PODCAST · music
Fukushima Open Sounds
by Dominique Balaÿ
Un projet artistique mené au Japon et à Fukushima par Dominique Balaÿ.A collaborative sound project reaches out to the people of Fukushima, through music, poetry and sound.En écoute, une sélection de podcasts du projet ET PENDANT CE TEMPS LÀ, À FUKUSHIMA: Janusz Brudniewicz, Furukawa Hideo, Sébastien Job, Monsieur Viande, Ryoko Sekiguchi, Cristian Vogel, Frédéric Mathevet, Masateru Kawakami, Emmanuelle Gibello, François Berchenko, Kenji Kojima, Yoko Higashi,Elisabeth Valetti, Michel Titin-Schnaider, Aurélie Lierman, Dan Charles Dahan, Carl Stone, Dragos Tara, Fred Sonix, Christine Webster, Roxanne Turcotte, Yan Breuleux, Gaël Segalen, Heike Fiedler, Emmanuel Mieville & Patrice Cazelles, Cal Lyall, Lionel Marchetti, Eric Cordier, Joachim Montessuis, Julia Drouhin, Ayako Sato, Tomoko Momiyama, Bérangère Maximin, David Christoffel, Julien Blaine, Richard Pinhas, Salvatore Puglia & Philippe Poirier, Rodolphe Alexis, Yasuaki Shimizu, Aurélien Chouzenoux, Maïa Barouh
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Lectures multiples, hommage aux Éditions de Fukushima
A l’occasion du 14e anniversaire de la catastrophe de Fukushima, un appel à contribution a été lancé au sein du projet Fukushima open sounds pour créer une pièce sonore qui rend hommage au travail effectué de longue date par les Éditions de Fukushima. Une dizaine de lecteurs s’approprient un poème extrait de la toute dernière parution élaborée par les Éditions de Fukushima, «Récits sur Fukushima et le Japon» de HORI Yasuo. Les lectures sont tramées dans une contribution sonore de Pascal Deleuze (trompette, voix, effets) ainsi qu’une série d’enregistrements récents (jan et fev 2025) issus du projet au long cours de de Koji Nagahata autour du paysage sonore de la catastrophe, Fukushima soundscapes. WebSYNradio, Radio Bloc Oral et ∏Node s’associent pour une diffusion du 9 au 22 mars, à 20h en France et 15h au Quebec. Les lecteurs (par ordre d’écoute) Kader RoubahieMetteur en scène et comédien. Directeur de la compagnie de théâtre « C’est maintenant » basée à Nîmes. Son travail est axé autour de textes d’auteurs contemporains (Vinaver, Muller, Belbel, Bond, Barker…) et classiques (Molière, Racine, Shakespeare…).Pascal Deleuze (-> 3’32)Musicien et artiste. Directeur du label Le salon de Musique. Sa pratique profondément libre de la musique « transversale » l’a conduit à de nombreuses collaborations pour le théâtre, la danse et le cinéma. Il fonde la plupart de ses créations sur des inspirations bruitistes. « Plus que les notes, c’est la dimension à la fois matérielle, ondulatoire et spirituelle du son qui m’intéresse. »Pierre Fetet (-> 5’17)Responsable du blog Fukushima 福島第一 , consacré entièrement à la catastrophe nucléaire de Fukushima et à ses répercussions au Japon et dans le monde. Il crée les Editions de Fukushima en 2017 pour amplifier le travail inlassable mené au sein de son blog collaboratif. Il se définit comme un citoyen résolument contre l’énergie nucléaire, trop dangereuse pour l’humanité.Odile Girard (-> 7’45)Professeure puis traductrice, aujourd’hui à la retraite, responsable du blog « Fukushima-is-still-news » compilé en 16 volumes couvrant les années 2012 à 2019 mis en ligne sur le site des Éditions de Fukushima. Yveline Girard ( -> 9’27)Professeure d’allemand, aujourd’hui à la retraite. Militante et adhérente à Sortir du Nucléaire depuis des décennies. Mado (-> 11’23)Guitariste, chanteur, auteur-compositeur, arrangeur, il a appris la guitare en caravane, immergé dans la musique gitane. Il réalise ses compositions personnelles en travaillant de façon éclectique avec des artistes tels que Rahid Taha, Violon (batteuse de Lili Drop), J.L Aubert, Stephan Eicher, Benabar, Jane Birkin, … Nell Lopes ( -> 13’20)Comédienne formée au conservatoire d’Art dramatique de Brive. Elle travaille également comme chargée de projet en Ingénierie culturelle. Son mémoire de fin d’études s’intitule « L’animal artiste : quels sont les enjeux liés à l’intégration de l’animal dit « social » dans le milieu artistique ? »Emma Morin ( -> 14’37)Comédienne et metteuse en scène, elle collabore avec des danseurs, compositeurs et plasticiens, pour des spectacles ou des installations sonores et visuelles. Elle s’intéresse à la lecture d’écritures aigües, textes « rares », à la captation et à l’expression des formes du mouvement, à la question de l’oralité et aux écritures non théâtrales. Pour France Culture, elle enregistre des ateliers de création radiophonique. Depuis 2016, son cycle de lectures, créé au Théâtre de Nîmes, rassemble un public fidèle et conquis.Edouard Balaÿ ( -> 16’45)Citoyen se sentant concerné par les grands enjeux de notre époque, il travaille dans l’industrie agro/alimentaire.Christine Gandois/Bruno Bernard (-> 18’39)Christine Gandois est comédienne et metteuse en scène. Bruno Bernard est compositeur de musique acousmatique. Co-fondateurs de la compagnie Rue des Chimères.Eric Mattson ( -> 20’33)Commissaire indépendant en arts, musique et sons. Il vit à Montréal, Québec. Responsable de Oral_records et sympathisant de SISUR (sept-Îles sans Uranium). Membre fondateur de Radio Bloc Oral, partenaire pour la diffusion de « Licence Libre » et du projet Fukushima Open Sounds. Nicole Gingras ( -> 22’05)Commissaire, auteure, chercheure et éditrice, elle travaille de manière indépendante et s’associe à divers musées, galeries, centres d’artistes et festivals, dont le Festival International du Film sur l’Art, Le FIFA, pour la section FIFA Expérimental ainsi que divers organismes de production et de diffusion dont Groupe Intervention Vidéo – GIV, Vidéographe et VOX centre de l’image contemporaine. Elle vit à Montréal, Québec.Mathieu P. Lapierre (-> 24’50)Artiste, diplômé de la maîtrise en arts visuels à l’Université Laval (Quebec), il s’intéresse particulièrement à la performance, l’art vidéo et l’hybridation multidisciplinaire. Pour sa contribution, il propose une lecture du « méchant poème » avec un editing sonore (voix, guitare, effets).Emmanuelle Rouillon (-> 30’45)Elle se définit comme simple citoyenne prenant part à ce projet pour « que le monde soit beau comme il devrait l’être ». Cette liste de lecteurs mise à jour au fur et à mesure de l’insertion de nouvelles contributions. Le méchant poème [Aujourd’hui, 5 mai 2012, Les 54 réacteurs nucléaires ont tous cessé de fonctionner] [j’ai composé le méchant poème que voici] Pour un monde chaleureux sans énergie atomique Quand je sais que le courant vient de réacteurs nucléaires, Je me demande pourquoi on use de si dangereux procédés, Et je me sens glacé. Quand je sais que le courant vient de réacteurs thermiques, Qui emploient pétrole et charbon, Je ne me sens nullement réchauffé. Quand je sais que le courant vient de réacteurs hydroélectriques, Bien que n’aimant pas les digues en béton, Je ressens un peu de chaleur. Quand je sais que le courant vient de l’énergie solaire, Comme elle est un bienfait naturel, Je sens la chaleur envahir tout mon corps. Dans le beau soleil de mai Je ressens la joie de vivre. Et à la pensée que sont arrêtés tous les réacteurs, Je sens m’envahir la chaleur. Quand disparaîtront tous les réacteurs, Combien chaleureux deviendra le monde! L’arrêt de tous les réacteurs nucléaires du Japon M’a réchauffé à un point tel Que j’ai fait une découverte : Tous les maux du monde très certainement Découlent de l’énergie nucléaire. Inlassablement nous devons lutter Pour que tous les réacteurs s’arrêtent enfin, Et que nous nous sentions tous vraiment au chaud. [« Récits sur Fukushima et le Japon »HORI Yasuo, p12 https://editionsdefukushima.fr/livres/Recits-sur-Fukushima.pdf] Les liens Editions de Fukushima : https://editionsdefukushima.fr webSYNradio : http://synradio.fr/ Radio Bloc Oral (Montreal) : https://www.radioblocoral.ca/ «Récits sur Fukushima et le Japon» de HORI Yasuohttps://editionsdefukushima.fr/livres/Recits-sur-Fukushima.pdf Fukushima soundscapes (Koji Nagahata) : http://www.sss.fukushima-u.ac.jp/~nagahata/fsp_311/index-e.htm Contact Dominique Balaÿ : [email protected] Diffusion Pour embarquer les lectures sur votre stream ou votre player : Stream Synradio http://sounds.synradio.fr:8000/synradio.mp3 Podcast http://sounds.synradio.fr/sons/artistes/fukushima14/fukushima-open-sounds-lectures-2025.mp3 Podcast M3U http://sounds.synradio.fr/sons/artistes/fukushima14/playlist_fukushima14_web.m3u Podcast item XML http://sounds.synradio.fr/sons/artistes/podcast_websynradio.xml L’article Lectures multiples, hommage aux Éditions de Fukushima est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Diffusion Musique d’avenir, RTS, 26 jan 25
Le podcast de la dernière émission Musique d’avenir (RTS- radio télévision Suisse) proposée tous les dimanches soir par Anne Gillot est en ligne – énergie positive ! https://www.rts.ch/audio-podcast/2025/audio/magma-de-sebastien-pittet-wanu-meanwhile-in-fukushima-28769652.html Avec une diffusion des œuvres de Ludovic Bernhardt / Ilhan Blanco, Joachim Montessuis, Bérangère Maximin / Colin Johnco, Tomoko Momiyama, Carl Stone, Roxanne Turcotte. Carl Stone THRENODY, for the victims of FukushimaRoxanne Turcotte Zone d’exclusionJoachim Montessuis The glowing treeBérangère Maximin ,Colin Johnco Le fléauTomoko Momiyama I saw time under a cherry treeIlhan Blanco, Ludovic Bernhardt Réacteur 3 « À lʹécoute de deux projets musicaux passionnants : lʹun se situe au Japon : Meanwhile in Fukushima, un projet artistique collaboratif mené au Japon et à Fukushima, par Dominique Balaÿ. Depuis 2011, Dominique Balaÿ offre un point de vue artistique sur la catastrophe de Fukushima, avec plus dʹune centaine de contributions dʹartistes émergents ou confirmés sur la scène internationale, et une participation à des événements dans plus de 25 pays (festivals, performances en galeries/musées, articles, entretiens, présentations dans des émissions de radios locales et nationales, colloques, résidences artistiques …). Un projet regroupé sous: Fukushima Open Sounds. » Anne Gillot Sur RTS.ch Musique d’AvenirAudaces, explorations, émergences, art sonore et innovation: toutes les musiques du XXIe siècle.https://www.rts.ch/audio-podcast/2010/emission/musique-d-avenir-25000471.html L’article Diffusion Musique d’avenir, RTS, 26 jan 25 est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Lecture par Ludovic Bernhardt de « Réacteur 3 [Fukushima] »
Ludovic Bernhardt lit un extrait de son oeuvre « Réacteur 3 [Fukushima] », éditions LansKine.Création sonore réalisée en collaboration avec Ilhan Blanco, juillet 2022. « Réacteur 3 [Fukushima] » est lauréat du Grand Prix SGDL 2022 de poésie (Société des Gens De Lettres). Ludovic Bernhardt est écrivain et artiste, diplômé du Fresnoy ; il vit et travaille à Nogent-sur-Marne, résident à Guy Loë (Maison de Arts Bernard Anthonioz). À travers divers médiums — écriture, installation, art numérique, lecture-performance, etc. — il crée une œuvre multiforme qui, en manipulant des signes idéologiques contemporains, questionne certains symptômes de la mondialisation. Son travail est représenté par la galerie Sanatorium, et est publié aux éditions Jou et aux éditions LansKine. Ludovic Bernhardt est actuellement doctorant en recherche-création à l’Université Paris 8, EDESTA, Ecole Doctorale Esthétique, Sciences et Technologies des Arts, labo AIAC. L’article Lecture par Ludovic Bernhardt de « Réacteur 3 [Fukushima] » est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Lecture par Bruno Lecat de Réacteur 3 de Ludovic Bernhardt
Début de Réacteur 3 [Fukushima] de Ludovic Bernhardt : Nuages, Barreaux, Nuages, La caméra, Perturbations, Voies sont lus et synchronisés avec le morceau « + / – » du groupe Physics. J’ai retenu ce morceau « Plus or Minus » pour plusieurs raisons : l’une est légale, car le groupe a mis à disposition gratuitement quelques titres sur Internet il y a longtemps ; une autre raison est liée au thème même du livre de Ludovic Bernhardt : Physics, en écho à la physique nucléaire ; « Plus or Minus » pour la médiation technique du robot Little Sunfish, guidé par des algorithmes et leur logique binaire de 0 et de 1. Une dernière raison, enfin, qui touche à la mystérieuse idiosyncrasie née de la lecture de Réacteur 3 [Fuhushima], celle qui m’a poussé, dans l’urgence, à en faire une lecture synchronisée où voix (celle de Ludovic, la mienne) et sons (ceux que j’entends à la lecture du livre, et leur échos retrouvés dans ce morceau de Physics) deviennent synchrones. Mon urgence répond à celle de l’auteur : l’apocalypse n’est pas derrière nous mais en nous et autour de nous. Ludovic explore un lieu impossible à voir à l’œil nu, mais cependant dicible et rendu visible par l’œil médian d’un robot. Je suis la progression de cet artéfact soumis à l’effet des rayonnements ionisants : points aveugles, figements, traitement électronique et linguistique des « photons convertibles » codés par le corps métallisé du robot et le corps de l’artiste, chair fantasmatiquement ionisée en un effet de langage : le livre Réacteur 3 [Fukushima] ; et l’après-coup de l’irradiation dans mon corps : une voix, enregistrée en lo-fi comme trace technique de la faillibilté, et la musique pulsatile de Physics, comme un compteur Geiger-Müller. (Bruno Lecat) Réacteur 3 a reçu le grand prix SGDL de poésie en 2022. Réacteur 3 [Fukushima] de Ludovic Bernhardt, est un poème post-apocalyptique qui suit les errances vidéos filmées par le robot Little Sunfish conçu pour explorer la centrale nucléaire après la catastrophe : ce livre veut enfoncer le langage dans les toxicités sombres et granuleuses des eaux radioactives. C’est la naissance de zones interdites à l’homme par leur haut degré de contaminations radioactives, raison pour laquelle des robots explorateurs se substituent à l’être humain. Réacteur 3 [Fukushima] est un texte sur la catastrophe techno-scientifique, la robotisation du monde contemporain, mais aussi sur les images-machines et leurs « pulsions scopiques » Bruno Lecat : « Mon lien avec le Japon est fort. J’ai vécu à Tôkyô de 1998 à 2002 : découverte du pays, de la culture, de la langue japonaise, de la danse butô. J’ai eu l’insigne chance de pouvoir apprendre le butô à Yokohama, dans le studio de Kazuo et Yoshito Ohno, fondateurs du butô avec Hijikata. Au cœur de cette danse des ténèbres, ankoku butô, la mémoire intacte de Hiroshima et Nagasaki. J’étais déjà très sensible au thème de l’atome avant d’aller vivre au Japon ; l’expérience du butô, la visite des villes bombardées, ont nourri mon imaginaire fasciné et horrifié par ces évènements. Vingt ans après, je lis le livre de Ludovic Bernhardt : son écriture et l’originalité du projet me séduisent ; le lire ne suffisait plus : il fallait le renvoyer sur les ondes, puisque d’ondes il s’agit. Je découvre en chemin le projet de Dominique Balaÿ, auquel Ludovic me propose de participer en envoyant ces deux minutes seize d’irradiation sonore. Je ne me prévaux ici que de mon amour pour le Japon, du désespoir qui m’a étreint un certain 11 mars 2011, quand une triple catastrophe crucifie le pays. Alors, si le Japon et avec lui tous les pays sont marqués du sceau irréversible de la Technique, il importe que des voix continuent de faire entendre ce qui, depuis, ne cesse pas de se passer. » Bruno Lecat est enseignant de littérature française, plasticien, traducteur et écrivain. Il vit actuellement près de Montpellier. Il collabore régulièrement aux ateliers du Tiers Livre de François Bon, et partage ses lectures dans des podcasts diffusés sur son site personnel, L’Oeil a faim, et sur Anchor ou Spotify. Il a publié Ecritures du monde (BoD, 2015) et Archéologies ferroviaires (Jou, 2022). Il porte un intérêt marqué aux catastrophes nucléaires, thème d’œuvres plastiques, et au cœur d’articles sur le butô, sur « Pluie noire » de Shoei Imamura, ou de textes travaillés par l’idée de la disparition. http://www.editions-lanskine.fr/livre/reacteur-3-fukushima L’article Lecture par Bruno Lecat de Réacteur 3 de Ludovic Bernhardt est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Five years on mount Shinobu, Céline Perier
« Tout d’abord, je découvert le projet passionnant de Dominique Balaÿ, « Meanwhile in Fukushima », et c’est en explorant le site que j’ai découvert les actions de Koji Nagahata. Je trouvais sa démarche très touchante. J’ai alors imaginé de composer une pièce avec les sons que Koji Nagahata enregistre depuis 2011 sur le mont Shinobu à Fukushima. J’ai proposé à mon frère de faire une vidéo pour cette pièce mais le temps est passé et aujourd’hui nous sommes, mon frère et moi, éloignés. Je n’ai donc pas réalisé la pièce. Entre temps j’ai composé une autre pièce pour le Laboratoire d’architecture Ouverte du parisien Victor Clayssen. Nous avions enregistré pour ce faire, des bruits de papier et de machine à découper, dans son cabinet. J’avais pour projet de mettre en ligne la pièce faite pour le LAO de Victor. J’ai imaginé que la monter avec les sons de Koji pouvait être intéressant. C’est donc ce que j’ai fait. Et cela a fonctionné. » Céline Perier Photo Nora Jane « Hier, c’est-à-dire vendredi 5 novembre 2021, j’ai voulu faire une pièce, comme ça, juste parce que j’en avais envie. J’ai fouillé dans mes archives sonores et j’ai retrouvé alors les sons de Koji Nagahata que j’avais téléchargés. Puis je suis allée sur le site de « Meanwhile in Fukushima » et j’ai réalisé que Koji enregistrait encore sur le mont Shinobu. Cela m’a ébahie car j’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour la constance qu’un individu peut manifester dans ses actions. Koji n’abandonne pas. Alors j’ai pensé que je ne devais pas non plus abandonner. » Céline Perier est compositrice de musique électro-acoustique. Elle a suivi l’enseignement de Christine Groult, Marco Marini et Jonathan Prager. Ses pièces ont été diffusées dans différents festivals de musique acousmatique en France (Futura, Audible Festival, Cité de la musique et de la danse Strasbourg, Tourneson, etc.) Elle travaille activement sur une composition pour une voix et un instrument, « Write to Reinhold », ainsi que sur la création d’une maison d’édition papier et sonore, centrée sur la musique concrète, Position Paper. L’article Five years on mount Shinobu, Céline Perier est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Fragility of time, Janusz Brudniewicz,
« Fragility of time » est une construction sonore électroacoustique, expérimentale avec des éléments électroniques génératifs. L’idée de ce travail est basée sur une structure sonore avec une vibration lente mais progressive. C’est la recherche d’une harmonie dans l’espace virtuel. Forme minimale structurée, Janusz Brudniewicz – Digigraphie ® par Epson « Le temps est le médicament pour l’âme » Après le grand accident nucléaire de Fukushima en 2011, le besoin de proximité avec le peuple japonais était fort et naturellement spontané. Chacun de nous à sa manière a voulu exprimer une solidarité et une compassion avec les habitants de cette ville, et également le pays entier. Aujourd’hui c’est notre droit et même notre devoir de commémorer ce huitième anniversaire et garder en mémoire ces événements pour les générations futures. J.B Janusz Brudniewicz est un artiste interdisciplinaire, né en Pologne en 1965. Depuis 1990 il vit et travaille à Montpellier en France. – Des formes minimales structurées https://www.pinterest.fr/janusz_brudniewicz/art-janusz-brudniewicz/ – Vidéo / génératif, géométrique, expérimental/ https://vimeo.com/januszbrudniewicz – Musique / électroacoustique, expérimental, concrète, acousmatique/ https://januszbrudniewicz.bandcamp.com/ https://soundcloud.com/januszbrudniewicz – Le design / VIDA design / https://shopvida.com/collections/janusz-brudniewicz L’article Fragility of time, Janusz Brudniewicz, est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Silences, résonances, Sébastien Job
Pour le projet Fukushima Open Sounds, j’ai travaillé sur cette composition electro-acoustique en prenant deux axes apparemment contradictoires. La résonance, et le silence. Cette composition s’articule autour de ces deux notions, la place laissée par le silence permet de libérer les sonorités (acoustiques, échantillons sonores, électroniques) et de les faire résonner. Rue déserte à Tomioka (Reuters) « Les événements de Fukushima touchent chacun d’entre nous. Le silence laissé par la catastrophe dans les zones contaminées laisse place à une résonance artistique mondiale autour de ce projet. » S.Job Intéressé par l’image et l’interactivité offerte par les outils de programmation, Sébastien Job développe en collaboration avec différentes entreprises, studio de production et PME dans le jeu vidéo, la publicité où le tourisme, des applications 3d interactives, sites Internet, et environnements audio. C’est au début des années 2000, à son retour du Liban, qu’il décide de s’installer dans le Sud de la France pour y développer son activité en tant qu’artiste multimédia indépendant et musicien. Il se met à la composition musicale de façon professionnelle, en créant sous des nom d’artistes variés divers projets musicaux dont le plus abouti est le groupe Dubovnik, avec lequel il tourne dans le Sud de la France de 2014 à 2017 en multipliant les collaborations avec des artistes d’autres disciplines, danse, projections vidéos, etc. https://www.facebook.com/dub0vnik/ L’article Silences, résonances, Sébastien Job est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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"pourtant la nature déteste le vide" – Monsieur Viande
