PODCAST · music
La Story Nostalgie
by Nostalgie Belgique
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus grands artistes de notre temps. Avec "La Story Nostalgie", plongez dans l'univers des icônes comme les Beatles, les Rolling Stones, Johnny Hallyday, Madonna, Queen, ou encore Michael Jackson. Brice Depasse vous raconte les récits inédits derrière les albums mythiques, les concerts légendaires comme Live Aid, et les moments de gloire des groupes qui ont marqué l’histoire de la musique. Découvrez comment Freddie Mercury a captivé le monde entier, comment ABBA a conquis les charts, ou encore les secrets de studio qui ont façonné des tubes intemporels. Chaque épisode est une plongée passionnante dans le making-of des carrières de ces artistes exceptionnels, avec des histoires qui
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Coluche : 40 ans après sa mort, la voix qui ne s'est jamais éteinte
Le 19 juin 1986, la mort de Coluche plonge une génération dans le deuil. Quarante ans plus tard, La Story Nostalgie lui rend hommage. Michel Colucci, dit Coluche, c'est un style unique : salopette, langage populaire décomplexé et personnages de bistrot qui font rire et réfléchir à la fois. Clochard, beatnik, épicier d'extrême droite ou blouson noir, il invente le stand-up à la française et donne une voix à ceux qui n'en ont pas. Vendeur de disques et de places de théâtre au-delà de Johnny Hallyday, il va jusqu'à lancer sa candidature à l'Élysée, d'abord en blague, avant que toute la France n'y croie vraiment. Ce même élan populaire donnera naissance aux Restos du Cœur. Quarante ans après sa disparition, ses sketches sont toujours aussi vivants. Une histoire drôle, touchante et universelle, à écouter sur Nostalgie.
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999
Coluche : l'enfance difficile et les débuts oubliés du plus grand humoriste français
Le 19 juin 1986, des millions de Français perdaient Coluche. Mais avant de devenir l'humoriste le plus populaire de sa génération, Michel Colucci a grandi dans la misère en banlieue parisienne, perdu son père à 3 ans et enchaîné une quinzaine de petits boulots : barman, livreur, vendeur de journaux, préparateur en pharmacie ou encore fabricant de guitares électriques. Adolescent, il frôle la délinquance avant de se ressaisir à 15 ans. Après un service militaire chaotique, il tente sa chance comme chanteur dans les cafés du Quartier Latin, puis rencontre Romain Bouteille, pape du café-théâtre, qui lui ouvre les portes du Café de la Gare. C'est là que tout commence vraiment. La Story Nostalgie vous raconte les origines méconnues de Michel Colucci, dit Coluche.
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998
Coluche : du Café de la Gare aux grands écrans, la naissance d'un génie du rire
Dans ce nouvel épisode de La Story Nostalgie, retour sur une période charnière dans la vie de Michel Coluche. Après avoir rejoint l'aventure du Café de la Gare, ce lieu mythique fondé par Romain Bouteille en 1969 avec le soutien de Georges Moustaki et Jacques Brel, Coluche se retrouve face à un choix décisif. Le réalisateur Claude Berri le repère et veut lui confier le rôle principal de son premier film. Mais les producteurs refusent de miser sur un inconnu : c'est Guy Bedos qui décroche la tête d'affiche du Pistonné. Coluche comprend alors qu'il doit se faire un nom, coûte que coûte. Cette ambition entre en collision avec la philosophie collective de Romain Bouteille. Les tensions culminent en 1970 avec un affrontement physique. Patrick Dewaere intervient, Bouteille pose son ultimatum, et Coluche est évincé du Café de la Gare. Une rupture douloureuse, mais fondatrice, sur la route d'un génie de l'humour.La Story Nostalgie, le podcast qui raconte les grandes histoires de la musique, du cinéma et de la culture populaire, sur Nostalgie.
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997
Coluche, 40 ans après : de ses débuts au cinéma au César du meilleur acteur, une carrière hors du commun
40 ans après sa disparition en juin 1986, La Story Nostalgie retrace la carrière cinématographique de Coluche, bien au-delà de l'image du simple humoriste. Des petits rôles discrets dans les films de Georges Lautner et Claude Zidi, jusqu'au César du meilleur acteur décroché en 1984 pour Ciao Pantin de Claude Berri, en passant par L'Aile ou la cuisse avec Louis de Funès et Inspecteur la Bavure avec Gérard Depardieu, Coluche aura marqué le cinéma français d'une empreinte indélébile. Un hommage à un artiste rare, attachant et définitivement inoubliable.
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996
Coluche : la nuit du 19 mai 1974 où la France entière a découvert le génie du clown à salopette
19 mai 1974. La France suit en direct le second tour de l'élection présidentielle opposant François Mitterrand à Valéry Giscard d'Estaing. Mais Mitterrand est en retard. Pour retenir les téléspectateurs, le présentateur Guy Lux propulse sur le petit écran un inconnu du grand public : Coluche. Salopette bleue à rayures, nez rouge, plusieurs kilos de plus et une gouaille incomparable. Ce soir-là, devant des millions de Français et de Belges, Coluche vit une véritable naissance télévisuelle. La Story Nostalgie vous raconte comment un homme en retard a offert à un clown son ticket pour l'immortalité.
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995
1986 : l'été d'une génération qui croyait être reine du monde, avec Tom Cruise, Queen et Highlander
Et si les albums photo étaient les meilleures machines à remonter le temps ? Brice Depasse vous plonge dans l'été 1986, il y a tout juste 40 ans, pour raconter une génération qui a grandi sans smartphone, sans réseaux sociaux, libre de vivre sans se mettre en scène. Sur ces pages jaunies, on retrouve des visages jeunes et insouciants qui ignoraient tout de ce qui allait venir : la chute du mur de Berlin, Internet, la mondialisation. Cette génération avait pour bande-son George Michael, Jeanne Mas et Queen. Elle découvrait Tom Cruise dans Top Gun et Christophe Lambert dans Highlander, deux films qui célébraient la jeunesse, l'ambition et l'idée d'être les rois du monde. Dans cette Story Nostalgie, Brice Depasse rappelle que s'arrêter aux Rubik's Cube et aux baladeurs cassette pour résumer les années 80, c'est passer à côté de l'essentiel : une époque où l'avenir semblait immense et où l'on y croyait vraiment. Un podcast Nostalgie présenté par Brice Depasse.
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994
Top Gun, l'été 1986 où le cinéma et la musique ont changé les règles du jeu
Nous sommes en 1986, dans un magasin de disques de Louvain-la-Neuve. Un étudiant commande toute une caisse d'un album de musique de film encore inconnu : la bande originale de Top Gun.Dans cette Story Nostalgie, Brice Depasse raconte comment ce blockbuster de Tony Scott a changé pour toujours le rapport entre cinéma et musique. Avec Danger Zone de Kenny Loggins en ouverture, les synthétiseurs et les ballades radio-friendly calibrées au millimètre, Top Gun inaugure une ère nouvelle : celle où un film est construit avec sa musique, et non plus simplement illustré par elle.Pour la première fois, les industries du cinéma et du disque avancent main dans la main, de façon volontaire et systématique. Une formule qui deviendra la signature de la fin des années 80, déclinée ensuite dans Dirty Dancing, Cocktail, Pretty Woman ou Robin des Bois, Prince des voleurs.La bande originale n'est plus le souvenir d'un film aimé. Elle est désormais un produit à part entière.
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993
Top Gun et Tom Cruise : comment Maverick a conquis toute une génération en 1986
L'été 1986 réserve une surprise totale : ce n'est ni un chanteur, ni un sportif, ni un personnage de la vraie vie qui s'impose comme nouveau modèle d'une génération, mais un pilote de chasse hollywoodien nommé Maverick, interprété par Tom Cruise dans Top Gun. Dans cet épisode de La Story Nostalgie, Brice Depasse raconte comment le film a envahi les cours de récréation, les bureaux et les cafétérias dès le lundi matin suivant sa sortie. Lunettes Ray-Ban, blouson d'aviateur, allure conquérante : ce que les adolescents achètent, c'est avant tout une façon de se tenir, une assurance nouvelle face aux autres. L'impact dépasse largement la mode : la marine américaine elle-même constate une hausse spectaculaire des demandes de renseignements après la sortie du film. Et Brice Depasse rappelle que ce pouvoir immense du cinéma de transformer un personnage de fiction en modèle générationnel n'est pas nouveau, de Marlon Brando à Tom Cruise dans Risky Business en 1983, porté par la musique de Phil Collins. Une époque où, en sortant de la salle, on avait le sentiment de pouvoir conquérir le monde.
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992
La Story Nostalgie : l'été 1986, Top Gun et la génération qui a grandi avec le monde
Juin 1986. Tom Cruise devient une star mondiale avec Top Gun. Mais pendant que les réacteurs rugissent sur grand écran, une génération de jeunes Belges vit un été ordinaire, entre la digue de La Panne, un camping dans le sud de la France et les radios francophones. Brice Depasse raconte cette génération particulière, l'une des premières à grandir dans le même univers que le reste du monde occidental : mêmes films, mêmes clips, mêmes chansons qu'à Londres, Paris ou Los Angeles. Freddie Mercury, David Bowie, Madonna, Caroline Loeb... Un été de 1986 qui ne se savait pas encore mythique. Et pourtant, 40 ans après, les souvenirs sont là, intacts. La Story Nostalgie, avec Brice Depasse.
