EPISODE · Sep 6, 2025 · 9 MIN
Pleurs et joie du salut - Méditation du mercredi 10 septembre 2025
from Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin · host Centre Le Pèlerin
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc En ce temps-là, Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. » Pleurs et joie du salut. « Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez » (Lc 6,21). Par cette parole énigmatique, le Christ évoque un bonheur au milieu des larmes. Certaines larmes se mêleraient-elles à une certaine manière d’être heureux ? « Y aurait-il donc une affliction qui serait paradoxalement source de bonheur ? » (1) Il ne s’agit nullement d’une banalité comme « après la pluie, le beau temps », ni d’une compensation… Qui oserait dire à une mère : « vous avez perdu un enfant ? Mais… vous en aurez d’autres… » ? Une jeune vie, partie trop tôt, ne se remplace pas. D’ailleurs, Dieu approuve Rachel qui refuse d’être consolée de la mort de ses enfants : « Ainsi parle le Seigneur : Un cri s’élève dans Rama, une plainte et des pleurs d’amertume. C’est Rachel qui pleure ses fils ; elle refuse d’être consolée, car ses fils ne sont plus. » (Jr 31,15) Comme toutes les mères en deuil, Rachel refuse les mots illusoires. Dieu donne raison à Rachel. En effet, dans les larmes, un point de vie remonte du tréfonds de l’âme et se redresse. C’est l’antique mémoire de vie ! Un souvenir des origines affirme avec Dieu que l’existence humaine est « très bonne » (Gn 1,31). Qu’il est doux — contre les faits qui accablent — de ce souvenir de cette vérité divine ! Les larmes n’abdiquent pas devant le mal qui ne doit pas avoir le dernier mot. Celui qui pleure refuse de se confondre avec le mal qui prétend nous broyer jusqu’au cœur. Les larmes résistent, elles ne veulent pas de compensation, ni de résignation, ni d’illusion. Mais, elles désirent la réparation des vies, la Rédemption qui fait droit aux existences brisées. Même si nous l’ignorons, les larmes sont mystérieusement adressées à un Autre. Même si nous ne le savons pas, les larmes questionnent une profondeur qui est en nous. Dans la foi, comme le psalmiste (Ps 38,13), le cœur pleure en Dieu et Dieu pleure avec ce cœur : « Les larmes de la veuve ne descendent-elles pas sur les joues de Dieu ? » (Siracide 35,18) La béatitude des larmes répond à un double mouvement. D’abord, l’âme se sent rejointe par le Christ qui « frémit intérieurement et se trouble » (Jn 11,33) devant la mort de son ami Lazare, devant la mort de nos proches. Les larmes de Jésus expriment ce refus de la mort et disent Son amour pour nous : « Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » » (Jn 11, 35). Le Sauveur pleure avec nous. Puis, dans un deuxième mouvement, nos larmes nous déplacent dans la compassion pour rejoindre Celui qui est venu vers nous. Jésus Lui-même fait le lien entre nos larmes et Sa mort. On reprochait aux disciples de Jésus de ne pas jeûner comme les disciples de Jean-Baptiste. Alors, Jésus répond à cette critique en parlant de l’affliction et des larmes qui viendront lors de son enlèvement, c’est-à-dire au moment de Sa Passion et de Sa mort.
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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc En ce temps-là, Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. » Pleurs et joie du salut. « Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez » (Lc 6,21). Par cette parole énigmatique, le Christ évoque un bonheur au milieu des larmes. Certaines larmes se mêleraient-elles à une certaine manière d’être heureux ? « Y aurait-il donc une affliction qui serait paradoxalement source de bonheur ? » (1) Il ne s’agit nullement d’une banalité comme « après la pluie, le beau temps », ni d’une compensation… Qui oserait dire à une mère : « vous avez perdu un enfant ? Mais… vous en aurez d’autres… » ? Une jeune vie, partie trop tôt, ne se remplace pas. D’ailleurs, Dieu approuve Rachel qui refuse d’être consolée de la mort de ses enfants : « Ainsi parle le Seigneur : Un cri s’élève dans Rama, une plainte et des pleurs d’amertume. C’est Rachel qui pleure ses fils ; elle refuse d’être consolée, car ses fils ne sont plus. » (Jr 31,15) Comme toutes les mères en deuil, Rachel refuse les mots illusoires. Dieu donne raison à Rachel. En effet, dans les larmes, un point de vie remonte du tréfonds de l’âme et se redresse. C’est l’antique mémoire de vie ! Un souvenir des origines affirme avec Dieu que l’existence humaine est « très bonne » (Gn 1,31). Qu’il est doux — contre les faits qui accablent — de ce souvenir de cette vérité divine ! Les larmes n’abdiquent pas devant le mal qui ne doit pas avoir le dernier mot. Celui qui pleure refuse de se confondre avec le mal qui prétend nous broyer jusqu’au cœur. Les larmes résistent, elles ne veulent pas de compensation, ni de résignation, ni d’illusion. Mais, elles désirent la réparation des vies, la Rédemption qui fait droit aux existences brisées. Même si nous l’ignorons, les larmes sont mystérieusement adressées à un Autre. Même si nous ne le savons pas, les larmes questionnent une profondeur qui est en nous. Dans la foi, comme le psalmiste (Ps 38,13), le cœur pleure en Dieu et Dieu pleure avec ce cœur : « Les larmes de la veuve ne descendent-elles pas sur les joues de Dieu ? » (Siracide 35,18) La béatitude des larmes répond à un double mouvement. D’abord, l’âme se sent rejointe par le Christ qui « frémit intérieurement et se trouble » (Jn 11,33) devant la mort de son ami Lazare, devant la mort de nos proches. Les larmes de Jésus expriment ce refus de la mort et disent Son amour pour nous : « Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » » (Jn 11, 35). Le Sauveur pleure avec nous. Puis, dans un deuxième mouvement, nos larmes nous déplacent dans la compassion pour rejoindre Celui qui est venu vers nous. Jésus Lui-même fait le lien entre nos larmes et Sa mort. On reprochait aux disciples de Jésus de ne pas jeûner comme les disciples de Jean-Baptiste. Alors, Jésus répond à cette critique en parlant de l’affliction et des larmes qui viendront lors de son enlèvement, c’est-à-dire au moment de Sa Passion et de Sa mort.
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