Bruit blanc symbolisant le son du tout et le vide occasionné par notre inexpérience … « Bien loin d’être une simple surenchère aveugle de bruits horribles, « Musique pour Jeux » apparaît comme le reflet de la déliquescence de notre société moderne. Recherchant une limite de notre conception de la musique et des sons (quête de tout musicien de Harsh Noise abrasive), Mr Viande nous propose une symphonie puissante de bruits, qui pourrait bien être une bande-son pour l’Apocalypse. Du bruit qui pense disait l’autre ? » Vincent Capes, présentation de « Mr Viande – Musique pour Jeux Ce qui touche quelques uns nous touche tous indirectement, « Fukushima » fait parti de ces événements où l’on sait ce que l’on faisait et où on était quand on a appris la nouvelle…. et quant aux motifs de ma participation au projet Fukushima Open Sounds, j’ai trouvé important de répondre au » on ne vous oublie pas » de l’appel à sons … un appel dans le temps … de façon ouverte … D.G. David Gomez aka Monsieur Viande, né en 1975, 1er ordinateur un Amstrad 464 (à k7 et écran monochrome), l’intérêt pour le bruit/langage venant surement de là. 1994-1998: compositions à l’aide du logiciel FastTracker avec Xavier De Poorter, utilisation entre autre de dictaphones et d’objets de cuisines. 2001-2005: collages sonores à partir de k7 puis export final sur cd-r d’expérimentations de scratching, boites à rythmes et différents instruments( basse etc… ) avec Olivier Aguillon. à partir de 2008: projet Monsieur Viande, mise en pratique d’actions/contraintes simples comme mélanger/copier/coller/décaler des pistes audio en micro samples et arriver à un magma sonore, ajouter la notion de couleur au projet de la NASA Arecibo, sélectionner des fréquences par leurs formes, ce qui amènera à découvrir des ondes qui entre en phases avec un large spectre et, tout en laissant un signal « visuel », rend inaudible toute fréquence mise en parallèle … jouer avec des anomalies… autant sur ordinateur qu’en fabricant des instruments ( poignées de masses ou de larsens, table métallique amplifié, lutherie sauvage …) L’article "pourtant la nature déteste le vide" – Monsieur Viande est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Collision, Emmanuelle Gibello
« Collision » : création de Emmanuelle Gibello pour le festival Kontact Sonore en avril 2011.Pour FONOF, Launchpad, UC33 et 2 nanokorgCollisions est la première création utilisant le FONOF, instrument inventé par Emmanuelle Gibello. Le 11 mars 2011, lors du tremblement de terre à Fukushima, j’écrivais une pièce pour l’octophonie de Nicephore Cité à Chalon-sur-Saône.J’ai de fortes attaches, depuis l’enfance, avec le Japon, cette création s’est alors imposée à moi.Les sons, qui la parcourent, proviennent d’enregistrements capturés lors d’un séjour au Japon entre mars et juin 2003. Tel un souvenir qui s’efface dans un tremblement chaotique, l’auditeur chemine dans mes souvenirs, entre rêve, cauchemar et réalité.Cette pièce « Collision » est un témoignage de sympathie face à la douleur de l’après Fukushima.E.G. Les créations d’Emmanuelle Gibello sont à la fois des projections de son inconscient mais aussi un miroir, qui s’adresse directement au regardeur, à l’écouteur. Elle développe une pratique qui emprunte à la fois aux arts visuels et à la musique électronique. Très influencée par les nouvelles technologies qu’elle s’approprie en autodidacte. Son travail est également nourri de matières littéraires (Didier Anzieu, Samuel Beckett, Philippe K. Dick, Haruki Murakami, etc.). Elle interroge les rapports entre sons, images, paysages sonores et souvenirs. Son travail s’effectue à partir de sons enregistrés dans de multiples contextes, naturels et urbains. Sa collection de bruits, issus du quotidien comme de ses voyages, lui permet d’explorer et de manipuler, au moyen d’outils électroniques les différentes strates des sons concrets et synthétiques. En collectant les nouveaux paysages sonores générés par l’homme, leurs transformations, elle revisite l’espace sonore urbain afin d’éveiller une autre perception de la symphonie complexe du monde contemporain. Ses pièces sont exécutées en direct et en public par elle-même ou d’autres interprètes, en multidiffusion spatialisée ou au casque, pour donner une écoute proche de celle du monde réel. Emmanuelle imagine également de nouveaux instruments dans la mouvance du DIY tel que le FONOF* dont on joue avec des aimants et le Molf*, un nouvel instrument de musique, inspiré de la théorie du chaos de James Gleick, qui se joue à l’aide de toupies. Avec ses instruments elle questionne les nouvelles écritures à l’aire des nouvelles technologies. On a pu entendre son travail au Japon, en Corée, aux Philippines, en Europe, en Amérique du Nord, mais aussi sur l’internet, où elle est active depuis 1999, dans plusieurs projets solo ou collaboratifs tels que : nocinema.org, myownspace.fr, sobralasolas.org, … L’article Collision, Emmanuelle Gibello est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Allégorie japonaise, Michel Titin-Schnaider
Pourquoi ce titre d' »Allégorie japonaise » ? J’aime à voir dans ce pays une « exacerbation ». Dans la recherche de raffinement mais aussi dans les excès de l’hyper modernité. Et l’ampleur de la catastrophe de Fukushima nous rappelle que notre « aventure » humaine n’aura qu’un temps.Différentes phases se succèdent dans cette oeuvre :La nature, l’apparition de l’homme : sons évoquant des musiques traditionnelles, l’accélération du temps et la modernité : les trains, l’américanisation de la société : les guitares électriques.Enfin l’énergie nucléaire, symbolisée par une vibration électrique et cet effet de « déchirement du son », généré par d’innombrables micro-coupures qui représentent la radio-activité, son effet insidieusement et intimement destructeur. En 2010, j’ai composé une première pièce sur le japon : il s’agissait d’un « voyage imaginaire » dans le’ japon d’aujourd’hui, mettant en exergue la coexistence entre nature, tradition et modernité si caractéristique de ce pays.Ici je propose un autre déplacement, non pas dans l’espace, mais dans le temps, et se terminant par Fukushima. Ingénieur et compositeur autodidacte, Michel Titin-Schnaider se passionne pour le son et crée dans son home-studio une fusion entre musique classique, experimentale et progressive qui ne suit aucune règle préétablie.« Composer c’est imaginer avec des sons ». Il a produit 8 albums, dont un édité par le label obs* Il crée en 2007 l’association Aventures Electro Acoustiques dans le but de promouvoir la musique electro-acoustique en l’associant à d’autres formes artistiques, en particulier danse et vidéo. Passionné par la danse butô il organise des évènements dans lesquels danseurs et public sont immergés dans l’oeuvre musicale (diffusion multiphonique): Cycle mensuel « Palimpseste » au Théâtre du Temps, « Butô dans mon jardin » à Brunoy et, pour la Nuit Blanche de Paris en 2015, un concert non stop de 6h regroupant 11 danseurs.Il crée avec l’aide de Motus le festival En Chair et en Son Rencontres internationales de danse butô et musique acousmatique, qui réunit chaque année 44 artistes au Centre de création numérique Le Cube : 3e édition en préparation. http://michel-titin-schnaider.fr/ L’article Allégorie japonaise, Michel Titin-Schnaider est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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MODERNO – François Berchenko- FUKUSHIMA 11 mars 2011.
Moderno / François Berchenko Extrait du LP 12 titres FUKUSHIMA : Suite Psychédélique pour Catastrophe Nucléaire . à retrouver en écoute intégrale et gratuite : http://www.musiquesmodernes.net/fukushima Direction artistique, coordination, production, mastering : François BERCHENKO. Visuel : Sophie BACQUIE » Wilderness 3 » François BERCHENKO propose en 2016 à des artistes de s’inscrire dans un projet sonore lié aux événements du 11 mars 2011 au Japon. Le point de départ est une pièce composée par ses soins sous l’alias de MODERNO. Répondent présents n : Maxime DENUC, RÉPUBLIQUE FRÉQUENCE/Christophe GIFFARD, RATW/Renaldo GOURNIER, LOONS/Marlon GENESTIER, Gwladys DEPREZ, Jean-Bernard BASSACH, Thomas HATCHER, BOG MALLOW/Mickael COHEN, Alexander POPP, Marie-Amélie GIAMARCHI. Il en résulte un album LP 12 titres, vinyle 12″, dans un tirage limité à 50 exemplaires. Francois Berchenko (photo Marie-Amélie Giamarchi) François BERCHENKO est compositeur, arrangeur, ingénieur Son, documentariste & réalisateur Radio. Il officie principalement à Radio Campus Toulouse et est actif dans de nombreux projets. http://musiquesmodernes.net/ https://soundcloud.com/modernoprod L’article MODERNO – François Berchenko- FUKUSHIMA 11 mars 2011. est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Fukushima soundscapes, Koji Nagahata
Le 12 novembre dernier, juste avant midi, par une belle et chaude journée d’automne, plusieurs enfants jouaient avec leurs parents dans le parc du Mont Shinobu (Fukushima city).Comme d’habitude, les oiseaux étaient de la partie.C’était une journée fériée pour les enfants âgés de sept, cinq et trois ans, une musique traditionnelle japonaise (appelée « Gagaku ») était diffusée dans le sanctuaire de Gokoku situé près de ce parc.On entendait le bruit de la musique dans le parc.Le monitoring de la radioactivité situé près du site affichait 0,192 µSv / h. (Image de droite)K.Nagahata Ecouter plus de paysages et voir la timeline sur le site de SynradioDans le cadre de l’enquête »Engagement, Résistance, Usage Social » initiée par la revue l’Autre Musique, sur la participation au projet de Dominique Balaÿ « Meanwhile, in Fukushima », voici les réponses au questionnaire de Nagahata Koji pour son projet Fukushima soundscapes que vous pouvez découvrir ici . Pourquoi avez-vous choisi de participer au projet « Meanwhile, in Fukushima “ ? En quoi ” Fukushima » est-il un événement dans lequel vous pouvez vous impliquer ?Le 1er mai 2011, environ un mois et demi après les graves accidents, j’ai commencé à enregistrer sur le terrain les paysages sonores de Fukushima. En tant que chercheur en paysage sonore vivant dans la ville de Fukushima, j’ai pensé que je devais enregistrer l’évolution des paysages sonores dans la ville de Fukushima et en rendre compte via le web, afin que les gens du monde entier réalisent ce que les accidents des centrales nucléaires ont causé aux résidents de Fukushima. La page web que je crée est Fukushima Soundscapes (http://www.sss.fukushima-u.ac.jp/~nagahata/fsp_311/index-e.html). Tout en continuant à créer la page web (même aujourd’hui), je souhaite que davantage de personnes accèdent à la page, écoutent les sons qu’elle contient et réfléchissent aux accidents des centrales nucléaires. C’est pourquoi, lorsque Dominique est venu dans mon laboratoire et a parlé de son projet, j’ai pensé que c’était une très bonne idée de participer à ce projet.Pouvez-vous décrire la pièce que vous avez proposée dans « Meanwhile, Fukushima » ?Des enregistrements sur le terrain dans la ville de Fukushima.Quels sont les choix de son, de composition et de dispositifs… qui reflètent votre engagement ? Ou comment votre engagement se reflète-t-il dans votre musique ?Je choisis les paysages sonores (enregistrés) qui symbolisent bien les circonstances actuelles de la ville de Fukushima. — L’article Fukushima soundscapes, Koji Nagahata est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Fukushima, electro, Arno Clemente Jack
Le titre FUKUSHIMA a été composé par Arno Clemente Jack dans le cadre de l’exposition «FUKUSHIMA MON AMOUR» présentée en 2015 à la Galerie 18 Bis à Paris où un collectif d’une cinquantaine d’artistes se sont associés pour commémorer la tragédie de Fukushima. Arno Clemente Jack est franco mexicain.Pianiste de formation classique, auteur, compositeur, sound designer, DJ.Mélanger, mixer, structurer, déstructurer toutes les sonorités et les genres musicaux sont ses essences créatrices . L’article Fukushima, electro, Arno Clemente Jack est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Fukushima, Elisabeth Valletti
Pièce réalisée avec le prototype de la Harpe Electrique / MIDI Camac. This piece is made using the prototype of the Electric MIDI Camac Harp. 09/2015 – Sands Studio – Paris Rosée que ce monde Rosée que ce monde-ci Oui, sans doute et pourtant 露の世は 露の世ながら さりながら Haiku, Kobayashi Issa « ….in this chaotic space-time, bouncing from waters to fires, souls take off and meet ghosts before reaching the point of no-return…. » Elisabeth Valletti. De formation classique, obsédée par la harpe, compositrice, sound designer, vocaliste, elle est à l’avant-garde de la musique contemporaine pour harpes depuis les années 80. Elle écrit de la musique classique contemporaine, world, expérimentale, pop, jazz, ethnique, électronique et de recherche sonore en utilisant des harpes de concert acoustiques, électriques, augmentées + MIDI. Elle obtient très jeune un Premier Prix de Harpe à l’unanimité au Conservatoire de Marseille. Elle étudie la composition, l’harmonie, la théologie, et l’ethnologie à l’université de Berkeley, Ca. De retour à Paris, inspirée par le travail de Jean Rouch, elle poursuit les études d’ethnologie à l’université de Vincennes et la réalisation à l’IDHEC. En 1988 elle demande au célèbre fabricant français Camac de lui fabriquer la première harpe de concert électrique qu’elle utilise avec les machines FX+pédales. Elle interprète quelques unes de ses compositions sur l’unique prototype de harpe à mémoire de Camac pour Pierre Boulez. Elle enseigne la harpe au Conservatoire de Paris XIVième dans les années 80 et 90. Elle tourne en Europe, au Japon, en Israël, aux États-Unis. Elle collabore aux albums de Leonard Cohen’s « I’m Your Man », Lauryn Hill’s « The Miseducation of Lauryn Hill », Hector Zazou’s « Sahara Blue » et « Songs Of The Cold Sea » avec John Cale and Ryushi Sakamoto, « Quantum Dub Force ». Elle travaille aussi avec des musiciens de jazz tel que Kent Carter, Jean Jacques Avenel, Daniel Cobbi and Bobby Few. En 1995, elle reçoit une commande d’écriture pour un album solo « Innocenti » qui sort sur Universal/UK en 1998. « Je suis très impressionné par E. Valletti, sa voix, son jeu harpistique, et par la musicalité de l’ensemble. » Brian Eno, « Un travail vraiment magnifique… » John Cale. Elle est signé comme auteur-compositeur @ Chris Blackwell (producteur de Bob Marley) Publishing Blue Mountain Music (Londres/New York). Basée à Londres, New York et Paris, passionnée de recherche sonore, elle apprend les technologies d’enregistrement avancées de Pro-Tools à MaxMSP et utilise uniquement des sons de harpe traités pour ses travaux de commandes (défilés de mode, théâtre, documentaires, publicité) et ses projets personnels. Par la suite, elle publie « A Harper », a Rap-Oper-Harp, « The Orfeo Project », une trilogie de chants et de suites classiques s’inspirant de la Théorie des Cordes des Physiciens, du Livre des Morts Egyptiens et du Concerto pour Harpe de Boieldieu, »The String Theory », »Barbarians Harps ». En 2011, elle teste et écrit pour le prototype unique de la harpe augmented/MIDI (dernier instrument créé par Camac) @IRCAM et @ GRM (Groupe de Recherche Musicale / Maison de Radio France). Grâce en grande partie au travail d’Elisabeth avec ce nouvel instrument, dont « Harp Haikus », « The Edge », « The Volatile and Granular Exercises », la Harpe Augmentée/MIDI reçoit le prix Qwartz / Max Matthews pour l’innovation technologique musicale en 2011. Elle interprète quelques une de ces compositions sur ce nouvel instrument au Théâtre du Trianon, à Paris. En 2012, elle est Lauréate du prix international Qwartz / Catégorie Musique Expérimentale/ Recherche avec l’album « Exercice For the Augmented/Midi Harp ». En 2015, elle reçoit une commande de Ballet « Sacrum’5 » qui sort sur Megadisc Classic : pièces écrites, interprétées et enregistrées à l’IRCAM et au GRM, Paris avec le prototype de la harpe augmentée/MIDI. En 2017, elle participe au projet « Fukushima Open Sound ». Entre temps, elle écrit l’Album « NYXperienced-Songs » (World Music). En 2019, elle co-produit « A Tale – Live 2019 » avec le producteur anglais John Reynolds, qui définit l’album comme world/pop/baroque. En 2021, elle co-produit avec son frère le dramaturge Serge Valletti « Valletti Quintetto », un album sur lequel son frère slame ses textes inspirés de la musique de sa soeur arrangée par Bernard Lubat : piano, André Minvielle : percussions, Raphael Imbert : saxophone, Vincent Beer Demander : mandoline, Gregory Daltin : accordéon. En juin 2021, le concert de « Valletti Quintetto « au Festival « Les Nuits de Fourvière » devient un Album Live mixé par Dominique Blanc-Francard. Depuis 2022, travaille sur différents projets: « Ode aux Télomères » pour Pianos, « Galactic Harps » pour Harpe (pièces classiques contemporaines), et deux autres projets encore en cours. http://www.elisabeth-valletti.com/ Elisabeth Valletti – Classically trained, harp-obsessed musician composer sound designer vocalist, she is at the forefront of the contemporary harp music since the 80’s. She writes classical contemporary, world, experimental, pop, jazz, ethnic, electronic and sound research music using acoustic, electric, augmented + MIDI concert harps. She receives, at a very young age, a First Prize in Harp « à l’unanimité » at the Marseille Conservatory. She studies composition, harmony, ethnology and theology at the University of Berkeley, Ca. Back in Paris inspired by the work of Jean Rouch, she goes on studying ethnology at Vincennes University and film making at IDHEC. In 1988 she asks renowned French manufacturer Camac to make her the first electric concert harp which she uses with FX machines+pedals. She performs for Pierre Boulez some of her compositions on the Camac’s Memory Harp unique prototype. She teaches harp at Paris XIV°’s Conservatoire in the 80’S and the 90’S. She tours in Europe, Japan, Israel, USA. Among the albums she works on are Leonard Cohen’s « I’m Your Man », Lauryn Hill’s « The Miseducation of Lauryn Hill », Hector Zazou’s « Sahara Blue » and « Songs Of The Cold Sea » with John Cale and Ryushi Sakamoto, « Quantum Dub Force ». She also works with jazz musicians such as Kent Carter, Jean Jacques Avenel, Daniel Cobbi and Bobby Few. In 1995 she is commissioned to write a solo album « Innocenti » released on Universal/UK in 1998. « I am very impressed with E. Valletti, her voice, her harp playing, and the musicality of the whole thing. » Brian Eno, « A truly magnificent work… » John Cale. She signs as song writer-composer @ Chris Blackwell (Bob Marley producer)’s Publishing Blue Mountain Music ( London/New York). Based in London, New York and Paris, having a passionate interest in sound research, she learns advanced recording technologies from Pro-Tools to MaxMSP and uses only processed harp sounds for her commissioned works (fashion shows, theater, documentaries, advertising) and for her own projects. She subsequently publishes « A Harper », a Rap-Oper-Harp, « The Orfeo Project », a trilogy of songs and classical suites inspired by the Physicists’ Theory of Strings, the Egyptian Book of the Dead and Boieldieu’s Harp Concerto, « The String Theory », « Barbarians Harps ». In 2011, she starts testing and writing for the unique prototype of the augmented/MIDI Harp (latest instrument created by Camac) @ IRCAM and @ GRM (Groupe De Recherche Musicale / Maison de Radio France). Thanks in large part to Elisabeth’s work with this new instrument, including « Harp Haikus », « The Edge », « The Volatile and Granular Exercises », the Augmented/MIDI Harp is awarded the Qwartz / Max Matthews Prize for musical technological innovation in 2011. She performs some compositions for this new instrument at Théâtre du Trianon, Paris. In 2012, she wins the Qwartz International Prize / Category Experimental/Research Music with the album « Exercices For the Augmented/Midi Harp » . In 2015, she is commissionned for a Ballet « Sacrum’5 » released by Megadisc Classic : pieces written, performed, recorded @ IRCAM and GRM, Paris with the augmented/MIDI Harp prototype. In 2017, she is involved in the « Fukushima Open Sound » project. In the meantime, she writes « NYXperienced-Songs » (World Music). In 2019, she co-produces « A Tale – Live 2019 » with reknowned English producer, John Reynolds, who defines the album as worl/pop/baroque. In 2021 she co-produces with her brother the playwright Serge Valletti « Valletti Quintetto », an album on which her brother slams his texts inspired by Elisabeth’s music arranged by Bernard Lubat : piano, André Minvielle : percussions, Raphael Imbert : saxophone, Vincent Beer Demander : mandoline, Gregory Daltin : accordéon. In June 2021 the Concert of « Valletti Quintetto » in the Festival « Les Nuits de Fourvière » becomes a Live Album mixed by Dominique Blanc Francard. Since 2022, she works on different projects : « Ode aux Télomères » for Pianos, « Galactic Harps » for Harps. (classical contemporary pieces) and two other projects still in progress. L’article Fukushima, Elisabeth Valletti est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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« Au Japon aussi y en a du bruit… », Stéphane Marin
Fabas – Lieu dit Baradaou – Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises – 17 mars 2011À la fin d’un entretien portant sur ses rapports au son, au bruit, à la musique, et au silence, D. est rejoint par G. son mari et Xavier, un proche, maçon, qui termine un chantier pour ce couple d’agriculteurs à la retraite.D. reprend à son compte une des question précédemment posée pendant l’entretien : « Qui est la plus bruyante : la ville ou bien la campagne ? ». Xavier, après avoir balayé la question avec nuance, sous entend à mots couverts que le silence c’est la mort, et que, lorsque G. les aura quitté -comme il a failli le faire quelques semaines plus tôt- alors ce silence sera celui des ronces qui envahiront vite les abords de la ferme…Après un long silence chargé de tout l’amour -et de l’inquiétude mutuelle- que se portent ces 3 personnes, G. qui sait écouter au delà des mots, essaye de détourner la conversation par un timide : « Au Japon aussi y en a du bruit… » .Suit un rapide échange sur le « nuage » de Fukushima… Stéphane Marin a choisi de contribuer au projet « Et pendant ce temps là, à Fukushima » à travers un enregistrement qu’il a effectué en Mars 2011, dans les jours qui ont suivi le tsunami et l’explosion du réacteur de la centrale de Fukushima. Cet enregistrement a eu lieu en France dans les Pyrénées, et met en scène une conversion entre plusieurs personnes qui s’alarment de la situation au Japon, et du nuage dessus de leur tête. — Stéphane MARIN – Espaces Sonores est un acteur du développement de l’art sonore en espaces libres (Espaces Sonores – Lieux Publics – Décor Sonore), compositeur de musiques électroacoustiques multiphoniques pour le spectacle vivant en espace public (Le Phun, 2ème Groupe d’Intervention, Osmosis Cie) Stéphane Marin s’investit depuis 13 ans dans ces aventures artistiques qui prennent la ville, la campagne, le « dehors », comme lieu de résonance, comme matériau vivant pour la composition de nouvelles formes musicales et sonores. Il crée en 2008 la compagnie Espaces Sonores, dont le travail repose sur une approche radicale de la composition élaborée en lien étroit avec les espaces où sera entendue l’oeuvre. Il y conçoit des créations sonores contextuelles environnementales pour sites spécifiques. C’est à la frontière entre l’écoute du paysage sonore in situ et la composition, dans la porosité que propose l’oeuvre qui se frotte au réel, que s’engage son travail. Sa trajectoire artistique, écologique et spirituelle le rapproche chaque jour un peu plus près du silence. L’article « Au Japon aussi y en a du bruit… », Stéphane Marin est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Consolation, pour Fukushima, Patrick Wiklacz
