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PODCAST · society

La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

Publisher-supplied feed metadata · PodParley refreshed May 14, 2026 · Source feed

  1. 500

    Virginie Poitrasson, Jocelyn Mienniel – Chambre(s) à écho(s), journal d’une traversée

    Avec Jocelyn Mienniel, Virginie Poitrasson, Nathalie Richard, Julia Robert, Aurélie Saraf Textes : Virginie Poitrasson - Musique : Jocelyn Mienniel - Vidéos : Jutta Strohmaier Entretien mené par Bastien Gallet Cette narration quotidienne et poétique évoque le franchissement constant des frontières entre le dedans et le dehors, entre soi et le monde, entre le corps et les objets. Porté par la comédienne Nathalie Richard et construit en sept miniatures pour flûte, violon alto, harpe, c’est un journal sur l’érosion du temps et la dilatation des heures, un journal de la contemplation et de l’écoute attentive. Avec le soutien de l’association Beaumarchais-SACD À lire – Virginie Poitrasson, Jocelyn Mienniel, Jutta Strohmaier, Chambre(s) à écho(s), journal d’une traversée, MF éditions, 2026

  2. 499

    Mascare – Belgazou

    « Je veux une bête qui boit de l’eau croupie. Je veux que s’accouplent hyène et louve et de leur chant naîtra ma bête. Une bête qui sapel Belgazou. Une bête discrète sur laquelle je monterai nue. Une bête bâtarde aux yeux jaunes. Je ve allé parlé o monstres, sans fantasme, sans morale, sans fin heureuse. Je veux que l’on se souvienne, que le sang ait le goût du sang. » À lire – Mascare, Belgazou, éd. Corti, 2026

  3. 498

    Pascal Boroto, Le nom de ma mère

    En dialogue avec Mohamed Mbougar Sarr Entretien mené par Catherine Fruchon Toussaint Solange Lusiku a fondé un journal indépendant à Bukavu, en République démocratique du Congo. Pour son fils Pascal, elle est une héroïne, la pierre angulaire de leur famille et de sa vie. Alors qu’il est encore lycéen, Solange meurt, laissant Pascal sans repère ni modèle ; débute ainsi la trajectoire d’un jeune homme habité par le manque. Quelques années plus tard, il intègre l’équipe du journal de sa mère, mais quel homme, quel journaliste souhaite-il devenir ? Pour le découvrir, il décide de partir pour Goma, la ville martyre marquée par les guerres et la douleur. Et sa vie bascule. Économiste et journaliste, Pascal Boroto est originaire du Kivu, en RDC. Il a travaillé comme enquêteur dans plusieurs camps de déplacés. Pour faire entendre les histoires qu’on lui a confiées, il a fondé “Les Voix des oubliés”. Le nom de ma mère, son premier roman, a reçu le Prix Voix d’Afriques 2026 dont le jury est présidé par Mohamed Mbougar Sarr. « Mon écriture est un pont, une main tendue, qui prend sa source dans cette tension-là, celle qui existe entre la vie et la disparition, entre l’absolution et la dénonciation, entre la présence et le manque. Au fond, elle naît de l’espace qui me sépare et me relie à ma mère et à ma terre. » À lire – Pascal Boroto, Le nom de ma mère, JC Lattès, 2026

  4. 497

    Christophe Ono-dit-Biot, L’odyssée de l’Odyssée

    Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos Les sirènes tentatrices, l’infâme cyclope, Circé et ses pourceaux, et bien sûr Ulysse, mari aimant et roi éclairé, qui parvient après mille détours à rentrer chez lui auprès de sa fidèle épouse pour récupérer sa terre et n’en plus bouger… Voilà ce qu’on nous a toujours raconté des aventures d’Ulysse dans L’Odyssée. Mais lit-on encore vraiment les 12 000 vers d’Homère ? Or, les lire en compagnie d’un passeur passionné comme Christophe Ono-dit-Biot, c’est découvrir, au-delà des images d’Épinal moralisatrices et simplistes, un univers beaucoup plus riche, sensuel, brutal, complexe et captivant. Avec lui, nous comprenons enfin pourquoi L’Odyssée, l’une des plus merveilleuses inventions littéraires de tous les temps, fascine toujours, près de trente siècles après qu’elle a été fixée par écrit, et comment elle nous aide encore à naviguer dans les brouillards de notre époque. À prendre, aussi, un plaisir fou. À lire – Christophe Ono-dit-Biot, L’odyssée de l’Odyssée, Grasset, 2026

