PODCAST · arts
Ce n'est qu'un reflet la vie
by HED
Poèmes dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Les mois d'août, les mercredis, les dimanches à midi, les amours libertaires, l'hiver au bord de la mer, la fatigue en désaveu, le désespoir en pantoufles, le mistral au dernier souffle et le repos quand tu veux, les crédos les regrets, machines en avant toute, le paradis sur les routes, l'aller-simple aux émigrés, Tokyo Manhattan New-York, les taulards qui se débinent, le vent des grandes orgues, le cinoche et les gamines: ce n'est qu'un reflet la vie, une lueur dans mes yeux, que je fixe obstinement, le nez collé au miroir... Le bon sens giratoire, le silence dans les voiles, le souk dans les étoiles, Vincent Van Gogh à la foire, le sida le partage, la fête en dérapage, le néant sous l'Acropole, l'équateur aux deux pôles, les mains crispées sur la clope, les pros de l'aventure, les aveugles et les cyclopes, laminés par les voitures, les chevaux dans les plaines, les chutes de la lune, la mer le chant des baleines, la dernière à la u
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Petit conte à vélo. enregistré avec Twotrack Recorder
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL PETIT CONTE A VELO.*Comme la cuisse et le seinelle avait la tête rondeet dedans s'y promenaità vélo sans voir la fin.*Un prince elle a rencontrécertes amoureux mais immondeau point pour se l'aliénerqu'il mit sa tête au carré.*Rendue folle elle prit la fuiterien ne pouvait l'arrêtermême pas le bout du monde,écoutez je dis la suite*… parvenue à ces confinselle a choisi de sautermais s'en sortit à bon compte,vous verrez voici la fin :*rien pour moi de plus charmantelle atterrit dans mon litet sa chute fut fécondetant nous fumes bons amants*mille enfants de nous sont nésaussi beaux qu'elle est jolieet d'ailleurs voilà commentils nous mènent à la ronde :*tous deux par le bout du neztête ronde couronnéemais pour le charme du conteà vélo évidemment…*- Henri Étienne DAYSSOL -
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J'HABITERAIS UNE PLANETE EN OR
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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La tournée du vieux Némo
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Chez nous en rêve on se fiance début juin jusqu'à fin mai nous suffit pas de la bombance on est à boire et à aimer on foule aux pieds dans la poussière les oripeaux contre-nature et puis nus comme au premier jour on baise au lit de la rivière. Plutôt qu'avaler des couleuvres on ne s'y noie que d'alcool pur et je vous jure qu'on assure comme des dieux à la manœuvre : à être soi on s'aventure dans de ces tourbillons d'amour qui font de la rivière un fleuve et puis de ce fleuve une mer. Chez nous on n'est pas déprimé pas délaissé le cœur en peine, venez-y donc aux lunes pleines y prendre un verre et vous marrer,on y brasse pas que de l'air tous tant qu'on est à notre affaire on est à boire et à aimer à qui la gnôle à qui la chair. On décolle plus du bistrot tant y'a de bouteilles à la mer, eau de Seltz et Picon amer avant de s'envoyer en l'air aussi salée qu'Histoire d'Ôc'est la tournée du vieux Némo, venez-y donc y boire un verre chez nous c'est toujours la marée.
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Il n'y a pas de paradis
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Musique François SEIGNEUR. Le paysage c'est ta peauet le soleil c'est ton regard.Oui nous avons vaincu le tempsenfin j'arrive et tu es là.Il n'y a pas de paradisil y'a ton corps il y'a tes bras.Tu me dis seulement je t'aimeet voilà toute la musique.Elle est plus grande que l'universet elle me prend et elle m'envole.Tout ton amour est dans le ventil est dans l'air que je respire.Je suis à tous les horizonset je deviens le ciel entier.Je m'évapore et j'y consensque ma vie soit sur ton nuage.Je suis heureux je suis vivantau moins autant que j'ai souffert. J'ai eu si peur j'étais si pauvreet tant dépossédé d'amour.Je ne veux plus m'en retourneralors que tout est là de nous. Je suis arrivé où j'allais ce n'est pas que je l'imagine,et quand bien même je rêveraisde toute façon j'y serais. C'est ton sourire si je ris qui fait que j'ai le cœur à rire et pas une plaisanterie il n'y a pas de paradis, de paradis il n'y a que toiet c'est là que je suis chez moi... - Henri Etienne DAYSSOL -
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Je Sais Une Île
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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La Cançon Dels Paisans
Henri Etienne DAYSSOL Gérard ZUCHETTO 1970
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Ma maison de rêve
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Je cherchais une maison / au matin de Noël, / pour m'enfuir pour être libre, / l'hiver m'avait piégé. // Cerné de fils-barbelés / j'ai levé les yeux au ciel, / quand j'y ai vu l'entrée / le vent m'a claqué la porte. // Alors j'ai dansé nus-pieds / pour m'enfuir pour être libre, / j'ai quitté mes souliers / trop lourds, crottés de boue. // Je tremblais dans mon habit / trop usé trempé de pluie, / je l'ai flanqué au feu / aller cul nu valait mieux. // Tout le monde était transi, / pétrifié de gel, / nul amour nul ami / n'a pu m'ouvrir ses bras. // Restait qu'à creuser la terre / pour m'enfuir pour être libre, / mais trop vite fatigué / je m'endormis dans mon trou. // L'hiver m'avait piégé, / j'avais froid j'avais sommeil, / je cherchais une maison / fallait que je m'en sorte, // au matin de Noël / adieu l'hiver, / dans un rêve elle m'attendait...