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991
Tom Cruise et Top Gun : l'histoire de la naissance d'une superstar mondiale en 1986
En juin 1986, l'Amérique fait rêver la planète entière. Madonna, Prince, Michael Jackson et Bruce Springsteen dominent les ondes, et Hollywood enchaîne les succès. C'est dans cet été électrique que sort Top Gun, le film qui va propulser Tom Cruise au rang de superstar mondiale. Mais avant d'incarner le beau pilote de chasse Maverick, Tom Cruise a eu un parcours pour le moins chaotique. Enfant dyslexique élevé dans une famille modeste, il a déménagé des dizaines de fois, fréquenté de nombreuses écoles et même envisagé de devenir prêtre avant de découvrir le théâtre. Dans La Story Nostalgie, Brice Depasse retrace les étapes clés qui ont mené Tom Cruise vers la gloire : son rôle secondaire dans The Outsiders de Francis Ford Coppola, aux côtés de Matt Dillon, Patrick Swayze, Emilio Estevez, Ralph Macchio et Rob Lowe, puis le succès de Risky Business et l'échec de Legend signé Ridley Scott. À 23 ans, il ne lui manquait plus qu'un avion de chasse. Top Gun allait lui offrir bien plus que ça.
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990
Pop Corn : Le tube au Minimoog qui a révolutionné la musique électronique
En cet été 1972, Eddy Merckx gagne le Tour de France pour la quatrième fois, les hommes vont toujours sur la Lune régulièrement, Michel Polnareff et Michel Fugain chantent les vacances comme personne et pourtant c’est un titre instrumental pas banal qui nous trotte dans la tête. Ou plutôt un son, un son marrant qui va devenir un tube. Et il porte un nom bizarre qu’on n’a jamais entendu : Pop Corn.C’est quoi un Pop corn ? Ben on ne va pas tarder à découvrir cette friandise dont les Américains s’empifrent depuis longtemps, spécialement au cinéma. Vous vous rendez compte ! Manger pendant qu’on regarde un film, ces Amerloques quand même, ils ne savent rien faire comme les autres. Des chocolats glacés, c’est bon pour les gosses, et encore pendant l’entr’acte. Mais pas pendant un film ! Et donc voilà que ce Pop Corn est le titre d’un morceau de musique qui nous fascine parce que c’est vrai qu’on n’a jamais entendu un son pareil. Il vient en fait d’un instrument dont on parle encore très peu : le synthétiseur, un appareil électronique qui produit des sons artificiels. Et ce synthétiseur particulier a été construit par un monsieur qui s’appelle Robert Moog et qu’il a miniaturisé, voilà pourquoi on l’appelle Minimoog.Derrière le nom de groupe bizarre Hot Butter se cache un jazzman de cinquante ans nommé Stan Free, qui fait des reprises au Minimoog. Et parmi ces reprises il y a un titre composé et enregistré trois ans plus tôt par un certain Gershon Kingsley, le tout premier à enregistrer un disque avec le Minimoog. Mais voilà, ce Kingsley n’est pas le King des arrangements, c’est de la musique pour grands magasins ; il manque au morceau du peps, que va lui donner Stan Free.Et donc un tas d’autres types qui ont un Mini Moog dans leur studio vont y aller de leur reprise tant et si bien qu’on va finir par ne plus s’y retrouver chez le disquaire. Il en est sorti de toutes les sortes des Pop Corn, croyez-moi, c’est comme dans les rayons des grands magasins aujourd’hui.Et donc vous savez désormais, au cas où vous voudriez vous rendre au paradis des tubes oubliés, que la meilleure sauce pour assaisonner vos Pop Corn, c’est le beurre fondu, le Hot Butter de Stan Free et que c’est du 50 ans d’âge, 54 déjà, le premier tube mondial de musique électronique. Et je vous prie de croire qu’en 1972, il n’y avait que des auteurs de science-fiction pour affirmer qu’un jour on n’écouterait plus que de la musique électronique.
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989
40 ans après Mexico 86, Brice Depasse vous raconte la création de l'hymne éternel du Grand Jojo
En juin 1986, la Belgique a vécu l'une des aventures sportives et musicales les plus marquantes de son histoire lors de la Coupe du Monde au Mexique. Ce podcast raconté par Brice Depasse retrace les coulisses de cette "belle et terrible aventure" où, pour la première fois, les Diables Rouges atteignaient la petite finale du mondial.La genèse d'un tube : d'Anderlecht au Mexique Tout commence un an plus tôt avec une collaboration entre le producteur hollandais Hans Custers et le Grand Jojo, supporter emblématique d'Anderlecht. Custers propose au chanteur de créer un hymne pour le club bruxellois, inspiré des chants de supporters néerlandais. Le résultat est "Anderlecht Champion", un succès immédiat dont le refrain scandé fait vibrer les tribunes du stade Constant Vanden Stock.Lorsque la Belgique se qualifie "par un trou de souris" pour le Mondial 86 après un match de barrage épique contre la Hollande, l'idée germe d'adapter ce succès pour l'équipe nationale. Le célèbre "Allez, allez, allez" devient "Olé, olé, olé" pour coller à l'ambiance mexicaine. Anecdote savoureuse : le rythme entraînant de la chanson aurait été inspiré par celui d'une machine à laver en marche, écouté par les deux amis dans une buanderie.Un tournoi héroïque et des ventes records Le début de la compétition au Mexique est laborieux. Après une défaite contre le pays hôte et des résultats mitigés, la Belgique se qualifie de justesse pour le second tour en tant que "meilleur troisième". C'est alors que l'incroyable se produit. Le 15 juin 1986, lors d'un huitième de finale d'anthologie contre l'URSS, les Diables s'imposent 4-3 après prolongations dans un suspense insoutenable.Ce miracle sportif déclenche une véritable hystérie en Belgique. Dès le lendemain, les disquaires sont pris d'assaut pour acheter le single du Grand Jojo ; les usines de pressage doivent travailler jour et nuit pour répondre à la demande sans précédent. La ferveur s'accentue après le quart de finale contre l'Espagne. Dans la chaleur de Puebla, après un match fermé, la Belgique l'emporte aux tirs au but grâce à un arrêt décisif de Jean-Marie Pfaff et au tir final de Leo Van der Elst.Une apothéose historique Bien que stoppés en demi-finale par l'Argentine de Maradona (2-0), les Diables rentrent au pays la tête haute. Le 30 juin, plus de 100 000 personnes accueillent l'équipe entre Zaventem et la Grand-Place de Bruxelles. Le Grand Jojo, présent au balcon aux côtés des joueurs et reçu par le roi Baudouin, reçoit une ovation historique.Le succès de "E Viva Mexico" dépasse alors largement les frontières belges. Le refrain "Olé, olé, olé" entre dans le domaine public, repris par des supporters du monde entier et même par les Rolling Stones lors de leurs tournées.L'héritage d'une année dorée L'année 1986 restera comme celle où la Belgique a changé de dimension, portée par cette épopée sportive, mais aussi par sa victoire à l'Eurovision. Le Grand Jojo, avec son don pour croquer des personnages populaires en quelques lignes, est célébré comme un auteur dont la plume, souvent sous-estimée, a su capturer l'âme d'un pays qui, pour la première fois, se regardait avec fierté.
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988
Soft Cell : Les rois de la New Wave cachés derrière l'ombre de « Tainted Love »
Bienvenue au paradis des tubes oubliés. Ils sont tous là, à attendre une petite prière sous la forme d’une écoute en streaming et pourtant vous ne les écoutez pas, ou plus, ou mieux, vous n’en avez jamais entendu parler, alors qu’iriez-vous faire sur la page de ces artistes qui n’ont connu qu’un seul hit !Et parmi tous ces artistes censés n’avoir connu qu’une unique heure de gloire, le groupe Soft Cell est sûrement celui compte le plus de tubes oubliés. Soft Cell, c’est bien sûr, Tainted Love.L’histoire de ce duo électro new wave du nord de l’Angleterre est bien connue. La reprise d’une chanson anglaise façon Motown qui n’avait pas marché dans les années 60 et qui devient le plus grand hit de l’année 1981 à l’échelle de la planète, empochant un record de durée dans le Billboard américain et du nombre de 45 Tours vendus en Grande-Bretagne.Et le suivant ? Ben six mois plus tard N°4 … Bedsitter, et puis le suivant ? N°4 … Say hello wave goodbye, le suivant N°2 … Torch, et le suivant ? N°3 What !Ça vous étonne, hein ? Et pourtant, Soft Cell, c’est alors LE groupe de New Wave ! Oui mais c’est bizarre ! Ah ben justement, être bizarre, c’est la clé pour se faire entendre, passer à la radio et à la télé en Angleterre, en 1981 et 82. Le label qui les a sous contrat s’appelle d’ailleurs Some Bizarre. Le succès de Soft Cell est tel, alors, que le patron du label refile un autre groupe qui les sollicite à un pote fan d’électro car il n’a pas le temps de s’en occuper, le groupe s’appelle Depeche Mode.Alors pourquoi les autres chansons de Soft Cell ne sont-elles pas restées dans nos têtes, ne se sont pas installées avec les années dans le grand inconscient collectif de notre Pop Culture ? Et bien parce que justement Some Bizarre est un label indépendant et que beaucoup de firmes de disques étrangères comme en Belgique, en France, n’ont pas joué le jeu. Si cela avait été une multinationale, la chose aurait sans doute été différente mais Soft Cell, comme les Korgis d’ailleurs, ne joue pas, ou très peu, en public. Nous ne serons pas très nombreux à voir leur unique concert belge au Manhattan à Leuven début 1983.Alors oui, quatre tubes énormes et consécutifs mais uniquement en Grande Bretagne et en Irlande, ce qui est déjà pas mal, si vous les comparez à des artistes français. Mais voilà, c’est Depeche Mode et Simple Minds qui ont pris toute la place et trusté les ventes de disques à partir de là. Alors on est passé à côté de quoi, allez-vous me dire ? Des chansons formidables, qui attendent votre curiosité, comme celle-ci, c’était en 1982, c’était bizarre mais qu’est-ce qu’on a aimé ça.