» Je ne peux donner ma musique que comme une consolation, peut-être inutile, fruit improbable de l’énergie nucléaire. Une consolation pour moi, que je vous offre. Pardonne nous, nous ne savons pas ce que nous faisons. » P.W. « Je pense à ceux, ouvriers, techniciens, ingénieurs, qui ont travaillé dans la fournaise, dans l’antre de l’horreur pour contenir la bête. Ils se savaient condamnés, ils avaient vu l’ innommable, ils étaient morts tout en étant vivant. Je pense à eux, ils sont comme nous, plein de contradictions, fruit de l’intelligence, recherchant un ailleurs, forcement meilleur. C’est eux, c’est nous les coupables, nous sommes tous coupables. » P.W. Patrick Wiklacz est né en 1959.À la fin des années 70, il tire de ses premiers synthétiseurs des sons en résonance avec ceux de la Berlin School.Dans les années 80-90, il est électronicien et, parallèlement, critique musical pour divers magazines, éditeurs, labels : Nov’Art, Diapason, Encyclopædia Universalis, Cité Musiques, Haut-Parleur, Science et Vie high-tech, Crystal Info…Désormais « spécialiste » du courant répétitif américain (Glass, Reich, Adams…) et de Pärt, Goubaïdoulina, Schnittke, Tavener…, il continue de composer des fresques électroniques dans un style Berlin School de plus en plus dépouillé et abstrait.En 1998, l’évolution des technologies numériques, doublée d’une prise de conscience personnelle, l’incite à s’engager dans une démarche acousmatique plus approfondie. L’étude des travaux de Schaeffer, Bayle, Reibel… lui permet enfin de travailler indépendamment des moyens techniques d’un studio externe. Aujourd’hui sa musique est toujours influencée par les berlinois mais aussi par Parmegiani, Bayle, Dhomont, JC Eloy pour ne citer que quelques compositeurs. En 2006, Patrick Wiklacz est l’un des colauréats du concours organisé par Radio France Multimédia, France-Musique et le label Nocturne, « Hommage à Jules Verne », qui a fait l’objet d’un livre-disque.Sa musique est régulièrement programmée dans les émissions Électrain de nuit (France Musique), Songs of Praise (Aligre FM), Epsilonia (Radio Libertaire), Phonogène (Radio HDR). De nombreux DJ l’intègrent à leurs mix. Il travaille essentiellement pour des installations sonores (Mystic garden en 2013). L’article Consolation, pour Fukushima, Patrick Wiklacz est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Villes Fantômes, François Dumeaux
En 2011, lors du tsunami et de la catastrophe nucléaire qui en a découlé, j’ai composé イカルス (Ikarusu), en réaction au trop plein d’émotion et parce que je ne savais pas bien que faire d’autre.Aujourd’hui, la catastrophe nucléaire n’est pas terminée : la radioactivité est là pour longtemps et de l’eau contaminée continue de s’échapper de la centrale.Comme lors de la catastrophe de Tchernobyl, des villes, des maisons ont été abandonnées.J’ai pensé cette nouvelle pièce comme un écho ou une séquelle de celle de 2011.Nous ne sommes plus dans l’irruption du tragique : rien de spectaculaire ici, mais de la durée, de l’omniprésence diffuse, du parasitage.Les formes et les matériaux ont volontairement été réduits au plus simple – les seules sources sonores ont été un EMS Synthi AKS et les longues ondes radiophoniques.Minamisoma 2012 – photo Dominique Balaÿ « Aujourd’hui, fin 2014, la catastrophe nucléaire n’est pas terminée : la radioactivité est là pour longtemps et de l’eau contaminée continue de s’échapper de la centrale.Comme lors de la catastrophe de Tchernobyl, des villes, des maisons ont été abandonnées. « François Dumeaux (Rodez, 1978), compositeur et improvisateur, a obtenu en 2006 un D.E.M. et le prix SACEM, dans la classe de composition électroacoustique de Christian Eloy et Christophe Havel, au C.N.R. de Bordeaux.Finaliste du concours de composition acousmatique Métamorphoses 2008, il a été à cette occasion édité sur la compilation éponyme.Pour le 80ème anniversaire de Bernard Parmegiani, il a composé SRA à la demande de Annette Vande Gorne, pour Une guirlande pour Bernard Parmegiani, aux côtés de 23 autres compositeurs.Sa musique a été jouée aux États-Unis, au Canada, au Japon, en Belgique, en Espagne et en France.Il enseigne la composition électroacoustique au C.R.R. de Bordeaux depuis septembre 2011. L’article Villes Fantômes, François Dumeaux est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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We are still listening, Soundproof, ABC (Australian Broadcasting Corporation)
Le dimanche 16 nov 2014, diffusion d’un programme de 50’en prime time sur ABC, la radio nationale australienne. Merci à Julie Shapiro et à Miyuki Jokiranta de l’émission Soundproof pour leur engagement et cette belle occasion de diffuser le projet Fukushima Open Sounds aux antipodes. Avec les sons de Roxanne Turcotte, Tomoko Momiyama, Carl Stone, Bérangère Maximin & Colin Johnco, et Cristian Vogel. Almost 4 years after the Fukushima Daiichi nuclear plant disaster in Japan, a sound project sends a signal to the people of Fukushima – that we are still listening… Meanwhile in Fukushima – Sunday 16 November 2014 Initial playlist for ABC/Soundproof (Australian radio network) Initial playlist and presentation for ABC/Soundproof. Many thanks to Julie Shapiro and Miyuki Jokiranta for this great radio opportunity. And special thanks to Aurélie Lierman for her precise and kind attention to the english text below ! The podcast is here : http://www.abc.net.au/radionational/programs/soundproof/meanwhile-in-fukushima/5839298 « Meanwhile In Fukushima » is an audio collaborative project led by Dominique Balaÿ. It aims above all to throw a life line between here and there. Since 2011, more than 50 contributions have added sense to this project that met the interest of radio channels (such as France Musique, France Culture, RTS, RTBF, Radia network…) and different artistic programs, mainly in France and Japan, but also in more than 20 other countries … and today Australia ! WHO AM I? I live in the South of France (in Provence precisely) and I am the founder and artistic director of WebSYNradio. I am also involved in various editorial and artistic projects in which I each time search for open and collaborative forms. In all those different projects, I am preoccupied by an investigation of ‘media’ in itself: what to focus on? what listening experience should be created, evoking what kind of dialogue? how to engage the outside world ? I do like to use the medium radio in particular, and sonic phenomena in general. Radio is for me a refined and autonomous tool: perfect for international investigation and in the best case also a translation of the in-timely. I hope that I always maintain enough liberty and openness in this approach. THE FUKUSHIMA DAIICHI NUCLEAR DISASTER At the moment of Fukushima 3/11 I already was in touch with some Japanese artists, as I had had the opportunity to produce programs for WebSynradio. But, though it was my childhood dream, I had never had the chance to go to Japan myself. One of my ancestors had been a counselor of the Shogun. He built the arsenal of Yokohama, and his epos at the dawn of modern Japan has nourished our humble « family legend ». There’s even a small museum dedicated to him over there. On top of this quasi atavism, I have gotten a political sensibility about certain rather ecological subjects. So back in 2011 I was instantly worried about what was happening over there, first the tsunami, then the explosions in the nuclear power plant of Fukushima Daiichi. I have lived those events in realtime like every one else in that time. I felt like we were getting close to something terrifying beyond human scale. Including the media’s approach about the catastrophe and everything else that happened in terms of political errors and bad decision making in the management of the crisis. It was pretty overwhelming for days in a row. But luckily I found a way to not be emotionally crushed by what was happening. Right in that moment I was actually finishing a broadcast for webSYNradio with John Zorn who told me he was going to organize a benefit in his club in New York. John Zorn invited me to record the event and to broadcast it on webSynradio. Me going to New York to that unforgettable benefit event back in summer 2011 was the actual starting point of the project « Meanwhile, in Fukushima ». THE PROJECT After broadcasting the benefit event at The Stone I felt more and more involved and I wanted to continue to be available. « To help » is a maybe too big word, but at least to not remain passive, as was the case with Tchernobyl where I was too young to fully understand what was happening. Even if I am not a militant, I just really wanted to do ‘something’. And that’s how the idea of going to Fukushima City took shape. I wrote an intention declaration in which I explained my project: collecting recordings from Fukushima City and to invite artists to work on those recordings. That invitation was going around in France and that’s how I got the support from INA/GRM, that historical institution where electro acoustic music has been invented and developed throughout the twentieth century. It’s studio’s are in the headquarters of the national radio broadcasting corporation in Paris. INA/GRM and it’s co-director Christian Zanesi offered me the possibility to organize residencies for 4 artists. The project had been launched! In the wake of all these activities I took off for Japan and resided one month in Tokyo and Fukushima City. I collected nearly 30 hours of field recordings and lots of interviews. I met so many people, and some of them became good friends. Those friendships have inspired me up till today. They give me the faith and confidence to continue « Meanwhile, in Fukushima » even if in terms of finance it is a precarious project. A SELECTION FOR ABC/SOUNDPROOF Tomoko Momiyama (JP), Carl Stone (US), Bérangère Maximin (FR) and Joachim Montessuis (FR) are the four artists who have been part of the artist residencies at INA / GRM. Their participation offered me a variety of approaches: as I felt on the spot, there is not a single way to react and respond to the Fukushima nuclear disaster Daiichi, but a multiplicity. I am pleased that the listeners of Soundproof and more generally the Australian public can discover the sonic contribution they have created especially for the project. I have selected three other contributions to expand the panorama: by Aurélie Lierman (BE/RW), Roxanne Turcotte (CA) and Cristian Vogel (UK), all three are very different. These last three pieces of the selection are spontaneous contributions, and I want to take this opportunity to say that the call for contributions to the project is still open! 1/ TOMOKO MOMIYAMA I Saw Time, under a Cherry Tree (electro acoustic, 17’30) This piece was created by Tomoko Momiyama partly at INA / GRM during her artist residency, summer 2012. Carl Stone introduced me to Tomoko Momiyama, a young composer, riding on a set of artistic practices and cultures (she lives in Japan and studied musicology at Stanford University USA) ). We met several times in Tokyo. She gave me some valuable contacts (especially Koji Nagahata, a professor from the University of Fukushima, whom we still regularly work with). Tomoko and me had even planned a trip to Fukushima together, which in the end didn’t take place (unfortunately). So we each visited Fukushima separately. She took the opportunity to make her own field recordings which she used in her work. With great sensitivity and great modesty, her contribution translates corruption and profound change in the relationship with Nature caused by the nuclear disaster. Here you have Tomoko in her own words about her approach and her contribution to the project: « I went to ask the trees in Paris what they thought about the situation in Fukushima. It was in the summer of 2012, over a year after the Great East Japan Earthquake and Tsunami. “I Saw Time, under a Cherry Tree” uses voices of these Parisian trees, as well as sound recordings from Fukushima, Tokyo, Aix-en-Provence, Geneva, and Paris. In Fukushima, I visited Bakkamiki in Minami-Soma, which is believed to be the birthplace of an old and mysterious children’s song called “Kanchororin.” Deep in a foggy mountain by a steep river, the forest of Bakkamiki is now too highly radiated for people to enter. Even in the rest of Minami-soma, and in many other parts of Fukushima, children cannot play outdoors for too long now due to high radiation. “I Saw Time, under a Cherry Tree” quotes this folksong, as well as a poem of the same title I wrote in Japanese. » http://fukushima-open-sounds.net/geomedia/i-saw-time-under-a-cherry-tree-une-piece-detomoko-momiyama/ 2/ CARL STONE Threnody, for the victims of Fukushima (electro acoustic, 10’23) This piece was created by Carl Stone at INA / GRM during his artist residency, in September 2012. The first artist that I invited to INA / GRM was Carl Stone, American composer, pioneer of electro acoustic since the 70s, and Japan lover who also lives there six months a year. Prior to our Fukushima collaboration, we had worked together on two programs for webSYNradio. In 2012, Carl got convinced he had to take a position towards this catastrophe that generated a lot of trouble in Japan. A catastrophe that was arousing an amazingly strong reaction from a community that is usually reluctant to protest. It is those protests and the profound changes in Japanese society as a consequence that got Carl interested to take action too. His piece is dedicated to the victims of the disaster, and clearly depicts the events that took place in Tokyo as a response to the inertia and also the manipulation of the population by the Japanese politics and mass media. However, in several interviews conducted together (and available on the project website), Carl Stone recalls that this nuclear disaster has extraordinarily complex impacts, and it would be a mistake to judge too hastily the peoples’ reactions. His composition reflects this complexity, while always keeping the victims of the disaster in mind, even though the government’s official position is that this nuclear disaster has made no victims at all. http://fukushima-open-sounds.net/threnody-for-the-victims-of-fukushima-carl-stone/ 3/ BÉRANGÈRE MAXIMIN & COLIN JOHNCO Le fléau (electro acoustic, 9’44) This piece was created by Berengere Maximin & Colin Johnco at INA / GRM during artist residency, summer 2012. Bérangère Maximin is an electroacoustic music composer and performer, based in Paris. « She creates landscapes that pull you in and hold your attention with a keen sense of detail and a subtle sense of surprise. One of the most personal and passionate new voices in electroacoustic music » – John Zorn I got Bérangère Maximin involved thanks to John Zorn (again !): Being French I already knew her work and we even once worked together for a program at webSynradio. A few years earlier, she had released her first album at Tzadik, John Zorn’s label, we talked together about this album and her work and that’s how we connected! For me, it was appropriate to invite an artist who had not expressed an opinion on this subject (Fukushima), and in her work rather reflects a form of musicality very cheerful, non-discursive, almost dancing. Bérangère (who brought Colin Johnco in the project) did not give me the recipe of her composition, but this is a composition that probably only works on a musical and abstract level. She didn’t make any use of my field recordings that were available on the Fukushima website. Johnco and Maximin borrowed the words of Edward Bond functioning as a perfect counterpart of their own commitment and, conversely, as a reflection of public opinion, especially in France, who chooses to know nothing and ignore : « Act as if nothing Happened. The end of the world, nothing is more abstract. We are here, smug, fat, tired. Choose to ignore, IGNORE. » http://fukushima-open-sounds.net/le-fleau-berangere-maximin-colin-johnco-sept-2012/ 4/ JOACHIM Montessuis The glowing tree (electro acoustic, 19 ‘) This piece was created by Joachim Montessuis at INA / GRM during his artist residency, summer 2012. Since 1993 Joachim Montessuis has been developing a transversal sonic poetry praxis focused on experimental voice processing and immersive concert installations. With Joachim, my idea was to solicit input from a poet. I love his work for a very long time, he is very active (even as an activist !) with sound poetry(just like electro acoustic music, another French tradition). His experimentations with noise music are very interesting. Through these experimentations, he questions the concept of the inaudible/ audible. Which for me strongly echoes this particular aspect of the nuclear disaster: its invisibility and our difficulty to perceive the reality of a still ongoing disaster. For his contribution, Joachim borrowed a large amount of material from the open sound library from the Fukushima website, and processed them till the different samples become indistinguishable. The result is very expressive and poetic, I expected no less from him! « We Need music, poetry and art that could show us a possible point of view as well as a way of approaching reality. » Otomo Yosihide, Ryoichi Wago and Michiro Endo (Fukushima manifesto!) http://fukushima-open-sounds.net/carte/joachim-montessuis/ 5/ AURELIE LIERMAN The Girl, the Turtle and the Earthquake (electro acoustic, 14’07) composition: Aurélie Lierman viola: Maya Felixbrodt voice: Toshie Takeuchi original story: Lay Sion/ Reiko Ng Aurélie Lierman (BE/RW) is an award winning composer, radio artist and vocal artist. She had two album releases in collaboration with the British cult-group Nurse With Wound ( [SIC] 2013, “Santoor Lena Bicycle” 2014). Field recordings and human speech are the backbone of her work. I discovered Aurélie Lierman’s work half a year ago at Monophonic 2014, a radio art festival and competition in Brussels (Belgium). I was part of the jury there and I was literally blown away by « Anosmia », her radio piece about the Rwandan genocide: very hybrid and very open towards many horizons, with an incomparable strength and power. « Anosmia » actually won at Monophonic the first prize in unanimity. Aurélie has discovered my project about Fukushima during that Monophonic festival and wanted to contribute with an idea that would be true to her main artistic focus by exploring the sonic qualities of Japanese voices. « The Girl, the Turtle and the Earthquake » (October 2014) is Aurélie’s first work in her new series of many more compositions and installations for « Meanwhile, in Fukushima ». She created an abstracted interpretation of the story of Lay Sion (a 3/11 survivor from Fukushima). The result is fascinating: the speaking voice is embedded in an electronic maze. You even get the impression that the electronic maze is becoming the voice’s soil, and that from that sonic material it starts to sprout like an “ecology of the voice » with an awareness for radio activity, without being destroyed or allowing to be destroyed. There’s voice, even there, even now … The version proposed here is the electronic tape version. In a live concert situation there’s also a violist playing along and reacting to the electronic soundtrack. Aurelie has conceived the composition as a piece of land art. So ideally the performance is not on the radio, not in a concert hall, … but in full nature at night next to a big water mass so that the composition can intertwine with the sound of natural elements such as wind, water and other accidental environmental events. http://fukushima-open-sounds.net/carte/aurelie-lierman/ 6/ ROXANNE TURCOTTE Zone d’exclusion (electro acoustic piece, 3’57) Roxanne Turcotte, is a canadian artist and brilliant composer. According to her, the Fukushima disaster is an event to think together and that should not be left to the sole discretion of experts. She has created a beautiful composition based on compositional structures of Japanese traditional music. Here is how she describes her composition: » The Shakuhachi », representing Japan, is used through out the piece. There’s a melodic line played by multi instrumentalist Michel Dubeau. The low pitches give a dramatic structure. I integrated a system where a sample has been looped to get a continuous rhythmic structure. Each little sound is live manipulated, automated and then played back to the audience – All of them symbolizing evolution on earth, as a representation of its fragility. The sound of Shakuhachi is derived from a multi-track creating a polyphony via several samples. This symbolizes the human multiplication. Some sounds illustrate the tsunami, the environmental and the human tragedy: water, layered tones representing explosive effects, then the disintegration of the Shakuhachi by disparate sound sections. This represents the memory of a time before human error: its own destruction, the nuclear. » http://fukushima-open-sounds.net/roxanne-turcotte/ 7/ CRISTIAN VOGEL Candle song (electronic piece, 9’39) Cristian Vogel is a world renown music producer – especially for his electro music from the 90’s, check out his remixes of Radiohead, Maximö Park, Thom Yorke or B.O of Black Swan … Nowadays he’s into creating electro acoustic and experimental compositions. He wanted to participate in the project to show his empathy towards the Japanese people. The starting point of his composition is very original: it was generated by oscillator banks tracking the infra-red heat radiation emitted by the flame of two candles and tracked using Nintendo WiiMote IR camera. We thank him deeply for his enlightening contribution! http://fukushima-open-sounds.net/carte/cristian-vogel/ L’article We are still listening, Soundproof, ABC (Australian Broadcasting Corporation) est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Radia : "Meanwhile in Fukushima", Dominique Balaÿ + Suzy Vincens
