout ce qui va mal dans le monde. On dirait qu’on essaie nous-mêmes d’exterminer l’espèce humaine. Trump, c’est une petite caricature pathétique au milieu de tout ce bordel. Mais il résume bien la vulgarité et l’idiotie ambiantes. C’est ce que dit ma chanson “Mar-a-Lago by the Sea”, écrite avant son retour à la Maison-Blanche: l’ostentation ridicule d’un président, son mauvais goût, et le fait qu’il soit au cœur de son propre drame stupide. C’est une satire, ça ne changera rien au cours de l’histoire, mais ça m’a fait beaucoup de bien de le dire (rires). » Entre piques politiques, autodérision et élégance, Neil Hannon cultive son dandysme décalé depuis 1989. Et visiblement, il n’a perdu ni la main ni la voix de crooner. La classe, tout simplement !  The Divine Comedy sera en concert le 22 août 2026 à Devon, en Angleterre.

  19. 6

    La chanteuse américaine Ravyn Lenae trace sa propre voie avec «Blue Island»

    Avec son troisième album Blue Island, la chanteuse américaine Ravyn Lenae bouscule l’étiquette r’n’b qui lui colle à la peau. Entre néo-soul, pop alternative et accents rock, elle explore la pluralité de ses identités, ses vulnérabilités et la force de la sororité, tout en assumant un virage musical audacieux. L’album s’appelle Blue Island en référence à la ville d’origine de la chanteuse, en banlieue de Chicago aux États-Unis. Pour son troisième disque, Ravyn Lenae fait varier les rythmes, les textures et les genres. Elle annonce la couleur dès le premier titre de son album, « Handle » nous entraîne dans une mélodie rythmée par une guitare électrique et un refrain pop. Cet album à la fois sombre et joyeux, chaotique et contrôlé, expose les doutes, les revirements du cœur et des émotions de l’artiste. Le titre « Potential » – potentiel en français –, décrit la nostalgie d’une romance avortée, illustrée par une ballade pop au rythme groovy. Catégorisée comme une artiste de r’n’b, Ravyn refuse de se laisser enfermer dans une case. Véritable pied de nez à tous ceux qui la critiquent, ce dernier album assume ses accents néo-soul, indie rock et pop alternative, et permet à l’artiste d’exposer au monde toute la diversité de ses influences. Pluralité des identités et sororité La question de la pluralité des identités est d’ailleurs centrale dans cet album. Ravyn répond par l’exemple à ceux qui prétendent qu’en tant qu’artiste noire originaire de Chicago, elle devrait se cantonner au registre de r’n’b qui l’a fait connaître. Avec ses influences pop et rock, l’artiste prend des risques. Elle le raconte en chanson dans « Baby Girl », une ode à la sororité portée à deux voix avec la célèbre rappeuse Doechii et dans laquelle la chanteuse affirme son refus des routes toutes tracées. Ravyn Lenae la décrit dans une interview pour le podcast Pop Sam Cam : « Vous traversez mon esprit, l’esprit d’une fille qui navigue dans le monde et l’industrie et se sent un peu en décalage, à côté… qui cherche un peu sa place… dans ce monde… et qui choisit de tracer son chemin et de croire que c’est le bon et qu’il la mènera où elle doit être ». Assumer ses vulnérabilités, revendiquer sa force Ravyn Lenae ne renie pas pour autant son héritage r’n’b, comme avec le titre « Sew Me Back Together », « recouds-moi » en français. Entre force et douceur, calme et tempête, la chanson parle en creux de santé mentale, et d’oser demander de l’aide à ses proches. Mais il n’est pas toujours question de doutes, d’identité, d’amour et de rage de se dépasser. Dans « Let Us In », l’artiste fait place à un registre d’électro-pop plus dynamique, plein de liberté. Et cette fois il n’est question que de la force de l’amitié.

