EPISODE · Feb 2, 2024 · 7 MIN
Méditation quotidienne du samedi 3 février : Les entrailles remuées (No 139 - série 2023-2024)
from Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin · host Centre Le Pèlerin
Évangile du Samedi 3 février - 4e semaine du Temps ordinaire (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions) « Ils étaient comme des brebis sans berger » Mc 6, 30-34 En ce temps-là, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné. Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement. Méditation La Parole de ce matin nous présente un Christ de compassion, remué jusqu’aux entrailles (selon la traduction de Chouraqui). Le partage de la passion de l’autre, de sa souffrance sans l’endosser, sans la glorifier ni la diminuer ou la lui ôter. Simplement la partager comme une même condition, pleinement et divinement humaine. À travers cette foule qui accourt, le pas pressé, assoiffée de salut et égarée comme un troupeau de brebis éperdues, je nous retrouve. Égarés nous sommes, avec nos manques qui blessent, nos désirs inassouvis, nos péchés entêtés. Éperdus, nous sommes, avec notre souffrance qui se dilate. Nous portons souvent cette foule quand l’espace intérieur est tissé serrés de fausses croyances et de sous-personnalités. À l’étroit dans notre humanité, pourtant si large qu’elle ne peut être rétrécie, comme une laine bouillie. Une mise en scène de ce soi joué en boucle, le plus souvent coincé entre un faux système de salut et une suffisance aux allures d’invulnérabilité. Bref, une humanité confondue avec une autonomie tricotée et si inutile qu’elle retarde la conscience que nous sommes déjà exaucés. Mais voilà, tous ces mouvements ouvragés et intérieurs s’agitent et se braquent avec la rencontre de la Vérité incarnée dans un serviteur souffrant. Il nous révèle au fil des millénaires qu’il suffit d’être, tout simplement, tout courageusement. Ces païens pleins de foi, ces juifs ébahis qui accourent, n’ont-ils pas eu les entrailles remuées en apercevant ce Jésus ? Cet homme vulnérable sans armée, sans conquête autre qu’un amour donné et gratuit pour eux, pour nous, sans exception, sans mesure aucune. Un amour si vivant, invincible et si libre qu’il ne peut être entendu et saisi qu’à travers la mort clouée injustement sur le bois. Quel désarroi et quelle espérance que la vie, sous occupation romaine ou post-moderne. Jésus, cet enfant parfaitement confiant d’un Dieu père que l’on pourrait appeler le Grand Dépourvu. Cet enfant vivant en nos entrailles fut langé dans une mangeoire et rayonne de gloire sur la paille. En notre cœur profond, ce roi nous honore, monté sur un ânon. Il s’est agenouillé pour nous laver les pieds, la tête couronnée d’épines et de ronces. Il nous a remis librement sa vie, sans défense ni magie sur la croix des condamnés, au creux de nos mains en eucharistie.
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