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987
Plastic Bertrand : Plus qu'un éclair punk, une machine à tubes
A chaque fois que j’entends des gars ranger Plastic Bertrand dans la catégorie des artistes qui ont fait un tube et puis plus rien, ça m’énerve. C’est vrai, comment ignorer qu’après le phénomène planétaire de Ca plane pour moi qui a détrôné les Sex Pistols dans l’imaginaire que le grand public avait du punk, il y a eux cinq autres tubes, en France et en Belgique, en moins de trois ans.Vous connaissez sans doute l’histoire racontée par le créateur de la chanson, feu Lou Deprijck, alors la voix du Two Man Sound, qui connaissait aussi un succès considérable dans le monde. Et ben oui, la firme de disques veut un successeur à Ca plane pour moi. Et un album. Et comme il est du sérail, du monde des producteurs, et que c’est le pactole, ben, Lou ne va pas dire non. C’est donc la raison pour laquelle si vous avez connu l’époque, vous connaissez inévitablement cette chanson Super Cool, et celle-là, Sentimentale-moi, et puis … Houla Hop, et encore Téléphone mon bijou, et puis aussi cette improbable collaboration avec un membre de Telex … Tout petit la planète … Ah on est bien loin du punk, là. Il est vrai que le punk, en tant que musique et mouvement, et surtout le son, tout le monde s’en est vite éloigné, il suffit d’écouter la discographie des Clash ou Police pour s’en convaincre.Pourtant, le duo pygmalion Deprijck Plastic Bertrand remet le couvert devant toutes les caméras de télévision et sur les radios. Car si Ca plane pour moi a été le grand N°1 de l’année, son successeur a été N°4 et a aussi traversé les frontières de la Belgique et de la France, et pas seulement grâce aux longues ondes.Pour ceux qui s’en souviennent, quand on l’a entendu, on ne l’a pas cru, puisque c’est une reprise électrique et speedée d’une chanson de Dalida. Dalida ! En 1978, alors que Téléphone secoue la chanson française, Dalida et le punk, c’est l’eau et le feu. On crie d’autant plus au casse-cou que le successeur d’un immense tube est celui qui, en cas de réussite, lance définitivement la carrière d’un artiste, celui qu’il ne faut pas manquer car sinon, c’est les oubliettes.Mais ça marche ! Qui y a vu une référence à Johnny Hallyday qui faisait d’une chanson de Dalida son premier tube au premier single ? … T’aimer follement … il avait d’ailleurs remis ça avec un Petit Bikini … Alors pas sérieux le Plastic Bertrand, si le taulier l’avait déjà fait ? Et quand on sait que quelques mois plus tard, le bassiste des Sex Pistols reprendra My Way de Frank Sinatra … En tout cas, c’est un carton, et Plastic Bertrand devient une vedette, un copain d’une nouvelle époque. Et si Bambino figure aujourd’hui au Paradis des tubes oubliés, qu’est-ce qu’on l’a entendu à la radio et vu à la télé.
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986
The Korgis : Bien plus qu’un slow mythique au pays de la New Wave
Pour tous ceux qui se posent la question de savoir où vont tous les hits qu’on n’entend plus jamais, je leur dis : ben, au paradis des tubes oubliés. Car oui, ça s’oublie, des tubes. Tellement que je retrouve très souvent dans des listes de One Hit Wonders, ceux qui n’ont connu qu’un seul hit, des gens qui n’ont rien à y faire.Allez au hasard, début des années 80, on a tous été babas du même groupe anglais qui nous faisait le coup du slow façon La Boum mais à la puissance dix, version New Wave … Et aujourd’hui, un tas de gars qui devraient se renseigner s’ils n’ont pas vécu l’époque, disent qu’ils n’ont fait qu’un seul hit et puis ont disparu, après ce premier succès. Déjà, pour le groupe The Korgis, ce n’était pas leur premier succès en Grande-Bretagne. Et non. Cela faisait des années que le duo moteur, voix, guitariste et clavier, du groupe existait. Depuis la fin des années 60, pour tout vous dire. Le groupe s’appelle alors Stackridge, un de leurs albums produit par George Martin, le 5ème Beatles, a même connu un joli succès en Grande-Bretagne, en 1973.Mais voilà, séparation en 1976, deux années passent, et revoici notre duo qui recrute deux autres musiciens pour relancer la machine, cette fois sous le nom de Korgis. Et là, bingo ! Nouveau hit avec ce titre que tous les British des 70’s connaissent … If I Had You… C’est plutôt pas mal, non ?Si la chanson n’arrive pas jusque dans la partie francophone de la Belgique, et la France, probablement trop occupée à écouter ce que Paris nous envoie, l’arrivée en force de la New Wave avec Orchestral Manoeuvres et Gary Numan change complètement le son des Korgis sur l’album suivant, qui submerge d’émotion tous ceux qui ont une âme romantique…Il est question un temps que les Korgis fassent la première partie de la tournée de Peter Gabriel, cette année-là, il faut dire qu’ils utilisent sur leurs chansons ses synthés dont son précieux Fairlight, et que son batteur joue aussi souvent avec eux.En tout cas, avec les Buggles, Ph.D, New Musik, M, Jona Lewie, les Korgis font partie de cette vague d’artistes britanniques actifs depuis longtemps à surfer sur le son de la New Wave. Et s’il est vrai que le single suivant n’a pas connu le même succès que l’immortel Everybody’s Got To Learn, le 45 Tours doit encore se trouver dans pas mal de maisons en France et en Belgique francophone. On en a perdu le souvenir, probablement parce qu’il y avait trop de choses géniales dans le Top à ce moment. Un embouteillage de trouvailles à la hauteur de la créativité foisonnante des artistes d’une époque où on créait la musique qu’on avait dans la tête. Et non pas en se préoccupant de répondre aux attentes d’un grand public imaginaire, sorti de données statistiques ou de playlistes radios qui n’existaient pas.
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985
Michael Jackson : Le numéro 1 fantôme qui a défié les lois du temps
Depuis le temps déjà lointain où le mot hit a pris une signification, depuis cette époque où, il y a plusieurs générations, on s’est mis à vendre beaucoup de disques, il y a eu tant de succès que certains, on ignore pourquoi, ont disparu. Soit parce que leur son ou leur style est devenu complètement désuet … soit parce que … ben, pour des raisons de pur bizness, de visibilité. C’est pourquoi cette semaine, je vous propose une promenade pas banale, au paradis des tubes oubliés.Et tenez, quoi de plus explicite que de commencer avec l’artiste qui détient tous les records, Michael Jackson. Chez lui, on est bien d’accord, tout s’est transformé en or. Et ben, non.Ainsi, au milieu des années 70, c’en est déjà fini pour lui et ses frères. Cinq ans plus tôt, les Jackson 5 ont fait l’histoire en débutant leur carrière par quatre N°1 consécutifs. Michael, le petit prodige qui chante avec le talent d’un adulte et danse aussi bien que James Brown, n’a alors que douze ans et on dit déjà que ça ne va pas durer. C’est vrai, le public se lasse vite des adolescents, tout d’abord parce qu’ils changent ensemble, leurs intérêts en premier, et puis ensuite, parce qu’avec l’âge, le charme étonnant de la précocité disparaît. Et de fait, en 1975, quand le nouvel album de solo de Michael Jackson paraît à la Motown, la firme qui les a révélés, a cru en eux, et ben le single ne rentre même pas dans le Top américain. Et donc, la fidèle Grande-Bretagne, plus grand marché du disque au monde par tête d’habitant, ne le sort même pas.Quatre ans plus tard, après une traversée du désert pour les frères Jackson, un changement de maison de disques et un arrêt de sa carrière solo, Michael revient à l’âge de 19 ans avec un son révolutionnaire et des chansons à tomber à la renverse qui explosent le Billboard américain.Alors, à la Motown, on se dit qu’il faut profiter de cette aubaine en resortant de vieux disques de Michael. C’est d’autant plus évident qu’au début des années 80, à part le retour miraculeux de Diana Ross, les affaires ne se portent pas très bien pour le label soul historique.Evidemment, la voix de Michael a changé, et puis surtout, la musique. Alors, logiquement, le 45 Tours poussé en radio ne passe pas aux Etats-Unis. Mais en Angleterre, est-ce les quelques rééditions de vieux hits qui ont marché, ou le succès de la vague ska rétro, ou encore le Stars on 45, le 45 Tours de Michael Jackson est N°1. Et on a beau trouver un peu étrange la voix de Michael sur ce nouveau single, car on n’a pas d’info, rien à faire, on le trouve irrésistible surtout sur la piste de danse pendant les séries de slows.Et puis vous savez, l’année suivante ce sera l’album Thriller, et comme ce hit de 1981, enregistré en 1974, n’est pas dans le catalogue de la maison Sony Sonic ni dans les préoccupations de l’artiste lui-même, il ne figurera sur aucune compile par après et on n’entretiendra pas son souvenir. Pourtant, il reste dans la tête de nombre d’entre ceux qui ont vécu cette époque, un jour dans leur vie … et croyez-moi, il plaît toujours autant. Il suffit de le faire tourner …
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984
Céline Dion : Le pari colossal qui a réinventé le désert de Las Vegas
Au début des années 2000, Las Vegas est cette ville où l’on vient jouer, évidemment, et applaudir des légendes un peu has been. Dans les casinos planent l’ombre de Sinatra, Liberace, et plus récemment de Tom Jones. Le Vegas de Tom Jones, c’est des smokings ouverts jusqu’au torse, des femmes qui lancent leur lingerie sur la scène et des serveuses qui traversent la salle avec des plateaux de cocktails aussi grands qu’elles. À Vegas, les stars sont des mecs du genre alpha John Wayne. Des types qui boivent, séduisent et chantent jusqu’au milieu de la nuit sous les néons et dans le chahut des machines à sous.Alors, lorsque le Caesars Palace annonce qu’il va construire une salle gigantesque spécialement pour Céline Dion, aussi célèbre soit-elle devenue, nombreux sont ceux qui crient au casse-cou. Car à Vegas, les chanteurs viennent quelques semaines, des mois au mieux, comme cela a été le cas avec Elvis. Mais une résidence permanente pendant trois ans !Mais les travaux commencent au Caesars Palace, on détruit un ancien théâtre, et peu à peu apparaît ce Colosseum inspiré de la Rome antique, avec ses colonnes, ses dorures et sa salle pensée autour d’une seule voix. Les techniciens eux-mêmes n’en reviennent pas.Et la ville continue à Vegas. Des joueurs perdent leur retraite aux machines à sous, les mariages express se succèdent dans les petites chapelles climatisées avec des Elvis partout, tandis que des vieux habitués parlent encore des soirées folles du Rat Pack comme des anciens combattants.Quelques semaines après les débuts du spectacle de Céline Dion, les premiers à comprendre qu’il se passe quelque chose ne sont ni les journalistes, ni les producteurs. Ce sont les chauffeurs de taxi. Parce que, eux, ils voient arriver les gens avant tout le monde. À l’aéroport de Las Vegas débarquent en effet des couples du Midwest, des groupes de femmes quinquas, des familles entières, des Québécois surexcités, des Européens émerveillés du voyage, tous avec la même idée en tête : “Ils sont là pour Céline !”Puis ce sont les serveurs du Caesars, les restaurants qui se remplissent après le spectacle, ça fait quand même 4000 personnes dans les rues d’un coup, les boutiques ouvrent plus tard et les casinos découvrent qu’une chanteuse capable d’émouvoir une salle entière rapporte davantage qu’un championnat du monde de boxe. Car Céline Dion attire des gens qui jusque-là ne venaient pas à Vegas. Des couples ordinaires. Des touristes qui économisent pendant un an pour se payer le voyage. Des gens qui ne jouent même pas au casino mais qui veulent simplement vivre “leur soirée avec Céline”.Vrai, Céline Dion a transformé Vegas au point que tout le bizness veut y avoir sa résidence : Elton John, Cher, Britney Spears, Kiss, Adele et même U2 y poseront leurs valises.Oui, le véritable tournant de l’histoire de Las Vegas n’a pas été l’annonce de la résidence de Céline par les patrons des casinos. Il a commencé un soir où un chauffeur de taxi a vu monter dans sa voiture un couple venu uniquement pour écouter Céline Dion chanter en plein désert du Nevada.