  20. 5

    The Hu métallise les musiques millénaires mongoles avec «Hun»

    Ils débutent leur tournée européenne dans quelques semaines : les membres du groupe de metal mongol The Hu dévoilent leur nouvel album intitulé « Hun ». Formé en 2016 à Oulan-Bator, le collectif vise à mettre en valeur la richesse culturelle de la Mongolie dans le monde entier. Tout commence avec les quatre artistes qui forment le noyau du groupe : Gala, Jaya, Enkush et Temka. Ils se font connaître en 2018 en publiant leurs deux premiers clips sur YouTube, qui percent immédiatement. Le premier morceau « Wolf Totem » comptabilise aujourd’hui 125 millions de vues, et le second « Yuve Yuve Yu » plus de 142 millions. The HU – mot racine mongol qui signifie « humain » – est pionnier d'un genre musical encore non-répertorié qu'ils nomment le hunnu rock : une référence à l'empire des Huns, ces peuples turco-mongols originaires des steppes de l'Asie centrale. Musicalement, ils fusionnent les musiques mongoles à du metal inspiré de Rammstein, Metallica, Foo Fighters et System of a Down. Ils électrifient notamment leurs instruments traditionnels comme le luth Tovshuur et le Morin Khuur, une vièle à tête de cheval jouée depuis des millénaires et symbole de la Mongolie. On entend également de la guitare mongole, de la gimbarde, des flûtes et des percussions tribales, mais aussi et surtout du chant Khöömii : un chant gutural diphonique, technique vocale où l'on chante deux sons distincts en même temps. The Hu, artistes pour la paix The Hu chante uniquement en mongol, une manière d'honorer et de diffuser leur culture qui a d'ailleurs été récompensée en 2022 quand le groupe a été nommé « Artistes pour la paix » par l'Unesco, une première pour un groupe de metal. Car le collectif vise toujours en priorité à promouvoir leur héritage via leur musique et leurs paroles. Par exemple, leur morceau « The Men » est basé sur la philosophie mongole autour de la force intérieure des hommes, selon laquelle leur énergie devrait toujours être pleine de positivité, de gentillesse et de générosité. The Hu sera à découvrir sur scène pendant leur tournée européenne. Elle débute le 29 septembre 2026 au Royaume-Uni puis passera en Belgique, en Allemagne, en Pologne et en France, avec un passage à Paris prévu le 27 octobre à l'Olympia.

  21. 4

    Ayra Starr, la voix bénino-nigériane qui bouscule l’afropop avec «Starrgirl»

    Figure de l’afropop, Ayra Starr dévoile son troisième album Starrgirl. Entre pop, r'n'b et langues mêlées, la chanteuse bénino-nigériane explore son parcours entre deux cultures, son succès fulgurant et une nouvelle vie à New York. Ayra Starr cumule plus de 18 millions d’écoutes mensuelles sur Spotify. Son nouvel album était donc très attendu. Même si plusieurs titres de ce troisième album avaient déjà été dévoilés ces derniers mois, Starrgirl – « la fille star » en français – compte en tout 16 titres, fidèles à l’univers musical d’Ayra Starr entre afropop et R’n’B. Parsemé de yoruba, de pidgin nigérian et d’espagnol, la langue principale de ce disque reste l’anglais. Langue officielle du Nigeria, elle lui ouvre en grand les portes du marché international. C’est aussi l’expression de la nouvelle adresse de l’artiste puisque Ayra Starr vit depuis l’année dernière à New York, après avoir signé sur ROC Nation, le label de Jay-Z. Elle dédie d'ailleurs un morceau à cette ville : « Midnight in New-York » – « Minuit à New York ». De son vrai nom Sarah Oyinkansola Aderibigbe, Ayra Starr est née au Bénin puis a déménagé vers 12 ans au Nigeria. Elle aborde justement dans ses albums, et encore plus dans Starrgirl, l’appartenance à deux cultures, mais aussi la gestion des attentes familiales, le succès, l’amour, l’émancipation ou encore la confiance en soi. À 24 ans, elle a déjà eu une carrière fulgurante. Soutenue par sa mère, elle commence à écrire des chansons avec son frère, à l’adolescence. Elle écoute alors Nicki Minaj et rêve de suivre le même chemin que la rappeuse. À 16 ans, elle devient mannequin. À 17 ans, elle met en ligne l’une de ses chansons et est repérée par un producteur qui la signe. Puis les albums s’enchaînent. Elle en sort un tous les deux ans en moyenne, avec à chaque fois des collaborations prestigieuses, par exemple sur ce titre « Gimme Dat » – « donne-moi ça » – avec Wizkid, autre star nigériane de l’afropop. Wizkid est loin d'être le seul invité sur ce nouvel album. Tout Starrgirl est constellé de collaborations brillantes avec des artistes renommés : Wizkid, mais aussi Rema, Zayn Malik, Leon Thomas… et même la chanteuse franco-congolaise Theodora avec « Missiz Paper » – en français « Mme argent ». Ayra Starr espère bien agrandir la pléiade d’artistes avec lesquels elle a collaboré. Elle rêve de chanter avec Rihanna ou Beyoncé, ses idoles. Peut-être sur le prochain album, qui sait ? Après tout, elle en a les moyens, elle qui compte parmi les ambassadrices et ambassadeurs de l’afropop nigériane qui l’ont exportée dans le monde entier, notamment grâce à ces featurings internationaux. En attendant, Ayra Starr présentera son nouvel album Starrgirl au public le 21 août 2026 à Londres, du 4 au 6 septembre à Landover, aux États-Unis, et le 19 septembre à Lusaka, en Zambie.