  5. 496

    Constance Guisset, Fleur de peau

    Lecture par Anne Cantineau Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos Pour Ava, fleuriste parisienne et mère de deux enfants, les saisons s’écoulent au gré des clients et des messages à transmettre avec les fleurs. Jusqu’au jour où elle reçoit des analyses inquiétantes qui lui font penser que son sang contient des taux élevés de pesticides. Malgré l’apparition des premières perturbations physiques, elle garde le secret. Même auprès de Jérôme, son mari, qui ne voit rien. Prise dans une course contre la montre, Ava tente la diversion. Un séminaire en Normandie dans un jardin légendaire et une nuit insolite passée à la belle étoile vont déclencher en elle le désir effréné de redevenir vivante. « Toutes les fleurs semblent hostiles, même les plus délicates. Les corolles sont autant de grenades dégoupillées et les pistils ricanent de ma naïveté. Je respire mal, je tremble, j’ai peur. Quelle est la probabilité que je tombe malade ? Ne le suis-je pas déjà ? Ces fleurs sont pourtant mes alliées, impossible d’envisager leur complicité. » À lire – Constance Guisset, Fleur de peau, Flammarion, 2026

  6. 495

    Douglas Kennedy, L’homme qui n’avait pas assez d’une vie

    Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos Presque trente ans après, Douglas Kennedy nous livre la suite tant attendue du roman qui l’a révélé en France, L’Homme qui voulait vivre sa vie. L’auteur nous entraîne à travers les paysages grandioses du Montana, sur les traces d’un homme aux mille visages, insaisissable et désespéré. Professeur de photographie en Californie, Andrew Tarbell, la soixantaine, est toujours sous le coup du décès récent de son épouse. Cherchant à se rapprocher de son fils, Jack, avec lequel il entretient une relation difficile, il suit assidûment les publications de ce dernier, apprenti journaliste. Or voici que Jack publie une enquête sur une affaire de plagiat qui fait grand bruit à Hollywood. Le nom du coupable ? Adam Bradford. Pour Andrew, c’est le choc. Adam est en effet le fils qu’il a abandonné trente ans plus tôt, quand il s’appelait encore Ben Bradford et qu’il avait été déclaré mort dans l’explosion de son bateau. À lire – Douglas Kennedy, L’homme qui n’avait pas assez d’une vie, trad. de l’anglais par Chloé Royer, Belfond, 2026

  7. 494

    Carole Boinet, L’enthousiasme

    Lecture par Nicolas Maury Entretien mené par Sylvia Minne Une femme s’absente de Paris et se réfugie en Bretagne, dans la maison familiale, fatiguée de ses virées nocturnes, de son rapport à l’alcool, au sexe. Au cours d’une promenade, un chien se jette sur elle et par réflexe, la voilà le propulsant brutalement en contrebas. Cette réaction vitale agit sur elle comme un révélateur. Depuis de trop nombreuses années, un enthousiasme l’a désertée et un souvenir ne cesse de la hanter. Une réflexion obsédante sur la violence, la reconquête de soi et la possibilité de l’amour. À lire – Carole Boinet, L’enthousiasme, Stock, 2026

  8. 493

    Arsène Lupin selon Grégoire Bouillier

    Lecture par l’auteur & Sonia Imbert, mixée en direct par François Audoin Arsène Lupin a tout cambriolé : son époque, l’histoire de France, la Normandie, même Freud ! À lui seul, il incarne l’audace de la création, l’enfance radieuse, la poésie de l’instant présent. Il n’en finit pas de fasciner et son succès, depuis 1905, fait de lui un mythe mondial, toujours d’actualité ! Un printemps avec Arsène Lupin est une course-poursuite extravagante et haletante de Paris à Étretat, en passant par les traces semées dans nos imaginaires. Une déclaration d’amour fou au romanesque et au « primesaut ». En un mot : à la littérature. À lire – Grégoire Bouillier, Un printemps avec Arsène Lupin, Coédition Radio France, Les Équateurs, 2026 À écouter – série de podcasts racontée par François Morel – réalisation François Audoin, France Inter, 2026