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automne
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL AUTOMNE. Tu ne veux rien que la rencontre rien que l'amitié profonde, l'amour. Tu ne veux rien de plusmais ce que tu veux Dieu le veut: l'amant est au rendez-vous, il a pour nom "l'automne" et il te dit "je t'aime". Il baise ton miroir, ta mamelle épuisée, ta lèvre endolorie; puis il détache de ton point faible sa feuille cramoisie et te découvre : pas de surprise, ton manque est à la hauteur. Tu sais l'automne est pour les hommes, les hommes qui ont peur, qui ont froid avant l'heure. Mais haut les cœurs,l'heure d'automne ce n'est pas l'heure, ça n'est que celle du vent: minuit dans ton château de sable, midi au crépuscule et quatorze heure sous les étoiles les plus lointaines. Oui, ça faisait longtemps mais ça le fait encore. Tu vois, l'automne, sa main est tiède et sa caresse est la plus douce aux reins brisés comme au ventre exposé. Tu vois, ce n'est pas l'heureça n'est que celle du vent. - Henri Etienne DAYSSOL -
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La Chanson Qui Se Tait
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Pour se vider la têteet s’adoucir le cœur,il se la joue pêcheur,pêcheur façon poète :Il accroche ses vers au bout de l’hameçonet pêche une chansonétrange et douce- amère,amère mais si calmequ’on dirait des fois celledu sar, de la bondelleou du périophtalme ;Il pêche une chansonétrange mais si bellequ’oubliant sa raisonà trop se la chanter,il tombe amoureux d’elle,il tombe du côté,du côté candirou,gouppy, piccaroucou,du côté qui sait toutmais ne dit rien du tout,du côté des poissons,du côté qui se tait
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La Bavette Aux Poissons
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Il a fait si bonne pêche / ton filet de voix : / que de silences / pris dans ses mailles monocordes, / que de noyés fidèlement / vibrant au diapason, / c'est qu'il est descendu profond / trouver le la. / Et puis ces trésors d'ossements / et ces coquilles vides / que de nuances dans les blancs, / voilà de quoi te peindre une île / digne du vent. / Il a fait si bonne pêche / ton filet de voix, / mais à quoi bon / puisqu'il a rompu son filin / que son bateau est loin. / Il restera là par le fond / en grand débat de riens / taillant la bavette aux poissons. / C'est difficile / mais au final ça lui va bien / vu qu'il a compris que là-haut / de la surface jusqu'au ciel / pas plus de bonnes vibrations / que de silence / pas même un cri / pas un qui porte bien son nom / mais tant de bruit / qui sonne faux / que la raison ne s'entend plus / on est rendu superficiel / toute parole est superflue. - Henri Etienne DAYSSOL -
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La Bavette Aux Poissons
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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cacophonie
poème en musique dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL CACOPHONIE. Face au miroir un peu fêlé / qui ne connaît que ton sosie / tu joues sur des souvenirs faux / et bonjour la cacophonie. / Tu te fais peur, / ces grands yeux noirs toujours ouverts / comme c'est laid, / sans déconner / on dirait ton salaud de père, / ses regards culpabilisants / et son sourire de tueur ; / alors tu cries, / (quel numéro !) / et banco dans le mouvement / tu joues plein pot méli-mélo / (quel accompagnement !) / ou le déni ou l'amnésie / ou l'embrouillamini. / Mon vieux tu parles d'un folklore / ah non c'est pas du Debussy / non plus "Les chants de Maldoror" / mais c'est ainsi / au pays des trompe-la-mort / et c'est ta vie; / qui mal y pense soit honni ! - Henri Etienne DAYSSOL -
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La cérémonie
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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Ouhibbouka
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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La Chanson Du Grillon
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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La Nostalgie Aussi
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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Un Verre De Vin Rouge
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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Jamais Seul
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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Mon Pote Poète
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL MON POTE POETE Mon pote poète ça l'embête d'avoir ses pieds dans mes chaussettes, sa peau, son cœur dans ma liquette, et ses mirettes dans mes lunettes mal nettoyées, pas souvent nettes … Tous les jours quand il voit ma tête dans son miroir aux alouettes, il voit ma gueule de pauvre bête et mon mal être et ma défaite et le boulet que je vais être, et il se dit que c'est trop bête, et il se dit qu'avant d'y être vaut mieux pour lui m'envoyer paître, quitter mes guêtres et mes casquettes, prendre la poudre d'escampette, et à perpète s'expatrier… Et, comme il est pour se tailler, il se taille avec mes papiers, mes faux papiers mal bidouillés, avec ma signature en biais, mal copiée, et ma photo mal maquillée… et, avec ça, il se figure, quand il se pointe à la frontière, dans ma voiture, s'il a pas l'air d'un rastaquouère, ni d'un gangster, ni d'une enflure, qu'à tous les coups ça va le faire ; et ça le fait toujours bien sûr, car c'est la mienne la frontière, et c'est moi le garde-barrière, et je lui fais bonne figure, et je lui dis : « Salut mon frère ! » Je lui dis : « A la revoyure !... » Et après j'ouvre la barrière... Henri Etienne Dayssol
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La Poésie C'est Le Trésor De Tout Le Monde. (d'après Nicanor PARRA)