Semaine du 20 au 26 oct : diffusion d’une émission 27′ préparée par Suzy Vincens (Radio Panik) dans les 25 radios/15 pays/10 langues du réseau radia. Radia est un réseau de radios indépendantes partageant un intérêt dans la production et la promotion artistique radiophonique, et dans la création de liens et de projets pour la diffusion et l’échange culturel. Radio Panik est membre de ce réseau et diffuse chaque semaine une performance radio produite par une des stations membres. Ces programmes reflètent les communautés artistiques locales des radios tout en pointant vers l’émergence d’une notion collective de l’art auto-déterminé pour la radio. Campus Paris (Paris, FR) CFRC 101.9 FM (Kingston, CA) CKUT (Montréal, CA) JET FM (Nantes, FR) Kanal 103 (Skopje, MK) Orange 94.0 (Vienna, AT) Radio Campus (Brussels, BE) Radio Corax (Halle, DE) Radio Grenouille (Marseille, FR) Radio Helsinki (Graz, AT) Radio Nova (Oslo, NO) Radio One 91 FM (Dunedin, NZ) Radio Panik (Brussels, BE) Radio Papesse (Firenze, IT) Radio Student (Ljubljana, SI) radio x (Frankfurt/Main, DE) Rádio Zero (Lisboa, PT) RadioWORM (Rotterdam, NL) Reboot.fm (Berlin, DE) Resonance104.4fm (London, UK) Soundart Radio (Dartington, UK) TEA FM (Zaragoza, ES) Wave Farm WGXC 90.7-FM (New York, USA) XL Air (Brussels, BE) Un grand merci à Suzy Vincens qui s’est plongée dans la matière du projet pour préparer l’émission diffusée à partir de lundi 20 oct 2014 sur le réseau Radia … Cela durera une semaine et voyagera dans une quinzaine de pays différents aux bons soins de Suzy et de Radio Panik. http://www.radia.fm This week on radia, show #499 is “Meanwhile in Fukushima” by Dominique Balaÿ + Suzy Vincens, comissioned for the network by Radio Panik 105.4 FM http://www.radia.fm/?p=3313 featuring tracks by: Koji Nagahata, field-recording, fukushimas station Philippe Petit, Daiichi Melts Down Cristian Vogel, CandleSong MERZBOW Richard PINHAS, FUKUATOMKILLUS Yasuaki Shimizu, Sense-and-Nonsense Koji Nagahata, field recording, hanamiyama top L’article Radia : "Meanwhile in Fukushima", Dominique Balaÿ + Suzy Vincens est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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The Girl, the Turtle and the Earthquake, Aurélie Lierman
Création de « The Girl, the Turtle, and the Earthquake » de Aurélie Lierman au festival Eco Landen à Amsterdam (NL).Dimanche 12/10 (18h30) L’Eco festival Landen est probablement le plus petit festival d’art en plein air des pays-bas, dans une forêt, sur les rives d’un lac magnifique avec une vue sur les toits d’Amsterdam. Vous pourrez profiter d’une grande variété d’œuvres, de la musique et même un sauna jusqu’à tard dans la nuit;-) « The Girl, the Turtle, and the Earthquake » est la nouvelle radio-composition de Aurélie Lierman qui s’intéresse cette fois aux militants anti radio-activité. Il s’agit de la première pièce d’une nouvelle série centrée sur la catastrophe nucléaire de Fukushima à l’invitation de Dominique Balaÿ pour le projet « dans le même temps, à Fukushima ». — Histoire originale : Reiko Ng (aka Lay Sion).Composition: Aurélie LiermanAlto : Maya Felixbrodt.Voix : Toshie Takeuchi – Otomo Yoshihide. — Festival Landen (Pays Bas, Oct 2014), 1ère de la composition d’Aurélie Lierman (photo Hans Kuiper)Aurélie a conçu sa composition comme une œuvre de Land art . Donc, idéalement, la performance n’est pas d’être diffusée à la radio ou dans une salle de concert , … mais en pleine nature, la nuit, à proximité d’une grande étendue d’eau, de sorte que la composition peut se mêler au son des éléments naturels comme le vent, l’eau et d’autres événements accidentels issus de de l’environnement. The turtle (photo Reiko NG)Le résultat est fascinant : la voix qui dit l’histoire est enchâssée dans un système électronique, et on a l’impression que c’est son terreau, et que la voix pousse, germe dans cette matérialité sonore : une “écologie” de la voix qui tient compte de la nouvelle donne radio active sans se laisser détruire ni réduire. Il y a de la voix, même là, même maintenant … Aurélie Lierman (BE / RW ) est une compositrice distinguée par plusieurs prix internationaux, artiste radio et vocaliste.Elle a sorti deux albums en collaboration avec le groupe britannique culte With Wound ( [ SIC ] 2013, » Santoor Lena vélos » 2014) . Les deux axes principaux de son travail sont les enregistrements sur le terrain et la parole humaine. « J’ai découvert le travail de Aurélie Lierman à l’occasion du festival Monophonic à Bruxelles en mai dernier. Je faisais parti du jury et j’ai été littéralement soulevé par « Anosmia » une pièce sur le génocide Rwandais, complètement hybride, ouverte à tous les vents et d’une puissance incomparable. Cette pièce a d’ailleurs obtenu le grand prix à l’unanimité.Aurélie a découvert le projet sur Fukushima lors de ce festival et a souhaité y contribuer d’une façon ambitieuse et fidèle à sa démarche qui est de se transporter au plus près de son sujet : ici, les voix japonaises. »Dominique Balaÿ Pour sa composition, Aurélie s’est servie d’une histoire rédigée par Reiko, l’une des contributrices du projet, et elle a demandé à une japonaise de lire cette histoire.La version présentée est la version électronique, sur laquelle elle greffe éventuellement une instrumentation lorsqu’elle joue la pièce en live. http://www.aurelielierman.be/L’article The Girl, the Turtle and the Earthquake, Aurélie Lierman est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Avec Chris Marker, Gaël Segalen, cinéma pour l’oreille
Création de cinéma pour l’oreille pour diffusion live sur 6 points, dans le cadre de la table –ronde de la BPI, 30 novembre 2013, Centre Pompidou, rétrospective « Planète Marker ».La version proposée ici a été remixée en réduction stéréo –Libre interprétation du monde sonore de Chris Marker, à partir principalement de ses œuvres japonaises : « Sans Soleil », « Level Five », « Mystère Koumiko », de mes sons ainsi que d’autres citations.« Idéalement japonais » : inventer le japon c’est le connaître, disait Marker.J’ai voulu affirmer ici un état de coexistence et que cette diffusion dans la salle de cinéma (spatialisation sur 6 points en rotation), et aujourd’hui dans ce mix stéréo pour la version internet, tienne les auditeurs entre veille et sommeil.« Ainsi, chez Marker, le Japon est ce « dépays » qui en nous dépaysant, nous réveille dans le sommeil par des images cinématographiques pour les apercevoir comme telles, où le temps et l’espace se croisent » citation de l’article de Emi Koide, « Le Japon selon Chris Marker »,Revue Appareil – n° 6 – 2010http://appareil.revues.org/1107« Le Mystère Koumiko », issu de « Commentaires 2 » par Chris Marker – 1967 – aux Edition du Seuil Quelle expérience transmettre ? Comment allons-nous continuer de muter, quelle méthode d’émancipation personnelle ? Le son est fort suffisamment pour s’immiscer dans nos vies et nous transformer, nous réveiller – nous réanimer. Selon la parole de Koumiko :« Toujours, tous les jours, tous les soirs, tous les matins, toujours, quelques choses ont lieu, n’importe quelles choses. Elles arriveront une par une, sur la ligne de l’histoire humaine. Mais pour moi, ce sont des incidents de chaque matin, qui sont jetés par la porte. […]. Juste à la même époque, l’humain était sur le point de souffrir ; ils sont allés à la guerre, […] ils ont crié… et les chairs humaines sont déchirées. […] Mais bientôt ils arriveront, les résultats des événements. C’est comme la vague de la mer, une fois qu’il arrive un tremblement de terre, même si c’est un accident lointain, la vague avance peu à peu et cela finit par arriver jusqu’à moi. » (Chris Marker, 1967) — Des sciences humaines à la radio, au son pour le cinéma, au field recording, à l’art/l’interaction sonore, à la composition musicale, Gaël Segalen synthétise expériences éclectiques et voyages. Elle enregistre des sons et des scènes de vie qui tendent vers le désir d’une fiction vitale. Plus qu’un témoignage, le micro offre un espace d’improvisation pour se mettre en scène et se projeter dans un monde délocalisé. Avec le micro, Gaël Segalen canalise la rencontre avec l’autre dans des temps privilégiés, improvisés, suspendus comme des moments d’éternité. Elle croit que tous les sons qu’elle a collectés dans le monde peuvent coexister dans de nouveaux arrangements, cherchant à transposer la complexité de la vie en un esprit ouvert et sonore. Ses compositions électroniques de forme libre évoluent entre la voix, le dialogue et l’expérimentation polyrythmique et hypnotique. From social sciences to radio to film sound mixing to field recording to travel the world to voices to audio art / interaction to making music, french sound artist Gaël Segalen aka IhearU is born for the sounds of life and that exact moment of eternity when she records the other one. The mike offers an improvisation space and is a pretext to create people’s encounter. She believes all sounds can coexist in total new arrangements, and transposes the complexity of the world into one electroacoustic and polyrhythmic soundscape by the reconciliation of all the noises she has collected worldwide and manipulated in the studio, in one inclusive spirit, here and now. http://ihearu.org/ L’article Avec Chris Marker, Gaël Segalen, cinéma pour l’oreille est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Poisson-Globe, Hommage à Fukushima, Stéphan Barron
« L’Art Planétaire prend la Terre comme matériau de réflexion et d’émotion artistique, il utilise les technologies des télécommunications pour rendre perceptible les distances et l’espace géographique.Cet art explore les émotions et l’imaginaire de la distance et s’insère dans une interrogation sur la mondialisation, ses conséquences humaines et environnementales. Une dimension de l’aventure de Stéphan Barron est d’éveiller à une conscience plus vaste de notre planète. »Edgar Morin Si loin, si proche, en nous, sans frontière. Les bruits de la vie, dela ville. Terreur diffuse, invisible, écrasante. Tout, ici, là-bas,continue, fragile et diaphane.Hommage à Fukushima, Stéphan Barron, 2014 So far, so close, into us, without borders. Life, city noises. Invisible, diffuse, overwhelming terror.Everything here, there, going on, fragile and diaphanous.Tribute to Fukushima, Stéphan Barron, 2014 Art planétaire et technoromantisme :http://www.technoromanticism.comArts sonores :http://www.technoromanticism.com/fr/son.html L’article Poisson-Globe, Hommage à Fukushima, Stéphan Barron est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Protest, Christophe Polese aka POL,
« J’ai composé cette courte pièce pour le projet « Et pendant ce temps là à Fukushima » comme ma propre manifestation sonore. S’il vous plaît n’oubliez pas que tous les jours depuis trois ans des milliards de litres d’eau radioactive sont déversés dans l’océan. Il existe des preuves solides que dans 20 ans à partir d’aujourd’hui, pas un seul poisson n’aura survécu dans l’océan (pas seulement à cause de Fukushima, les niveaux d’acidité progressent continuellement depuis des décennies).Pouvez-vous imaginer un monde sans poisson? Vous feriez mieux de commencer à essayer dès maintenant, car il n’y a pas de retour possible. « « My contribution to the project « Meanwhile in Fukushima » . Please support !Don’t forget that everyday since 3 years billions of liters of radioactive water are pulled in the ocean. There is strong evidence that in 20 years from now, not a single fish will have survived in the ocean (not only because of Fukushima, the ocean are getting acid from way before the accident). Can you imagine a world without fish ? You better start to try now because there is no way back. » POLPOL © Melina Berrini Producteur de sons électroniques depuis l’aube des années 90, installé entre le martèlement entêtant d’un dancefloor electro et les coulisses sombres de la civilisation post-industrielle, POL infiltre sa musique dans notre monde en usant de diverses stratégies. Aux platines ou en live, on suit sa trace des souterrains techno de Genève aux clubs de la planète (Paris, Barcelone, Berlin, New York, Moscou, Lisbonne, Bogota, Tokyo, Delhi…). Parmis ses oeuvres récentes on notera DRUMMING BY NUMBERS, composition pour un quatuor de percussionistes revisitant Steve Reich ou encore JJRMX, réadaptation des plus célèbres partitions de Jean-Jacques Rousseau. Il est l’auteur d’installations sonores comme le jardin zen interactif TACTILE, l’AUTORADIO ORCHESTRA, LE POTAGER SONORE mais aussi de 256 sonneries pour un collège. Sa dernière pièce s’intitule AXIS MUNDI, une installation son/vidéo inspirée par d’antiques observatoires astronomiques indiens. Pour la danse contemporaine, il a travaillé avec de jeunes chorégraphes comme Marthe Krummenacher ou Ioannis Mandafounis et conçu la pièce PLAY inspirée par les jeux vidéos. Au cinéma, ses créations se sont insinuées dans le film de zombies arty du cultissime Bruce LaBruce, mais aussi dans le très frenchy Quand j’étais chanteur, avec Gérard Depardieu. Sur disque, ses productions logent chez Helvet Underground, le label digital dont il est le patron, chez Poor Records, petite maison suisse en plein essor dans les circuits mondiaux, ou encore sur Urgence Disk. En 1991, POL contribuait largement à poser les fondations de l’électronique genevoise au sein de MXP (avec Plastique de Rêve). En 2002, il se projetait dans le firmament en coécrivant la musique de Water Lilly – une electro-techno teintée de glamour pop et d’ambiances cosmiques. Aujourd’hui, POL poursuit sa conquête de l’espace en manoeuvrant son vaisseau en solo ou à l’aide de co-pilotes comme dans les projets ROBOR (improvisations électroniques) avec Ghostape, AEROFLOT (expérimentale-electro-pop dans la veine d’Atoms For Peace et Tom Yorke) avec Goodbye Ivan ou encore SUNISIT (IDM) avec Cesare Pizzi, fondateur et clavier des mythiques Young Gods. http://www.otaku.ch/ ©[email protected] L’article Protest, Christophe Polese aka POL, est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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00SHIMA, mix de Christophe Goutes aka matgorski
Mix réalisé par Christophe Goutes à partir des sons du projet Meanwhile in Fukushima.« Je suis touché ». Christophe Goutes aka Matgorski, collagiste, DJ, illustrateur sonore, pense la musique comme on crée une architecture. S’inspirant d’un lieu, d’un contexte donné, il puise ses matériaux sonores aussi bien dans la musique électro, jazz, hip-hop qu’expérimentale pour nous proposer des mix qui nous amènent, à chaque histoire, dans des univers sonores toujours différents. Il crée le collectif inkorporation (musique, graphisme et installation vidéo) avec Milosh Luczynski (VJ Milosh), Jude Grenaway (Scanone / Yellow Machine) et Cédric Marszewski (Pilooski / Discodeine) à Toulouse en 1995. Il développe en parallèle le label Indestructible Records (réédition de 45t de jazz funk et premier EP de Pilooski) et collabore avec Sam Rouanet (Trenton Record, Berlin). Entre 1999 et 2004, il est DJ résident au Nouveau Casino et au Pulp, Paris où il organise avec Jérôme Schmidt (Editions inculte) les soirées C.O.M.P.O.S.I.T.E. qui conjuguent lives vidéo, mixes, performances d’artistes et d’écrivains.Membre du collectif Exyzt (art & architecture) depuis 2004, Christophe Goutes collabore régulièrement avec le label 1024architecture pour les créations sonores de leurs installations (3D Bridge Nuit Blanche 2009 Paris, Abies electronicus Bruxelles 2012, boomBox Tapei 2013…). L’article 00SHIMA, mix de Christophe Goutes aka matgorski est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Rencontre avec Alain de Halleux, Bruxelles
Une rencontre chaleureuse avec le cinéaste Alain de Halleux chez lui dans le quartier de Schaerbeeck à Bruxelles. Où il nous parle de ses réalisations passées et ses projets immédiats. Des films, mais aussi de la radio et des actions citoyennes qui l’occupent à 100% … sans parler des problèmes de connectique sur son Zoom ! Enregistrement de Alain de Halleux, Bruxelles, mars 2014 — L’engagement du cinéaste Alain de Halleux dans la dénonciation des dangers et des méfaits du nucléaire est toujours nuancé, la catastrophe de Fukushima est ainsi perçu comme symptôme d’une époque, qui nécessite un vrai et ample travail d’interprétation. Toujours surprenant dans ses approches et entier dans son propos, il ose même l’humour, avec sa série “Antoine Citoyen” qui met en scène une sorte de Boudu sauvé du nucléaire, personnage truculent à l’humour typiquement belge. Série à découvrir sur le net, de même que ses derniers films qui rencontrent un beau succès d’estime et d’audience. Qu’il soit remercié pour son travail inlassable et généreux ! La filmographie de Alain de Halleux est depuis 2006 essentiellement centré sur la thématique du nucléaire, même s’il se veut avant tout cinéaste avant d’être militant : –R.A.S (2008 ARTE) s’intéresse aux ouvriers des centrales nucléaires et montre le lien qui existe entre notre sûreté et le bien être social de ces invisibles. –CHERNOBYL 4EVER (2011 ARTE) se penche sur Tchernobyl 25 ans après la catastrophe. Pour les jeunes c’est déjà un jeu virtuel, nommé STALKER… –LES RECITS DE FUKUSHIMA (2012 ARTE) propose 8 épisodes de 8′ pour le premier anniversaire de l’accident de Fukushima –MESSAGE IN A BOTTLE, le blog de Fukushima 2011 –WELCOME TO FUKUSHIMA (2103 RTBF) Un an à Fukushima, à l’écoute des gens de Minamisoma Alain de Halleux propose également des conférences avec ou sans projection de film sur le nucléaire. L’article Rencontre avec Alain de Halleux, Bruxelles est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Fukushima days, Christine Webster
Cette contribution de Christine Webster est un work in progress qui a débuté dans la semaine qui a suivi la catastrophe de Fukushima Daichi. Une première version audio a participé en Suède au Horlusfestival 2012 puis un film* réalisé avec l’artiste graphique Kantoh a participé au Horlusfestival 2013. « Au bout de Fukushima il y a comme suspendu, la grande question de la vie et du vivant. Qu’en faisons nous ? Qu’ avons nous envie d’en faire ? C’est le nous qui m’a donné envie de raccorder mon travail à une manifestation collective. »Extrait de la réponse de Christine Webster à l’enquête de la revue l’Autre Musique. — « J’ai tissé la pièce autour de deux éléments de réel : une annonce radio en Français de la station NHK et la musique originale de la station de train de Fukushima Daichi. Autour j’ai imaginé tout le reste en fonction des images des actualités et des documents en ligne fournis par Tepco, des veilleurs internationaux, des spécialistes du nucléaire, etc. Ces documents nous ont donné ensuite avec Kantoh, l’idée du film qui va avec cette pièce. Mais la pièce fonctionne parfaitement sans les images, même si l’entrelacement des deux media donnent encore une autre perspective au témoignage. C’est ce qui nous a plu d’explorer. »Christine Webster, réponse à l’enquête de la revue l’Autre Musique. Illustration Kantoh DR Illustration Kantoh DRFranco-germanique, installée à Paris depuis les années 70, Christine Webster est une compositrice de musique électroacoustique et expérimentale. Elle travaille également comme sound designer pour le cinéma d’animation et la télévision. Elle explore depuis 2006 les espaces sonores du réseau ainsi que ceux des mondes virtuels et partagés, notamment à travers une série d’installations de Musique Topologique, dont le projet Limbic exposé au Luxembourg et en France en 2011. Depuis Octobre 2013 elle est artiste associé à la recherche au laboratoire EnsadLAB EN-ER, programme dédié à la recherche et au développement de pratiques artistiques dans les espaces partagés en ligne. Ses œuvres sonores ont été largement diffusées sur le réseau streaming et les mondes virtuels (Placard Headphone Festival, Horlusfestival 2012 et 2013) mais également lors de nombreuses résidences dans le cadre de l’émission Tapage Nocturne de Bruno Letort sur France Musique ainsi que des concerts performances (Jean-Marc Montera /Sons de plateau#1), ciné concerts et concerts en circuits indépendants (L’Art au Garage, Galerie Rue de Beauce, Punto di encuentro Montevideo) … Depuis 2011 elle travaille avec l’artiste graphique Kantoh sur des projets de cinéma sonore expérimental, dont la version audio-vidéo de la pièce « Fukushima days ». Elle écrit depuis 10 ans dans KR-Home Studio et MCD Digitalarti. Toutes les infos et liens sur : http://flavors.me/webster75 * Film / experimental / vidéo / couleur France 2012Durée: 26’10Auteurs: Christine Webster (son) + Kantoh (image) Fukushima Days est un projet audio-vidéo expérimental initié après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Kantoh est intervenu sur l’image en s’adaptant au travail sonore précédemment créée en 2011 par Christine Webster. Ce projet se veut un soutien aux victimes innombrables de Fukushima et un avertissement sur la menace nucléaire permanente dans le monde entier, nous devons faire face. L’article Fukushima days, Christine Webster est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Zone d’exclusion, Roxanne Turcotte