  9. 492

    Hommage à António Lobo Antunes

    Avec Arnaud Laporte & Dominique Nédellec Lecture par Laurent Poitrenaux Disparu en mars 2026, António Lobo Antunes restera une des voix les plus novatrices et les plus puissantes de la littérature contemporaine. La publication du Dictionnaire du langage des fleurs nous donne l’occasion de lui rendre hommage. Dans le Portugal de Salazar, une vaste propriété agricole non loin de Lisbonne fait les beaux jours d’une famille aisée. Mais bientôt le domaine périclite, et Júlio, le fils aîné, choisit de rejeter son milieu d’origine pour embrasser la cause communiste. Il s’engage dans la lutte clandestine et s’impose peu à peu comme une figure de premier plan du Parti. Mais son homosexualité dérange, y compris dans son camp. S’il s’inspire pour ce roman d’une figure bien réelle de la vie politique portugaise (Júlio Fogaça), António Lobo Antunes se tient loin de tout naturalisme et, en maître styliste, continue d’explorer ses thèmes de prédilection : la violence des relations humaines, les affres de la déchéance, les ravages du temps qui détraque les corps, l’éternel retour de l’enfance et une inextinguible soif d’amour… À lire – António Lobo Antunes, Dictionnaire du langage des fleurs, trad. du portugais par Dominique Nédellec, Christian Bourgois, 2026

  10. 491

    Les Poétiques de Christiane Taubira

    Les 25 ans de la loi Taubira Cette soirée rend hommage à un geste majeur accompli il y a 25 ans : l’adoption de la Loi Taubira, promulguée le 21 mai 2001. Par cette loi, la France reconnaît officiellement la traite et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité. Il s’agit d’un acte politique qui inscrit dans le droit une reconnaissance longtemps attendue, et qui ouvre la voie à un travail de mémoire et de réflexion critique sur le passé colonial. Pour cette soirée placée sous le signe de la transmission et de la célébration, Christiane Taubira sera entourée d’artistes. « Une histoire de violence et de beauté. Il se peut que la beauté l’emporte. » Christiane Taubira Lectures par Sophie Bourel, Alex Descas, Laëtitia Guédon, Mariann Mathéus, Sylvie Sema Glissant, Sefa Yeboah Chant par Emmanuel Réveillé (Biloute) Musique  par Gaby Azerot & Grégory Jean-François Chorégraphie  par Ana Pi Installation typographique de Ruedi Baur, Civic City Soirée proposée par Sylvie Sema Glissant et l’Institut du Tout-Monde

  11. 490

    Désirée & Alain Frappier, L’oiseau chanteur

    Entretien mené par Lucie Servier De l’enfance brisée à la voix retrouvée : un récit de résilience sur la reconstruction personnelle. Un « poème graphique » intime et sobre, où l’autrice revient sur son enfance marquée par une éducation inégalitaire et des violences tues. À travers un texte abrupt, accompagné d’illustrations évocatrices, elle met en lumière les silences familiaux et la difficulté de se reconstruire. Symbole central, l’oiseau chanteur mécanique – abîmé puis réparé – incarne la mémoire, la résilience et le fragile processus de réparation. À lire – Désirée & Alain Frappier, L’oiseau chanteur, Steinkis, 2026

  12. 489

    Véronique Pittolo, Casanova

    Lecture par l’autrice avec Christophe Brault Giacomo Casanova, explorateur, violoniste, écrivain, magicien, espion, diplomate, bibliothécaire, apparaît ici comme un observateur privilégié d’un siècle à bout de souffle, entre l’Ancien Régime et la modernité naissante. Au-delà de sa réputation de séducteur, Véronique Pittolo voit en lui un témoin lucide de l’instabilité de son siècle – peut-être pas si éloigné du nôtre, à bien y regarder. Du libertinage mondain aux débats contemporains sur le genre, le pouvoir et les rapports de domination, l’autrice s’interroge : pourquoi les héros de la séduction masculine ont-ils bâti une légende universelle quand leurs homologues féminines ont été oubliées ? À lire – Véronique Pittolo, Casanova, Les Pérégrines, 2026