Poème (d'après Nicanor PARRA) dit par Henri Etienne DAYSSOL. Poète, il est l'heure de quitter ton piédestal ! Tu n'es pas un alchimiste mais un homme ordinaire, un maçon, avec les mots de tous les jours, un bâtisseur, de portes et de fenêtres. La poésie n'est pas objet de luxe mais de première nécessité, on ne peut pas vivre sans elle ; il est temps que les demi-dieux, les pisseurs d'encre et les rats de bibliothèques soient jugés et démasqués pour construction de citadelles dans les airs, hasardeuse réunion de mots creux martyrisés et rédaction de sonnets à la lune façon dernière mode de Paris. On n'en peux plus des nymphes et des tritons et des signes cabalistiques, sors du brouillard, poète, et que ton cri soit le poème des yeux ouverts, des têtes claires et des poitrines nues. Sois pour nous tous initiateur fédérateur et mobilisateur pas comme tes aînés qui n'ont pas su pour la plupart devenir populaires. Leur poésie fut un désastre : surréalisme périmé, décadentisme faisandé devenus néo-maniérisme patenté sourd à l'évolution de la parole et de l'esprit des gens. Et maintenant poète tu te demandes : "pourquoi ont-ils écrit des trucs pareils ?!" La poésie son écriture et son partage c'est le trésor de tout le monde. Tête froide et coeur bouillant, poète, refuse de t'adresser avec des bulles de savon à un public absent. Tu veux connaître le bonheur des mots vrais partagés : alors contre la poésie des coteries et des cénacles défends la poésie de la place publique. L'heure est venue de quitter ton piédestal ! - Henri Etienne DAYSSOL -
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Mes Décommandements
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL. 1-Reprends mes devants, comme si rien n'était, tant que ta jeunesse a raison des prophètes, et si le printemps te couronne la tête, fais ta route neuve où nul pas n'est compté, va dans mon désert, sans tambours ni trompettes, prends sa terre vierge sans faire sa conquête, taille ses diamants sans les décapiter puis fais-les palir dans les yeux des poètes... 2-Pour te concevoir, dans mon crâne, au trépan, j'ai inséminé mon néant de tortures, puis j'ai déroulé, pour ta mésaventure, jusqu'au bout du ciel mon tapis rouge-sang; n'essaies plus alors de te voir en peinture, l'œil illuminé, l'âme aux enluminures, quand c'est dans la nuit que ton regard perçant, sur ta ligne rouge, avise ma signature... 3-Sois ma vie de trop, ma fortune de peu, mon recours, ma croix, mon Judas et mon frère, sois mon Prométhée, mon aigle et mon calvaire, ma sueur au front, mon baptême de feu, sois mon temps perdu, sois ma nouvelle chair, mon talon d'Achille, ma cheville ouvrière, ma tête à couper, mon souffle ou mes cheveux, mes deux pieds de biche, ou mes genoux à terre... 4- Avec mon cœur bats le rappel des trois-huit à mort pour gagner ton salut dans ma fête et avec mon sang, au bout de mes défaites, cours suivant mes veines, dans le sens de la fuite, ma plaie est ouverte en deux lignes de crête, ouverte pour toi, et pour les tiens fin prête, comme la mer rouge pour les Israélites, à noyer l'armée égyptienne aux toilettes... 5-Ne fais pas mon âge, outrepasse l'outrage, pars en indolence quand mon bien tourne mal, et si tout y passe, fais mentir mon journal, verbalise-moi sans parler de courage; l'âme écrabouillée dans ma presse à scandale, dis que j'ai perdu la pierre philosophale, au fond du bordel, avec mon pucelage, et la quintessence de mon corps cérébral... 6-En faisant rimer vivant avec absent, rimer ton égo avec mon dernier mot, dans ma nuit des temps, à l'appel des fiascos, réponds de toi-même à jamais au présent; à ton lumbago propose un statuquo prévoyant de suite un aggiornamento ou un remplaçant prêt à deux cent pour cent à singer l'effort de ta molle libido... 7-Sans rougir de toi, au dam des convenances, beau crâneur accro à ma céleste voûte, pique-toi de rose et fais planer le doute, aux dérèglements d'Arthur soumet tes sens; pour que le temps vienne, du deux au premier août, où les cœurs s'éprennent et où les corps se soudent, à jamais oublie tes craintes et tes souffrances, loin abandonnées au bord des autoroutes... 8-Shooté mais soiffard des ivresses d'amour, bois tant que je pleure en peine d'exister, mais, fin saoul de vie, ne va pas te jeter au fond du miroir sur l'issue de secours; Il n'y a pas moyen de te carapater derrière toi-même, ni te catapulter au début de toi, de ta nuit et du jour où je t'ai pondu éclatant de santé... 9-Dans l'eau de mes yeux, comme un bleu qui voit rouge, un jeune allumé qui fait un bon pompier, noie le feu sacré pour tout pacifier, puis remplace-le par ta lanterne rouge; dis que désormais seront gratifiés les tireurs au cul et autres vacanciers, portés au pinacle les enculeurs de mouches et les glandouilleurs dument sanctifiés... 10-Bon dernier bon prince, au palais des sueurs, garde enfin la pause et trône au pied du mur, cul par-dessus tête, avec la fière allure de ta gloire acquise à calmer les ardeurs; puis, sans moyen terme et sans demi-mesure, soutiens jusqu'au bout l'effet de ta posture, l'effet d'une bombe au casting des branleurs et l'effet spécial que tu fais pour conclure... - Henri Etienne DAYSSOL -
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Slam du Big Bang
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Si t'as le mal de vivre écoute-la c'est ton amie la poésie, écoute ce qu'elle te dit: "T'es pas vraiment quelqu'un du style à te fair' sauter le caisson pour des qu'en dira-t'on des qu'en penseront-ils. T'es pas quelqu'un du genre à coller ton dernier chewing-gum et choisir de te pendre pour un oui pour un non ; plutôt quelqu'un à faire avec, s'il faut même en claquant du bec pour du prozac pour des valiums ou pour du lexomil. Alors je te le dis c'est pas si difficile de garder le feeling : écoutes-toi et ça suffit !... Entends-tu dans tes chromosomes comme il résonne encore encore et de plus en plus fort, entends-tu le big bang ? la force la première qui anime l'univers et qui t'anime aussi, la première énergie : le big bang tu l'entends ?! Il gronde sous ton string, il ne s'oblig' plus à se taire non il ne se mord plus la langue : il veut fair' la bombe à ta fête !... Comme lui lâche-toi, ne te prends pas la tête, ce monde est à l'envers tu n'es pas pour lui plaire et quoi ? La belle affaire ! Critique-le rouspète pourris-le en verlan tu seras son poète." ...Voilà ce qu'elle te dit tout de go et tout net, la poésie... D'accord de but en blanc ça semble du délire, mais ne crois pas qu'elle ment. Au moins, si tu le penses, fais gaffe à pas lui dire ça lui ferait trop mal. Tu sais elle est fragile, âgée et sans défenses. Définitivement elle pourrait se vexer et perdre le moral jusqu'à quitter le bal sur la pointe des pieds. Si jamais elle se tire alors c'est une balle ; j'en suis sur en plein coeur elle se tire une balle. Et après c'est fini la grâce du bonheur le charme de la vie, bonne nuit et merci les amis, c'est fini. Un dernier mot : à l'avenir faites cas de la poésie ...et du big bang... - Henri Etienne DAYSSOL -
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Le Point Final.
