EPISODE · Apr 28, 2024 · 8 MIN
Méditation quotidienne du lundi 29 avril : Tout-petits pour grandir sous ton regard (No 225 - série 2023-2024)
from Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin · host Centre Le Pèlerin
Évangile du lundi 29 avril - 5e semaine de Pâques (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions) « L’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout » Jn 14, 21-26 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. » Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? » Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » Méditation Cette page d’évangile aborde la question de l’« enfance spirituelle » : « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » Au sein d’une prière de louange adressée au Père, Jésus se félicite du mystère que le Père dérobe aux hommes qualifiés par leur savoir pour le révéler aux non qualifiés, « aux tout-petits ». Le grec dit « népios » qui signifie « petit enfant » et désigne les gens « sans instruction » et « non qualifiés ». La connaissance du Père est remise au Fils et celle du Fils est confiée au Père, de telle sorte que ce mystère est dialogue de l’un à l’autre dans une contemplation lumineuse. Qui pourrait prétendre s’immiscer dans cette conversation divine ? Face à Dieu, qui pourrait présenter ses titres de noblesse pour se hausser à Son infinité ? Qui fournira sa quittance et fera valoir un droit ? Notre mentalité démocratique, si sourcilleuse sur nos droits, a du mal à reconnaître le fossé profond qui sépare notre nature finie, partielle et aveugle de l’immensité divine. Autrefois, le mot de « crainte de Dieu » approchait ce mystère en tâtonnant. Mais, aujourd’hui, ce mot est démonétisé, hors d’usage… inaccessible… Lorsque Jésus parle à Son Père, Il ne nous laisse pas comme des orphelins sur le bord de la route. Il ne se réjouit de cette intimité avec Son Père que pour nous y introduire : « venez à moi » est une invitation lancée aux disqualifiés que nous sommes. Comment ? Face à cette connaissance de Dieu, suis-je donc « celui à qui le Fils veut le révéler » ? Le Fils déclare qu’Il peut nous révéler ce mystère du Père à la condition que nous nous reconnaissions comme incapables de produire cette connaissance par notre savoir humain. Le mystère de Dieu est livré sans condition de mérite, c’est-à-dire à la condition d’être tout-petit ! Notre ignorance s’imagine qu’être comme les « tout-petits » est une voie ordinaire : un peu d’infantilisme… une dose de simplisme… et la recette serait complète. Pourtant, le psaume 8 nous avertit : « Ô Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre ! Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits : rempart que tu opposes à l'adversaire, où l'ennemi se brise en sa révolte. » (Ps 8, 1-3). La louange des « tout-petits » est solide comme un rempart sur lequel l’ennemi de l’amour se fracasse. Le chant que les « tout-petits » adresse à la grandeur du Dieu dont la splendeur parcourt la terre est une arme dans le combat spirituel. Chanter sa vie dans le combat… au milieu des attaques, est-ce si facile ? Le psaume 130 donne l’image de l’enfant reposant sur le sein maternel de Dieu : « Seigneur, je n'ai pas le coeur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent. Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère. » (Ps 130, 1-2). Réalité touchante qui suppose un parcours de vie : dépasser la vanité de l’ambition vide, renoncer à la stérilité du « cœur fier ». Est-ce si facile ?
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