  22. 3

    Noor, voix franco-libanaise de la pop électronique, présente «1900 jours»

    Noor s’impose comme l’une des voix les plus prometteuses de la pop électronique française. Avec son premier album 1900 jours, cette autrice-compositrice-interprète franco-libanaise transforme la tristesse en élégance et signe un journal intime des passions achevées, entre contes modernes, ruptures douloureuses et lumière réparatrice. C'est le Coup de coeur de Didier Varrod pour les Médias francophones publics. C’est une des artistes les plus prometteuses de cette année 2026, découverte en 2025 au Printemps de Bourges dans le dispositif des Inouïs. Noor, puisque c’est son nom, a pris du temps pour sortir son premier album intitulé 1900 jours, comme pour dire que c’est 1900 jours qui lui aura fallu pour tomber amoureuse, vivre cet amour et lui dire adieu. Avec Noor, autrice-compositrice-interprète, la tristesse est une élégance, une manière d’être au monde, sans tabou ni faux-semblants. Une façon aussi d’être dans sa propre intégrité émotionnelle, elle qui avait sorti un premier EP en 2024 intitulé Les histoires tristes me collent au corps. Et là encore, Noor nous ouvre un cœur ouvert, journal intime des passions achevées où l’on s’interroge souvent, après une rupture, sur ce qu’il peut bien rester de nous dans le corps de l’autre. Une pop électronique pour pleurer sur le dancefloor Noor excelle dans une pop électronique mélancolique. Comme si elle nous invitait à pleurer sur le dance floor. Très inspirée par le film Sur la route de Madison, sur ces histoires d’amour compliquées où les obstacles sont transcendés par la force de l’amour, Noor confesse aussi sa fascination pour les contes et légendes de notre enfance. On croise dans « H24 » une fille qui joue à pierre-feuille-ciseaux, un petit homme qui a brisé son cœur, une terrible menteuse qui cache sa passion, mais aussi une Cendrion qui a partagé sa vie avec des simulateurs, des manipulateurs, des acteurs mythomanes. Une Cendrion qui s’en va sans prince et qui reconnaît qu’elle a décidé d’aimer les pires. Fragile et offerte dans sa nudité amoureuse extrême, Noor sait aussi qu’il y a les bons et les méchants. Et les méchants sont souvent aussi des loups. Désarmée, bouleversante, Noor se réfère souvent à une phrase d’Oscar Wilde qui dit « Soyez vous-mêmes, les autres sont déjà pris ». Il y a cette voix douce et fragile à la fois, qui n’ignore pas la fracture et qui se pose dans un univers assez minimaliste. Amoureuse des textures électroniques, Noor pleure partout et ça crée des lilas. Entre douleur partagée et lumière réparatrice Elle n’hésite pas à faire de chaque auditeur ou auditrice de ses chansons un ami, un confident. Comme si la tristesse ne pouvait que s’exprimer, se murmurer à l’oreille de ses sensibles semblables. Malgré cette tristesse lancinante et enveloppante, Noor exprime aussi sa conviction que l’amour qui dure reste un modèle. Elle dira au micro de France Inter : « Les couples qui sont les meilleurs amis, qui s’épaulent dans les coups durs, m’émeuvent terriblement. Quand on aime dans le pire, le meilleur est une partie de rigolade ». Pour l’heure, la phase où elle se complaît dans son malheur, dit-elle encore, a assez duré. Née d’un père libano-syrien et d’une mère française, Noor a choisi comme nom d’artiste ce nom arabe qui signifie lumière. De la lumière, il y en a beaucoup dans cet album entre gris clair et gris foncé. Une lumière blanche qui répare et transcende la vérité des cœurs blessés en jolis tubes radiophoniques. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Noor 1900 jours (Fourteen Records / Virgin Records France) 2026 Facebook / Instagram / YouTube