Texte dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL. Pour mon centième anniversaire ma petite fille m'offrit un cahier de papier naturel fabriqué artisanalement dans le Cabardès mon lointain pays d'origine: une trouvaille inespérée. J'étais comme un enfant impatient au matin de Noël d'étrenner son jouet; je sortis vite mon encrier. Je ne fus pas déçu : sitôt la pointe de ma plume posée sur le papier j'ai constaté que les mots venaient et s'inscrivaient avec une incroyable facilité. Il m'a suffit d'une heure pour remplir la centaine de pages du cahier. De fait, dans une aisance inouïe, sans le début d'un effort de réflexion et sans commander ma main, je parvins à y raconter toute l'histoire de ma vie; elle avait dans mon récit les charmes et la douceur d'un rêve, à cause probablement de mon nouveau plaisir d'écrire. Mais le plus étrange était à venir; la surprise majeure vint au moment précis où j'ai posé le point final en bas de la dernière page. Là mon visage et mon corps tout entier furent comme aspirés dans ma main puis dans ma plume. Après quoi ils suivirent l'écoulement de l'encre vers sa pointe et finirent leur voyage au bas de la page. J'avais totalement disparu dans mon point final !... Un siècle plus tard un scientifique, étudiant mon manuscrit à la loupe, vit apparaître dans ce point mon visage souriant malicieusement puis ma silhouette évoluant tranquillement dans les parcs et les rues de ma ville ou dans mon habitation; c'était devant ses yeux toute mon existence, somme toute paisible et banale, qui défilait... banale oui, mais sublimée par la charmante esthétique d'un vieux film muet noir et blanc sacrément inspiré. À partir de ce jour l'humanité sut que la vie dont chacun rêve se trouve dans les mots et que les points finals offrent d'y accéder. Toute la population du monde envahit les bibliothèques. Il y régnait un silence religieux; on y distribuait des pages, des plumes et des encriers et tout le monde rédigeait avec application sa biographie que l'écriture embellissait magiquement. Ainsi, comme je l'avais fait auparavant, tous disparurent, chacun rejoignant dans les pages manuscrites sa vie rêvée. Il faut ici ajouter que ce papier avait une autre propriété: celle de s'enflammer spontanément quelques années après qu'il fût recouvert d'encre. Alors les bibliothèques brûlèrent puis les villes entièrement et les installations industrielles. Après quoi, débarrassée des hommes et de leurs nuisances, la terre retrouva joyeusement son état initial. A présent voyez-vous mes amis, votre simple présence, comme celle dans vos mains du récit de ces événements, apparaît comme un mystère. On suppose que c'est encore là quelque étrange effet de l'encre et du papier... Pincez-vous! Dans quelle vie êtes-vous, une plaisante figure de style littéraire ou une mésaventure navrante au final de la tragédie humaine? Vous venez de me lire, vous savez tout. En réponse à la question prenez le bon parti: choisissez le plaisir et le rêve! À vous la suite des surprises! Si vous ne l'avez déjà fait prenez vite vos plumes! Prenez vite vos plumes! Vite!
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Des Mots En Hiver
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL. Tu recouvres de blanc le rouge des blessures et le rouge des fleurs disparaît. Puis tu blanchis la peur, le bleu de la peur bleue et le ciel bleu d'azur devient gris. Alors tu dis un mot et tombe le pinceau et de l'arbre une feuille, une feuille la première...Après tu dis deux mots, tombent toutes les feuilles et puis toute la neige derrière. Du coup tu fais silence, oui mais suffit que tu respires pour que le vent se lance et le vent rien n'est pire en hiver... C'est quoi l'été ? Voilà bien la question pour toi qui reste entière. C'est quoi l'été ? C'est parler ou se taire sans même respirer ? Y'a-t-il des solutions pour conjurer l'hiver, que peux-tu faire ? Pas te mettre en colère, ni même t'inventer une chanson légère et puis te la chanter. C'est mort, ça ne peut que rater, non... rien à faire contre l'hiver sinon brûler avec les mots.
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Le Retrouveras-Tu ?
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL. Il est allé danser devant les fusils du temps peut-être avec le sang, peut-être il est blessé... Il devait s'en aller avec le vent, tu le savais, un soupir exhalé mais sur quel ventre nu? Peut-être il est perdu à la dérive sur quelles eaux quelles salives? Que ne l'as-tu retenu le goût de vivre... Sur quelle peau sur quelle rive le retrouveras-tu ? Vas-t'en voir où il est, dans quel enfer dans quel brasier de chair? Peut-être à la rivière, il a fui l'incendie a suivi Ophélie dans son lit. Voyage-t'il en rêve? Ou peut-être, qui sait, il n'est jamais parti ton goût de vivre: au plus près de tes lèvres il est là, sur mes lèvres, peut-être, il attend ...
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Ali. (Cecce LANFRANCHI)
Poème de Cecce LANFRANCHI dit par Henri Etienne DAYSSOL.
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Le Baiser.
