Le trois mars, documentaire radio, Benjamin Efrati episode artwork

EPISODE · Apr 11, 2013 · 10 MIN

Le trois mars, documentaire radio, Benjamin Efrati

from Fukushima Open Sounds

Il s’agit d’un faux documentaire radio.« Les enregistrements ont été faits à Tokyo, dans un appartement et dans un studio à Paris.Les textures sonores proviennent de ce go-salon, qui est l’académie de Go du Kansai à Osaka (Kansai Kiin). Il faut savoir qu’une finale de tournoi de Go de la Nihon Kiin a été annulée, qui devait avoir lieu le 6 aout 1945 a Hiroshima. Il y a eu après-guerre de forts désaccords entre le Kansai et le nord du Japon au sujet de la manière dont il fallait organiser les tournois, etc.. Le tout sur fond d’engagement politique pour la décentralisation.[Pour revenir à la proposition], voici un aperçu des mécanismes (a partir de l’ordre de la pièce en français). 1 IntroJe voulais présenter la démarche, sur le ton de Francois Bon, pour donner envie d’aller dans un univers inspiré d’un film d’Orson Welles, mon frère m’a suggéré d’affirmer dans l’introduction un pacte de véracité partiel. Affirmer qu’une partie est vraie, pour dire à la fin que le reste était faux.2 Isaka et Louisec’est la pièce la plus fausse. Isaka raconte une introspection due au fait qu’il a arrêté de fumer; est-il plus libre? pas sur, il est plus enfantin sans cet objet, etc…. Le texte que dit Louise n’a donc strictement rien a voir avec celui d’Isaka si ce n’est le thème de la cigarette.3 Moriyama et JimL’enregistrement de Moriyama durait 15 minutes, et il me racontait ses problèmes sentimentaux, parlait des nouilles qu’il achetait au supermarché. Mais étant quelqu’un de très lié-à-la-nature, il se fait qu’il dit à peu près ce que je fais dire à Jim. Précisément, la phrase d’intro est une traduction. Il ne dit pas que les parapluies se vendent bien, par contre, et ne parle absolument pas de cruauté. De manière générale, la cruauté est l’élément imaginé de la traduction, c’est ce que j’aurais voulu qu’ils disent. Ils parlent bien du 11 mars, de radioactivité, mais pas de cruauté.4 Obo Kata et MathildeUn enregistrement long encore dans lequel j’ai extrait ce que j’aimais bien; Obo est quelqu’un d’un peu railleur et il a pris cette opportunité pour dire des choses pertinemment non-associées, jouant sur ce qu’il savait que je ferai de fausses traductions. Mais j’ai beaucoup aimé son aléatoire, donc je l’ai gardé. En grande partie cette traduction n’est qu’une narration faite à partir de traductions littérales découpées.5 Mino et ElisaMino est la seule qui ait pris le sujet de la radioactivité à coeur, peut-être parce qu’elle a été enregistrée seule, et croyant bien faire, et aussi parce qu’elle est elle-même engagée dans le problème. La traduction est exacte, bien que j’aie coupé comme je l’entendais. Bien que j’aie fait des effort de composition pour la formulation de la comparaison fantômes/radioactivité, la comparaison est présente dans les rushes, sous une forme d’évocation.6 Murata et KarolinaLe livre acheté par Murata est un livre sur un designer hollandais. Le reste est une traduction améliorée, et ici encore il y a beaucoup de latence entre ce qui est dit en japonais (tout fait sens, mais fragmentaire) et ce qui est dit en francais/anglais (narratif, plus composé). Evidemment, elle ne parle pas de Tatsumi Hijikata du tout, bien que son voyage de famille ait eu lieu dans le Tohoku.Le motif du 3 mars revient, comme une coquille que personne ne remarquerait, une date imaginaire pour un faux documentaire.7 OutroRévélation de l’ampleur de la licence employée, concept de significatogenèse, et explosion du cadre (hors cadre: Karolina insulte mon frère en polonais, exaspérée de ce que personne ne puisse prononcer son nom correctement.) Benjamin Efrati est né en 1985 à Genève, étudiant en philosophie à Lyon de 2004 à 2008, et depuis 2008 aux Beaux Arts. Il donne des cours dans différents contextes, workshops de cinéma d’animation, performance filmée, beaucoup de musique(s) et quelques bd. Membre fondateur du Laboratoire Miracle ( www.miracle.nu , en rénovation) , avec Mario Amehou, et Alexandre Efrati. Extrait de sa réponse à l’enquête de la revue l’Autre Musique :Pourquoi avez-vous choisi de participer au projet « Meanwhile, in Fukushima » ? En quoi « fukushima » est-il un événement pour lequel on peut s’engager ?….J’ai découvert le projet alors que je vivais au Japon, et la raison principale de ma participation est la sensation que le problème était incommunicable. Il m’a semblé qu’il était en fait important de dire que l’on ne peut pas dire. L’article Le trois mars, documentaire radio, Benjamin Efrati est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.

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