  23. 2

    Gurriers à la Route du Rock : le punk à vif et les mots en ébullition

    Écouter Gurriers en 2026, c'est se dire que  le punk n'est pas mort. Sous ce blase tiré d'un vieux mot irlandais pour désigner un voyou des rues, un quintette impressionnant  de Dublin avance sans trembler et explose  la scène de la 34é édition de la Route du Rock, haut- lieu de la musique indépendante mondiale à Saint Malo dans l'Ouest de la France   Gurriers avait été révélé en 2020 avec des titres aussi galopants qu'emballants. Quatre ans après, leur premier album  les  propulse dans la cour des grands  et confirme la classe du groupe menée par le chanteur Dan Hoff : rock  exigeant, textes subtils, toujours à vif sur les dérives du siècle. "Nous sommes au bord du précipice. Chacun a son téléphone, les notifications dans le crâne, la dopamine sous perfusion"  confie l'artiste irlandais. "On ne vit plus que pour les réseaux, on n'existe que par les likes. C'est un miroir désastreux de notre époque, où tout est devenu politique : les fringues, la bouffe, les goûts, les passions, les films. Tout." Nobody's Coming To Save You, deuxième album attendu le 25 septembre 2026, pousse le trait plus loin. Bruit et ferveur mêlés, le disque convoque aussi Samuel Beckett et son univers absurde. Dix titres engagés, parfois littéraires, où Dan Hoff creuse le sillon entre asservissement et liberté avec une question centrale : que faire quand personne ne vient nous sauver ? "La première fois que j'ai prononcé cette phrase, ça m'a cueilli comme un coup au visage" - se souvient-il. "Comme si on vous disait : dégage. Ça oblige à réfléchir. Rien n'est gratuit, personne ne vous guide dans ce chaos. Sauf vous-même. Et si on relâche la garde, notre espace de liberté individuelle finira par s'évaporer. La musique a encore ce pouvoir de changer le monde. En 1960, la jeunesse écoutait Dylan, ses mots, sa poésie  et a tracé sa propre voie, jusqu'à la révolte contre l'establishment. Rétrospectivement, c'est ce pont-là que nous sommes." La Route du Rock, du 12 au 15 août 2026 à Saint-Malo.

  24. 1

    Le groupe de reggae fusion Groundation rallume l'espoir avec «Candle Burning»

