EPISODE · May 30, 2024 · 8 MIN
Méditation quotidienne du jeudi 30 mai : Entre l’honorable et le Divin (No 256 - série 2023-2024)
from Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin · host Centre Le Pèlerin
Évangile du Jeudi 30 mai - 8e semaine du Temps ordinaire (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions) « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Mc 10, 46b-52 En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin. Méditation L’Évangile d’aujourd’hui est une illustration formidable des conséquences des blessures sur notre vie humaine spirituelle et de la puissance de résurrection du Christ sur ces mêmes blessures. Combien d’enfants ont disparu devant leurs parents ? Qu’ils sont devenus des fils ou des filles de Timée ? C’est-à-dire qu’ils n’ont pas pu devenir qui ils sont en découvrant leur véritable nom, car ils sont devenus les « fils ou filles (Bar) de l’honorable (Timée) », ou encore, parce qu’ils sont devenus les « fils ou filles du contaminé » (ces deux traductions du nom de Bartimée étant proposées dans une note dans la Bible d’André Chouraqui). Chez Chouraqui, les « esprits mauvais » de la Bible de Jérusalem sont traduits par « souffles contaminés », ce qui veut dire que Bartimée est vu comme « fils du mauvais, du contaminé ». C’est un fils donc qui est déformé par le mal et livré à ce mal. Et ce mal se précise par la deuxième traduction, signifiant que son père lui-même n’existe pas, car son identité lui est offerte par les honneurs. Un père qui n’existe que par le rôle qu’il occupe et les honneurs que lui apporte son rôle ne peut engendrer un fils à lui-même. Le fils ne peut exister, entrer dans sa propre identité, car il est là, lui aussi, pour donner honneur à son père, selon le rôle que ce dernier s’est créé. N’est-ce pas la nature même du mal, du Mauvais, que l’obligation d’abolir l’autre pour maintenir sa propre abolition ? Car le péché, la source du mal, est toujours de vouloir « devenir comme un dieu » ou, pour le dire autrement, devenir ce que nous ne sommes pas pour espérer exister. Dans l’illusion de « devenir comme un dieu », nous renonçons à nous-mêmes et refusons du même coup la relation à Dieu, qui veut nous partager sa divinité. En jouant à dieu au lieu d’être divinisé par Dieu et naître à notre nom unique en Lui, nous sommes sans nom comme Bartimée et, par voie de conséquence, nous sommes incapables d’entrer en relation avec un A(a)utre; vivant dans l’abolition de soi, nous ne pouvons qu’abolir l’A(a)utre. Et toute notre vie nous mendions auprès de l’autre un « droit d’exister », d’avoir une place, d’être enfin reconnu pour soi.
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