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL. Je serai croyant demain sans faute. / Je serai brutal je ferai mal. / J'aurai la vie la vie devant / qui joliment / s'en va blessant / mortellement... // Mais pour le moment / ma douce amie / sois ma réponse mon répit; / près de ton désespoir fidèle / dans ton lit de défaite / donne-moi donne-moi la paix. // Puisque les nulle part / m'assiègent de partout, / là sur ma peau perdue, / là sur mon sentier d'une fois, / comme une pause impérative / ajournant le jour dit, / dépose ton baiser. - Henri Etienne DAYSSOL -
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Les Tractoristes Sont Les Plus Grands Philosophes. (Uros ZUPAN) texte dit par Martine CHRISTMAN
Poème d'Uros ZUPAN dit par Martine CHRISTMAN. (Projet et réalisation Henri Etienne DAYSSOL)
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Le Pardon. (Eliane AUBERT-COLOMBANI) dit par Henri Etienne DAYSSOL
Poème d'Eliane AUBERT-COLOMBANI dit par Henri Etienne DAYSSOL. J'étais un port, / Un port arrondi, / Paisible et blanc, / Comme un bras tendu pour recueillir / La mer et ses flotilles / Aux pavillons vainqueurs, / Aux cargaisons de souvenirs / Épurés, colorés, / Convertis, consolés / Après mon appel implorant / Colporté par les albatros. // "Absous et même désiré" / Sifflait le vent, / Mon allié du moment, / "Réjouissez-vous, / Il est grand temps" / Ironisait le vent. // "C'est le calme et le grand pardon / Avant la vague justicière. " / Accalmie / Ma mémoire était une baie, / Le sable un lange / Qui buvait toutes les sanies. / "Pardon, pardon !" / Hurlait le vent / Aux équipages abasourdis, / À toi sur le pont du navire / Qui n'en croit pas / Tes yeux, ton coeur. - Eliane AUBERT-COLOMBANI -
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Personne Et Moi.
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL. Je n'entend que le silence / quand je chante à pleine voix. / Je ne vois pas quand je danse / pas même l'ombre d'un pas. / Je ne sais ce que je pense / surtout quand je pense à moi. / Mais je suis là et bien là, / sans souffrir d'aucune absence, / quand y'a Personne avec moi, / je ne suis pas seul ça va, / vu que Personne c'est moi. / Je vous le jure c'est moi, / et la preuve, chaque fois / qu'un pote a un coup dans l'aile, / on est présents à l'appel / tous les deux, Personne et moi.
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Reste. (lleana MALANCIOIU) dit par Henri Etienne DAYSSOL
"Reste" poème d'Ileana MALANCIOIU dit par Henri Etienne DAYSSOL Quand tout le monde rit quand il faudrait pleurer, / Quand la maison est vide et la rue en délire, / Quand aucun mort qui se respecte / Ne veut plus dans sa tombe demeurer / Mais en plein jour parcourt les rues / Comme un rat pour semer la peste, / Quand nous rêvons tous d'une mort qui soit resurrection, / Quand il n'est rien de plus navrant que cette vanne / Qui fait rire tout le monde, / Quand tout le monde sait tout trop bien, / Toi, / que tu ne saches pas quoi faire, / ça me va; / En toute humilité moi je rejoins ton désarroi. / Reste, / reste encore, circonspect dans la défaite / Mais digne / reste là où le monde est comme à son premier jour, / Ne ris pas, ne viens pas à comprendre toi aussi / Je t'en prie reste ainsi, encore, encore...
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Maudit Village.
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL MAUDIT VILLAGE Passent les heures, / maudit village, / sans résonner / à ton clocher, / vents et nuages / elles sont passées. // Que voulais-tu ? / Les voir mourir / de s'ennuyer / dans tes greniers, / ces pauvres heures / les retenir ? // Tu n'as pas pu, sans fin les heures / vont et voyagent; / c'est toi qui meurs / elles qui fuient / loin de l'ennui. // Mais n'aie pas peur, / si elle s'éteint / dans le dernier / de tes foyers, / l'ultime flamme, // déjà ton âme / est à les suivre / les heures au loin, / déjà ton âme / est à les suivre.. - Henri Etienne DAYSSOL -
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Le Boa - Dominique FABRE -
Texte de de Dominique FABRE dit par Henri Etienne DAYSSOL Rentrer dans ma chambre me prend pas mal de temps. Je pousse la porte très fort pour écraser les tueurs de derrière. Une fois aplatis comme des crêpes je dois encore attendre et me débarrasser des pièges. La faux magique sur le parquet se déclenche et me coupe les pieds. Je lui jette une chaussure et schtaaac, ma chaussure est coupée. Unijambiste j'aurais du mal à m'endormir. Ensuite je jette en cloche ma deuxième chaussure et je déclenche les filets super coupants de l'énorme araignée. Je pose le bout du pied sur le parquet et je sacrifie mon orteil. C'est toujours le même orteil. Mes frères les yakuzas y mettent toujours le petit doigt. C'est toujours le même petit doigt. Putain, il faut toujours se bagarrer dans la vie. (Mais qu'est-ce que je fais du boa qui campe sous mon oreiller ?) - Dominique FABRE -
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Le ressac.
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL. Je suis le gargouillis d'un gros ventre allemand qui expire en sueur une haleine saumâtre. Je suis en décadence au bout du bout des vagues et je vague en longueurs infatigablement moi, je suis le ressac. Ma plage vole bas du sable plein le bec la plume au bord des pleurs. Je suis l'adieu foireux à sa chanson qui pense, j'ai oublié ses mots oublié leur écho pourtant son air marin je m'en souviens je danse. Je me souviens du large avant qu'il jette l'ancre... Y'a plus rien à fliquer, calmez-vous les requins ! Y'a plus que le silence et j'attend qu'il me chante le refrain de jamais. Moi je suis le ressac... et je n'ai plus d'amis sinon un coquillage vide un exosquelette un talisman sauvage que le ciel m'a remis en jurant la tempête.
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Coup de téléphone
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Comme un fait-exprès elle te téléphone au pire moment, à l'heure où tu crains sous ta douche froide elle dit: « C'est bien » elle dit: « Continue faut que t'aies ton compte de tremblements. » Elle aussi elle craint, son plan ça déconne facilement, en plus toi t'es loin de la laisser froide, elle t'aime bien, mais te l'avouer ça lui met la honte alors elle ment. Elle sait qu'elle fait mal dés lors qu'elle se donne à son amant; s'il vient à souffrir elle en est malade elle voudrait bien qu'il tombe à ses pieds sans se rendre compte qu'il est mourant. Alors elle te sonne quand tu t'abandonnes au sentiment; pour la nostalgie ça va camarade, elle s'y prend bien, si bien que tu tombes pour sa barricade quartier latin, tu tombes d'accord alors qu'elle te conte des boniments.
