EPISODE · Jan 22, 2025 · 6 MIN
Les deux vérités - Méditation du jeudi 23 janvier 2025
from Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin · host Centre Le Pèlerin
Évangile du jeudi 23 janvier - 2ème semaine du temps ordinaire Tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions « Les esprits impurs criaient : “Toi, tu es le Fils de Dieu !” Mais il leur défendait vivement de le faire connaître » (Mc 3, 7-12) En ce temps-là, Jésus se retira avec ses disciples près de la mer, et une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent. De Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie, et de la région de Tyr et de Sidon vinrent aussi à lui une multitude de gens qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait.Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour que la foule ne l’écrase pas. Car il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. Et lorsque les esprits impurs le voyaient, ils se jetaient à ses pieds et criaient : « Toi, tu es le Fils de Dieu ! » Mais il leur défendait vivement de le faire connaître. Méditation - Les deux vérités Décidément, la parole incisive de Marc continue de me tenailler et de raboter mes images. Si la rudesse du Christ envers le lépreux de la semaine dernière désagrège le côté bonbon au miel de ma foi pour reprendre le titre du livre de Luigi Maria Epicoco, la présente Parole en révèle le goût parfois acidulé. Le bonbon persiste, résiste. La vérité s’avale parfois de travers. Alors que le Christ guérisseur se retire dans une barque pour éviter d’être écrasé par la foule, alors que les gens atteints par quelque mal accourent pour toucher le thérapeute, ceux qui parviendront jusqu’au Christ, jusqu’au rivage de la vérité divine, seront des esprits impurs. Ceux qui se jettent à ses pieds sont des esprits impurs, les souffles contaminés dira Chouraqui. Encore plus intrigant, ceux qui le reconnaissent comme le Fils de Dieu, et non pas simplement comme un thérapeute miraculeux, ce sont les esprits impurs. Contaminés, impurs et possédés, ceux-là qui ont mal mérité pour reprendre l’expression du père Yves Girard, moine cistercien. Fixant le mal qui nous captive et les rends captifs, qui nous rend possession de nous-même, d’une perfection ou d’une réussite illusoire ou d’une foi mielleuse, idolâtre et mortifère, nous demeurons ce faisant dans la vérité humaine. Qu’ont-ils vu ? Comment l’ont-ils reconnu ? Voilà qui intrigue alors qu’ici et aujourd’hui, marchant sans équilibre sur le fil de la tradition, la tête appesantie par des siècles de connaissances forgées sur le Fils, nous peinons à le reconnaître, nous ne le voyons plus chez l’autre même le cœur à découvert. Dans la vérité de Dieu, ces impurs ont croisé le regard du Christ, ce regard qui délivre, lave et rend libre. Ce regard lumineux qui éclaire sur la nature du mal et nos illusions. Le père Girard nous l’enseigne : « le mal est dans la faiblesse de l’amour qui n’a pas su maintenir son souffle pour garder la personne aimée dans la gloire béatifiante de l’amour (Qui a lavé mon visage, 1994, p. 150) ». Le souffle purifié, la respiration libérée par le regard chargé de l’amour que Dieu a mis en moi, a mis en nous. Il y a d’ailleurs mis tout son amour, rappelons-nous. Le père Girard poursuit : « Fermer les yeux sur toute espèce de mal, comme Dieu le fait si bien, laisser pousser l’ivraie où elle se trouve sans céder à la tentation de l’arracher, nous remplir les yeux et le cœur de la lumière qui habite tout être en qui circule le sang de Dieu est un acte chargé d’une telle fécondité… L’humanité entière attend de pouvoir puiser dans mes yeux cette lumière qui, spontanément, fait se lever toutes les formes de la beauté, dissimulée souvent dans les êtres aux dehors les plus lamentables » (p. 151).
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Évangile du jeudi 23 janvier - 2ème semaine du temps ordinaire Tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions « Les esprits impurs criaient : “Toi, tu es le Fils de Dieu !” Mais il leur défendait vivement de le faire connaître » (Mc 3, 7-12) En ce temps-là, Jésus se retira avec ses disciples près de la mer, et une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent. De Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie, et de la région de Tyr et de Sidon vinrent aussi à lui une multitude de gens qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait.Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour que la foule ne l’écrase pas. Car il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. Et lorsque les esprits impurs le voyaient, ils se jetaient à ses pieds et criaient : « Toi, tu es le Fils de Dieu ! » Mais il leur défendait vivement de le faire connaître. Méditation - Les deux vérités Décidément, la parole incisive de Marc continue de me tenailler et de raboter mes images. Si la rudesse du Christ envers le lépreux de la semaine dernière désagrège le côté bonbon au miel de ma foi pour reprendre le titre du livre de Luigi Maria Epicoco, la présente Parole en révèle le goût parfois acidulé. Le bonbon persiste, résiste. La vérité s’avale parfois de travers. Alors que le Christ guérisseur se retire dans une barque pour éviter d’être écrasé par la foule, alors que les gens atteints par quelque mal accourent pour toucher le thérapeute, ceux qui parviendront jusqu’au Christ, jusqu’au rivage de la vérité divine, seront des esprits impurs. Ceux qui se jettent à ses pieds sont des esprits impurs, les souffles contaminés dira Chouraqui. Encore plus intrigant, ceux qui le reconnaissent comme le Fils de Dieu, et non pas simplement comme un thérapeute miraculeux, ce sont les esprits impurs. Contaminés, impurs et possédés, ceux-là qui ont mal mérité pour reprendre l’expression du père Yves Girard, moine cistercien. Fixant le mal qui nous captive et les rends captifs, qui nous rend possession de nous-même, d’une perfection ou d’une réussite illusoire ou d’une foi mielleuse, idolâtre et mortifère, nous demeurons ce faisant dans la vérité humaine. Qu’ont-ils vu ? Comment l’ont-ils reconnu ? Voilà qui intrigue alors qu’ici et aujourd’hui, marchant sans équilibre sur le fil de la tradition, la tête appesantie par des siècles de connaissances forgées sur le Fils, nous peinons à le reconnaître, nous ne le voyons plus chez l’autre même le cœur à découvert. Dans la vérité de Dieu, ces impurs ont croisé le regard du Christ, ce regard qui délivre, lave et rend libre. Ce regard lumineux qui éclaire sur la nature du mal et nos illusions. Le père Girard nous l’enseigne : « le mal est dans la faiblesse de l’amour qui n’a pas su maintenir son souffle pour garder la personne aimée dans la gloire béatifiante de l’amour (Qui a lavé mon visage, 1994, p. 150) ». Le souffle purifié, la respiration libérée par le regard chargé de l’amour que Dieu a mis en moi, a mis en nous. Il y a d’ailleurs mis tout son amour, rappelons-nous. Le père Girard poursuit : « Fermer les yeux sur toute espèce de mal, comme Dieu le fait si bien, laisser pousser l’ivraie où elle se trouve sans céder à la tentation de l’arracher, nous remplir les yeux et le cœur de la lumière qui habite tout être en qui circule le sang de Dieu est un acte chargé d’une telle fécondité… L’humanité entière attend de pouvoir puiser dans mes yeux cette lumière qui, spontanément, fait se lever toutes les formes de la beauté, dissimulée souvent dans les êtres aux dehors les plus lamentables » (p. 151).
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