    En 28 ans, ils se sont imposés comme un groupe majeur du reggae fusion mondial : les américains de Groundation sont en tournée tout l'été en France, avant de repartir pour plusieurs dates aux États-Unis. Prolifique, la formation a sorti il y a quelques mois son onzième album, Candle Burning, où elle explore des thématiques liées à la spiritualité, à l'espoir et à la lumière intérieure. Dans ses précédents albums, Groundation avait plutôt pour habitude de dénoncer le « Babylon System » : corruption, cupidité, oppressions... autant de thématiques que l'on retrouvait dans des titres comme « Babylon Rule Dem » ou « Jah Jah Know ». Dans Candle Burning au contraire, le groupe choisit de voir la lumière : « ​​​​​​​c'est le concept global de l'album, acquiesce Harrison Stafford, le leader du groupe. Mais en réalité, il est question de deux lumières : celle, universelle et éternelle, qui nous entoure ​​​​​​​; et puis celle que l'on a tous en nous, qui représente la vie et qui, inévitablement, finira par s'éteindre. » Un choix qui peut surprendre, à l'heure d'une actualité géopolitique particulièrement sombre – c'est pourtant précisément ce qui a poussé les dix musiciens de Groundation à aller dans cette direction. « ​​​​​​​Je pense qu'il y a assez de négativité comme cela, pointe le chanteur. Nous voulions faire quelque chose de plus réjouissant, car nous avons vraiment besoin de changer de perspective. » Une musique audacieuse mais dont les racines restent profondément reggae  Groundation s'est toujours amusé à mélanger les genres – le groupe a, après tout, été fondé par des étudiants en jazz. Sur Candle Burning, le groupe a donc expérimenté avec les guitares électriques (sur la chanson titre notamment) pour flirter avec le reggae-rock, tandis que d'autres, comme « ​​​​​​​Hypnotized », font un virage assumé vers le jazz. « J'adore expérimenter, sourit Harrison Stafford, et je crois qu'après 28 ans, avec Groundation, nous n'avons fait qu'effleurer la surface de ce qui est possible musicalement. » À lire aussiAvec Groundation, l'Américain Harrison Stafford célèbre les racines africaines du reggae Pour autant, la formation demeure fidèle à ses racines reggae et à l'inévitable « one drop » – le fait de souligner les contretemps plutôt que les temps forts de la mesure. Les artistes invités sur cet album (« ​​​​​​​nous n'avons jamais eu autant de collaborations ​​​​​​​! ») sont d'ailleurs, pour la plupart, des légendes du reggae : le chanteur de dub Mutabaruka (The Light), l'ancien chanteur des Black Uhuru, Michael Rose (« The Youth »). Sur ce même titre, le groupe a aussi invité l'icône du reggae africain, Alpha Blondy : « ​​​​​​​C'était magique ! Je me pince encore », s'enthousiasme d'ailleurs le leader du groupe. Un disque enregistré à l'analogique  C'est la méthode que Groundation a toujours privilégiée, celle « à l'ancienne ». Pour ce onzième album, le groupe s'est retrouvé dans le prestigieux studio ICP à Bruxelles. Au lieu d’enregistrer les éléments séparément puis de les superposer par ordinateur, les dix musiciens  ont joué leurs titres tous ensemble, avec un mixage en direct : c’est ce qui donne cette couleur commune aux chansons. C’est aussi de là que vient le côté pas entièrement lisse des titres, leur chaleur, qui va bien finalement avec la thématique de l’album. Avec Candle Burning, les musiciens de Groundation nous disent qu’ils ont encore la flamme... tellement d’ailleurs, qu’ils sont en studio, en ce moment même, pour un nouveau projet.

  25. 0

    Peaches, l'icône queer est de retour sur scène

    À presque 60 ans, Peaches enflamme à nouveau les scènes du monde entier. Sa tournée s’arrête en France pour deux dates : le 13 août au festival de la Route du rock, près de Saint-Malo, et le 28 août à Paris, lors du festival Rock en seine. L'icône queer y présentera son dernier album No Lube So Rude. Peaches s’est fait connaître il y a plus de 25 ans avec le tube « Fuck the Pain Away ». La chanteuse canadienne a aujourd'hui presque 60 ans, mais elle enflamme toujours la scène. Sa tournée s’arrête en France pour deux dates : au festival de la Route du Rock, près de Saint-Malo, puis le 28 août à Paris pour le festival Rock en Seine. De son vrai nom Merrill Nisker, Peaches chantera ses classiques, mais aussi les titres de son sixième album, No Lube So Rude, sorti en février 2025. Elle y confirme son statut d’icône queer et féministe radicale. Elle reste fidèle à son style musical, mêlant punk rock et électro. Le clip vidéo du morceau-titre est très explicite sur le plan sexuel. Il a été réalisé par la papesse du porno éthique Erika Lust. No Lube So Rude est présenté comme un manifeste sous forme de métaphore coquine : le lubrifiant devient un facilitateur dans les interactions humaines, un vecteur de fluidité dans un contexte global réactionnaire. Peaches s’amuse à mettre en scène son corps et à le transformer en arme de résistance, avec des textes crus et des performances déjantées, voire obscènes diront certains. Coupe punk, maquillage criard, costumes en forme d’organes génitaux ou à moitié nus : elle choque. Elle brouille aussi les frontières entre les genres — hommes, femmes, non-binaires, transgenres — et se moque de la bienséance. Peaches, Canadienne queer entre punk rock, électro et féminisme radical Non, Peaches ne s’est pas assagie avec les années. Bien au contraire. Elle milite pour que vieillir soit « cool », se dénude toujours sur scène et parle sans tabou de la ménopause. Sa longévité lui a permis de nouer des collaborations prestigieuses, notamment avec Daft Punk, R.E.M. et, en 2003, Iggy Pop sur le morceau « Kick It ». Réalisatrice de clips, créatrice d’installations et d’opéras électro-rock, protagoniste de documentaires et de spectacles acclamés, Peaches multiplie les talents depuis plus de 25 ans. Au cœur de sa démarche, une question qu’elle ne cesse de poser : le sexe peut-il être de l’art ?