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Jamais gaulé.
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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Bastia (version complétée)
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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San Francisco.
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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La bonne parole
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL
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Les ballons.
Poème dit par l'auteur Henri Etienne Dayssol A la foire les ballons qui font cible au stand de tir c'est tant qu'on veut qu'on les tire vu que c'est peu dépenser tout juste trois sous le coup et un centime la rime. Ils sont mignons ces ballons mais pour faire un beau carton et gagner des plombs en prime faut pas faire du sentiment autrement on est marrons faut tirer au bon moment. T'imagines si on pensait qu'on peut devenir ballons, mettons qu'on soit à leur place y' en aurait des dégueulasses vu que c’est pas cher la rime pour tirer sans émotion. Mais nous changés en ballons, va qu'on se ferait la belle et une fois dans le ciel à ces cons de tue-l’ amour on leur jouerait un bon tour pas piqué des hannetons: on leur ferait débourser pour chacune de nos rimes trois cent mille et trois centimes et le reste du pognon des millions et des millions pour lâcher plein de ballons des millions, des millions… - Henri Étienne DAYSSOL -
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Les éléphants.Dominique OTTAVI dit par Henri Etienne DAYSSOL
Poème de Dominique OTTAVI dit par Henri Etienne DAYSSOL De tous nos rêves nous ferons toujours notre ciel. Mon silence liquide ses derniers otages: des corps démembrés dans la clairière. Je veux retrouver l'odeur de tes caresses et la jument de mes rêves iconoclastes, ma vie, ma nuit et puis cette lumière, ce soleil immense qui ne dépend que de moi. Vous avez dit liberté ? J'ai dit identité, noble et souveraine. Mes états d'âme, tels des dirigeables, je peux les mener à ma guise; un petit garçon sans complexe ne respecte ni les feux ni les passages piétons. Il se souvient de la ferme où il a grandi avec les coqs, les oies, les touterelles, les hirondelles, les oisillons. Nous sommes dans la lune et nous y sommes bien, à notre aise. Le sparadrap n'adhère plus, la blessure est à vif et la cicatrisation se fait attendre. Pas de honte, pas de colère, d'excuse ni de regrets, ni de remords. Je me souviens encore du vent sur la frontière. Du coq dans la bruyère. Du serment étouffé dans l'oeuf avant même d'être énoncé. Nous sommes les janissaires des glaciers de la contrebande. Contrefaçons, contre-culture, tout ça c'est du passé. La nuit ne bouge plus. Les oreillers sont en panne. Le vent frissonne. Le plat du jour est brisé comme le vase de Clovis, le bouclier de Brennus... Je ne sais pas ce qui peut bien rester des colères qu'on contient jusqu'à la douleur. Un jour les couleuvres ne seront plus avalées et les jours suivants seront consacrés à la rédemption des traîtres et des pleutres. Tu vas comme tu peux. Tu souffres et tu ris. Tu sais ce qu'il te reste au carrefour des malchances. Un jour, un jour, l'orange déposera sa larme au bon endroit dans l'oeil droit du crocodile de ton âme ...à moins que les éléphants... - Dominique OTTAVI -
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Bastia
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Ici à Bastia, / la vie est à l'heure, / celle de rentrer / à pas mesurés; / la vie est après / l'heure d'aller voir / le bateau du soir / partir. / La vie est au temps, / au temps arrêté / à l'heure après l'heure; / la vie est au temps / ici de rester. / La vie c'est rentrer / me claquemurer / chez moi. / Mais j'ai mis l'ailleurs / chez moi à demeure / ici à Bastia... / En ouvrant ma porte, / je tourne la page. / C'est un jour ou l'autre / à chacun mon tour / de prendre le large / les yeux au plafond. / À qui l'horizon, / l'océan des jours / ...et mouiller les draps ? - Henri Etienne DAYSSOL -
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Ô nostalgie... R. M. Rilke
Poème de Rainer Maria RILKE dit par Henri Etienne DAYSSOL Ô nostalgie des lieux qui n'étaient point / assez aimés à l'heure passagère, / que je voudrais leur rendre de loin / le geste oublié, l'action supplémentaire ! // Revenir sur mes pas, refaire doucement / et cette fois seul, tel voyage, / rester à la fontaine davantage, / toucher cet arbre, caresser ce banc... // Monter à la chapelle solitaire / que tout le monde dit sans intérêt ; / pousser la grille de ce cimetière, / se taire avec lui qui tant se tait. // Car n'est-ce pas le temps où il importe / de prendre un contact subtil et pieux ? / Tel était fort, c'est que la terre est forte ; / et tel se plaint : c'est qu'on la connait peu. - Rainer Maria RILKE -
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prière sauvage / prichera salvatica
Poème de Norbert PAGANELLI extrait du recueil CANTA A I SARRI dit par Henri Etienne DAYSSOL
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les quatrains valaisans. extrait. r.m.rilke
Poème de Rainer Maria RILKE dit par Henri Etienne DAYSSOL Pays arrêté à mi-chemin entre la terre et les cieux, aux voix d'or et d'airain, doux et dur, jeune et vieux, comme une offrande levée vers d'accueillantes mains : beau pays achevé, chaud comme le pain !... Contrée ancienne, aux tours qui insistent tant que les carillons se souviennent, aux regards qui, sans être tristes, tristement montrent leurs ombres anciennes. Vignes où tant de forces s'épuisent lorsqu'un soleil terrible les dore... Et, au loin, ces espaces qui luisent comme des avenirs qu'on ignore. ... Pays silencieux dont les prophètes se taisent, pays qui prépare son vin ; où les collines sentent encore la Génèse et ne craignent pas la fin ! Pays, trop fier pour désirer ce qui transforme, qui, obéissant à l'été, semble, autant que le noyer et que l'orme, heureux de se répéter ; Pays dont les eaux sont presque les seules nouvelles, toutes ces eaux qui se donnent, mettant partout la clarté de leurs voyelles entre tes dures consonnes ! ... Vois-tu, là-haut, ces alpages des anges entre les sombres sapins ? Presque célestes, à la lumière étrange, ils semblent plus que loin. Mais dans la claire vallée et jusques aux crêtes, quel trésor aérien ! Tout ce qui flotte dans l'air et qui s' y reflète entrera dans ton vin. Ô bonheur de l'été : le carillon tinte puisque dimanche est en vue ; et la chaleur qui travaille sent l'absinthe autour de la vigne crépue. Même à la forte torpeur les ondes alertes courent le long du chemin. Dans cette franche contrée, aux forces ouvertes, comme le dimanche est certain ! C'est presque l'invisible qui luit au-dessus de la pente ailée ; il reste un peu d'une claire nuit à ce jour en argent mêlée. Vois, la lumière ne pèse point sur ces obéissants contours, et, là-bas, ces hameaux, d'être loin, quelqu'un les console toujours. - Rainer Maria RILKE -
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le livre de la pauvreté et de la mort.extrait. r.m.rilke.