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983
Céline Dion : Le duel de Dublin qui a ouvert les portes de l'Amérique
Quand on parle de l’Eurovision, on évoque toujours la victoire de Abba en 1974 et la révélation d’un groupe qui deviendra une gloire mondiale. Céline Dion n’arrive qu’après, bien après, alors que, excusez-moi, Abba, c’est énorme, c’est évident, mais Céline Dion c’est tout autre chose, une carrière plus haute, plus forte, plus longue.Oui, l’arrivée d’artistes suédois sur la scène internationale était quelque chose d’improbable au milieu des années 70 mais moins que la suprématie totale et durable d’une chanteuse francophone sur un monde anglicisé en ce compris, jusqu’au plus profond d’une Amérique et une Angleterre qui n’imaginent même pas que quelqu’un puisse parler sans leur accent.Et pourtant c’est ce qui s’est passé. Et plus fort encore, le fait que le premier prix de ce concours ne soit pas le fruit du hasard. Alors bien sûr, ce samedi soir d’avril 1988, au terme d’un suspense insoutenable, quand Céline remporte le titre d’un seul point face au Britannique Scott Fitzgerald, on comprend que Céline éclate en sanglots. Et que la joie de René ne soit pas motivée uniquement par le fait qu’il avait parié, joueur invétéré qu’il est, 400 livres sur sa victoire.Ah je peux vous dire qu’il les retient, ses larmes, sous les projecteurs et dans la fureur de l’annonce. Des dizaines, des centaines, peut-être, de millions de téléspectateurs l’ont vue en même temps, et se sont pris le final colossal de sa chanson, à deux reprises. Et même si c’est le soir, de retour à l’hôtel, où il va se passer autre chose dans leur vie à tous les deux, c’est celui de la reconnaissance internationale pour quelqu’un qui sait là où il veut aller, celui qui ouvre les portes de Sony Music, alias l’ancienne Columbia, à New York, pour un album en anglais.Mais attention, il ne faut pas imaginer qu’au lendemain de l’Eurovision, les Américains se ruent sur leurs téléphones en demandant : “Faites venir cette canadienne immédiatement, on la veut”, L’Eurovision, aux Etats-Unis, personne ne connaît. Mais ce trophée européen, c’est quand même un sacré signal.D’autant que ce qui a impressionné ce soir-là n’est pas la chanson, qui est loin d’être la meilleure qu’on y ait entendue, mais la manière dont Céline fait monter l’émotion avant d’envoyer un final qui emporte tout sur son passage.Or, le rêve d’Amérique de René s’est compliqué car à la fin des années 80, les radios américaines ne font aucun cadeau aux artistes étrangers. Alors Céline retourne aux cours de langue et deux ans plus tard, … Where does my heart beat now, … vous connaissez la suite. Et cette histoire a commencé un samedi 30 avril 1988, à Dublin, quand une jeune Québécoise remporte l’Eurovision avant de convaincre l’industrie mondiale qu’elle peut devenir bien plus qu’une chanteuse francophone.Et là où on n’en est pas revenu, nous, c’est qu’au moment même où l’Amérique lui ouvre les bras, Céline Dion revient vers la chanson française, avec un auteur qui connaît aussi bien le monde de l'Hexagone que la musique américaine, il est vrai, Jean-Jacques Goldman.
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René Angélil : L'école du show-business, des Baronnets au "modèle" Céline
Vous le savez, plus les artistes sont célèbres, plus on a raconté leur histoire. Et il y a même fort à parier que ce soit plutôt l’inverse : qu’une bonne histoire fait qu’on parle d’autant plus d’un artiste.Tenez par exemple Céline Dion, la femme au sommet du show business mondial, en train de signer un retour retentissant en passant par la case Midnight in Paris. Vous avez en tête immédiatement son mari et manager René Angélil et puis aussi toutes les anecdotes de la famille nombreuse de Céline et du rapport organique qu’elle entretient avec la musique.C’est comme les filles qui hurlent après les Beatles, Johnny Hallyday qui se roule par terre sur scène horrifiant le monde des adultes, les fesses de Michel Polnareff sur une affiche.Mais qu’y a-t-il derrière ces scènes qui appartiennent aujourd’hui à la légende de notre temps ? Ah sur le moment même, c’est juste le cours de la vie, d’une vie, celle de René Angélil, un impresario canadien old school au début des années 80. Vingt ans plus tôt, il faisait partie d’un trio très populaire qui avait repris des chansons des Beatles et en avait fait un tube au Canada (C'est fou, mais c'est tout). Le premier label américain qui avait édité les Beatles, sans succès, il est vrai, avait alors signé le groupe de René, Les baronnets, c’était leur nom, mais peu après la sortie du disque, avait mis la clé sous le paillasson. Un coup du sort comme il en arrive souvent aux artistes de la chanson et qui avait valu au trio de se séparer.Et là, les hasards chanceux de la vie, un impresario influent et fortuné avec qui il travaillait, lui demande un coup de main. Je voudrais lancer mon poulain aux Etats-Unis, c’est un jeune gamin tellement prometteur mais il ne parle pas anglais. Toi, oui. C’est un sacré boulot mais je suis convaincu qu’on peut y arriver, tu marches ?L’affaire est inespérée. René accepte et y croit d’autant plus que les voilà partis au Japon pour un concours que le jeune René Simard, treize ans, remporte haut la main, le Prix Frank Sinatra, remis par Sinatra en personne. Le voilà avec son poulain partout dans les médias, à Tokyo, à New York mais aussi à Paris où le jeune adolescent assure la première partie de Daniel Guichard à l’Olympia.L’avance d’un million de dollars qu’il demande à la firme CBS pour un contrat, jugée farfelue, n’aboutit pas, mais n’empêche, vous avez compris que ce que René est en train de vivre au milieu des années 70 est le schéma qu’on va retrouver la décennie suivante avec Céline.Car oui, après avoir géré la carrière de Ginette Reno, pas la même affaire, et qu’elle l’ait quitté, René va rencontrer la synthèse des deux artistes dont il s’est occupé : une voix féminine forte et un adolescent surdoué. Dommage pour l’impresario qui a refusé à René de le prendre comme associé. Mais tant mieux aussi, car avec Céline, René fera tout le contraire de son ancien employeur, à savoir ne pas isoler l’artiste adolescent de sa famille et surtout ne pas afficher des conditions exorbitantes d’une multinationale quand elle frappe à la porte d’un débutant.