  13. 488

    Siri Hustvedt, Ghost Stories

    Entretien mené par Nathalie Crom Interprète : Marguerite Capelle Dans un texte d’une finesse et d’une intimité rares, Siri Hustvedt se livre pour la première fois sur le grand amour de sa vie, Paul Auster. L’occasion pour elle de revenir en profondeur sur leur longue et magnifique vie à deux, depuis leur rencontre à New York en 1982 jusqu’à la disparition de Auster en 2024. Le combat contre la maladie, le deuil ressenti quand l’être aimé, celui de tous les instants du quotidien, n’est plus. Siri Hustvedt offre de très belles pistes de réflexion sur l’au-delà, pour le défunt, et ceux qui restent. Enfin, ce livre célèbre aussi la magnifique relation de Auster avec sa fille, et son petit-fils né en 2023, à qui il dédiait son prochain projet, un texte épistolaire, dont les premières pages sont dévoilées. À lire – Siri Hustvedt, Ghost Stories, traduction Frédéric Joly, Gallimard, 2026

  14. 487

    Souleymane Bachir Diagne – Les rencontres philosophiques de Monaco

    « Universalisme, universel & traduction » par Souleymane Bachir Diagne Souleymane Bachir Diagne a mis la question de l’universalité et des singularités au cœur de sa réflexion et de son engagement, appelant à un universel riche de tous les particuliers. Dans cet essai qui fait brillamment dialoguer les cultures, le philosophe montre que l’universel tient compte du pluriel du monde, mais que l’humanité n’est pas une juxtaposition de tribus. Aucune région du monde ne peut à elle seule décréter ce qu’est l’universel, il nous faut le forger ensemble, même si penser l’humanité dans sa totalité est une tâche infiniment difficile et nécessite de recourir à une philosophie du décentrement. À l’heure où triomphent les principes ethnonationalistes, les tribalismes, les comportements de domination et de prédation entre les nations et les cultures, Souleymane Bachir Diagne choisit d’avoir foi en l’humain et défend l’universel comme l’œuvre commune de l’humanité. Le Prix de la Principauté a été remis à Souleymane Bachir Diagne le 8 octobre 2024, conjointement par la Fondation Prince Pierre et les Rencontres Philosophiques de Monaco. Soirée proposée par les rencontres philosophiques de Monaco À lire – Souleymane Bachir Diagne, Universaliser, L’humanité par les moyens d’humanité, Albin Michel, 2024

  15. 486

    Chloé Delaume présente… #5

    Justine Arnal, Julien d’Abrigeon & Marie de Quatrebarbes Un dimanche par mois, durant une heure, Chloé Delaume vous présente ses coups de cœur poétiques. Trois invités pour des lectures à voix nue, et une sélection de textes récemment parus lus, par elle-même. À lire – Chloé Delaume, Par 64 fois j’y ai cru, éditions de l’Ogre, 2025 ; Sans oublier qu’en plus c’est bien la fin du monde, Castor Astral, 2026 – Justine Arnal, Rêve d’une pomme acide, Quidam éditeur, 2025 – Julien d’Abrigeon, Qui tombe des étoiles, Le Quartanier, 2025 – Marie de Quatrebarbes, Les éléments, P.O.L, 2024

  16. 485

    Chloé Delaume présente… #4

    Avec Rim Battal, Fanny Chiarello & Alex Tamécylia Un dimanche par mois, durant une heure, Chloé Delaume vous présente ses coups de cœur poétiques. Trois invités pour des lectures à voix nue, et une sélection de textes récemment parus lus, par elle-même. À lire – Rim Battal, x et excès, Le Castor astral, 2024. L’eau du bain, Le Castor astral, 2024 – Fanny Chiarello, Spécimens sensibles, éd. Cambourakis, 2023. Basta Now, Women, Trans & Non-Binary in Experimental Music, Permanent Draft, 2024 – Alex Tamécylia, Les Féministes t’encouragent à quitter ton mari…, Le Nouvel Attila, 2025 – Chloé Delaume, Par 64 fois j’y ai cru, éditions de l’Ogre, 2025 ; Sans oublier qu’en plus c’est bien la fin du monde, Castor Astral, 2026