Poème de Rainer Maria RILKE dit par Henri Etienne DAYSSOLJe suis peut-être enfoui au sein des montagnes / solitaire comme une veine de métal pur; / je suis perdu dans un abîme illimité, / dans une nuit profonde et sans horizon. / Tout vient à moi, m'enserre et se fait pierre. / Je ne sais pas encore souffrir comme il faudrait, / et cette grande nuit me fait peur; / mais si c'est là ta nuit, qu'elle me soit pesante, / qu'elle m'écrase, / que toute ta main soit sur moi, / et que je me perde en toi dans un cri. / Toi, mont, seul,, immuable dans le chaos des montagnes, / pente sans refuge, sommet sans nom, / neige éternelle qui fait pâlir les étoiles, / toi qui portes à tes flancs de grandes vallées / où l'âme de la terre s'exhale en odeurs de fleurs. / Me suis-je enfin perdu en toi, / uni au basalte comme un métal inconnu? // Plein de vénération, je me confonds à ta roche, / et partout je me heurte à ta dureté. / Ou bien est-ce l'angoisse qui m'étreint, / l'angoisse profonde des trop grandes villes, / où tu m'as enfoncé jusqu'au cou? / Ah, si seulement un homme pouvait dire / toute leur insanité et toute leur horreur, / aussitôt tu te lèverais, première tempête de monde, / et les chasserais devant toi comme de la poussière / Mais si tu veux que ce soit moi qui parle, / je ne le pourrai pas, car je ne comprends rien; / et ma bouche, comme une blessure, / ne demande qu'à se fermer, / et mes poings sont collées à mes cuisses comme des chiens / qui restent sourds à tout appel. // Et pourtant, une fois, tu me feras parler. / Que je sois le veilleur de tous tes horizons / Permets à mon regard plus hardi et plus vaste / d'embrasser soudain l'étendue des mers. / Fais que je suive la marche des fleuves / afin qu'au delà des rumeurs de leurs rives / j'entende monter la voix silencieuse de la nuit. / Conduis-moi dans tes plaines battues de tous les vents / où d'âpres monastères ensevelissent entre leurs murs, / comme dans un linceul, des vies qui n'ont pas vécu. / Car les grandes villes, Seigneur, sont maudites; / la panique des incendies couve dans leur sein / et elles n'ont pas de pardon à attendre / et leur temps leur est compté. / Là, des hommes insatisfaits peinent à vivre / et meurent sans savoir pourquoi ils ont souffert; / et aucun d'eux n'a vu la pauvre grimace / qui s'est substituée au fond des nuits sans nom / au sourire heureux d'un peuple plein de foi. / Ils vont au hasard, avilis par l'effort / de servir sans ardeur des choses dénuées de sens, / et leurs vêtements s'usent peu à peu, / et leurs belles mains vieillissent trop tôt. / La foule les bouscule et passe indifférente, bien qu'ils soient hésitants et faibles, seuls les chiens craintifs qui n'ont pas de gîte / les suivent un moment en silence. /Ils sont livrés à une multitude de bourreaux / et le coup de chaque heure leur fait mal; / ils rôdent, solitaires, autour des hopitaux / en attendant leur admission avec angoisse. / La mort est là. Non celle dont la voix / les a miraculeusement touchés dans leurs enfances, / mais la petite mort comme on la comprend là; / tandis que leur propre fin pend en eux comme un fruit / aigre, vert, et qui ne mûrit pas. / O mon Dieu, donne à chacun sa propre mort, / donne à chacun la mort née de sa propre vie / où il connut l'amour et la misère. / Car nous ne sommes que l'écorce, que la feuille, / mais le fruit qui est au centre de tout / c'est la grande mort que chacun porte en soi. / C'est pour elle que les jeunes filles s'épanouissent, / et que les enfants rêvent d'être des hommes / et que les adolescents font des femmes leurs confidentes / d'une angoisse que personne d'autres n'accueille. / C'est pour elle que toutes les choses subsistent éternellement / même si le temps a effacé le souvenir, / et quiconque dans sa vie s'efforce de créer, / enclôt ce fruit d'un univers / qui tour à tour le gèle et le réchauffe. / Dans ce fruit peut entrer toute la chaleur / des coeurs et l'éclat blanc des pensées; / mais des anges sont venus comme une nuée d'oiseaux / et tous les fruits étaient encore verts. / Seigneur, nous sommes plus pauvres que les pauvres bêtes / qui, même aveugles, achèvent leur propre mort. / Oh, donne nous la force et la science / de lier notre vie en espalier / et le printemps autour d'elle commencera de bonne heure. - Rainer Maria RILKE -
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Au bord du monde. extrait du recueil "AU Labyrinthe Des Miroirs". Musa Edition.
