EPISODE · Sep 2, 2026
Xi Jinping, une tournée diplomatique sur les routes de la géopolitique
from La fabrique du monde · host RFI
Le président chinois Xi Jinping est arrivé hier en Égypte pour la suite et la fin de son deuxième voyage de l'année après celui effectué en Corée du Nord. Après son passage au Kirghizstan pour le sommet de l'organisation de coopération de Shanghaï, c'est une nouvelle occasion d'envoyer des messages diplomatiques et géopolitiques. L'étape de Bichkek a été riche avec des rencontres avec les chefs d'État membres de l'organisation : Vladimir Poutine bien sûr. Le président iranien Massoud Pezeshkian était là aussi. Pour les deux hommes, cela constitue autant de marques de proximité. C'est la même chose pour ce passage en Égypte à l'occasion du 70ᵉ anniversaire des relations entre les deux pays. Le président chinois écrit personnellement dans un long texte qu'il veut mettre en avant les relations entre deux civilisations millénaires. Mais le message s'adresse aussi à ceux qui ne sont pas là. Par exemple les Européens pour ce qui est des relations avec la Russie. Il continue à la soutenir malgré les demandes répétées liées à la poursuite de la guerre en Ukraine. Ou les États-Unis en montrant que l'Iran n'est peut-être pas si isolé que ça ou que la Chine peut s'intéresser au Moyen-Orient où de nombreux pays de la région réfléchissent à leurs liens avec Washington depuis le début de la guerre. À lire aussiChine: Xi Jinping entame une visite au Kirghizistan pour un sommet de l'OCS puis en Égypte Terres rares Il y a aussi un très gros aspect géopolitique dans cette tournée. Il y a moins d'un an, Donald Trump recevait en grande pompe à Washington les pays d'Asie centrale. Objectif à peine dissimulé : l'accès aux ressources minières de ces pays et notamment aux fameuses terres rares, indispensables à de nombreuses industries, notamment dans la haute technologie et dans l'armement. Actuellement, c'est la Chine qui maîtrise ce secteur stratégique. Un énorme avantage qui permet à Xi Jinping de faire entendre raison à tous ses concurrents. Il l'a déjà fait, en particulier avec le président américain, pour le faire reculer sur les droits de douane dans sa guerre commerciale. Et il n'entend évidemment pas dilapider son avantage. Toujours en Asie centrale, la Chine a beaucoup investi dans les infrastructures pour ses nouvelles routes de la soie. À lire aussiLa stratégie chinoise derrière la conquête mondiale des terres rares Faire baisser le coût des trajets Les routes commerciales sont l'autre aspect clé de ce voyage. Xi Jinping en aura forcément reparlé avec Vladimir Poutine, quelques jours après l'inauguration de sa route maritime le long des côtes arctiques russes. À Pékin, on appelle ça la route de la soie polaire. Elle est permise par la fonte des glaces accélérée par le changement climatique et, le cas échéant, par la flotte de brise-glaces de la Russie qui ne peut rien refuser à la Chine. Pour Pékin, cela présente l'avantage immense de raccourcir, donc de faire baisser le coût des trajets vers l'Europe. Xi Jinping va forcément en parler à Abdel Fatah al-Sissi. La route de la mer Rouge, essentielle au commerce chinois vers l'Europe, est menacée par les tensions régionales. L'Égypte est vue comme un pays pivot, qui agit en Afrique, où la Chine a beaucoup investi. Le Caire soutient le gouvernement soudanais de Khartoum, le long de la mer Rouge. Et le canal de Suez lui appartient. Comme l'Iran rêve de le faire au détroit d'Ormuz, elle perçoit des droits de passage. En moyenne, un demi-million d'euros par bateau. Et ça maintenant, que la Chine a une solution alternative, par la Russie, ça peut entrer dans le cadre d'une négociation, même entre amis. À lire aussiEn Égypte, Xi Jinping veut renforcer l'influence chinoise face aux États-Unis
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