  17. 484

    Chloé Delaume présente… #3

    Bulle poétique mensuelle Avec Ananda Brizzi, Elsa Eskenazi & Simon Legré Un dimanche par mois, durant une heure, Chloé Delaume vous présente ses coups de cœur poétiques. Trois invités pour des lectures à voix nue, et une sélection de textes récemment parus lus, par elle-même. À lire – Ananda Brizzi, Fragmentée, éd. blast, 2025 – Elsa Eskenazi, Revivre, éd. du Bunker, 2025 – Simon Legré, Un moment orange, éd. Noir sur Blanc, 2026 – Chloé Delaume, Par 64 fois j’y ai cru, éditions de l’Ogre, 2025 ; Sans oublier qu’en plus c’est bien la fin du monde, Castor Astral, 2026

  18. 483

    Gabrielle Filteau-Chiba – La robe en feu

    Entretien mené par Nicolas Herbeaux Vivant depuis plus de 10 ans en forêt, Gabrielle Filteau-Chiba renseigne dans ses carnets ses observations de la faune et de la flore, leurs évolutions, son admiration face à la résilience de la nature, sa sensualité et son énergie. Véritable œuvre écoféministe, La robe en feu est le fruit de ce labeur. En sept mouvements, autant d’étapes vers la guérison entre l’humain et son environnement, l’autrice se dresse contre le pessimisme ambiant. Sa vision pleine d’espoirs et de lumière constitue un appel à la résistance et au militantisme, pour protéger notre bien le plus précieux. À lire – Gabrielle Filteau-Chiba, La robe en feu, Le Castor Astral, 2026

  19. 482

    Philippe Torreton – Veiller

    Lecture par Abd al Malik Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos « La misère des rues, nous la croisons tous les jours. Nous passons devant. Parfois un tout petit arrêt le temps d’une pièce qui passe d’une poche chaude à une escarcelle froide. On ne s’y arrête pas, on ne peut pas s’y arrêter, on est pressé, je suis pressé, et puis il y en a beaucoup… je passe tu passes nous passons, j’évite, je slalome, je ne regarde pas, parfois je dis “je suis désolé je n’ai rien” et parfois c’est vrai. Ce que j’ai vu fut incompréhensible. Je voulais partager ça avec vous, que le lecteur le temps de ce récit soit, comme moi, chamboulé (…). Vous les entendrez parler, tous, les filles et les garçons du Samu social en vestes bleues, et les filles et les garçons des rues sous leurs couches de vêtements, les échoués sur nos trottoirs que l’on évite, je vous propose de vous y arrêter, de veiller avec moi, d’avoir envie de crier avec moi. » Philippe Torreton À lire – Philippe Torreton, Veiller, Calmann-Lévy, 2026

  20. 481

    Un petit roman de Lars Norén

    Avec Dominique Blanc, Amélie Wendling & Florence Hennequin (violoncelle) Arrangements : Yannick Deborne Un petit roman s’inspire du destin tragique de Lisa Montgomery, exécutée aux États-Unis en 2021. Enfant maltraitée, adulte violentée, souffrant de graves troubles psychiques, elle commet un crime d’une extrême violence : le meurtre d’une femme enceinte dont elle dérobe l’enfant. Elle devient une figure dont Norén explore les ténèbres, non pour juger, mais pour comprendre ce qui, dans l’humain, subsiste lorsque tout vacille. Norén interroge ce que signifie le mal lorsqu’il naît de la souffrance. Il questionne le sens de la peine de mort, les violences faites aux femmes, la reproduction du traumatisme, et cette zone où la victime devient bourreau. À lire – Lars Norén, Un petit roman, trad. du suédois par Johan Harnsten et Amélie Wendling, éditions La place, 2026

  21. 480

    Mathilde Forget – Certaines fièvres échappent au mercure

    Petite, Édith préfère les filles, mais croit que seuls les garçons ont le droit de les aimer. Se fabriquer une barbe en mousse n’y change rien – pire, cela fait naître un obsédant sentiment de honte. À 8 ans, elle a appris qu’on pouvait perdre ce à quoi on tenait plus que tout au monde. Depuis, hantée par l’angoisse de voir disparaître ceux qu’elle aime, elle apprend à garder secrets ses désirs. Édith se cache. Jusqu’au jour où, face à une fille aux cheveux follement bouclés, elle découvre un sentiment amoureux joyeux et sidérant. Mais les fictions que se racontent les amoureuses dialoguent avec celles de l’enfance marquée par le chagrin. Le bonheur est-il possible ? À lire – Mathilde Forget, Certaines fièvres échappent au mercure, L’Iconoclaste, 2026 Photo © Dorian Prost