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René Angélil & Céline : Le pari fou d'un impresario au bord du gouffre
L’image la plus forte des J.O. de Paris, c’est Céline Dion. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il n’y a et il n’y aura jamais qu’une Céline Dion. Et s’il y a eu un Colonel Parker derrière Elvis Presley, un Brian Epstein derrière les Beatles, le nom de René Angelil est encore bien plus célèbre. L’histoire de ce triomphe unique dans l’histoire du showbiz est tellement folle qu’elle commence même avant la naissance de Céline, quand René, ex-chanteur d’un groupe pop canadien s’était retrouvé sans rien et avait bifurqué vers le métier d’impresario.Le voilà en effet, tenant les rênes d’un jeune prodige de 13 ans pour le compte d’un autre agent. Il vit sa réussite mais comprend également tout ce qu’il ne faut pas faire dans un cas aussi particulier que celui d’un artiste pré adolescent.Les années passent, mais au début des années 80, René a perdu ses poulains et, à part des espoirs de tapis vert au casino, il ne lui reste pas grand-chose comme perspective quand dans son bureau, à Montréal, nous le retrouvons au téléphone avec à l’autre bout du fil, un dénommé Michel qui lui dit : je sais que vous n’avez pas écouté la cassette de ma sœur car si vous l’aviez fait, vous m’auriez déjà appelé.Ce n’est pas tous les jours qu’on entend ça, même si la ville de Montréal est remplie de mecs qui disent s’occuper du nouveau Johnny Hallyday, ou de la nouvelle Kate Bush.C’est vrai que des cassettes, on en reçoit des centaines au bureau, dit René. Celle de ma sœur n’est pas comme les autres, Monsieur Angélil, écoutez-la, c’est une chanson originale interprétée par une voix comme vous n’en n’avez jamais entendue. Et elle n’a que douze ans.Douze ans ! Voilà qui lui rappelle quelque chose. Les débuts de sa carrière d’agent avec René Simard, jeune chanteur de 11 ans à peine, Prix Frank Sinatra à Tokyo qui lui vaut de faire toutes les émissions de télé américaines et même de mener la grande vie à Paris alors que quelques temps auparavant, il ramait encore avec son groupe.Mais bon, on n’est ni dans un conte ni dans un film hollywoodien, c’est sans enthousiasme particulier que René cherche dans son courrier la fameuse cassette, se préparant à entendre une voix criarde de gamine pour laquelle des parents aimants n’ont pas assez de recul de jugement.Et ben dis donc, ils l’ont bien emballée ! René met de longues secondes à détacher les nombreuses couches, comme une précieuse découverte envoyée par des archéologues au British Museum pour y être exposée. C’est le moment de se souvenir ou de visualiser les lecteurs cassettes de ces années-là, l’ampli et les baffles en bois, un peu classe, pour le bureau d’un professionnel de la musique.Mais la voix qu’il entend n’est pas celle d’une enfant, ni d’une ado. Si ce n’est pas un canular, et cela n’en avait pas l’air au téléphone, quelques minutes plus tôt, qu’est-ce que c’est que cette histoire ? René cherche le mot d’accompagnement à la cassette, perdu dans les enveloppes, pour y trouver le numéro de téléphone de la famille de cette fameuse Céline Dion qui n’aurait que douze ans. Ainsi commence une histoire improbable de star enfant qui deviendra méga-star adulte.
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980
Céline Dion : La métamorphose secrète d'une enfant prodige à la conquête du monde
Quand on évoque Céline Dion, tout est devenu depuis longtemps une évidence : de sa voix à son histoire d’amour, en passant par la conquête de l’Amérique et du monde. Pourtant, au milieu des années 80, quand le Québec découvre cette adolescente à la voix pas banale, dans l’entourage de son manager, René Angélil, on ne manque pas de lui dire que ça ne durera pas. Tu le sais, le problème des enfants artistes, c’est qu’ils brûlent et se brûlent, plus vite que les autres. On en a vu de ces gosses perdre leur belle voix cristalline ou simplement leur envie du métier avant même d’atteindre la vingtaine. Et puis René, il a déjà connu cela avec René Simard, propulsé dans les shows télévisés américains, les concours internationaux et les hôtels de luxe alors qu’il était encore à l’âge de collectionner des autocollants Panini.Alors avec Céline, il ne va pas reproduire les mêmes erreurs. D’autant qu’il s’agit d’une voix exceptionnelle, capable de transpercer un orchestre entier sans perdre une once d’émotion.Aussi, pendant que le public découvre cette jeune fille chanter avec une facilité insolente, en coulisses, on travaille déjà à un entretien de compétition. Des spécialistes apprennent à Céline à respirer autrement, éviter de pousser certaines notes comme elle le fait instinctivement depuis l’enfance. Car, comme beaucoup de jeunes chanteuses, Céline a grandi en imitant les grandes voix qu’elle admire, comme Barbra Streisand ou Ginette Reno.Et ce n’est pas simple de demander à une adolescente d’en faire moins alors que tout le monde l’applaudit parce qu’elle en fait plus que les autres.Et puis une autre bataille s’engage déjà. Le Québec, la France, la Belgique, c’est magnifique, mais l’Amérique ! Le marché est gigantesque. Sauf qu’on ne pardonne rien aux artistes étrangers, surtout pas leur accent.Et donc pendant que Céline apprend à protéger sa voix, elle transforme sa manière de parler. Elle écoute des cassettes audios dans sa chambre d’hôtel, répète des phrases en anglais des dizaines de fois, on lui corrige les voyelles, les respirations et les ponctuations. Le soir, elle chante devant des salles pleines, le jour, elle suit des cours de langue. Et même si ce n’est pas exactement ça, c’est rudement bien imité, on n’obtient rien sans rien.Et quand sort enfin Where Does My Heart Beat Now, la première chanson qui va réellement ouvrir à Céline les portes des Etats-Unis, le public américain la trouve naturelle, ne se pose aucune question et porte son attention sur l’essentiel : une voix exceptionnelle.Oui, derrière ces quelques minutes de chanson, il y a des années de travail invisible. La discipline d’une étudiante ou d’une sportive de haut niveau, et surtout, l’idée fixe de René Angélil : faire de cette adolescente québécoise francophone, une artiste capable de rivaliser avec les plus grandes chanteuses américaines sur leur propre terrain. Mission accomplie.
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979
Robin Scott (M) : L'énigme derrière « Pop Muzik », le tube planétaire de 1979
Au printemps 1979, on découvre à la télé chez André Torrent, le clip, oui le clip, d’un gars bien barge avec des lunettes noires d’aviateur. Il chante un titre qu’on a découvert à la radio, ou dans un juke box, et dont le 45 Tours, à la pochette bien barge aussi, est tombé sur nos platines comme un météore. Le nom du groupe est pas mal, non plus, ou du chanteur, on ne sait pas, on ne sait rien, il s’appelle M. Oui, il y avait déjà Boney M, maintenant il a M, tout court.Quant au single, Pop Muzik, c’en est, justement, en plein, un petit bijou au rythme disco mais pourtant éloigné avec ses synthés, son chant syncopé et sa guitare rockabilly. Un tour de magie que seul un vieux de la vieille qui a déjà tout vécu peut se permettre. En effet, derrière ce M se cache Robin Scott, un Anglais de la génération des Beatles et des Pink Floyd qui roule sa bosse depuis la fin des années 60.C’est à cette époque qu’il rencontre à Londres Malcolm McLaren et Vivienne Westwood, les futurs fringueurs du monde branché punk, et joue de la musique dans des boîtes où il partage parfois l’affiche avec un David Bowie qui, lui aussi, se cherche encore.Au début des années 70, on le retrouve dans divers projets tantôt sur la BBC pour un show, sur scène pour une comédie musicale ou à la télé où il remporte l’émission « A la recherche d’une star » (oui, ça existe déjà). Au milieu de la décennie, il lance son propre label sur lequel sont publiés les premiers singles de nombreuses futures stars de la new wave comme Adam and the Ants. Le voilà producteur chez Barclay, il vit désormais à Paris avec sa compagne Brigitte Vinchon qui sera la voix féminine de son nouveau groupe « M », lequel comprendra à un certain moment pas moins de 4 membres du futur Level 42.Voilà qui est Robin Scott, l’artiste dont on ne sait rien et qui se cache sans se cacher derrière le nom de M, avec son hit N°1 dans dix pays dont les Etats-Unis et dans le top dix de dix autres. C’est rien moins qu’un des plus grands hits de l’année 1979 qui a pourtant été bien chargée en tubes gigantesques et immortels.L’album qui sort en novembre, suite au triomphe du single est une sorte de grande récréation débridée de types qui ont tout vu, tout su, tout lu sur la pop music. Enregistré dans le studio de Queen à Montreux, on y retrouve même David Bowie pour une contribution discrète. En clair, il clappe des mains sur plusieurs titres, mais c’est David Bowie quand même.Le choix du single suivant, l’excellent Moonlight and Muzak est trop différent du précédent et premier hit, au grand désespoir de sa maison de disques : et de fait, il ne fonctionne qu’en Angleterre, ainsi qu’un autre titre de l’album, … Ainsi va l’argent. Les disques suivants ne feront guère mieux, au début des années 80, mais n’empêche, le M de Robin Scott est encore aujourd’hui dans toutes les têtes. On s’est bien éclatés, et lui aussi. Et on en sait un peu plus sur lui.
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978
Bobby Kimball : La voix incandescente de Toto restée dans l'ombre du succès
On connaît tous le nom du chanteur des Rolling Stones, Queen, Indochine. Et parfois, de tous les membres, jusqu’au batteur. Et puis, il y en a dont on connaît un tas de chansons, qui nous ont accompagné de leurs hits pendant une, voire deux, trois décennies, et pourtant on ignore tout de leurs membres, jusqu’à leur nom.Ah si ! Tenez, il y en a même dont on ne connaît pas le visage. Si je vous dis Toto, Hold the line, Rosanna, Africa, etc. Mis à part les fans, bien sûr. Qui pourrait reconnaître leur chanteur, Bobby Kimball, … ben personne. Je m’en suis rendu compte, le soir où il y a bien longtemps, j’allais dîner avec lui dans un restaurant connu de Bruxelles, et ben ils n’ont pas voulu croire que c’était lui. Dans le doute, on vous apporte quand même le livre d’or, a dit le chef de salle, ça l’a bien fait marrer, Bobby.Son histoire commence au Texas. Bobby a grandi dans une famille très religieuse. Il galère pas mal dans des petits groupes, petits concerts locaux. Puis comme des milliers d’autres musiciens à l’époque, il débarque à Los Angeles avec une seule idée : réussir avant d’être obligé de rentrer dans son Texas natal.Et c’est là qu’il rencontre un groupe de musiciens de studios. Des types capables d’enregistrer avec Steely Dan ou Michael Jackson pendant la journée, pour faire bouillir la marmite, puis en rentrant, brûlés par leur passion pour la musique, ils travaillent sur leurs propres morceaux.Ces mecs ont tout : les musiques, les arrangements, les idées mais il leur manque une voix capable de faire passer la vitesse supérieure à leur belle mécanique. Et voilà que Bobby Kimball arrive avec ce qui leur manque encore : le feu. Le désordre, l’énergie, la chaleur humaine qui donne à leur musique, une âme.Mais comme souvent avec les groupes immenses de ces années bénies, l’histoire se complique avec le succès, les tournées gigantesques et la pression incessante. Drogue, alcool, fatigue, bagarres, Bobby Kimball quitte Toto une première fois au milieu des années 1980.Et si le groupe continue à avoir du succès, quelque chose manque. Sa voix. Alors il revient. Puis repart encore. Puis revient de nouveau. Une histoire de séparations impossibles, comme certains vieux couples du rock qui passent leur temps à divorcer avant de se retrouver.Le plus étonnant, finalement, c’est que malgré les millions de disques vendus, Bobby Kimball soit resté un visage discret dans l’histoire de la pop. Juste un chanteur. Un type dont des millions de gens reconnaissent immédiatement la voix sans rien savoir de lui.
