EPISODE · Mar 31, 2026 · 3 MIN
JEWISH HISTORY - PESSA'H RISHON (Moshé Shimshon MAWULOM)
from Nusakh Afriki, une Tradition Authentique · host CHIEF RABBINATE OF AFRICA
Sous un ciel ancien, bien avant l’Égypte, Abraham reçoit une parole qui traverse les générations : sa descendance sera étrangère, façonnée par un exil de quatre cents ans, un véritable tikoun, une réparation profonde. Les années passent, les fils de Jacob, les Bnei Israël, descendent en Égypte grâce à Joseph, et ce qui naît là-bas n’est pas seulement une nation mais une réalité plus large : Influencés par la sagesse de Yossef et des conversions qu'il va opérer avec son Père Jacob, le Am Bnei Israël, cette multitude, ces égyptiens au sens large, réincarnations de la semence perdue d'Adam HaRishon, voit le jour. Mais face à cette croissance, Pharaon ne voit pas une promesse, il voit un risque ; alors il enferme, il écrase, il tente de réduire cette force en brisant l’identité même du peuple qui porte les identités spirituelles hébraïques et Israélites, jusqu’à décréter la disparition des nouveau-nés. Dans ce monde oppressé, un enfant est sauvé des eaux : Moïse, élevé au cœur du pouvoir mais porteur d’un appel qui le dépasse. Le temps du décret approche de son accomplissement : les quatre cents ans ne sont pas seulement une durée, ils sont un seuil, et tous ne le traverseront pas de la même manière. Quatre cinquième du peuple reste, comme l'annonce la Haftarah de Parashat Shoftim et comme le confirment Rabbi Nekhounia Ben HaKane et le Zohar Hakadosh, non par faiblesse ni par assimilation, mais parce qu’ils vont jusqu’au bout du processus, complétant pleinement ce tikoun des quatre cents ans comme annoncé à Avraham; tandis qu’un cinquième, les Bnei Israël destinés à sortir après 210 ans, porteurs non de l’achèvement mais du mouvement, de la rupture nécessaire pour faire naître l’histoire suivante.Puis vient la nuit du quinzième jour du premier mois, le mois de Nissan, une nuit de pleine lune, une nuit de Shabbat, suspendue hors du temps. Tout est prêt, tout est précis : un agneau est pris, sacrifié, son sang recueilli, appliqué sur les linteaux et les montants des portes à l’aide d’une branche d’hysope ; à l’intérieur, on mange dans la hâte, avec le goût amer du maror, mémoire vivante de l’amertume de l’exil. Dehors, l’Égypte retient son souffle ; dedans, une distinction se trace, silencieuse mais absolue. Lorsque la plaie descend, elle traverse les rues, elle touche chaque maison égyptienne, mais elle passe au-dessus de celles marquées par le signe — Pessa’h, le saut. C’est dans cette nuit que le basculement s’opère : l’exil atteint son point de rupture, la délivrance s’enclenche. Au matin, l’ordre est donné, le départ est immédiat, sans délai, sans retour en arrière. Ce n’est pas seulement une sortie géographique, c’est une extraction d’un état vers un autre, une séparation entre ceux qui acheveront le cycle et ceux qui sont appelés à l’ouvrir. Et ainsi, sous la lumière pleine de la lune, un cinquième du peuple se met en marche, portant avec lui la mémoire des quatre cents ans accomplis par les autres, avançant vers la mer, vers l’inconnu, vers la naissance d’un peuple libéré.
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