  26. -1

    LCD Soundsystem en tournée, l'increvable dance-punk de James Murphy

    LCD Soundsystem, groupe mythique new-yorkais, fer de lance du dance-punk, en tournée d'été aux États-Unis. LCD Soundsystem déboule à New York en 2002 pour remettre la fête au cœur de la ville, meurtrie par les attentats du 11-Septembre. Le groupe invente alors un son où post-punk, funk, dance-music et disco s'embrassent sous une boule à facettes. Ce  mariage révolutionnaire façonne la musique d'avant-garde du XXIe siècle et continue d'inspirer les artistes actuels. En témoigne leur tube de 2005, Daft Punk Is Playing at My House, toujours aussi efficace. Vingt-quatre ans de carrière, quatre albums seulement et le dernier en 2017. Mais LCD Soundsystem peut se targuer d'une collection de succès générationnels, encore bien vivants. Mine de rien, alors que le punk fête ses 50 ans en  2026, le groupe en a déplacé les lignes et posé les fondations du dance-punk. Le premier titre emblématique du genre s'intitule Losing My Edge. Et pour cause : c'est un manifeste. Il grave au fer rouge l'ADN de la scène indépendante new-yorkaise et le groupe s'impose à l'échelle mondiale. Aux avant-postes de la formation, un homme. Producteur, compositeur, patron du label culte DFA Records, James Murphy  c'est un chanteur à textes, un vrai, dans la lignée de Lou Reed, notamment quand il raconte la gentrification de New York. Mais c'est aussi une redoutable machine à faire danser, capable d'exploser les formats, jusqu'à cet ovni intitulé « 45:33 », morceau ahurissant de presque quarante-six minutes. Neuf ans sans nouvel album, et pourtant le génie James Murphy n'a jamais arrêté les concerts. À 56 ans, tignasse de porc-épic, ventre bien installé et t-shirt XXL façon chemise de nuit, l'Américain a davantage le look d'un gardien d'immeuble que d'une rock star. Mais une fois sur scène, le bonhomme déchire ! LCD Soundsystem est en tournée d'été américaine jusqu'au 20 septembre 2026.

Type above to search every episode's transcript for a word or phrase. Matches are scoped to this podcast.

Searching…

We're indexing this podcast's transcripts for the first time — this can take a minute or two. We'll show results as soon as they're ready.

No matches for "" in this podcast's transcripts.

Showing of matches

No topics indexed yet for this podcast.

Loading reviews...

ABOUT THIS SHOW

Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de l’identité de RFI.Diffusion 8h50, heure de Paris, 7h50 TU.

HOSTED BY

RFI

Produced by France Médias Monde

CATEGORIES

Frequently Asked Questions

How many episodes does Le choix musical de RFI have?

Le choix musical de RFI currently has 26 episodes available on PodParley. New episodes are automatically indexed when they're published to the podcast feed.

What is Le choix musical de RFI about?

Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de...

How often does Le choix musical de RFI release new episodes?

Le choix musical de RFI has 26 episodes. Check the episode list to see recent publication dates and frequency.

Where can I listen to Le choix musical de RFI?

You can listen to Le choix musical de RFI on PodParley by clicking any episode. We provide an embedded audio player for direct listening, and you can also subscribe via your preferred podcast app using the RSS feed.

Who hosts Le choix musical de RFI?

Le choix musical de RFI is created and hosted by RFI.
URL copied to clipboard!