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Au bord du monde je ne vivais que pour te voir mais tu étais toujours à bout toujours en bas toujours au banc et même au beau milieu de nous. Moi l'obscur abstinent debout derrière mon comptoir je tentais d'affronter la crise au bord du monde obstinément je faisais mon service. Mais à présent j'ai du remord c'est moi c'est moi qui t'ai servi verre après verre au bord du monde ce triste jour où l'océan s'est invité à ton concours de coude en l'air. Evidemment le jour d'après j'ai lâché prise j'ai bu j'ai bu c'était mon tour c'était mon tour au bord du monde...
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Voxpoésie. extrait du recueil " Voxpoesi" Colonna Edition.
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Ça n'est pas du bla bla non plus des tralala cette poésie là, non plus des fantaisies ni des hypocrisies c'est de la poésie : c'est dans la peau d'un homme les yeux les mots d'un homme et la voix d'un fantôme qui parle étrangement mais qui parle vraiment quand tout le reste ment; elle dit: « Je est un autre » et qu'il en est cet autre à suicider l'apôtre, et qu'en plus de sa flamme, pire qu'un doute infâme, il lui souffle son âme, et puis elle pousse un cri, ça veut tout dire un cri, et quand il a tout dit, après la vie c'est comme un poème à la gomme bon pour le coup de gomme: c'est la rime avariée, le brouillon embrouillé, c'est l'erreur bégayée jusqu'à la déficience qui répond du non-sens devant le grand silence, qui répond de ses pieds, de son pas d'estropié, et quand le compte y'est, c'est pour aller lundi, chanter au paradis et danser samedi !... - Henri Etienne Dayssol -
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L'apprenti-vivant. extrait du recueil "Au labyrinthe Des Miroirs" Musa Édition.
Poème dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Errant dans les allées du parc je repensais à la question qu'il m'était venu de poser au médecin de l'âme: "Docteur, pourquoi l'amour me paralyse ?" J'entendis à nouveau sa voix mais elle émanait des statues et me répétait sa réponse dans leur dialecte minéral : "Apprenti-vivant, ce que tu veux c'est une valse, mais le silence règne hélas toujours après les meurtres : la douleur accapare la partition de l'air du soir et le plan des chorégraphies. A présent elle est au pupitre à l'affût d'un prétexte, un feu vert à la récidive: elle guette assidûment la fausse note ou le faux pas. Mais à Dieu vat, fol apprenti puisqu'il le faut tu prends le risque et tu te lances. Nous les statues du parc, on a la peur au ventre, on brûle d'intervenir : presqu'on chanterait de mémoire et sur nos piédestaux on danserait devant l'écran. Oui mais derrière, c'est bientôt l'arrêt sur image et ton premier baiser attend. Il manque d'expériences évidemment, alors les bouches des "prima donna" d'abord lui font la gueule : Quand la chair lance l'invitation les lèvres se joignent au silence, les sanglots hantent le parterre, le temps perdu flotte aux balcons; bloquée, la nuit ne guide pas les hanches vers le sable, aucune vague n'est en piste, et aux abords ta peau, elle fait tapisserie. Et pourtant c'est surtout pour elle que le bal est ouvert, ouverts aussi les yeux qui vont, devant la galerie des glaces, tourner virer et puis plonger dans tes yeux de victime neuve, tourner virer comme les mains et celle qui tient la baguette, la main qui va plonger aussi mais elle, à l'intime de toi. Cela dit va, pour le doigté, tu peux compter sur elle, ne t'en fais pas : ça se perd pas la main contrairement à l'équilibre. Laisse venir, la pente est douce qu'elle a pointée de sa baguette et si la chute est addictive aux arpèges aigus le fond branche la prise au bon transformateur ; s'il ne tenait qu'à lui d'ailleurs les stridences électriques fuseraient illico dans l'obscurité chaude. Car c'est un assoiffé qui n'a rien pour attendre, pas une once de sang sucré sur sa membrane, rien, mais il sait que son désir la main va le mener à terme et puis le mettre encore au monde. Le fond chez toi, en fin de compte, est bon pour le service ; la forme il est vrai sur les bords quelque peu laisse à désirer, néanmoins docile apprenti, pour telle valse et tel final tout en plans fixes déterminants, tu resteras dans nos mémoires de statues en bonne position, parfait modèle innervant notre marbre de ton élan figé." Voilà donc mot pour mot ce que j'ai entendu pour la réponse à ma question; après quoi très obéissant mais de stupeur arrêté net, je suis resté pétrifié. J'attends depuis, sans trop y croire : je voudrais capter les idées d'autres passants autrement inspirés. Je hurlerais si je pouvais : "Venez vous tous ! Venez m'offrir votre mental que je sois libéré du mien ! Venez à moi ! Venez danser dans les allées du parc !"
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ABOUT THIS SHOW
Poèmes dit par l'auteur Henri Etienne DAYSSOL Les mois d'août, les mercredis, les dimanches à midi, les amours libertaires, l'hiver au bord de la mer, la fatigue en désaveu, le désespoir en pantoufles, le mistral au dernier souffle et le repos quand tu veux, les crédos les regrets, machines en avant toute, le paradis sur les routes, l'aller-simple aux émigrés, Tokyo Manhattan New-York, les taulards qui se débinent, le vent des grandes orgues, le cinoche et les gamines: ce n'est qu'un reflet la vie, une lueur dans mes yeux, que je fixe obstinement, le nez collé au miroir... Le bon sens giratoire, le silence dans les voiles, le souk dans les étoiles, Vincent Van Gogh à la foire, le sida le partage, la fête en dérapage, le néant sous l'Acropole, l'équateur aux deux pôles, les mains crispées sur la clope, les pros de l'aventure, les aveugles et les cyclopes, laminés par les voitures, les chevaux dans les plaines, les chutes de la lune, la mer le chant des baleines, la dernière à la u
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