  22. 479

    Antonio Franchini & Christophe Mileschi – Un auteur & son traducteur

    Entretien mené par Francesca Isidori Dans le cadre du festival Italissimo C’est un feu qui brûle dans le foyer même de l’auteur. En plongeant dans la vie – et la mort – de sa mère, Antonio Franchini raconte et mesure les éruptions furieuses d’une femme napolitaine marquée par la guerre, qui ne sait s’exprimer qu’avec passion et dans la contradiction. Cette opposition, c’est aussi celle du fils et de la mère qu’il a fuie en même temps que le Sud, et l’impossible dialogue entre deux langues, l’italien et le napolitain. Avec une fluidité impitoyable et réjouissante, ce choc des langages résonne dans toute sa richesse sous la traduction française de Christophe Mileschi, qui évoquera aux côtés de l’auteur les termes de leur collaboration. À lire – Antonio Franchini, Le feu que tu portes en toi, traduit de l’italien par Christophe Mileschi, Calmann-Lévy, 2025

  23. 478

    Antonio Moresco & Nicoletta Vallorani – Sombres univers

    Entretien mené par Martina Mileto Dans le cadre du festival Italissimo Cette fois, le fabuleux fabuliste de La Petite Lumière (Verdier/Poche, 2025) plonge dans les ténèbres. Le premier volet de sa nouvelle trilogie lève le rideau sur D’Arco. Un flic. Mort. Qui entend, la nuit dans la ville des morts, des chants d’enfants et retourne enquêter dans la ville des vivants, tout aussi cauchemardesque. Au fantastique thriller métaphysique répond la dystopie milanaise de Nicoletta Vallorani. Un polar post-apocalyptique que traversent Olivia, au volant de son taxi, et un inspecteur en mission. Leur enquête : des cadavres de femmes abandonnés au bord des friches industrielles. Cobayes, clones ? Ou autre ? Le temps et l’espace changent, la violence reste. La résistance et la résilience aussi. En collaboration avec l’association Italie Nouvelle À lire – Nicoletta Vallorani, Tu auras mes yeux, traduit de l’italien par Cristina Vignali, KC éditions, 2026 – Antonio Moresco, Le Mal, chant de D’Arco I, traduit de l’italien par Laurent Lombard, éditions du Chemin de fer, 2025

  24. 477

    Martin Rueff & Christophe Mileschi – Autour de « Works » de Vitaliano Trevisan

    Entretien mené par Francesca Isidori Dans le cadre du festival Italissimo « L’origine est un habit avec lequel on n’en finit jamais. » La sentence est de Vitaliano Trevisan et s’applique à une véritable religion du Nord-Est italien, celle du travail, voie incontournable – où qu’elle mène – qui modèle la vie, la fait et la défait. Avec Works, le romancier et dramaturge disparu en 2022, marginal autoproclamé, en soulève les contradictions et les absurdités, au fil d’un roman autobiographique qui recense ses nombreuses et diverses activités. Martin Rueff, l’universitaire, et Christophe Mileschi, le poète, les deux traducteurs de cette œuvre monumentale et singulière, évoquent Vitaliano Trevisan et une écriture sciemment placée sous le signe du jazz. À lire – Vitaliano Trevisan, Works, traduit de l’italien par Christophe Mileschi et Martin Rueff, Verdier, 2026

  25. 476

    « En l’absence d’Umberto Eco », avec Patrick Boucheron

    Entretien mené par Fabio Gambaro Dans le cadre du festival Italissimo Voilà dix ans que “le maître” est parti. Écrivain passionné, bibliothécaire bibliophile, enseignant, chercheur, Umberto Eco reste une figure ogresque des lettres italiennes. En plus d’un inoubliable best-seller, Le Nom de la rose (Grasset, 2022), il laisse six romans et une pléiade d’essais dédiés à ses nombreuses passions : philosophie, esthétique médiévale, sémiotique… Pour célébrer le savant et faire revivre sa verve, c’est un érudit français qui conduira cet hommage : l’historien Patrick Boucheron. Spécialiste du Moyen Âge – notamment en Italie –, professeur au Collège de France, producteur-passeur pour la radio, il partage avec Umberto Eco nombre de curiosités et de savoirs. Un maître de cérémonie éminemment qualifié, pour aborder un personnage et une œuvre qui ont marqué leur époque. À lire – Milo Manara d’après Umberto Eco, Le Nom de la rose, Glénat, 2026 – Patrick Boucheron, Peste noire, Seuil, 2026 – Umberto Eco, La Fabrique de l’ennemi, traduit de l’italien par Myriem Bouzaher, Grasset, 2026