Une vague imprévue sur l’histoire. Des vies gaspillées par une terre qui a tremblé jusqu’à ce que coule l’irréparable de la bêtise humaine. Le désastre d’un pays ainsi dévasté par la catastrophe. Nous et nos mers sommes les condamnés du nucléaire. La désolation et le cauchemar sont à nos portes. Nous serons bientôt les exclus de la zone radioactive, notre planète.Quelle proportion prendront éventuellement les territoires maudits ?Courtesy J. Churnside/NOAA’s Office of Oceanic and Atmospheric ResearchDes harmoniques émergent du timbre principal: le Shakuhachi, puis, elles volent au hasard du cauchemar pour n’y laisser que quelques notes récurrentes, mélangées au désastre. Une musique sourde revient pour nous rappeler les souvenirs d’antan. Ce ne sont que des anges que nous entendons. Une ritournelle rythmique et des basses fréquences nous convient à la mort, l’angoisse et le désordre, pour se déconstruire au fil du temps. Tel est le destin des hommes!Utilisation des captures de l’instrument et quelques sonorités autour de tremblements et mer inquiétante. Utilisation de « LoopMash » pour la création des structures rythmiques à partir des captures de shakuhachi à la façon du direct.Roxanne Turcotte, Montréal, septembre 2013Shakuhachi: Michel Dubeau Roxanne Turcotte nous rappelle en préambule de sa pièce electro acoustique Zone d’exclusion la notice Wikipedia consacrée à la catastrophe de Fukushima comme pour nous indiquer qu’il s’agit là d’un événement à penser « en commun », et à ne surtout pas laisser à la seule appréciation des experts.—Fukushima: séisme, tsunami, catastrophe nucléaire…Japon 11 mars 2011 « L’accident nucléaire de Fukushima (福島第一原子力発電所事故, Fukushima Dai-ichi) également désigné comme la catastrophe de Fukushima, a eu lieu le 11 mars 2011 au Japon mais les suites ne sont toujours pas stabilisées en août 2013, plus de 2 ans après l’accident…… Il s’agit d’un accident nucléaire majeur classé au niveau 7 (le plus élevé) de l’échelle internationale des événements nucléaires, ce qui le place au même degré de gravité que la catastrophe de Tchernobyl (1986), compte tenu du volume important des rejets. L’accident nucléaire de Fukushima est ce qu’on appelle au Japon un Genpatsu-shinsai (原発震災), un accident combinant les effets d’un accident nucléaire et d’un tremblement de terre ».http://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_nucléaire_de_Fukushima —Compositrice originaire du Canada et conceptrice sonore d’installations, de spectacles et d’enregistrements, Roxanne Turcotte est détentrice d’une maîtrise en composition électroacoustique de l’Université de Montréal.Récipiendaire de plusieurs prix internationaux de composition, son disque « Désordres » fut finaliste pour le prix Opus en 2012. Plusieurs pièces ont été sélectionnées au concours international de Bourges entre 2003 et 2006. Elle remporte un prix d’art radiophonique en 2005 à paris (La muse en circuit) où elle fera une courte résidence pour la réalisation de « Fantaisie urbaine ». Cette œuvre est produite sur scène à Genève en Suisse au printemps 2005 avec la participation de trois comédiens. En 2010, prix collégial pour la musique contemporaine avec l’œuvre « Bestiaire ».Elle participe à de nombreux projets de création, festivals, événements tels: Montréal en lumières, Flora International, Festival Aujourd’hui Musiques à Perpignan, GMEM de Marseille …Ses œuvres sont diffusées dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique et sont publiées sur le label Empreintes Digitales.www.roxanneturcotte.com L’article Zone d’exclusion, Roxanne Turcotte est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Japon II, Interférences radiophoniques, Sébastien Menvielle
« Il s’agit d’une pièce mixée en direct sur les ondes de Jet FM, avec des sources sonores brutes et d’autres plus esthétiques, en écho, pour montrer l’échec artistique et politique de la situation (…). Une confrontation des évènements japonais qui viennent se percuter à « Fukushima ». Il en résulte un paysage sonore, une sorte de cinéma pour l’oreille de 55 mns. »Sebastien Menvielle « Chaque seconde qui s’écoule est du temps où Fukushima s’écoule dans l’Océan.C’est une catastrophe en continu et irréversible.Toutes les formes doivent s’engager à long terme autour de ce que devient Fukushima. »Extrait de la réponse de Sébastien Menvielle à l’enquête de la revue l’Autre Musique. — Sébastien Menvielle travaille sur les ondes de la radio Jet fm à Nantes depuis quelques années.L’émission « Interférences » (sélectionnée au festival Longueurs d’ondes) est un paysage sonore autour d’un thème de l’actualité. Les différentes sources sonores ( musique, voix, field recording, invités en studio ) sont montées en direct afin de coller au plus près de l’émotion des auditeurs. « Interférences » devient alors un cinéma pour l’oreille. Ce travail sur le Japon et Fukushima a été réalisé aux premières heures de l’attribution des JO à la ville de Tokyo. L’article Japon II, Interférences radiophoniques, Sébastien Menvielle est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Konan (de Fukushima), Extrait d’une musique concrète de Lionel Marchetti
Comme contribution au projet « Meanwhile in Fukushima », Lionel Marchetti propose un extrait de son étude documentaire intitulé « Konan (de Fukushima) », tourné et réalisé quelques années avant la catastrophe dans le village de Konan, à 65 kms de la centrale Fukushima daichi. — À propos de Konan (de Fukushima) par Lionel Marchetti : « — les vrais mots ne sont pas ici […/…] au sol les nuages se répandent en une pluie d’étincelles » Kenji Miyazawa in Printemps et Ashura « À la mi août, au Japon, c’est la fête des morts. Bon odori. Dans le petit village de Konan, dans la région de Fukushima, près de la ville de Koriyama, sur la grande île de Honshû, au nord-est de Tokyô, me voici posté dans les buissons chargés d’insectes à écouter et à observer l’étrange lecture, parfois chantée, de l’histoire mythologique du village par une vieille femme juchée sur une chaise haute et s’aidant d’un microphone. Elle sera accompagnée, de la fin de l’après-midi jusqu’à la nuit profonde, d’une grande percussion/tambour installée à ses côtés et sur laquelle iront frapper, tours à tours, sans jamais casser la chaîne rythmique, les hommes (jeunes et vieux) du village. De plus, tous les habitants dansent en cercle autour de la vieille et des percussionnistes (un peu à la manière des indiens d’Amérique autour d’un feu) et ce, dans le sens des aiguilles d’une montre, répondant vocalement, de temps à autre, à la longue histoire contée, non sans se retenir d’éclats de rires et de franche camaraderie. J’irais ainsi danser avec eux en fin de soirée. Presque tous les enfants, parents et grands-parents sont en kimono. Le ciel se couvre d’étoiles. Nous sommes près du lac de Inawashiro-ko, au pied du volcan Bandaï qui aurait explosé, dit-on, il y a à peine plus d’un siècle, jusqu’à se diviser en deux et donner naissance, depuis ces flancs, à ce même lac. Le village est entouré de rizières et de forêts impénétrables. Non loin d’ici, une haute porte Shinto rouge-sang signe l’espace des Dieux en ces lisières montagneuses. […]Aujourd’hui, après l’effroyable catastrophe liée au tremblement de terre de mars 2011, doublée d’un Tsunami puis de la perte de contrôle de la centrale nucléaire de Fukushima Daïshi (à l’heure où j’écris ces lignes trois réacteurs ne sont toujours pas stabilisés ni éteints) cette composition prend une tournure étrange, dans la mesure où le village de Konan se situe à 65 kilomètres à peine de cette même centrale nucléaire, à 35 kilomètres donc de la zone désormais interdite.» Lionel Marchetti/2012 — Extrait de l’Étude Documentaire 5 —Musique concrète de Lionel Marchettid’une durée totale de 16’17’’Production, composition musicale, conception et réalisation sonore, tournages sonores au Japon et dans les studios du compositeur : Lionel Marchetti – 2007/2009Création publique au CFMI de Lyon en 2009Mastering numérique 2011 : L.M.Copyright : Lionel Marchetti/SACEM Photographie : Lionel Marchetti/Fukushima -2008 » […] Konan (de Fukushima) est une composition basée sur un tournage sonore que je veux présenter comme une prise sur le réel. Cette composition fait partie de ce que j’appelle aujourd’hui les études Documentaire(s). Cependant, l’enregistrement initial a été volontairement remanié, remonté et traité (avec le libre ajout de sons synthétiques et autres insectes divers, par exemple) mais avec une volonté d’invisibilité dans mon écriture, afin de favoriser cette mise en avant de l’effet de réel original qui fait partie intrinsèquement de ce genre de visée musicale, en ce sens proche d’une phonographie, mais en quelque sorte rehaussée. Il s’agit ici, pour moi, de favoriser la force du motif premier. Dans le même élan, il s’agit de créer une illusion en mettant en scène, acoustiquement, tant la position du preneur de son que l’image à l’intérieur de l’image prétendument initiale. Peut-être est-il possible de comparer ce style de composition concrète à une photographie ancienne, retouchée sur le support lui-même avec l’aide d’un pinceau et de quelques couleurs, donnant aux entités de la sorte prises cet ensorcelant statut de figures animées évoluant entre abstrait et concret — entre réalité et fiction ? […] « Lionel Marchetti/2012 Lionel Marchetti est un compositeur français de musique concrète Également improvisateur (électronique, systèmes analogiques et numériques divers avec haut-parleurs modifiés) ainsi que plasticien artiste sonore et poète écrivain. Lionel Marchetti se consacre également à l’improvisation musicale.Il a joué avec de nombreux musiciens de la scène expérimentale et improvisée, tant électronique qu’instrumentale, en France, en Europe, au Japon, en Australie et en Amérique Pour écouter l’intégralité de l’étude Konan (de Fukushima), rendez vous sur le catalogue de Lionelmarchetti.bandcamp.com L’article Konan (de Fukushima), Extrait d’une musique concrète de Lionel Marchetti est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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fuku 1×5, Dépanne Machine
« … Voix porteuses du calme qui règneSons stridents et percussions : violenceMétal frotté : constance, ouverture au néant »Réponse de Dépanne Machine à l’enquête de la revue l’Autre Musique « La catastrophe nucléaire nous montre que l’avenir n’est plus le nucléaire. La panne est potentiel de créativité. La forme de la spirale donne le mouvement : on vit ça, on vit avec ça … terremoto, tsunami, 11 mars 2011, Japon, 15 mars 2011, catastrophe humanitaire, catastrofe, natural, Ishinomaki, magnitude 9, échelle Richter. Que s’est-il passé dans le réacteur nucléaire n°1 de la centrale de Fukushima Daiichi ? »Réponse de Dépanne Machine à l’enquête de l’Autre Musique Dépanne Machine, Nelly Gerouard et Jean-Marc Baude -Photo Philippe Dupiéreux. Dépanne Machine est un groupe d’artistes qui s’est constitué en 1986 en Basse Normandie en France. Les initiales DM font référence à Marcel Duchamp, le choix d’un label anonyme relativise la notion d’auteur au profit du groupe et agit comme une marque calqué sur les Sociétés de Service et de Production. Le terme générique « Dépanne Machine » dans sa globalité se conçoit comme s’appliquant non seulement à la fabrique d’objet mais aussi s’étend à des systèmes plus complexes de machination tendant à transformer une énergie, une information. « DEPANNE-MACHINE, entre label et artiste à deux têtes composé de Nelly Gerouard et Jean-Marc Baude, n’oeuvre, non pas au sein de notre contemporanéité dans le domaine d’une syntaxe établie, rassurante, séductrice, trompeuse, mais dans celui d’un questionnement sur les effets de la réalité que produit notre univers techniciste. »Eric Rigollaud dans « Eighty n°33, Créateurs à suivre 1990 Dépanne Machine –http://www.depanne-machine.com L’article fuku 1×5, Dépanne Machine est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Shima, poème sonore de Heike Fiedler, 2013
« Le début reprend les traductions de « shima: île » et « fuku: bonheur, fortune ».Intervient une piste de voix rendues presque inaudibles par des coupures aléatoires, mais qui disent ceci: « Le plutonium 239 perd la moitié de sa radioactivité seulement après 24110 ans. Nous arrivons au simple constat qu’il faut à peu près 350 générations de vie humaine avant que tout soit rétabli. »Ce passage est un extrait d’une pièce de théâtre que j’ai écrit et monté en 2011. Le texte sera publié fin juillet 2013 dans le journal « Le Persil », Lausanne.Le souffle vers la fin traduit la désolation dans un environnement détruit et la volonté d’échapper à l’étouffement. »Heike Fiedler, réponse à l’enquête de la revue l’Autre Musique « Quand s’est produit l’évènement de Tchernobyl, je vivais en Allemagne. Nous étions dehors, sous la pluie. Il y avait des interrogations, la consternation, l’horreur devant les faits. Des aliments étaient retirés de la vente… Plus tard, les briques de lait portaient des symboles indiquant qu’il n’y avait plus de danger de radioactivité … Quelques années plus tard survint l’accident de Fukushima.En participant au projet « Meanwhile in Fukushima », je désire joindre ma voix à celles qui expriment, de manière sonore, le fait de se sentir concerné par un évènement qui peut se produire à n’importe quel moment et partout où il y a des centrales nucléaires. Même le danger d’une guerre nucléaire n’est pas, comme nous l’avons espéré, évincé.Participer, c’est aussi penser à ceux et celles qui ont été touchés de près et à long terme, voire pour toujours, par l’accident. » Quels sont les choix sonores, de compositions, de dispositifs… qui traduisent votre engagement ?Ou comment votre engagement passe-t-il dans votre musique ? Via montages sonores et/ou performances sonores et visuelles à partir de mes textes. Je ne fais pas de choix à priori entre une forme plutôt minimaliste ou bruyant, ceci varie une fois à l’autre et se situe, disons, entre John Cage et Jimmy Hendrix (pour le dire sonorement). Heike Fiedler, réponse à l’enquête de la revue l’Autre Musique (lire +) #art #électroacoustique #musique concrète #Poïétique #politic #social #concret music #électroacoustique #Enquête Meanwhile in Fukushima #Esthétique #experimental music —Heike Fiedler, 1963, Allemagne, Suisse. Auteure, poétesse, performeure, active dans les domaines texte, son, image. L’écriture de Heike Fiedler se situe entre les langues et s’inscrit dans une recherche/démarche engagée, travaillant avec la juxtaposition/intégration d’images et de son en temps réel lors de ses lectures performances. Depuis 2000, participation aux festivals de poésie et lectures publiques. Nombreuses publications (revues, internet, radio, cds, livre). Collaborations avec des musicien.ne.s de la scène de l’improvisation. http://www.realtimepoem.com L’article Shima, poème sonore de Heike Fiedler, 2013 est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Le trois mars, documentaire radio, Benjamin Efrati
Il s’agit d’un faux documentaire radio.« Les enregistrements ont été faits à Tokyo, dans un appartement et dans un studio à Paris.Les textures sonores proviennent de ce go-salon, qui est l’académie de Go du Kansai à Osaka (Kansai Kiin). Il faut savoir qu’une finale de tournoi de Go de la Nihon Kiin a été annulée, qui devait avoir lieu le 6 aout 1945 a Hiroshima. Il y a eu après-guerre de forts désaccords entre le Kansai et le nord du Japon au sujet de la manière dont il fallait organiser les tournois, etc.. Le tout sur fond d’engagement politique pour la décentralisation.[Pour revenir à la proposition], voici un aperçu des mécanismes (a partir de l’ordre de la pièce en français). 1 IntroJe voulais présenter la démarche, sur le ton de Francois Bon, pour donner envie d’aller dans un univers inspiré d’un film d’Orson Welles, mon frère m’a suggéré d’affirmer dans l’introduction un pacte de véracité partiel. Affirmer qu’une partie est vraie, pour dire à la fin que le reste était faux.2 Isaka et Louisec’est la pièce la plus fausse. Isaka raconte une introspection due au fait qu’il a arrêté de fumer; est-il plus libre? pas sur, il est plus enfantin sans cet objet, etc…. Le texte que dit Louise n’a donc strictement rien a voir avec celui d’Isaka si ce n’est le thème de la cigarette.3 Moriyama et JimL’enregistrement de Moriyama durait 15 minutes, et il me racontait ses problèmes sentimentaux, parlait des nouilles qu’il achetait au supermarché. Mais étant quelqu’un de très lié-à-la-nature, il se fait qu’il dit à peu près ce que je fais dire à Jim. Précisément, la phrase d’intro est une traduction. Il ne dit pas que les parapluies se vendent bien, par contre, et ne parle absolument pas de cruauté. De manière générale, la cruauté est l’élément imaginé de la traduction, c’est ce que j’aurais voulu qu’ils disent. Ils parlent bien du 11 mars, de radioactivité, mais pas de cruauté.4 Obo Kata et MathildeUn enregistrement long encore dans lequel j’ai extrait ce que j’aimais bien; Obo est quelqu’un d’un peu railleur et il a pris cette opportunité pour dire des choses pertinemment non-associées, jouant sur ce qu’il savait que je ferai de fausses traductions. Mais j’ai beaucoup aimé son aléatoire, donc je l’ai gardé. En grande partie cette traduction n’est qu’une narration faite à partir de traductions littérales découpées.5 Mino et ElisaMino est la seule qui ait pris le sujet de la radioactivité à coeur, peut-être parce qu’elle a été enregistrée seule, et croyant bien faire, et aussi parce qu’elle est elle-même engagée dans le problème. La traduction est exacte, bien que j’aie coupé comme je l’entendais. Bien que j’aie fait des effort de composition pour la formulation de la comparaison fantômes/radioactivité, la comparaison est présente dans les rushes, sous une forme d’évocation.6 Murata et KarolinaLe livre acheté par Murata est un livre sur un designer hollandais. Le reste est une traduction améliorée, et ici encore il y a beaucoup de latence entre ce qui est dit en japonais (tout fait sens, mais fragmentaire) et ce qui est dit en francais/anglais (narratif, plus composé). Evidemment, elle ne parle pas de Tatsumi Hijikata du tout, bien que son voyage de famille ait eu lieu dans le Tohoku.Le motif du 3 mars revient, comme une coquille que personne ne remarquerait, une date imaginaire pour un faux documentaire.7 OutroRévélation de l’ampleur de la licence employée, concept de significatogenèse, et explosion du cadre (hors cadre: Karolina insulte mon frère en polonais, exaspérée de ce que personne ne puisse prononcer son nom correctement.) Benjamin Efrati est né en 1985 à Genève, étudiant en philosophie à Lyon de 2004 à 2008, et depuis 2008 aux Beaux Arts. Il donne des cours dans différents contextes, workshops de cinéma d’animation, performance filmée, beaucoup de musique(s) et quelques bd. Membre fondateur du Laboratoire Miracle ( www.miracle.nu , en rénovation) , avec Mario Amehou, et Alexandre Efrati. Extrait de sa réponse à l’enquête de la revue l’Autre Musique :Pourquoi avez-vous choisi de participer au projet « Meanwhile, in Fukushima » ? En quoi « fukushima » est-il un événement pour lequel on peut s’engager ?….J’ai découvert le projet alors que je vivais au Japon, et la raison principale de ma participation est la sensation que le problème était incommunicable. Il m’a semblé qu’il était en fait important de dire que l’on ne peut pas dire. L’article Le trois mars, documentaire radio, Benjamin Efrati est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Ecouter, Philippe Jubard
« Écouter » est une commande de l’INA – GRM où Philippe Jubard a composé plusieurs musiques.« J’ai composé la pièce électronique «Écouter» afin que ne soient pas oubliées les victimes des grandes catastrophes, en particulier celle de Kobe en 1995, ville où j’ai vécu. Avec le recul, cette musique est prémonitoire au désastre de Fukushima. Elle débute par un son très aigu, presque imperceptible, mais cependant présent. A chacun d’écouter ce son ou de ne plus y prêter attention. Cela peut être un mal auquel on s’habitue. Mais ce mal conduit toujours à la catastrophe si on ne fait rien. » P.J Philippe Jubard est compositeur et réalisateur. Il a suivi des études musicales traditionnelles, puis de composition avec Ianis Xenakis et André Almuro à l’Université Paris I Sorbonne. Formation aux techniques et à la réalisation de spectacles (cinéma, vidéo et spectacle vivant). Participe pendant plusieurs années aux spectacles du groupe « Son – Image – Corps » d’André Almuro, à de nombreux films et performances. > Philippe Jubard présentera le film « Magnitude 7.3, Kobe 17 janvier 95 » à la MCJP le 15 juin 2013. Dans le cadre de l’enquête »Engagement, Résistance, Usage Social » initiée par la revue l’Autre Musique, sur la participation au projet de Dominique Balaÿ « Meanwhile, in Fukushima », voici les réponses de Philippe Jubard Pourquoi avez-vous choisi de participer au projet « Meanwhile, in Fukushima » ? En quoi« Fukushima» est-il un événement pour lequel on peut s’engager ? Je vivais à Kobe lorsqu’a eu lieu le désastre de Fukushima. Comme nous avons de la famille à Tokyo, nous avons envoyé les objets d’usage quotidien qui ont vite manqué dans le Kanto, des piles électriques et des torches (la ville étant privée d’électricité), ainsi que de l’eau, car les gens avaient appris que l’eau courante risquait d’être contaminée. Nous avons aussi envoyé diverses choses par l’intermédiaire d’associations et donné de l’argent. À Kobe, à ce moment-là, on trouvait couramment des produits alimentaires du Tohoku. En décembre 2012, j’ai dû être amené trois fois aux urgences à la suite d’incidents cardio-vasculaires assez difficiles à expliquer. Certains médecins ont soupçonné une activité anormale des glandes endocrines. J’ai signalé avoir mangé plusieurs fois du maquereau ou du kombu venant des préfectures de Chiba, d’Iwate ou d’Aomori. Je suis toujours en observation.Ce désastre n’est pas seulement une catastrophe naturelle, mais surtout une catastrophe provoquée par l’activité humaine et qui implique les domaines politique, économique, scientifique du Japon et d’autres pays. Pour cette raison, il est impossible de rester indifférent car l’action, politique notamment, doit être menée par chacun.Il ne s’agit donc pas d’un problème local. La question qui me semble centrale est l’usage des technologies nucléaires et l’impact au niveau de la santé. Cela rappelle l’utilisation de la bombe à Hiroshima et dont les conséquences sont encore visibles aujourd’hui. Écouter, c’est presque imperceptible, lorsqu’on le perçoit il est déjà trop tard… Quels sont les choix sonores, de compositions, de dispositifs, etc. qui traduisent votre engagement ? Comment votre engagement passe-t-il dans votre musique ? Ce n’est pas seulement par la forme de la musique que passe l’engagement, mais par la diffusion de la musique lors d’un événement lié à la réflexion concernant une question particulière. Lire sur le site de l’Autre Musique L’article Ecouter, Philippe Jubard est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Atelier du son, France culture, 5 avril 2013