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977
Martin Circus : L'épopée rock et déjantée du premier groupe pop français
Eté 1987, le tube de l’été est français et il est énorme… Son interprète, Gérard Blanc, porte un nom de nouveau venu. C’est vrai, Gérard Rinaldi, on connaît, Michel Blanc aussi, mais Gérard Blanc, non. Ce n’est que quand on l’aperçoit à la télé ou sur la pochette de son single, qu’on se dit : mais oui, c’est bien sûr ! Gérard Blanc, c’est le chanteur des Martin Circus.Le Martin Circus, c’était un truc énorme au début des années 70, un groupe qui a rencontré un succès prodigieux et qu’on a, à tort, comparé au Big Bazar de Michel Fugain. Pourquoi ? Parce qu’ils vendaient des tonnes de disques, que leurs tenues vestimentaires étaient bigarrées et leur musique bien métissée. Mais à la différence de Michel Fugain, les racines musicales du Martin Circus, c’est le rock’n’roll.Au départ, ce sont de sacrés bons musiciens rock, une chose relativement rare en France à la fin des années 60. Et ces gars sont en phase avec ce qui est en train de se passer en Angleterre et aux Etats-Unis. En pleine mode hippie, des surdoués nommés Jimi Hendrix, Santana, Chicago, Eric Clapton proposent une nouvelle musique en marge des Beatles et des Stones. La guitare en avant, ils n’hésitent pas à fusionner leur rock avec le jazz comme Miles Davis, mais aussi des musiques traditionnelles sud-américaines ou africaines.Vous ajoutez un peu de psychédélique là-dessus et vous obtenez des noms à rallonge comme Chicago Transit Authority, Jefferson Airplane, ou encore Blood Sweat and Tears. Cette musique popularisée par des comédies musicales comme Hair et Jesus Christ Superstar, le Martin Circus en propose une version à la française c’est-à-dire chantée en français mais aussi sans se prendre au sérieux. Ils sont pas loin, à ce moment, de l’esprit d’un Michel Polnareff. Un titre comme Je m’éclate au Sénégal, avec des jeux de mots à tomber mort mais servis façon vocalement Beach Boys, c’était vraiment, en effet, une dinguerie … 800.000 singles vendus plus tard, les Martin Circus sont les nouvelles vedettes du showbiz qui leur vaut de faire la première partie de Johnny Hallyday et de Claude François. Reconnus comme le premier groupe pop français à remplir l’Olympia, ils sont à l’affiche et chez les disquaires en 1973, du premier opéra rock français, La Révolution française composée par un certain Claude-Michel Schönberg. Gérard Blanc y joue Danton et chante avec ses musiciens aux côtés de Bashung en Robespierre, Antoine alias Bonaparte, Gérard Rinaldi des Charlots en Talleyrand ou encore Jean Schulteiss en Fouquier-Tinville sans oublier Daniel Balavoine qui, lui, est dans les chœurs.L’année suivante, c’est le triomphe avec un album de covers américains des années 60 et une reprise des Beach Boys qui leur permet de vendre 1.500.000 de singles. De la folie. Et puis, en pleine époque disco, à la surprise générale, les Martin Circus se jettent dans la marmite pour faire un gros carton. Ils y perdent au passage leur public rock et disparaissent avec le genre fin de la décennie. On les a oubliés et à part Gérard Blanc, on n’a jamais vraiment su qui ils étaient.
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976
Lene Marlin : La voix fragile du Grand Nord qui a défié les codes de la Pop
A une époque où tout le monde raconte tout : ses vacances, son petit-déjeuner, ses chagrins amoureux, ses séances de sport ou son chat, intituler une série de Story, On ne sait rien d’eux, c’est une blague ou de la provoc. Car ne rien dire de soi, aujourd’hui, est devenu le luxe ultime dans le monde de la pop. Et bien c’est oublier le temps où on bâtissait des carrières énormes sur le mystère : Led Zeppelin, le plus grand groupe des années 70, ne donnait quasiment aucune interview. Le mystère autour d’eux était tellement entier et l’attente si gigantesque, que des journalistes se déguisaient en femmes de charge pour gratter des ionformations, entendre quelque chose dans le studio d’enregistrement où ils réalisaient leurs albums. Et oui, il fut un temps où certaines stars arrivaient avec des chansons et presque rien d’autre.Ainsi le nom de Lene Marlin vous dit peut-être quelque chose. Et si pas, vous connaissez cette voix et cette chanson … Lene, c’est vrai qu’à la fin des années 90, on ne sait rien d’elle, pas plus qu’aujourd’hui d’ailleurs. C’est l’anti pop star par excellence. Tenez, si je vous dis qu’elle est Norvégienne, ça vous étonne, hein ? Vous l’aviez crue Américaine, à l’entendre. Anglo saxonne en tout cas. Il faut dire que ses singles et son album débarquent en pleine déferlante voix de filles, avec Céline Dion, Natalie Imbruglia, Alanis Morissette, toutes ces femmes qui vendent des dizaines de millions de CD. Et oui, Lene, c’est une fille qui vient du nord de la Norvège. Elle est née en 1980 à Tromsø, la grande ville la plus septentrionale au monde. Tromso, c’est le nord du nord, au-dessus du cercle polaire. Alors, Lene a appris seule la guitare dans sa chambre d’adolescente. Ah elle a eu le temps d’occuper ces nuits de plusieurs mois qui dépriment les plus optimistes. Et puis elle s’est mise à écrire des chansons très personnelles, pleines de doutes, d’amours compliquées et de solitude. Oui, sa fragilité nous émeut instantanément.Mais quand elle se retrouve N°1 durant des semaines en Norvège, Lene reste discrète, timide, comme si son succès l’étonnait au point qu’elle en est sûre, ça ne va pas durer. Et puis elle s’est retrouvée numéro un un peu partout en Europe.Et contrairement à beaucoup de jeunes stars de l’époque, elle n’a jamais vraiment cherché à devenir une bête des médias. Pas d’apparitions tapageuses, pas de scandales, pas de surexposition. Elle a même disparu plusieurs années entre certains albums, ce qui a entretenu autour d’elle une espèce d’aura mystérieuse. Lene Marlin ne chante pas fort. Elle chante vrai. Voilà sans doute pourquoi on l’a autant écoutée et qu’elle est aujourd’hui, si pas imitée, en tout cas reconnue par la jeune génération d’artistes féminines scandinaves comme Anna of the north, qui est loin d’être aussi nordique que Lene, là-bas, tout là-haut.
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975
Chris Isaak : L'élégance du spleen et le mystère du "Rockmantique" américain
Ah vous aimez cette chanson, hein, ça vous rappelle un film, Sailor et Lula, et si pas, vous y êtes instantanément, dans l’Amérique profonde, celle de la Route 66 et des grands espaces. C’est vrai, hein, on la voit, la grosse cylindrée décapotable et la route rectiligne, les restoroutes plantés au milieu de nulle part, écrasés par une chaleur sèche, avec trois pelés et deux tondus attablés à l’intérieur. Ça fout un spleen pas possible mais c’est beau.Comme la musique de Chris Isaak. Ah c’est vrai qu’il est beau ! Avec sa belle gueule bien coiffée style années 50 et ses pochettes qui font autant penser à Elvis Presley qu’à James Dean, il incarne une certaine Amérique, en total décalage avec les années 80 au milieu desquelles il débarque dans nos vies. Et qui lui vaut à la fin de la décennie d’être élu parmi les gars les plus sexys au monde.Chris Isaak, c’est le musicien qui tombe au mauvais moment. En pleine époque synthés et batteries électroniques, lui, il débarque avec des chansons qui sentent les motels perdus, les néons, les Cadillac qui ont trop roulé et les amours qui tournent mal au milieu de la nuit. Ça doit être ça qui a tant plus à un David Lynch qui vient de fasciner le monde avec son film Blue Velvet.La musique de Chris Isaak, c’est du rock avec une pincée de country, de surf, et de rockabilly ralenti façon Roy Orbison. Alors pourquoi il a tant marché à la fin des années 80 et dans les années 90 : probablement à cause de l’immense solitude élégante qu’il dégage. On dirait qu’il a tiré toute son inspiration dans le Heartbreak Hotel d’Elvis Presley, et qu’il s’est arrêté là, avec sa guitare, sur un parking vide.Et puis il y a sa voix, qui passe du murmure au grand vertige romantique dans la même phrase. Une voix de cinéma. Exactement. Une voix qui éveille en nous l’image d’un type très bien sapé en train de se faire lourder sous un panneau “Vacancy”. Alors il remonte dans sa grosse V6 et disparaît vers l’horizon. C’est vrai qu’on connaît tous plusieurs de ses chansons. Qu’elles soient restées collées à un bout de notre vie ou pas, la guitare qui s’accorde à sa voix lancinante a le goût d’une bande son, d’une compile Rockmantique, voilà sans doute pourquoi il était unique. Le plus fou est qu’à l’époque, on ne l’a pas étiqueté rétro, il s’est inscrit naturellement dans le paysage, le Chris Isaak.Et plus fou encore, on n’a jamais vraiment su qui il était. On n’a pas creusé le sujet. Ce n’était ni Prince, ni Madonna, question vie privée/publique et marketing. Et même si la nouvelle génération le connaît plus à cause de la vidéo du baiser forcé devant les caméras de télé à Cameron Diaz, Chris Isaak reste aussi mystérieux que les personnages qu’il incarne dans ses chansons, et toutes ses associations au cinéma dans des films marquants comme True Romance, le chef d’oeuvre de Tony Scott, et bien sûr, les films de David Lynch.