  26. 475

    Boualem Sansal & Roberto Saviano – Écritures en danger ?

    Entretien mené par Christophe Ono-Dit-Biot Dans le cadre du festival Italissimo Une rencontre sous le signe de la liberté. Avec deux auteurs importants, et une question tristement légitime : les écrivains sont-ils dangereux ? Boualem Sansal a été gracié après un an de prison en Algérie. Son crime : des mots, qui lui ont valu une condamnation pour « atteinte à la sûreté de l’État”. Avec Gomorra (Gallimard, 2007), Roberto Saviano défiait le crime organisé et ses réseaux tentaculaires. Il vit depuis sous protection policière. À partir de quand la pensée devient-elle l’ennemie ? Alors que procès et menaces tentent de faire taire les voix et les plumes, les deux écrivains partagent leur expérience pour définir les moyens de se défendre. À lire – Boualem Sansal, Vivre, Folio, 2025 – Roberto Saviano, Giovanni Falcone, traduit de l’italien par Laura Brignon, Gallimard, 2025

  27. 474

    Des villes littéraires : Rome & Paris

    Avec Ingrid Astier, Giancarlo De Cataldo, Thomas Clerc & Alessandro Piperno Entretien mené par Fabio Gambaro Dans le cadre du festival Italissimo C’est un mariage exclusif, qui dure depuis 1956. Pour célébrer les 70 ans du jumelage entre la Ville éternelle et la Ville Lumière, quatre écrivains sondent la présence de la cité dans leur travail. Une relation à double sens. D’un côté, comment représenter la ville, la raconter, la faire vivre ? De l’autre, comment elle influence elle-même le créateur : par son caractère, ses évidences, ses mouvements invisibles… Alessandro Piperno, le portraitiste romain tragi-comique, et Giancarlo De Cataldo, écrivain-magistrat qui de romans en scénarios met au jour l’architecture criminelle de la capitale italienne, dialogueront avec une voix majeure du polar français, Ingrid Astier, qui a écrit Paris de la Seine jusqu’au toits, et l’auteur Thomas Clerc, célébré pour son Paris, musée du XXIe siècle. À l’occasion des 70 ans du jumelage entre Paris et Rome À lire – Alessandro Piperno, Un air de famille, traduit de l’italien par Jean-Luc Defromont, Liana Lévi, 2025 – Giancarlo De Cataldo, La Svedese, traduit de l’italien par Serge Quadruppani, Métailié, 2025 – Ingrid Astier, Ultima, Gallimard, 2025 – Thomas Clerc, Paris, musée du XXIe siècle : le 18e arrondissement, éditions de Minuit, 2024

  28. 473

    Erica Cassano & Simona Dolce – Héritages de guerre

    Entretien mené par Chiara Mezzalama Dans le cadre du festival Italissimo La soif, chez Erica Cassano, ne s’étanche pas avec l’eau. Et si Naples et ses habitants plient sous la sécheresse en cette année 1943, Anna, elle, veut s’abreuver d’autre chose : de connaissance, de liberté, d’un avenir possible. Au fil d’un premier roman puissant, Erica Cassano rêve une indépendance à sa jeune héroïne. La liberté d’une femme au cœur de l’Histoire, c’est aussi celle d’Inge Brigitte, dans ce premier roman de Simona Dolce traduit en français. À 17 ans, la fille du commandant des camps d’Auschwitz-Birkenau fuit l’Allemagne et son propre nom pour devenir mannequin à Madrid. Sur le tard, elle se raconte à un journaliste : un récit bouleversant qui balance entre innocence et culpabilité. À lire – Erica Cassano, La grande soif, J.C. Lattès, 2026 – Simona Dolce, Le vrai nom de Rosamund Fischer, traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza, Presses de la Cité, 2025