France Culture (atelier du son, 2ème partie, Thomas Baumgartner, 5 avril 2013) Entretien avec Thomas Baumagartner, Paris » Vous entrez dans les ateliers de la nuit … ce soir, droit de suite dans l’atelier du son : il y a quelques mois Dominique Balaÿ était venu parler de sa plateforme sonore où des créateurs et des musiciens de tous horizons venaient partager ce qu’ils avaient dans les oreilles, un grand mix ou une playlist. Ça s’appelle Websynradio. Cette aventure sonore est toujours en cours, et elle s’est doublée d’un projet plus lointain autour de FUKUSHIMA au Japon. Dominique Balaÿ l’avait annoncé dans l’Atelier du son, c’est un programme de radio, un projet collaboratif où les artistes invités font part en sons de la façon dont l’énergie pourrait basculer, du nucléaire à autre chose : ça pourrait être différent, ça pourrait sonner différemment donc. C’est dans la 2eme partie de l’émission que Dominique Balaÿ vient nous raconter où en est ce projet japonais… » La page France culture avec le podcast L’article Atelier du son, France culture, 5 avril 2013 est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Polder "(Japan), Thomas Seron
Cette composition pour guitare est inclue dans la compilation No more Fukushima initiée par Geoffroy Séré. Thomas Seron est musicien (Polder) et journaliste musical. Albums avec Polder : 2007 : EP « This tree won’t bear fruit for 3 years » 2012 : « White out » (Les Disques Normal / Believe) http://polder.bandcamp.com/ Le projet No More Fukushima présenté à la Maison Laurentine, 10 mars 2013 L’article Polder "(Japan), Thomas Seron est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Entre 2 et 3 minutes, Julien Rochedy + No more Fukushima (Geoffroy Séré)
« Pour cette compilation, les choix étaient radicaux puisque j’ai imposé à tous les participants deux contraintes : i) n’utiliser que la guitare (acoustique, électrique, préparée) comme seul instrument ; ii) n’enregistrer qu’une seule piste. L’idée était de pousser chaque musicien dans ses propres retranchements pour qu’il soit obligé de « creuser » chacun(e) des notes ou motifs joués pour trouver la bonne émotion, sans recourir à plusieurs couches d’instruments. » Geoffroy Séré, initiateur du projet No more Fukushima. Julien Rochedy aka Orso Jesenska est un musicien qui vit et travaille à Marseille. orsojesenska.bandcamp.com « L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima est de mon point de vue un évènement majeur à de nombreux points de vue. Il me (nous ?) questionne en premier lieu sur la dangerosité et donc la pertinence de nos modes de vie actuelle – en l’occurrence le mode de production d’énergie –, mais au-delà, nous force à réaliser à quel point, malgré tous les progrès technologiques réalisés, nos vies restent intimement liées aux forces de la nature. La solidarité avec les populations de la province de Fukushima est également un sentiment très fort pour moi, d’autant qu’ils font face à une altération profonde de leur environnement dont nous ne sommes aujourd’hui pas capables d’estimer toutes les conséquences. Enfin, de manière très secondaire, la manière dont se sont déroulées les évènements et ses nombreux échos médiatiques constituent un sujet d’inspiration musical particulièrement intéressant. D’où notre volonté collective de soumettre le projet No More Fukushima à Meanwhile Fukushima. » Réponse de Geoffroy Séré à l’enquête de la revue l’Autre Musique (lire tout) Le projet No more Fukushima qui regroupe des contributions de 13 musiciens différents (David Fenech, Klimperei, Frostino, Grimo, Orso Jesenska, Polder, (Le Collectif) Yeepee, Tycho Brahé, Alan Tenderfoot, Hideor Tild, Lionel Fondeville, Sam Nolin, Felix Lamarque) a notamment été présenté le 10 mars 2013 à la Maison Laurentine. On peut écouter et se procurer la compilation ici : http://nomorefukushima.bandcamp.com/ 10 mars 2013, concert No more Fukushima, ND de l’Assomption, Aubepierre sur Aube, Maison Laurentine – Geoffroy Séré aka Tycho Brahé est un musicien minimaliste (Les Disques Normal), également assistant professeur en physique du sol à l’Université de Lorraine (membre du GISFI, Groupement d’Intérêt Scientifique sur les Friches Industrielles ). La musique de Tycho Brahé – référence à un astronome danois fantasque du XVIème siècle – est la cartographie d’un univers sensible et personnel où expérimentations et mélodies se mélangent. C’est un lieu de’expression de musiques minimalistes / folk lo-fi à la croisée de Pascal Comelade, Tom Waits et Jim o’Rourke. http://tychobrahe.fr/ http://tychobrahe.bandcamp.com/ http://soundcloud.com/tycho_brahe http://www.myspace.com/tychobraheband L’article Entre 2 et 3 minutes, Julien Rochedy + No more Fukushima (Geoffroy Séré) est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Prof. Tamura’s speech, "A window on Fukushima", Fukishima Kitchen Garden
Mot d’introduction en japonais et en français (à partir de 1’25) de la soirée d’écoute organisée à Fukushima Kitchen Garden, annexe de l’université de Fukushima-city. voir l’album de la soirée du 11 mars organisé à Fukushima Kitchen Garden Ce discours est prononcé par la Professeure Tamura, qui enseigne le Français à l’université de Fukushima. Elle représentait ce soir là la doyenne de la faculté, qui a soutenu l’évènement et l’a rendu possible avec Koji Nagahata. L’article Prof. Tamura’s speech, "A window on Fukushima", Fukishima Kitchen Garden est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Sauf la lune, Dan Charles Dahan aka dan.digital
Le papillon que je vois voler de ma fenêtre ne sait pas qu’il est irradié Le petit chat qui chasse le papillon ne sait pas qu’il est irradié C’est une pièce électroacoustique en deux parties à peu près égales, en forme de miroirs. Les deux parties évoquent l’aspect double de la catastrophe de Fukushima, naturelle et nucléaire. La pièce est construite comme un film à l’envers, l’explosion finale peut-être le tremblement de terre sous-marin qui déclencha la catastrophe, et le début de la pièce peut être une illustration des conséquences des irradiations. Ceci peut être une grille de lecture mais il peut y en avoir d’autres. Je ne souhaite pas donner de direction précise d’écoute, chacun est libre de son interprétation. dan.digital, extrait de sa réponse à l’enquête de la revue l’Autre Musique Quels sont les choix sonores, de compositions, de dispositifs… qui traduisent votre engagement ? Ou comment votre engagement passe-t-il dans votre musique ? Je suis parti d’un haïku ( sorte de proverbes ) du moine zen Ryôkan : » le voleur m’a tout pris sauf la lune à ma fenêtre « , qui me semble bien symboliser l’esprit de résilience du peuple japonais. J’ai utilisé des sons de Shakuhachi (flute japonaise ) transformé ainsi que des sons de bol chantant pour symboliser l’aspect » naturel « . Ces sons sont en opposition avec des sons itératifs plus agressifs qui symbolisent l’aspect » mécanique » de la catastrophe. De même que je ne souhaite pas imposer une grille de lectures formelles strictes, je ne cherche pas particulièrement à traduire un quelconque engagement dans ma musique. Ma musique est engagée de fait. N’étant pas commerciale ni soumise à aucun impératif de profit ou de rendement, elle est un « acte de résistance » par nature. dan.digital, extrait de sa réponse à l’enquête de la revue l’Autre Musique « J’ai choisi de participer à ce projet pour différentes raisons. En premier lieu pour une question simple de solidarité envers des gens qui viennent de subir une double catastrophe dont les conséquences seront subies par leurs descendants. Je suis engagé dans une démarche écologique et je suis donc opposé au nucléaire. Je me suis rendu au Japon il y a quelques années, c’est un pays que j’ai beaucoup apprécié en particulier pour cette grande culture et son rapport à la nature, je suis donc personnellement sensibilisé à ces catastrophes. » Dan Charles Dahan, extrait de sa réponse à l’enquête de la revue l’Autre Musique. — dan.digital crée une musique de geste poétique sous forme de collages sonores. Sculpteur d’espaces acoustiques, il manipule et façonne le son comme une matière vivante. dan.digital explore, à la frontière entre la musique électroacoustique, expérimentale et improvisée. Par son approche et sa pratique singulière, il offre à l’auditeur une grande liberté d’écoute propice à stimuler l’imagination de chacun. Il s’est crée au fil des années une bibliothèque sonore qu’il continue d’alimenter en permanence tant par des prises de sons que par l’utilisation de synthétiseurs et logiciels spécifiques. Ces sons sont postérieurement traités (ou non) par le biais de techniques électroacoustiques. Il les utilise ensuite autant pour ses performances scéniques que pour ses compositions acousmatiques de studio. En concert, il laisse la part belle à l’improvisation et réalise en direct un travail de mixage, traitement, modification et spatialisation (quadriphonie, octophonie, multi-diffusion…). Sa démarche expérimentale et artisanale, accompagnée d’une ‘éthique créative’, font qu’il accorde un intérêt particulier à la qualité des rencontres et du travail. Il aime à collaborer régulièrement avec d’autres musiciens et artistes et cherche toujours à innover dans les modes de production, de présentation et d’édition de son travail. Il co-édite ses disques de façon artisanale en collaboration avec d’autres créateurs, de plus il possède son propre système de hauts-parleurs (en quadriphonie), ce qui lui permet d’être autonome et de pouvoir jouer dans des lieux divers et variés. Apparition récente 29 Janvier 2013 dan.digital, concert en quadriphonie. Instants Chavirés http://www.instantschavires.com/spip.php?article734 http://dan.digital.free.fr L’article Sauf la lune, Dan Charles Dahan aka dan.digital est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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I Saw Time, under a Cherry Tree, Tomoko Momiyama
Tomoko Momiyama est l’une des artistes invités pour le programme de résidence à l’INA GRM.« I went to ask the trees in Paris what they thought about the situation in Fukushima. It was in the summer of 2012, over a year after the Great East Japan Earthquake and Tsunami. “I Saw Time, under a Cherry Tree” uses voices of these Parisian trees, as well as sound recordings from Fukushima, Tokyo, Aix-en-Provence, Geneva, and Paris. In Fukushima, I visited Bakkamiki in Minami-Soma, which is believed to be the birthplace of an old and mysterious children’s song called “Kanchororin.” Deep in a foggy mountain by a steep river, the forest of Bakkamiki is now too highly radiated for people to enter. Even in the rest of Minami-soma, and in many other parts of Fukushima, children cannot play outdoors for too long now due to high radiation. “I Saw Time, under a Cherry Tree” quotes this folksong, as well as a poem of the same title I wrote in Japanese. An English translation of the poem is written out at the end of this note. »La forêt de Bakkamiki, photo de T.MomiyamaThe composition was realized with help from many great people. I would like to thank especially the following:Mr. Tomio Matsumoto and Mr. Masahiko Sui from Minami-Soma, Fukushima; Mr. Eiichi Sugimoto from Soma, Fukushima; Mr. Rainer Boesch, Studio Espaces (CSMI), Geneva; Mr. Gianluca Ruggeri, Mr. Eloi Calame, Mr. Enrico Chizzolini, and Mr. Valentin Peiry from Geneva; Prof. Arturo Coralles, Conservatoire populaire de musique, danse et theater, Geneva; Ms. Anna Barseghian and Dr. Stefan Kristensen, Utopiana, Geneva; Mr. Raphael Dubert, GRM, Paris; Mr. Carl Stone; Prof. Toru Kamekawa and Ms. Wakana Kuroiwa, Department of Musical Creativity and the Environment, Tokyo University of the Arts; Dr. Koji Nagahata, Faculty of Symbiotic Systems Science, Fukushima University; and Mr. Dominique Balaÿ.Thank you!TomokoI Saw Time, under a Cherry Tree Flower petals with a faint tint of redWhisper to me a sweet hint of scentAnd dance through the skyWhile a renewed wind caresses my cheekAnd the sun kisses deeply, into my cells Children are crying with laughter Mothers are chatting awayMen are pruning old branchesBirds fly off from a lakeCats play hide and seek in the grassBugs and flowers sing together All of this is so dearAnd All of this is so beautiful Because TimeExists Because there is an end, it is beautifulBecause there is death, it is beautifulFor this, we are born And for this, we die Although Even at this momentWe are Draining radiation into the seaPolluting the soil, water, and airLaunching missiles at each otherRaping, killing, and abusing life While workers at the nuclear power plant are irradiated to deal with the disasterWe use and waste electricity to read news on the InternetWhile we create lands where nobody can live for generations to comeWe sell nuclear power plants to people in other lands Children’s urine And mothers’ breast milkAre now radioactiveDog, cow, and human corpsesWere abandoned a year agoAs nuclear waste However frightening all this isHowever sad all this is Trees Just Live Abiding With Time Originaire du Japon, Tomoko Momiyama a obtenu son diplôme de musicologie à l’Université de Stanford aux Etats-Unis en 2001. Depuis lors, elle a été active en tant que compositrice de musique, interprète,dramaturge et productrice d’évènements artistiques multi-disciplinaires. Ses œuvres ont été jouées dans tout le Japon, ainsi qu’en Chine, Indonésie, Pays-Bas, États-Unis … Elle considère que la musique peut naître organiquement à partir des relations entre les gens, les cultures et les environnements. C’est ainsi qu’elle conçoit et réalise des « voyages musicaux » avec la participation active de personnes d’horizons très divers. En partageant des moments de dialogues et d’échanges dans les processus de création, elle remet en question la pré-dominance des cadres sociaux et des limites personnelles, tout en abordant les questions d’identité à partir de perspectives multiples. image de Tomoko Momiyama, Paris, été 2012 L’article I Saw Time, under a Cherry Tree, Tomoko Momiyama est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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L’atome, Eric Cordier (C’était un si beau jour, si calme…)
Mardi 17 Janvier – Fukushima (ville de)Matin Intervention dans l’école multilingue « Agora ». Le directeur M de Loviton est un Franco Québécois. On intervient dans un mélange de français d’anglais et de japonais. Je vais faire des mesures de radioactivité avec lui sur le parking au bord de l’école. Ma mesure est 3 fois inférieure à la sienne, il obtient la mesure faramineuse de 900 millisiviert par h. Il m’explique qu’une particule radioactive a dû entrer dans notre compteur et en fausse l’étalonnage. Je comprends alors pourquoi tout le monde emploi des compteurs recouverts d’un sac plastique. (Devenus inutile ce sera notre dernière mesure.) La mesure a été réalisée sur le parking de son établissement, pas à l’intérieur. Heureusement car ce serait très dommageable pour la santé des enfants. C’est signe que la ville de Fukushima est très contaminée. Il explique que contrairement à beaucoup de Japonais, il était très informé. Dés l’annonce de l’accident nucléaire, il a cherché des informations non gouvernementales notamment auprès du site américain « fairewinds.com/ ». C’est ainsi qu’il a appris que les pelouses étaient dangereuses et que moins d’une semaine après l’accident, il avait fait retirer la terre de la cour de l’école sur 50cm. Cela a coûté à son établissement l’équivalent de près de 7 000 (si je me souviens bien) mais il ne le regrettait pas car quelques jours plus tard, cette pratique était interdite et à la place la municipalité faisait gratuitement un toilettage plus symbolique que réellement efficace. Sans connaître le Vitapect, de son côté il s’aprovisionnait aux USA avec un produit équivalent, Apple Pectine 700mg de Now Foods pour sa femme enceinte.Eric Cordier (extrait de son journal de voyage, à lire ici : http://ifmapp.institutfrancais.com/residences#f2_1073 , rubrique Téléchargements) Carte de la contamination à Minamisoma réalisée par l’organisation Tchernobyl Kyûen Chûbu et des habitants de Minamisoma (janvier 2012) Au début de l’année 2012, Eric Cordier a passé plusieurs semaines dans la région de Fukushima accompagné de Satoko Fujimoto, afin de réaliser une composition électroacoustique à partir de prises de sons et d’interviews : C’était un si beau jour, si calme.» [Ce titre provient] d’une citation de Mme W collectée à Yumoto décrivant le 11 mars 2011 avant le séisme : « C’étais un si beau jour, si calme, vraiment la fin de l’hiver, j’étais à la maison et mon mari aussi, ce qui n’est pas fréquent. C’était comme un jour férié, c’était le jour de la remise des prix des collèges ».Aujourd’hui, cette oeuvre électroacoustique est accompagnée d’une installation multimédia, parce que ce que contient et véhicule la pièce dépasse largement la dimension musicale. De France, les médias nous ont abreuvés d’images, mais assez peu de contenu. En me rendant sur place, j’ai énormément appris sur ce qu’est un séisme et un tsunami et sur comment s’est déroulée cette catastrophe nucléaire en particulier. » E.C Eric Cordier participe également à une initiative baptisée Ringono menée par Satoko Fujimoto (côté France) et Tomoko Iwaki (côté Japon) pour mettre en relation des producteurs du département d’Aomori (nord de Honshu) avec des sinistrés de la vaste zone de contamination de façon à leur envoyer des pommes et un document d’information sur la radioprotection..Ringono a joué un rôle important dans l’adaptation en japonais du film « Controverses nucléaires » de Wladimir Tchertkoff afin qu’il soit diffusé au Japon. Yôko Higashi en a réalisé la narration.La version française de ce film sur internet :http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=films-interviews-debats (une mine de vidéos sur ce sujet) En savoir plus sur Ringono ici : http://ringono.com/fr/ et là : http://www.prelerecords.net/debout-apres.htmLire les journaux de Eric Cordier sur son séjour à Fukushima Dans le cadre de l’enquête »Engagement, Résistance, Usage Social » initiée par la revue l’Autre Musique, sur la participation au projet de Dominique Balaÿ « Meanwhile, in Fukushima », voici les réponses au questionnaire de Eric Cordier. Pourquoi avez-vous choisi de participer au projet « Meanwhile, in Fukushima » ? En quoi« Fukushima» est-il un événement pour lequel on peut s’engager ? Je n’ai pas choisi de participer au projet « Meanwhile, in Fukushima», j’ai d’abord monté un projet que j’ai réalisé et à mon retour, en mars je crois, ou avant, je ne sais plus, j’ai été contacté par Dominique. Il me restait encore à finir la musique… Il m’a semblé intéressant de répondre à la proposition de Dominique qui allait dans le même sens. Il est toujours intéressant de travailler dans la synergie. En fait, vivant depuis 10 ans avec Satoko Fujimoto, qui est Japonaise, j’ai été (presque) aux premières loges lors de la catastrophe, en étant très bien informé, en captant son inquiétude face aux 48h de black-out, l’absence de nouvelles de sa famille dans ces premières heures, et son changement de comportement qui devenait exclusivement focalisé sur la catastrophe. Cela a contribué à ma décision, mais en corrélation avec le fait que j’avais au préalable visité en « touriste » les lieux de la catastrophe. Les éléments qui précèdent ne me paraissent même pas être des conditions suffisantes. Sans la connaissance du terrain, je ne me serais pas autorisé, en tant que Français, à faire un travail sur le « malheur des autres ». Sans cette connaissance des lieux, j’aurais été un peu à distance, mais le fait d’avoir connu le lieu même de la catastrophe change tout. Connaître le lieu de la catastrophe avant la catastrophe accroît le degré d’ « engagement » ou, à ce stade, je devrais dire d’ « implication » pour être plus précis. En 2008 nous sommes allés à Iwaki et Minamisoma. En 2011, certaines parties d’Iwaki ont subi d’importants dommages et toute la partie côtière de Minamisoma a été entièrement rasée. Iwaki a été relativement épargnée par la pollution nucléaire, par contre Minamisoma était située à cheval sur la zone des 20km interdite alors (janvier 2012) et certaines parties de la ville (bien que situées dans la partie autorisée de la ville) connaissent des niveaux de pollution dépassant de plus de 1000 fois la radioactivité naturelle. De connaître ces villes avant la catastrophe permet de mieux, non pas seulement éprouver, mais mesurer la catastrophe.En 2008 nous nous étions rendus à Minamisoma pour enregistrer la fête du Nomaoi. Cependant, du fait de l’affluence, tous les hôtels étaient pleins, il n’était pas possible de dormir sur place et nous avions trouvé à nous loger seulement à 40km plus au sud, à Iwaki, près de le Gare. Ainsi, plusieurs jours de suite, nous avons emprunté le train qui traversait une région magnifique, à la fois en relief et sauvage, un train côtier qui desservait de minuscules gares. Un train qui gravissait des collines et qui, au débouché d’un tunnel dans la falaise, pouvait s’arrêter au fond d’une crique pour desservir un village. À mi-parcours, au-delà d’une vaste lande magnifique d’environ 1 à 2 km, j’avais remarqué ces cheminées et pylônes rayés de rouge pour prévenir les avions. C’était tout ce que je pouvais voir de la centrale de « Fukushima Daiichi » par la fenêtre du train, mais nous y passions chaque matin et chaque soir. Ainsi, d’avoir arpenté Minamisoma plein de vie pendant les jours de fêtes, ne procure pas la même sensation que de le voir à moitié vide et dévasté. En constatant une catastrophe, on a beau se dire que des gens ont vécu ici, rien ne remplace le fait de les y avoir vus vivre.Tous ces éléments se sont accumulés et ont fait que j’ai ressenti la nécessité d’apporter mon témoignage et dans un second temps de le confronter avec le témoignage des victimes elles-mêmes. Pouvez-vous décrire la pièce que vous avez proposée à « Meanwhile, in Fukushima » ? La pièce est une pièce anecdotique, voire littérale et ceci d’une façon délibérée. Je ne procède pas ainsi habituellement, je n’ai pour ainsi dire pas d’habitude, ma démarche consistant à me renouveler tout en approfondissant un style. Je suis musicien, mais de formation « arts plastiques » et j’aime construire la musique à partir de dispositifs conceptuels. Ainsi, j’ai demandé à des victimes de la triple catastrophe de me décrire ce qu’était cette catastrophe et ceci surtout en termes sonores, à charge pour moi de retranscrire ce qu’ils me disaient (et non pas ce que j’imagine) et ceci à partir des matériaux enregistrés sur place. Ma liberté n’est intervenue que dans des choix, celui de prendre au pied de la lettre un détail et de le grossir ou de faire quelques omissions. Par exemple, utiliser ce que me disait un témoin tout en me faisant enregistrer un extrait de musique. Le fait qu’il ne parlait pas anglais mais qu’il me faisait sortir de son ipod le morceau Suddendeath du groupe Megadeath, dans une ville contaminée à côté de la raffinerie qui avait brûlé, je l’ai pris comme un signe et j’ai absolument voulu l’intégrer à la composition. A l’opposé, quand on me dit que, suite au séisme, tout était comme dans un film d’horreur américain, que le ciel de ce « si beau jour » s’est assombri, et qu’il est tombé de la neige avec un orage, je n’ai pas voulu faire de surenchère « dramatique » en mettant des coups de tonnerre, bien que d’après les témoignages, la réalité ait dépassé la fiction. Ma fiction à moi aurait drôlement frôlé le kitsch si j’étais allé jusque-là. La pièce est en 7 parties.0 PrologueLe prologue est le simple field recording d’une alerte au séisme, enregistrée en 2012 sur la route entre Nakoso et Iwaki. 