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974
Eurovision 1969 : Quatre gagnants, un dictateur et le chaos total à Madrid
En 70 années de programme, imaginez les centaines de participants, les milliers qui ont tenté de s’y rendre, dans plus de cinquante pays différents. Il y en a des histoires à raconter. C’est d’ailleurs ce que je fais dans un podcast de Nostalgie qui se nomme Belgium 12 points et que vous pouvez écouter sur notre site, ainsi que sur toutes les plateformes, car il ne passera jamais à la radio. Et croyez-moi, deux heures de podcast, ce n’est pas de trop pour évoquer une aussi longue histoire entre le monde de la chanson, la télé et le public.Tenez en 1969 ! On nous parle toujours des hommes sur la Lune et d’Eddy Merckx qui gagne le Tour de France pour la première fois, mais on ne nous parle jamais de cette édition très particulière de l’Eurovision.On se plaint des tensions aujourd’hui autour du concours mais là, en 1969, l’édition doit avoir lieu à Madrid car c’est l’Espagnole Massiel qui a gagné l’année précédente. SAUF que l’Espagne est depuis trente ans dirigée d’une main de fer par un dictateur, le Général Franco qui a beaucoup de sang sur les mains. Mais voilà, le tourisme explose, alors il a donné la consigne que tout soit nickel, moderne, glamour pour la promotion du pays, et bien sûr, de son image à lui.Et c’est le cas ! Grand orchestre, grand décor, grosse production télé, on a même dû faire venir des moyens techniques d’Allemagne car la télé couleurs n’existe pas encore en Espagne. Alors on a tout répété cent fois, même le vote qui la veille a produit deux gagnants ex-aequo. Et là, on aurait dû se méfier.Mais bon, la Grande Bretagne a envoyé une arme secrète, la petite bombe écossaise Lulu, vedette mondiale depuis cinq ans avec un tube explosif … et numéro 1 aux Etats-Unis deux ans plus tôt avec une chanson de film … (To Sir with love). Et au vu de la chanson avec laquelle elle arrive, c’est du tout cuit pour la BBC. Le titre ? Boom Bang A Bang. Oui, ça a l’air débile comme ça mais la chanson espagnole qui a gagné l’an dernier, c’est La La La et la même année les Beatles ont sorti Ob-La-Di Ob-La-Da, donc poupouille les mauvaises langues, ça va tomber dans l’escarcelle du Royaume-Uni.Sauf que, en 1969, les dix membres de chaque jury peuvent attribuer un point à leur chanson préférée, ce qui donne, malgré la course en tête de Lulu, un score de plus en plus serré. Tellement qu’au terme du dernier vote, on se retrouve avec 4 ex-aequo. Mais comment est-ce possible ? Que fait-on ? La présentatrice se retourne vers le président du jury qui répond que non, le règlement ne prévoit pas ce cas de figure. Alors tous les quatre ont gagné dit l’animatrice !Les quatre chanteurs britannique, français, espagnol et hollandais y vont de leur titre, on n’a évidemment pas assez de trophées ni de médailles, on vous les enverra par la poste. Cinq chaînes dont trois scandinaves sont furieuses, elles boycotteront l’édition 1970 dont le pays organisateur est sélectionné par tirage au sort. Alors, ne me dites pas que c’était mieux avant, même si, il faut l’avouer, 4 gagnants en 1969, c’était cocasse. Cela ne pourrait plus arriver aujourd’hui, vous le savez, les écarts sont énormes grâce au vote du public, comme ce fut le cas avec Loreen, il y a peu.
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Eurovision : Le jour où ABBA fut recalé et les secrets des stars qui ont dit non
70 ans ! J’le crois pas ! 70 ans que dans un petit théâtre de Lugano, sur les rives d’un lac suisse, un public tiré à quatre épingles assis sur des fauteuils d’un autre âge, assiste ce 24 mai 1956, à une compétition entre sept chanteurs sélectionnés par la chaîne de télévision de leur pays.Ils sont trente de plus aujourd’hui, représentant autant de pays d’une Europe et même au-delà, qui ne ressemble plus du tout à celle qu’elle était sept décennies plus tôt. 52 pays différents y ont participé au moins une fois. Ça fait un sacré un va-et-vient et pourtant cette émission est toujours là. Un truc de fou car quelle émission peut avoir derrière elle, 70 années d’archives et, comme si cela ne suffisait pas, rencontrer malgré tout encore un tel succès, constituer un tel événement dans la ville qui l’accueille, à chaque édition ?Quand vous les voyez défiler, ces archives, c’est carrément un pan d’histoire, avec les swinging golden sixties, la conquête de la Lune, le disco des années 70, les explosives années 80 mais aussi les changements de frontières en Europe la décennie suivante et l’arrivée des pays de l’Est. Et puis combien de dirigeants politiques ultra populaires, aujourd’hui oubliés alors que, lui, le Concours Eurovision est toujours là, à passionner non seulement les audiences mais surtout les jeunes.Écoutent-ils tous ce que les commentateurs de chaque pays racontent, à savoir les fameuses statistiques tirées de huit décennies de concours ? Y en a des infos qui circulent : sur ceux qui ont gagné le plus souvent, ou jamais, le plus grand nombre de lanternes rouges, ceux qui ont été éliminés le plus grand nombre de fois d’affilée, …Et puis, tiens c’est intéressant, ceux qui ont failli y aller … mais non.Car savez-vous que Abba a été recalé une première fois, en 1973 ? Comme dans beaucoup de pays, la sélection se fait lors d’une soirée télé spéciale, le quatuor déjà célèbre dans son pays, mais séparément, propose une chanson dans le même esprit que le futur Waterloo mais voilà, elle finit troisième des suffrages. Et donc pas d’Eurovision pour abba qui pourtant, y croyait, et avait bien raison quand on voit le succès public. Un miracle qu’ils soient revenus l’année suivante !Et puis il y a ceux qui ont été envisagé, à qui on a demandé mais qui ont répondu non car c’était à une époque où c’était la honte d’y aller. On ne saura jamais si cela est vrai mais il paraît que les noms de Kate Bush, Pet Shop Boys, Joe Cocker, Indochine, Dalida, Robbie Williams et même Adèle ont circulé.Et puis il y a ceux qui y sont allé sans briller, et dont on a oublié, un peu, beaucoup, la participation, comme Julio Iglesias, Olivia Newton-John, Cliff Richard, les Shadows, Lara Fabian ou Bonnie Tyler. Et enfin, il y a ceux qui, bien qu’ayant marqué le concours de leur empreinte, n’ont jamais pu se débarrasser de l’étiquette Eurovision …
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Eurovision : L'hymne de guerre de Louis XIV devenu le générique culte du continent
Imaginez le truc. Une émission de télé qui fête son 70ème anniversaire en cette semaine de mai 2026. Vous n’aimez pas ou vous la regardez chaque année, n’empêche, vous aimez bien le suspense du décompte final, la même émission que vos parents, grands-parents, arrière-grands parents ont regardé durant des dizaines d’années.Car je ne dois pas vous faire un dessin, 18 ans le 24 mai 1956, l’âge qu’il faut avoir pour être debout devant la télé en soirée, à cette époque, ça vous fait 88 ans en 2026, pour regarder les demi-finales et la grande finale à Vienne.Avec le côté rassurant que c’est toujours le même thème au générique depuis 70 ans. Et quelle histoire derrière ce thème ultracourt ! Vous êtes peut-être de ceux qui en connaissent le compositeur, un certain Marc-Antoine Charpentier qui vivait à l’époque de Louis XIV, tu te rends compte !Vous avez tiqué quand on vous a dit que c’était une œuvre religieuse, que certains musicologues pas bien renseignés qualifiaient de requiem joyeux.Il n’en est rien, si la partition date bien du XVII° siècle, Charpentier l’a composée à la gloire de Louis XIV pour célébrer une victoire militaire française, à Braine-le-Comte. Authentique ! Mais je n’en ai pas fini avec mon cocorico belgo-belge. Car comment et où a-t-on été chercher cette musique pour en faire le thème le plus populaire à l’échelle du continent ?Charpentier, comme la plupart des compositeurs baroques, est totalement oublié depuis longtemps quand un prêtre belge originaire d’Eupen, Carl De Nys, découvre les partitions de ses Te Deum. Oh, pas par hasard, hein, il est au début des années 50 un musicologue passionné qui sillonne les bibliothèques d’Europe à la recherche de partitions dont on a perdu jusqu’au souvenir de l’existence. C’est vrai, une partition, ça se range dans des tiroirs, on les oublie, et un jour, avec le temps qui dévore tout, elles finissent par devenir uniques, derniers exemplaires survivants d’une époque. Ainsi a-t-il découvert de nombreuses œuvres de JS Bach mais aussi mis en lumière celles de ses fils.Alors quand il retrouve cette œuvre très enlevée, en 1953, il la fait jouer à la radio et à la télévision françaises où il anime des émissions de musique classique. Le public enthousiaste pousse un éditeur à le sortir en disque et c’est ainsi qu’il tombe dans les mains de ceux qui doivent décider du thème musical qui précédera la retransmission télévisée du couronnement d'Elizabeth II la même année, en direct dans toute l’Europe. L’audience record de l’événement suscite une question dans des dizaines de milliers de chaumières : mais c’est quoi ? C’est génial. Bonne chance ! Pas internet, encore moins Shazam, les disquaires ont dû avoir beaucoup de visites la semaine suivante.Tout comme lors de l’édition 1995 du Concours, presque 40 ans plus tard, avec cette chanson dont on n’a pas su chanter les paroles du refrain quand on est allé demander le petit disque, et pour cause, …
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Eurovision 1956 : Bulletins brûlés et secrets de polichinelle pour une première historique