  29. 472

    « Un air de famille » d’Alessandro Piperno, par Micha Lescot

    Dans le cadre du festival Italissimo Professeur de littérature française, directeur de collection érudit d’I Meridiani – l’équivalent italien de la Pléiade –, romancier célébré (prix Strega avec Inséparables, Liana Lévi, 2012), l’écrivain romain a fait de sa ville natale le décor de son grand œuvre. À son tableau de la bourgeoisie juive, Alessandro Piperno ajoute un nouveau roman tendre et ironique, moderne et mélancolique. En scène, le professeur Sacerdoti, écrivain et universitaire banni pour une citation misogyne de Flaubert. Drapé dans sa misanthropie, il choisit de se retirer dans la solitude, quand il se voit confier le tutorat d’un jeune cousin orphelin. Les deux existences vont basculer. Le comédien Micha Lescot est de retour sur la scène d’Italissimo pour partager un extrait de ce grand roman. À l’occasion des 70 ans du jumelage entre Paris et Rome À lire – Alessandro Piperno, Un air de famille, traduit de l’italien par Jean-Luc Defromont, Liana Lévi, 2025

  30. 471

    Federica Manzon & Giuseppe Catozzella – Récits du retour

    Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos Dans le cadre du festival Italissimo Giuseppe Catozzella, prix Strega Giovani avec Ne me dis pas que tu as peur (Seuil, 2014), met en scène la fracture Nord/Sud à travers une jeunesse quasi binationale : celle d’un fils d’immigrés calabrais dans la banlieue de Milan, qui retourne l’été au pays d’origine dans la ferme familiale. Federica Manzon, elle, fouille la mémoire d’Alma, journaliste romaine de retour à Trieste à la mort de son père. Dans sa ville natale, la question de l’héritage familial prend un tour plus large. À l’heure où les souvenirs forment une galerie de miroirs intimes se dessine, facette après facette, une identité. Alors, au Nord comme au Sud, l’histoire personnelle embrasse l’histoire collective. À lire – Federica Manzon, Retour à Trieste, traduit de l’italien par Laura Brignon, Albin Michel, 2026 – Giuseppe Catozzella, L’été du mauvais œil, traduit de l’italien par Nathalie Bauer, Buchet-Chastel, 2026

  31. 470

    Francesca Melandri – Empathies sélectives

    Entretien mené par Camille Thomine Dans le cadre du festival Italissimo À l’image des dernières générations européennes, Francesca Melandri n’a connu que la paix. Lorsque déferlent les premières images de l’invasion russe en Ukraine, à l’heure où la guerre est de retour sur le continent, elle établit une évidente correspondance. Ce champ de bataille, son père l’a pratiqué, envoyé sur le front russe en 1942. C’est à lui – disparu depuis – qu’elle adresse ce récit épistolaire intime et philosophique, qui déterre les souvenirs enfouis sous la neige et questionne les empathies sélectives. Pourquoi l’opinion publique s’éveille-t-elle face à une guerre et se désintéresse-t-elle d’une autre ? À la lumière de l’Histoire et de ses contradictions, une sensible et pertinente théorie de la relativité. À lire – Francesca Melandri, Les pieds froids, traduit de l’italien par Danièle Valin, Gallimard, 2026

  32. 469

    Anna Hope – Nos héritages

    Lecture par Clémence Poésy Entretien mené par Minh Tran Huy Interprète : Marguerite Capelle Le richissime Philip Brooke vient de mourir, laissant derrière lui un patrimoine grandiose : le plus beau manoir du Sussex. Mari volage et père absent, il n’est regretté ni de sa femme ni de ses trois enfants. En revanche, sa vaste fortune déclenche des conflits galopants dans la famille car chacun veut mettre la main sur cette succession hors norme. Le clan Brooke réussira-t-il à ne pas voler en éclats avant le jour de l’enterrement ?Drame familial haut en couleur et en tensions, Nos héritages nous plonge dans les arcanes fascinants d’une famille d’aristocrates britanniques tiraillée par l’argent et les secrets du passé. À lire – Anna Hope, Nos héritages, traduit de l’anglais par Marguerite Capelle, Gallimard, 2026

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La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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