1 NomaioC’est Minamisoma avant la catastrophe. Un jour de fête, le public qui parle, les soldats à cheval qui paradent, les antiques conques qui re-sonnent. Un jour de fête ? Je crois que je n’ai pu m’empêcher de distiller une certaine tension, un certain malaise sous-jacent à l’insouciance d’un moment de joie enregistré en 2008.Les parties 2 à 5 répondent parfaitement au dispositif préétabli : 2 le séismeDans cette partie, je reconstitue scrupuleusement ce que les gens m’ont décrit. Pour ce faire, j’ai eu à ma disposition pendant une semaine une ville détruite, que je pouvais détruire encore un peu plus pour les besoins des enregistrements. J’ai donc reconstitué le séisme avec les bruits d’une ville qui a subi le séisme et avec les vestiges de celui-ci. Les témoignages m’offrent quelques contradictions, il y a ceux qui ont entendu et ceux qui n’ont rien entendu. Je fais la part belle aux premiers, quoique… Cette partie commence par l’alerte au séisme, celle que personne n’a reconnue car personne n’avait jamais entendu une alerte de niveau 7, et le dernier tiers est un maelström de toutes les alertes au séisme. La reconstitution seule aurait pu paraître de mauvais goût, peut-être l’est-elle un peu, c’est le piège de mon dispositif. En tout cas, la reconstitution n’était pas assez violente pour faire éprouver le séisme aux auditeurs occidentaux (je ne parle pas des auditeurs japonais, car mes témoins ont dit redouter la réécoute de cette reconstitution ; il est envisageable qu’elle soit traumatisante pour eux, mais qu’elle ne le soit pas assez pour les Occidentaux). Or cette musique est destinée aux Occidentaux et ne cherche pas à renouveler un trauma auprès des victimes or, pour les premiers, la reconstitution n’est pas à la hauteur de la vraie chose, bien entendu. Le caractère synthétique des signaux d’alerte, diffusés à un nivau adéquat, doit me permettre de donner la nausée aux auditeurs lors des concerts. Il s’agit de faire une catastrophe de sons à partir des alertes au séisme, de façon à faire éprouver un peu le séisme. Ces alertes synthétiques sont d’ailleurs à comparer avec la presque douceur des alertes au tsunami, avec les sirènes presque douces et les voix quasi rassurantes des haut-parleurs qui susurrent : « T>adaima » (« rentrez chez vous ») dans la partie qui va suivre, conseil dérisoire face au tsunami. La transition entre le 2 et le 3 est constituée d’une musiquette d’école et d’un sifflet d’enfant imitant un oiseau lors d’une fête (matsuri) à Yumoto, qui font comme entendre un retour à la normale, un son du quotidien, l’œil du cyclone. 3 TsunamiJe procède comme les gens me l’ont dit, bien que les témoignages soient beaucoup plus contradictoires. En fait le séisme a été un peu la même chose pour tout le monde, alors que le tsunami a généré des cas de figures extrêmement divers. Déjà, il y a tous ceux qui ne sont plus là pour témoigner parce qu’ils n’ont pas su ou pas pu faire ce qu’il fallait. Ensuite il y a ceux qui se sont retrouvés dans le tsunami et y ont survécu, ceux qui l’ont constaté juste à l’écart et ceux qui l’ont vu de loin, ou même ceux qui n’ont pas été au courant du tout sur le moment. Les situations sont très dissemblables et ont généré des expériences très dissemblables. Le milieu de cette partie fait référence au fait que certains témoins ont insisté sur la présence des hélicoptères. J’ai pu enregistrer des hélicoptères car ils continuaient à sillonner la région un an après, mais j’ai aussi joué l’hélicoptère métaphorique, j’ai passé la musique au hachoir des pales d’hélicoptère, comme si après la catastrophe c’était la guerre, du moins une ambiance de guerre comme l’ont ressenti certains témoins. Les cinq dernières minutes sont constituées d’un field recording, le post tsunami : les hangars dévastés qui grincent au gré du vent. Ici, je n’ai rien eu à reconstituer, j’avais tout un port écroulé devant moi. Je n’avais même pas besoin d’enregistrer la nuit, car toute la zone industrielle du port était quasiment vide en plein jour. Je n’ai pas soustrait les humains de l’enregistrement, car il n’y en avait plus, même un an après. 4 Suddendeath in NakosoIci, c’est ce que j’évoquais plus haut, M. Ito me dit qu’il réécoute de la musique, encore plus de musique qu’avant les catastrophes, plus triste et plus désespérée, sans se rendre compte qu’il me fait enregistrer Suddendeath du groupe Megadeath ! 5 Demolir-reconstruireLa première moitié est constituée d’un field recording légèrement recomposé, les pelleteuses qui démolissent les dernières maisons ayant tenu le coup ou une pince à découper géante qui cisaille des hangars, les outils qui démolissent pour reconstruire ultérieurement. Les 6 dernières minutes constituent un autre type de reconstruction/déconstruction : toujours en fonction des témoignages, je suis parti de l’enregistrement de la muzak qui, pendant des semaines, a remplacé les publicités à la télévision et à la radio. En effet, les autorités ont estimé que de diffuser des publicités était plutôt abject et qu’il fallait les suspendre le temps que les Japonais se reconstruisent du trauma un minimum. Les autorités ont fait appel à des designers pour combler le vide. Ce dessin animé a été tellement matraqué que l’une de nos interlocutrices a dit s’être retrouvée en manque lorsque les publicités sont revenues. Elle m’a imposé de l’enregistrer pour l’utiliser. De mon côté, la musique et les paroles sont si débiles que je n’ai pu les utiliser telles quelles, et c’est seulement après les avoir broyées que j’ai pu me les réapproprier. 6 L’atome L’atome sort de mon dispositif au sens strict. En effet, c’est bien connu, les radiations nucléaires sont sans odeur, sans sensation, sans bruit. Alors, bien évidemment, me connaissant, je n’allais pas pousser le dispositif au-delà de ses limites pour faire une dernière plage purement conceptuelle de silence sous prétexte que les témoins m’avaient dit ça. Je n’allais pas non plus refaire Radioactivity1 comme je l’ai tant entendu faire par des compositeurs électro-acoustiques après la catastrophe de Tchernobyl. Non, j’ai choisi de redéployer mon dispositif autrement, de faire une musique qui rende compte du nucléaire par imprégnation, par émergence du contact avec les lieux et des témoignages à propos de la catastrophe atomique. Alors, suis-je tombé dans le cliché ? Toujours est-il que j’ai été influencé par le cliché hollywoodien qui utilise la musique contemporaine pour souligner les situations difficiles, soit ! Mais, en même temps, j’ai tenté de ne pas m’y faire piéger. J’étais conscient de la présence du cliché en embuscade et j’ai essayé de le contourner. L’idée, le sentiment de la musique contemporaine pour relayer les témoignages qui ne viendraient pas s’est imposée au début du séjour. J’avais beau espérer un peu que des témoignages viennent me contredire et m’emmener ailleurs, malheureusement, cela n’a pas été le cas. Cette partie à été composée en France mais pas au Japon, car les 6 semaines de résidence ont à peine suffi à me permettre de composer le reste de la pièce, 6 semaines c’est déjà assez court pour composer une heure de musique. Cependant, cette partie a été préparée au Japon dans les premières semaines du voyage, lors de la confrontation avec les témoins et dans l’imprégnation que j’en ai eue, c’est très important. J’étais en voyage donc je n’avais pas emporté ma collection de disques. En même temps, je voulais que ça sonne un peu comme mes compositeurs préférés de musique orchestrale, mais je ne voulais avoir recours à aucun sample de Scelsi, ni de Xenakis, de Ligeti, de Lindberg, de Dufourt… Or j’étais en voyage, alors il ne me restait plus qu’à pirater sur Internet ce que je pouvais le soir dans les hôtels, car j’ai senti ce que je voulais faire et je voulais le faire dans cette imprégnation. Ainsi, il me reste une image de cette période de longs voyages en bus (puisque la voie de chemin de fer côtière qui passait contre la centrale n’est plus utilisable ; d’ailleurs, de ce fait, puisque la liaison principale de la région est coupée, tous les trajets sont beaucoup plus longs, c’est ça aussi la catastrophe), l’image de moi dérushant ces kilomètres de mp3 de musique contemporaine le casque sur la tête dans le bus, l’ordinateur sur les genoux, le soleil rasant en hiver toujours dans les yeux. Les virages dans la montagne entre la ville de Fukushima et la ville de Minamisoma, la nausée, à cause des virages et de l’ordinateur. La musique dans les oreilles et la traversée de la zone interdite, non pas la zone des 20km, mais la région de Iitate, la zone qui, bien qu’éloignée, a reçu le vent néfaste et a été évacuée de sa population. La musique contemporaine qui accompagne les patrouilles de police qui dissuadent les gens de revenir chez eux ou de piller les maisons abandonnées. Les décontaminateurs, affublés de leur combinaison blanche, qui essayent de décontaminer Iitate en pulvérisant de l’eau, le soleil rasant dans les yeux et l’envie de vomir qui ne me quittait plus. L’arrivée dans Minamisoma, devenue ville fantôme alors que nous l’avions quittée dans la fête. Une ville avec presque tous les rideaux des magasins baissés, du moins dans la partie avant la gare (l’autre côté de Minamisoma se montrera un peu plus vivant). Voilà, l’impression était là et elle était fortement ancrée en moi. Je n’ai pas composé au Japon, mais j’ai esquissé les choses sur place. J’avais pris conscience de la forme que cela devrait avoir : il fallait que ce soit le plus lent et le plus pesant possible. Le plus long possible, aussi, pour être presque exaspérant à écouter. Qui dit long, dit long à composer et j’avais décidé de ne pas m’y risquer au Japon, pour me concentrer sur le reste. Il fallait que ce soit long, lent et pesant, il fallait atteindre la torpeur. Il fallait que ça gratte que ça démange que ça dérange. Il fallait aussi que ce ne soit pas trop agréable aux amateurs du langage contemporain, alors j’ai étiré et j’ai répété à un point qui me semblait pouvoir leur déplaire. Et aussi pour que les dissonances ressortent, j’ai pris une technique propre à Kagel, j’ai instillé du consonant dans du dissonant et alors le dissonant le devient encore plus. J’ai répété sans que cela devienne répétitif ni agréable pour les autres. Il fallait que cela soit mélancolique sans que ce soit dramatique. Il fallait que ce soit une torpeur et un spleen qui vous envahissent jusqu’à vous détruire de l’intérieur. J’ai essayé de faire la pire musique que je puisse faire et en même temps de la rendre séduisante, comme un fruit que l’on a cru pouvoir manger un temps, et qui s’est montré pourri en le croquant et qui vous laisse malade les jours suivants, mais je ne sais pas si j’y suis arrivé. Comment votre engagement passe-t-il dans votre musique ? C’est un peu comme dit Godard, de mémoire, « Il y a une morale dans un plan de caméra, il faut qu’il y ait une morale dans chaque plan de caméra. » Mais morale n’est pas tout à fait engagement. En fait, ma façon de faire est toujours un peu comme ça, c’est pour ça que je n’ai pas fait la même chose à propos d’Haïti, car pour faire les choses, il faut les faire à fond. Donc n’y connaissant rien pour Haïti, je n’aurais même pas pensé prétendre faire quelque chose. Certaines fois, ça ne se remarque pas car l’enjeu est moins fort, mais là le piège est évident, pour cette thématique où il y a de l’empathie ou des bons sentiments qui peuvent être plaqués. Je n’aime pas rajouter des bons sentiments et souvent l’art, la musique « engagés » sont inintéressants, mièvres, voire contreproductifs. Donc c’est un terrain glissant, dangereux. Mon parti pris a été de faire un constat plus que d’envoyer ou d’assener un message « engagé », puisque les messages sont souvent contre-productifs. Je préfère faire un constat (musical) et c’est l’auditeur qui va se faire son propre message à lui avec ces éléments. Ça me paraît plus intéressant, même si c’est moins simple en terme de message. Ainsi, en quelque sorte, je n’ai pas fait de choix d’engagement, mais je me suis impliqué dans un dispositif d’engagement qui engendre un constat d’où l’auditeur peut se faire sa propre opinion. L’engagement est ailleurs, il est dans la participation aux actions de Ringono par exemple, mais ce n’est plus de la musique, je préfère dissocier les deux. L’article L’atome, Eric Cordier (C’était un si beau jour, si calme…) est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Sudden death in Nakoso, Eric Cordier (C’était un si beau jour, si calme…)
« Le 12 janvier 2012 nous étions à Nakoso le port industriel d’Iwaki dont la raffinerie de pétrole avait brûlé suite au tsunami. Nous n’étions pas venu spécialement pour faire une interview ce jour-la, Satoko Fujimoto avait coiffé sa casquette de Ringono et elle était venue présenter les activités de l’association, les distributions des pommes, les vertus de la pectine et des pommes auprès d’une école maternelle. Or nous sommes tombés sur un couple de directeurs d’école M. et Mme Ito qui étaient très sensibles à la fois aux questions de la contamination nucléaire et aux questions musicales. L’heure d’entrevue prévue s’est transformée en plusieurs heures de discussions très intéressantes.Les échanges préalables par internet entre Satoko, Sayaka Suenaga notre guide sur la région, et M. Ito avaient mentionné mon projet autour de la musique et du son, mais je n’avais pas spécialement prévu faire une interview, surtout qu’on les rencontrait sur leur lieu de travail, au milieu de la salle de profs. Je ne participais même pas à la première partie de la discussion totalement en Japonais et je derushais les précédentes interviews sur mon ordinateur dans un coin. Et puis tout d’un coup, M. Ito m’a mis à l’aise en me disant, : « Ha, ce projet sur le son, ça m’a beaucoup intéressé. Je suis musicien, je joue de la guitare, alors j’ai beaucoup réfléchi à la question du son lié au séisme. ». C’était un excellent point de départ !C’est ainsi que Mr et Mme Ito m’ont décrit très méticuleusement le son qui prélude à un tremblement de terre, et les renseignements que l’on peut en tirer quant à son intensité et la distance à l’épicentre. Puis la conversation a tourné vers la musique en général et le son des buzz d’alerte au séisme etc :M. Ito : En dehors de l’école, j’écoute de la musique en permanence. J’en écoute tellement que j’en écoute même lorsque je joue de la guitare. Cependant, après le séisme, je me suis mis à en écouter beaucoup moins. J’ai même complètement arrêté au début. Et puis trois jours après le séisme, j’ai recommencé à écouter de la musique, mais en effectuant une sélection qui a fait ressortir mon côté ténébreux. J’ai pas arrêté d’écouter en boucle le morceau éponyme de Black Sabbath et « Stairway to heaven » de Led Zeppelin.… À la maison, je joue sur un vrai ampli Marshall et c’est mes enfants qui se plaignent.Et je vous ai dit que j’avais beaucoup réfléchi sur le son alors, je vous ai préparé des choses sur mon Ipod, c’est qu’il ne faut pas passer à côté des messages d’alerte. Voilà, ça c’est la sonnerie des portables. C’est-à-dire qu’en cas d’alerte les portables ne sonnent pas avec notre sonnerie habituelle.Mme Ito : C’est un buzz qui a été spécialement étudié pour être désagréable, c’est un accord qui dérange de façon à attirer l’attention…C’est une appréciation toute relative car pour moins c’est une superbe onde carrée.…M. Ito : J’ai une requête pour la musique, car ici il y a plein d’enfants et j’aimerais qu’on les entende comme une note d’espoir dans votre musique. En fait si j’écoutais énormément de musique avant le séisme, depuis je me suis remis à en écouter encore plus. J’ai ajouté l’ipod pour en écouter quand je ne suis pas chez moi. Je n’écoute pas de musique japonaise, mais seulement de la musique occidentale. Je suis surtout fan de heavy-metal, voyez là j’ai Megadeath.Et là, Mr Ito place son baladeur à 1cm du micro, me faisant exploser les vu-mètres avec le morceau Suddendeath…Alors conformément aux contraintes de mon dispositif compositionnel, j’ai utilisé les enregistrements des enfants de l’école de Nakoso, mais je ne suis pas certain d’avoir réussi à leur faire porter « une note d’espoir ». Par contre, cet extrait de Megadeath à pris une place importante dans la composition. La forme s’y prêtait, un morceau avec des passages sans ryhtmique, et en même temps le titre et le nom du groupe, ont fonctionnés comme un signe. Ce morceau renvois à une certaine rage d’une catégorie de la population, celle qui s’est trouvé exposée au nuage radioactif par défaut d’information. Ils font partie de ces gens qui ne feront plus jamais confiance aux autorités voir même dans une certaine mesure à la réalité. M. Ito utilise 3 compteurs Geiger, le second pour contrôler le premier et le troisième si l’un des deux tombait en panne. Ce n’est pas qu’une image, c’est caractéristique d’un nouveau mode de pensée qui a émergé au Japon. Je n’ai pas l’impression que M. Ito parle anglais, et il ne s’est pas adressé à moi en cette langue. Je ne pense pas qu’il s’agisse de fausse naïveté de sa part. Il y aurait donc eu juste une coïncidence dans une ville dévasté par un séisme, un tsunami et une contamination nucléaire a me faire écouter Suddendeath par le groupe Megadeath. »Eric Cordier Titulaire d’un doctorat en sciences religieuses, et compositeur de plusieurs dizaines de pièces électroacoustique, Eric Cordier a été en accueil auprès des studios de musique contemporaine du GRAME (Lyon), puis la Grande Fabrique (Dieppe). Proche de la musique concrète, il développe un style musical dans lequel la matière sonore est toujours utilisée dans le respect de ses spécificités, limitant l’impact des traitements. Chaque pièce est construite autour d’un concept ou d’une thématique forte, faisant souvent appel à des questions sociales ou de mémoire comme pour les commandes du festival Mémoires vives, et la série de concerts Art et Travail avec le sculpteur Denis Tricot.Ses compositions sont publiées internationalement et ses pièces ont été créées dans de nombreux festivals. Sa formation de plasticien le conduit à mener des projets à la frontière des arts plastiques et de la musique : réalisant des environnements sonores ou des sculptures-instruments. Il compose également pour la danse contemporaine et il a été producteur à France Culture dans les émissions Nuits Magnétiques » et « Atelier de Création Radiophonique » de 1989 à 2000. En savoir plus à propos de Eric Cordier. L’article Sudden death in Nakoso, Eric Cordier (C’était un si beau jour, si calme…) est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Litanies résilientes, Gilles Malatray
LITANIES POUR FUKUSHIMA « Le nom de Fukushima résonne en moi comme synonyme d’une terrible catastrophe qui remet en question l’équilibre même du monde et de nos sociétés. j’y entends la fragilité de nos ambitions soumises à une forme d’inconscience collective. J’y perçois un avenir incertain, jalonné de dangers imminents; de menaces se faisant de jour en jour plus prégnantes. Ces litanies sonnant avec une insistance incantatoire, au-delà de leur obsession alarmiste, se voudraient néanmoins, dans leur note finale, porteuses d’espoir, dans une forme de résilience salutaire. » G.M Musicien et horticulteur-paysagiste de formation, Gilles Malatray travaille depuis le milieu des années quatre-vingt à de nombreuses installations, promenades et créations sonores environnementales. Il intervient dans différentes écoles d’arts, d’architecture et de design; des structures culturelles pour des conférences, ateliers, groupes de réflexion et de travail, ainsi que des programmations artistiques autour du paysage sonore et du patrimoine auriculaire. Il défend un travail autour de de l’écologie sonore pour que nos oreilles restent ouvertes sur un monde sensible où la qualité des ambiances et de la communication orale restent privilégiées. Des Arts Sonnants Les Oreilles Bruissonnantes (LOB) L’article Litanies résilientes, Gilles Malatray est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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14h46, pièce electro acoustique de Bruno Bernard
Cette pièce electro acoustique intitulée « 14h46 » et composée par Bruno Bernard a été réalisée à chaud au moment des évènements à la centrale de Fukushima Daichi, avec des sons de la télévision nipponne NHK, notamment au moment de l’explosion d’un réacteur. 14h46, c’est l’heure du séisme du 11/315h37, heure du tsunami à son apogéele 12/3à 15h36, explosion dans le bâtiment du réacteur n°1le 14/3à 11h01, explosion dans le bâtiment du réacteur n°3le 15/3,vers 6h00, explosion dans le bâtiment du réacteur n°4 Toutes les infos sur la chronologie des événements figurent dans le rapport de la commission d’enquête parlementaire du 5/07/12 (excellemment traduit en français) Dans le cadre de l’enquête »Engagement, Résistance, Usage Social » initiée par la revue l’Autre Musique, sur la participation au projet de Dominique Balaÿ « Meanwhile, in Fukushima », voici les réponses au questionnaire de Bernard Bruno. Pourquoi avez-vous choisi de participer au projet « Meanwhile, in Fukushima » ? En quoi « fukushima » est-il un événement pour lequel on peut s’engager ? Je suis depuis longtemps (même avant Tchernobyl) contre le développement aveugle de l’industrie nucléaire, surtout pour le coté « après moi le déluge », et fukushima a représenté pour moi le comble de cette absurdité : on avait plus ou moins prévu de se (mal) protéger contre les tremblements de terre qui pouvaient occasionner des tsunamis, mais on a bien sûr « oublié » de faire prendre conscience du problème que ça pouvait poser aux centrales nucléaires (comme partout les lobbies sont très efficaces), ce qui a occasionné cette espèce dramatique de double peine. Une partie de ma façon de m’exprimer à travers un propos artistique est d’essayer de trouver à travers les choses les plus laides de nos sociétés une sorte de poésie, dramatique, mais qui peut néanmoins revivre de la beauté. Une beauté vénéneuse mais existante et pour extrapoler une célèbre phrase de John Cage (que je vénère par ailleurs) « si un bruit te dérange, écoute le », je me dis que cette attitude peut être une réponse à ce genre d’événements. Pouvez-vous décrire la pièce que vous avez proposée à « Meanwhile, Fukushima » ? J’ai voulu juxtaposer l’aspect dramatique relayé par les médias (on entend les commentaires en direct des présentateurs de la NHK et une sorte de mélodie enfantine, naïve et dérisoire face à l’ampleur du sinistre, et faire exister de manière sonore le malaise provoqué par ce télescopage d’émotions. Quels sont les choix sonores, de compositions, de dispositifs… qui traduisent votre engagement ? Ou comment votre engagement passe-t-il dans votre musique ? J’aime bien travailler sur l’ambiguïté, sur le malaise, le trouble souvent en juxtaposant des éléments ce qui crée à mon sens une dynamique et un espace dans lequel chacun peut faire son propre parcours d’interprétation. Lire + http://www.lautremusique.net/wordpress-2.9.1-fr_FR/wordpress/2012/12/14/enquete-meanwhile-in-fukushima-bernard-bruno-14h46/ — Bruno Bernard aka Noubba est un compositeur, artiste sonore, performer, sound designer pour le spectacle vivant (danse, théâtre), l’image, les arts plastiques. « les sons qui nous entourent, qu’ils soient concrets, réels ou imaginés, musicaux ou non, choisis ou subis, si on sait les saisir et leur donner un sens poétique, peuvent nous aider à augmenter notre capacité d’émotion, à développer notre imaginaire et nous aider à supporter les frasques de notre monde… » + de sons de Bruno Bernard : https://brunobernard2.bandcamp.com/ L’article 14h46, pièce electro acoustique de Bruno Bernard est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Tincantelephon, Julia Drouhin
La série de miniatures du projet « Japan Breakfast » s’achève sur une pièce composée en arrivant en Tasmanie (janvier 2011), dont le thème est l’électricité, et particulièrement, sa pénurie, ce qui semble prémonitoire de la catastrophe de Fukushima, et questionne notre utilisation de forces qui nous dépassent. « Si nous venions à manquer d’électricité, on pourrait toujours se mettre à gratter les cordes d’une ramification désincarnée, d’une communication coupée, d’une bifurcation imaginaire. » Salamanca Art Center-Hobart-Tasmania, 7 janvier 2011, 10h57 « Imagine if we ran out of electricity! How would life be different? » Tristan Stowards Gallery-sitter, Julia Drouhin recorded Tristan Stowards installation, Tin Can Telephone, in Salamanca Art Center, Hobart, Tasmania, in 2011. Strings, cans, rocs, radio melodies and space are connected when the listener put his ear in a can. If we ran out of electricity, we can always scrape the strings in a disembodied ramification, a disconnected communication, an imaginaries modification. L’article Tincantelephon, Julia Drouhin est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Post office, Julia Drouhin
Carte postale sonore issue du projet « Japan Breakfast »Kyoto nomi-no-ichi + Nara + Naoshima, 11 décembre 2010, 09h06. —« Japan Breakfast » est une série de miniatures commencées au petit déjeuner, enregistrées et agencées au Japon en novembre 2010, quelques mois avant la catastrophe de Fukushima. Ces quelques souvenirs laissent une trace radiophonique d’un voyage de 33 jours à travers le Japon, s’imprégnant des paysages et de leurs vivants, pour rendre hommage aux danseurs de tango de rue, à la cérémonie du héron blanc, à ma fille, aux mille origamis, mangas, jardins, temples… » Julia Drouhin L’article Post office, Julia Drouhin est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Le héron blanc, Julia Drouhin
Pièce electro acoustique issue du projet « Japan Breakfast », créée en 2010 par Julia Drouhin, et diffusée en 2011 sur France Culture. Cérémonie du Héron Blanc, Kyoto, Japon, 12 décembre 2010,16h54. Dans le cadre de l’enquête »Engagement, Résistance, Usage Social » initiée par la revue l’Autre Musique, sur la participation au projet de Dominique Balaÿ « Meanwhile, in Fukushima », voici les réponses au questionnaire de Julia Drouhin. Pourquoi avez-vous choisi de participer au projet « Meanwhile, in Fukushima » ? En quoi« Fukushima» est-il un événement pour lequel on peut s’engager ? Si cela n’aide pas directement les habitants concernés, cet appel rassemble de nombreuses réflexions sur le nucléaire. Ce projet a fédéré un intérêt collectif de la part d’artistes concernés de près ou de loin par cette catastrophe. Je ne savais pas comment réagir à cette situation violente. J’ai choisi de partager une collection de sons d’archive que j’avais enregistrés là-bas pour composer une série de miniatures. J’ai découvert le Japon en novembre 2010, quelques mois avant la catastrophe. En mars 2011, nous étions à la fin de notre voyage, à Seoul en Corée, et suivions les mouvements du flux radioactif. De retour en France, j’ai composé quelques pièces pour traduire le calme serein que j’avais ressenti sur place, mêlé à la menace permanente d’un nuage éloigné. Passagers de la catastrophe, simples spectateurs, nous pouvons nous impliquer de diverses façons dans un tel désastre écologique et humain. Pouvez-vous décrire la pièce que vous avez proposée à « Meanwhile, in Fukushima » ? Japan Breakfast est une série de compositions enregistrées au Japon, en novembre 2010, quelques mois avant la catastrophe de Fukushima. Ces quelques souvenirs laissent une trace radiophonique d’un voyage de 33 jours à travers le Japon, s’imprégnant des paysages et de leurs vivants, et rend hommage aux diverses sources sonores rencontrées lors de notre errance (danseurs de tango de rue et du héron blanc, jardins de graviers, offreurs d’orange…). Quels sont les choix sonores, de compositions, de dispositifs, etc. qui traduisent votre engagement ? Comment votre engagement passe-t-il dans votre musique ? J’ai soulevé, isolé, découpé, assemblé les sons pour soutenir une situation sonore disparue. Les creux suivent les pleins, issus de field recordings d’une densité de population et de bruits dans laquelle résistent de calmes interstices. Le résultat assez lisse et lancinant se termine par un brouhaha de plus en plus envahissant. Les croassements des corbeaux noirs accompagnent une ritournelle de ma fille qui scande : « C’est la vie » sur un bruit de fontaine. La cérémonie du héron blanc (Shirasagi-no-mai) à Asakusa représente l’innocence et la bonté et purifie les esprits lors de leur passage dans l’autre monde. Une vague a balayé nos folies fragiles et rendu l’existence encore plus insignifiante, mais peut-être installé une solidarité humaine. Julia Drouhin imagine des itinéraires poétiques liés à des dérives sonores, des créations radiophoniques ou des performances sur des sites spécifiques, comme des bâtiments abandonnés, où elle joue avec les sons et les objets trouvés sur place. Julia invents poetic itineraries as soundwalk, radiophonic creation or performance on specific sites. Elle s’intéresse à l’art de marcher, en particulier dans l’art sonore, et a obtenu un doctorat avec mention en 2011 à l’Université de Paris 8. Elle a enregistré un voyage de 5 mois en France, Japon, Australie et Corée, en questionnant le langage et la tradition. Sa composition « Le Héron Blanc » issu du projet « Japan Breakfast » a été diffusé sur France Culture en 2011. Elle coordonne les programmes de l’évènement international « Radiophonic Creation Day », 24 heures centré sur l’art radiophonique, avec 100 artistes, et la diffusion dans 57 radios / galeries d’art. Elle programme également le festival électronique et électroacoustique Kontact Sonores, en Bourgogne. L’article Le héron blanc, Julia Drouhin est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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sen no kioku, mémoire d’une ligne, Ayako Sato
Cette pièce electro acoustique de Ayako Sato intitulée sen no kioku (mémoire d’une ligne) est une tentative pour définir et tracer une distance émotionnelle. Elle a été produite dans le cadre du workshop mené par Tomoko Momiyama dans la classe d’electro acoustique de Carl Stone à l’université des Arts de Tokyo, en partenariat avec le projet « Et pendant ce temps là à Fukushima… » Ayako Sato est étudiante dans la classe d’electro acoustique de Carl Stone à la Tokyo University of the Arts. Sa pièce ( sen no kioku, recollections of a line ) est le résultat d’un workshop organisé par Carl Stone et Tomoko Momiyama sur le thème de Fukushima et en relation avec le projet « Meanwhile in Fukushima ». Pour ce workshop, il était bien expliqué aux étudiants qu’il s’agissait de s’inscrire dans un projet qui se développe de façon organique, sans terme échu, pour correspondre avec la démesure de la catastrophe. D’où la grande liberté dans la recherche et le résultat, qui échappe à toute forme d’académisme. Ayako Sato est née en 1981. Elle a suivi un cursus musical complet au collège Senzoku Gakuen College of Music, avant d’intégrer l’Université des Arts de Tokyo. + sur l’université des arts de Tokyo L’article sen no kioku, mémoire d’une ligne, Ayako Sato est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Fear in Fukushima, Thierry Charollais
Pièce electro improvisée de Thierry Charollais, 33’47. Tout est dans le titre …Avec des sons de Koji Nagahata (professeur de sound design à l’université de Fukushima) et des enregistrements en provenance du CERN (Centre européen pour la recherche nucléaire). La pièce « Fear in Fukushima » a été composée en essayant d’imaginer comment la catastrophe nucléaire de Fukushima a pu être ressentie par la population locale et des environs. Pour ce faire, des sons d’ambiance provenant de diverses sources ont été utilisés : des sons enregistrés à Fukushima par Koji Nagahata (de l’Université de Fukushima), ainsi que des échantillons sonores enregistrés au Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN) de Genève, même si le CERN – et c’est important de le mentionner – s’occupe exclusivement de recherche en physique fondamentale. La pièce est de la musique improvisée : les sentiments n’arrivent pas sur commande, comme ce fut le cas pour la population de Fukushima, qui a été soudain confrontée à la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl. Un mélange de peur, de crainte, ravivée peut-être par les souvenirs de Hiroshima, mais aussi une volonté d’agir de manière rationnelle suite à cette catastrophe. Mais l’hésitation et la contradiction ne sont pas loin, surtout dans des situations extrêmes, l’attitude du gouvernement japonais par rapport à l’énergie nucléaire en sont la preuve. Ainsi, cette pièce musicale tente de recréer ce climat d’incertitude, ceci toutefois avec la distance nécessaire, aussi bien géographique que du point de vue du ressenti, avec l’événement. C’est une marque de respect vis-à-vis de la population de Fukushima. This track has been composed trying to imagine how were and are the feelings of the people living in Fukushima and around with the Fukushima disaster. For this, I created sonic ambiances made of different sound sources : samples of Fukushima taken from the Koji Nagahata (University of Fukushima), samples recorded in the European Center for Nuclear Research (CERN), even if this place – that’s important to mention it – is doing scientific research which has nothing to do with nuclear energy. The music is improvised : the reason is that I think that feelings can be hardly controlled, as it may be or have been so for people in Fukushima : mixing panic and control, trying to face the disaster rationnally, but with hesitation and contradiction. That’s especially the case with Japanese governement’s policy toward the use of nuclear energy. So I composed this track in an uncontrolled way, choosing the sounds a little as they came, and this is the result. Dans le cadre de l’enquête »Engagement, Résistance, Usage Social » initiée par la revue l’Autre Musique, sur la participation au projet de Dominique Balaÿ « Meanwhile, in Fukushima », voici les réponses au questionnaire de Thierry Charolais pour sa pièce Fear in Fukushima. Pourquoi avez-vous choisi de participer au projet «Meanwhile, in Fukushima» ? En quoi « fukushima » est-il un événement pour lequel on peut s’engager ? Le projet avait plusieurs aspects qui m’intéressaient. D’abord, l’événement en tant que tel, qui m’a marqué. Même avec la distance, la catastrophe nucléaire de Fukushima a ébranlé le monde entier et provoqué d’intenses débats politiques concernant la production de l’énergie nucléaire. En Suisse, mon pays d’origine et mon pays de résidence, Fukushima a également amené le débat, et la question de l’abandon définitif de l’énergie nucléaire a été mise à l’ordre du jour. En outre, cet événement pose la question de la probabilité qu’un tel événement se produise, et de près ou de loin, on ne peut qu’y être sensible. Il n’y a pas d’inégalité face aux dégâts d’une catastrophe nucléaire, que l’on vive au Japon (qui l’a déjà historiquement vécu avec les bombes de Hiroshima et Nagasaki en 1945), en ex-URSS avec Tchernobyl en 1986 ou aux USA avec Three Miles Islands en1979. Et ne parlons pas des incidents nucléaires arrivant à répétition dans de nombreuses centrales, et des véritables bombes à retardement que constituent des centrales nucléaires fonctionnant encore, mais qui sont à l’état de poubelles. Le fait de mettre à disposition des œuvres sur le site du projet correspond à une sorte de « cri du cœur » des artistes participant au projet. Une sorte de mobilisation artistique, initiée de manière très libre à toute personne, connue ou non, de pouvoir s’exprimer librement, sans entrave et sans contrainte. Cet aspect m’a beaucoup intéressé car on pouvait s’exprimer sans concession et « crier » tant que l’on voulait.Exprimer ce cri constituait une démarche qui m’intéressait musicalement.— Thierry Charollais vit à Genève (Suisse). Musicien, il écrit également des textes de présentation d’albums de musique électronique et de musique expérimentale publiés sur des labels internationaux. Thierry Charollais is born and lives in Geneva, Switzerland. He not only composes electronic music, but also writes liner’s notes for electronic and experimental music released on international labels. L’article Fear in Fukushima, Thierry Charollais est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Untitled, Cats Hats Gowns
Ces boucles ethereales de Cats Hats Gowns ont été enregistrées en Janvier 2010.Recorded on January 2010.“like a memory-based exploration of mental miniatures, recalling wash tint landscapes and pointillist abstractions in slow motion.” Cats Hats Gowns a débuté sous forme d’un duo de guitare improvisées en 2001. Aujourd’hui à 4 -Yvan Duhamel (guitare), Guillaume Eymenier (guitare), Cédrick Eymenier (synthé) et Mathias Rossignol (drum machine)- ils construisent leurs morceaux autour d’improvisations répétitives mêlants guitares abstraites, synthétiseurs analogiques et rythmes électroniques. Cats Hats Gowns a également fondé le label Coriolis Sounds sur lequel sont parues certaines de leurs productions ainsi que celles d’artistes comme Cédric Pin et FaravelliRatti. Ils ont collaboré avec des musiciens, Giuseppe Ielasi, Jeff Rian, Jean-Jacques Palix, I am a vowel, Mika Perez, Simon Morris (… ) des écrivains Yannick Haenel, Gaelle Obiègly, et des artistes notamment Bertrand Lamarche, Laetitia Benat, Audrey Fondecave, Pierre Weiss.www.coriolislab.org. Discography: Could I be a Bee? (2012), Abrash ep (2009), 10 000 (2009), Flying to the tropics (2007), Plum tree (2006), Pretty perplexed (2005), Long Legged Girl (2003), Sad? (2003), Glimpse variations (2003), Exotic (2002), Golden silence (2001). Reviews:10,000 is a collection of instrumental bedroom recordings by two French improvisors: Yvan Duhamel and Guillaume Eymenier, aka Cats Hats Gowns. Exclusively based on electric guitars, the seven (aptly titled) dialogues sound like a memory-based exploration of mental miniatures, recalling wash tint landscapes and pointillist abstractions in slow motion. The palette of sounds used by the two musicians can successively (or simultaneously) evoke Mick Turner’s eerie rollercoasters and Loren Connors’ poignant driftings, if not early Labradford’s lunar soundscapes. Highly recommended!– Maxime Guitton (http://www.myspace.com/alifibgigs) L’article Untitled, Cats Hats Gowns est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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Once upon a time in Fukushima, avec sax soprano, Frédéric Mathevet
Partition pour aérophone avec sax soprano. Jean-Philippe Velu au saxophone. — Frédéric Mathevet propose un synopsis intitulé « Once upon a time in Fukushima » qui tire parti du matériel sonore mis à disposition dans le projet « Et pendant ce temps à Fukushima » et également de sa question centrale : comment faire pour que la catastrophe ne se perpétue pas indéfiniment dans un fantasme (médiatique, politique, scientifique …) tout entier réduit à un nom, Fukushima ? Le but est d’opérer une mutation (c’est le terme utilisé par Frédéric Mathevet) pour ré-ouvrir une possibilité dans le nom même de Fukushima, et le libérer ainsi de la condamnation qui le frappe. Travail sur un vocable, devenu signe noir, « Once upon a time Fukushima » prévoit de se déployer dans un dispositif complexe dont on peut découvrir la première marche ici, il s’agit d’une partition pour aérophone, et posés sur la carte, quelques dessins comme autant d’éléments de restitution d’un work in progress poétique de belle ampleur. — » La description qui suit est une mise à plat nécessaire de ma participation au projet sonore et collaboratif de Dominique Balaÿ, Meanwhile in Fukushima. Je suis de mon occident. Je n’ai rien vu de Fukushima. Sinon des images et des sons, des agencements médiatiques qui sont venues habiter la sonorité \fukushima\. Pour nous occidentaux, Fukushima n’est plus ni un lieu, ni un événement. Elle est cette sonorité-réceptacle où se sont déposées les angoisses, les fantasmes, les prémonitions d’une société égarée sur les voies de la mondialisation énergétique et nucléaire.\Fukushima\ est une allégorie moderne, la figure d’un mythe moderne, le précipité d’un inconscient collectif. Fusion et fission se sont agrégées à une catastrophe et à un cataclysme faisant de \fukushima\ le signe d’une apocalypse hypermoderne : \Fukushima\ est un Big Crunch symbolique, une cosmogonie inversée. Once upon a time, Fukushima, partition suspendue pour un aérophone et un manipulant, se propose d’inverser la narratologie liée à \fukushima\. Pour reprendre les termes de Dominique Balaÿ, « elle restera fidèle au sens singulier indiqué par Otomo Yosihide, Michiro Endo et Ryoichi Wago dans leur manifeste : il ne s’agira ni d’une dénonciation militante, ni d’un simple reporting de faits, plutôt la démonstration d’un désir et une tentative de maintenir une « connexion » avec ces lieux et ces populations officiellement condamnés. » Il s’agira d’activer un moment symbolique qui rendra à \fukushima\ ses forces positives et centrifuges, d’un moment de lutte symbolique contre les forces mortifères qui proposera une nouvelle cosmogonie ouverte et en expansion. » Lire le projet original ici. Moment B de la partition suspendue : une carte des centrales nucléaires du Japon devient une constellation manipulable à interpréter par l’«aérophoniste». Sa manipulation entraîne une musique aléatoire qui se superpose au jeu de l’interprète. Moment C de la partition suspendue : un respirant virtuel propose une suite de mouvements respiratoires à calquer. Chaque respiration est à la fois l’ingestion du fantasme « fukushima » et la réaffirmation des possibilités de vie. Chaque respiration est à une vitesse différente et possède une coloration ( une voyelle à faire entendre ) différente. Des citations de kamishibai servent de transition entre les différents moments. Ces inserts apparaissent de façon aléatoire et sont accompagnés de scènes de vie sonore japonaise empruntées à la banque de son open source du projet Meanwhile, Fukushima. — Frédéric Mathevet est docteur en arts, plasticien chercheur et compositeur. Frederic Mathevet is graduated as doctor of arts, visual researcher, composer. Fondateur de « l’autre musique » : http://lautremusique.net/. L’article Once upon a time in Fukushima, avec sax soprano, Frédéric Mathevet est apparu en premier sur Fukushima Open Sounds.
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ABOUT THIS SHOW
Un projet artistique mené au Japon et à Fukushima par Dominique Balaÿ.A collaborative sound project reaches out to the people of Fukushima, through music, poetry and sound.En écoute, une sélection de podcasts du projet ET PENDANT CE TEMPS LÀ, À FUKUSHIMA: Janusz Brudniewicz, Furukawa Hideo, Sébastien Job, Monsieur Viande, Ryoko Sekiguchi, Cristian Vogel, Frédéric Mathevet, Masateru Kawakami, Emmanuelle Gibello, François Berchenko, Kenji Kojima, Yoko Higashi,Elisabeth Valetti, Michel Titin-Schnaider, Aurélie Lierman, Dan Charles Dahan, Carl Stone, Dragos Tara, Fred Sonix, Christine Webster, Roxanne Turcotte, Yan Breuleux, Gaël Segalen, Heike Fiedler, Emmanuel Mieville & Patrice Cazelles, Cal Lyall, Lionel Marchetti, Eric Cordier, Joachim Montessuis, Julia Drouhin, Ayako Sato, Tomoko Momiyama, Bérangère Maximin, David Christoffel, Julien Blaine, Richard Pinhas, Salvatore Puglia & Philippe Poirier, Rodolphe Alexis, Yasuaki Shimizu, Aurélien Chouzenoux, Maïa Barouh
HOSTED BY
Dominique Balaÿ
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