Quand on y pense, mai 1956 a été un mois exceptionnel dans l’histoire de la musique populaire : en effet, aux Etats-Unis, Elvis Presley atteint pour la première fois le sommet des ventes, faisant du rock’n’roll un genre majeur alors qu’en Europe se tient pour la première fois le Concours Eurovision de la Chanson.70 ans. Vous imaginez ça ? Vous qui m’écoutez, et qui aviez 18 ans, car il y a peu de chance que vous ayez pu avoir, plus jeune, la permission d’être devant la télé en soirée, à cette époque, vous mesurez mieux que quiconque le temps parcouru devant ce souvenir d’une émission dont personne alors n’aurait misé sur la longévité.En 1956, combien de postes de télévision, de téléviseurs comme on dit alors, dans les foyers en Belgique ? C’est un truc de privilégié ou de passionné. Nombreux sont encore ceux qui vont voir le programme du soir chez des parents ou des amis. Ça peut paraître bizarre mais, oui, en 1956, la télé rapproche les gens, crée du lien.Et qu’ont-ils vu ces braves gens, le 24 mai 1956 ? Et bien une scène, en noir et blanc, fermée par des pendillons. Pas de décor, de rares montages de fleurs, avec un chanteur ou une chanteuse d’un côté et l’orchestre de l’autre. On ne s’est pas battu pour en être, parmi les pays de l’UER ; plusieurs dont des grands comme le Royaume-Uni n’ont en effet pas rentré leur candidat à temps. Résultat, ils ne sont que sept à participer : l'Allemagne, la Belgique (et oui, déjà, pays fondateur), la France, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse. Et pour éviter que l’émission ne soit trop courte, chacun envoie deux candidats ou un seul mais qui interprète deux chansons différentes.Le jury n’a droit qu’à une seule voix mais son vote est secret, autrement dit, il peut choisir le candidat de la chaîne qui l’envoie. Je devrais dire ILS au pluriel car ils sont deux par pays. M’enfin, il paraît que certains sont absents ce soir, on doit faire appel à des remplaçants au pied levé. C’est joyeux, non ? Léger, on pourrait dire, en tout cas pas sérieux. Ah il n’y a pas d’enjeu national, il est vrai, on est là avant tout pour créer un esprit européen, une culture européenne, le ton du commentateur télé, très martial, en dit long sur les consignes qu’il a reçues, l’esprit de ce moment, qui se veut aussi un exploit technique. Car l’Eurovision, c’est ça que ça désigne : les moyens pour diffuser le même programme sur toutes les chaînes de télés publiques.Et donc, si le vote est secret, il n’y a pas de décompte, vous l’avez compris. L’affaire est vite expédiée, on annonce le vainqueur, point. On ignore qui est deuxième, troisième, on ne s’y est même pas intéressé et de toute façon, on ne le saura jamais car les bulletins ont été jetés à la fin de la retransmission.C’était il y a 70 ans exactement, personne ne se doutait au terme de cet exploit technique, avoir été partie prenante d’un moment d’histoire, de quelque chose qui allait durer incroyablement longtemps car, même si on n’aime pas ou plus, il y a inévitablement, quelque chose de l'Eurovision en nous. La preuve …
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Eurovision : De Lys Assia à Céline Dion, la naissance d'un géant de la musique
Qu’on aime ou qu’on n’aime pas le Concours Eurovision de la Chanson, on est 1 million de Belges à l’avoir regardé en direct l’an dernier, cette émission fête cette semaine ses 70 années d’existence.Qui plus est dans une forme olympique puisqu’il s’agit du programme musical télé le plus regardé au monde avec 166 millions de téléspectateurs. C’est d’autant plus impressionnant que l’audience est constituée à 60% de jeunes, autrement dit, au lieu de de s’éteindre avec les générations, il est actuellement en pleine croissance comme en témoigne l’engagement incroyable sur les vidéos et le nombre astronomique de réactions sur les plateformes et les réseaux.Et ça dure depuis 70 ans ! Cette année les demi-finales et la grande finale ont lieu en Autriche, est-ce un hasard, Vienne n’est pas très loin de Lugano, en Suisse, là où, dans un théâtre au bord du lac, a eu lieu ce singulier et premier concours européen qui se voulait être un écho, un prolongement au succès du sacre télévisé d’Elizabeth II trois ans plus tôt.Car tout a démarré comme ça, le croirez-vous ? L’union des télévisions publiques européennes, ravie de ce plébiscite pour ce tout jeune média encore fragile, avait en effet décidé de remettre le couvert. Mais avec quoi ? On ne peut pas couronner quelqu’un tous les ans, qui plus est d’une des plus grandes puissances mondiales. Alors un gars, un Italien a parlé du Festival de Sanremo, une émission de variétés où les gens votent pour les chanteurs mais aussi les auteurs compositeurs, c’est une des plus grandes audiences de la RAI.Tout le monde dit banco, parce que la musique n’a pas de frontières et qu’elle permet de passer, comme le sport, au-dessus des barrières linguistiques.Et vous devinez bien sûr, allez voir sur internet, qu’à l’image des postes de télévision de l’époque, ce tout premier Concours de l’histoire ne ressemble en rien au tourbillon de sons, de décors et de ballet qu’il est aujourd’hui. Et ce n’est pas seulement à cause du noir et blanc et de l’image pas nette du tout, pour les 4 à 10 millions de téléspectateurs de cette soirée bouclée en 1 heure 40, non : c’est plutôt les sept concurrents qui interprètent deux chansons, le jury qui expédie son choix en attribuant une unique voix, mais aussi le présentateur qui arrive en fin d’émission, annonce le nom de la gagnante, une Suissesse, et puis Mesdames et messieurs, bonsoir. Ah ben oui, la télévision ferme tôt à cette époque, la télé qui émet 24h/24 ce sera dans plus de trente ans, pour la plupart des chaînes.Une pensée pour cette première lauréate, Lys Assia, … avec sa chanson d’une autre époque, vous avez raison. Le pays, comme elle, ne réalise pas encore l’importance de ce prix car il faudra attendre 1988 pour que la Suisse en reçoive à nouveau les honneurs. Il faut dire que cela n’avait déjà plus rien à voir, que ce soit le spectacle, et le type d’interprète.
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Roman Polanski : Le galion Neptune et le coup d'éclat pirate de Cannes 86
En ce jour de mai 1986, la star du jour au Festival de Cannes, celle pour laquelle un public nombreux et franchement disparate vient s’écraser sur les barrières Nadar ou saturer la croisette, et ben cette star mesure soixante mètres de long.On attend comme tous les jours des acteurs américains, des lunettes noires, des robes du soir, des arrivées en voiture sombre, et ben non, c’est un bateau pirate qui entre dans la baie au ralenti, toutes voiles dehors. Immense coque sombre, trois mâts dressés qui dominent les yachts modernes, avec ses cordages tendus de partout, et surtout, sa rangée de bouches à feu à bâbord comme à tribord. Les gens sur les terrasses n’en croient pas leurs yeux. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? On le dirait sorti tout droit du XVII° siècle !Ce navire qui n’a rien de mystérieux se nomme en fait, le Neptune. Il a été construit pour Pirates, le nouveau film de Roman Polanski. Et on le constate, là, ce n’est pas un décor de studio, c’est un vrai bateau, qui est fait pour naviguer, avec ses ponts, ses cales, ses trois mâts, ses canons et ses passerelles. Une folie !Quand le bruit court que c’est pour la promotion d’un film, on croit bien évidemment à un coup digne d’Hollywood, et c’est du jamais vu entre parenthèses, pour la promo d’un film américain. Et bien pas du tout, c’est une production française et italienne, il a coûté, on le devine, une fortune, c’est tout bonnement une première à l’échelle européenne.Un projet qui est sur les rails depuis des années. Le budget a été cyclopéen et le tournage compliqué. Polanski veut en effet retrouver l’esprit des grands films d’aventures d’autrefois, ceux où l’on voyait vraiment la mer, la tempête et les abordages.Par contre, pour interpréter le rôle principal, celui du pirate à la barbe noire, Polanski a choisi un acteur américain, une vieille gloire d’Hollywood en fin de carrière. Et pourquoi a-t-il choisi Walter Matthau ? Parce que son film est aussi un pastiche et qu’il lui fallait non seulement un vieux pirate mais aussi une nature comique. Polanski veut en effet refaire le coup de son Bal des vampires, le premier film d’horreur burlesque de l’histoire qui lui avait valu de se faire remarquer dans les années 60. Bref, le même genre de tête fatiguée avec un air filou que son gâteux chasseur de vampires, sauf qu’ici il s’agit d’un capitaine pirate donc, avec un sens de l’autorité quand même !Dois-je vous dire qu’à Cannes, tout le monde parle de cet incroyable bateau. Il fait plus d’effet que le casting : le meilleur acteur du film flotte dans le port, peut-on lire dans un article. C’est méchant car il faut bien le dire : Walter Matthau est extraordinaire.Mais lorsque Pirates est enfin projeté en ouverture du Festival, l’accueil est assez froid. Cela dit, on ne s’en étonne pas plus que ça : à Cannes, il arrive souvent que la promotion réussisse mieux que l’œuvre. Car aujourd’hui encore, quand on reparle de ce Cannes 86 dont beaucoup ont oublié le vainqueur, Mission, très beau film d’ailleurs : l’image qui reste est celle du bateau pirate.Un matin de mai 1986, sur la Croisette, Roman Polanski a amené un galion espagnol pour vendre son film en dolby stéréo et pendant quelques heures, ça a marché. Il faut dire que pour l’heure, le public et Hollywood ont plus la tête dans les nuages que sur l’océan. La preuve : à la rentrée 1986, on ira tous voir Tom Cruise …
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Queen & Highlander : Le souffle épique de Freddie Mercury au sommet du box-office
Mai 1986, quand Cannes revient dans le poste de télévision, le cinéma est alors partout. J’ai presque envie de dire, comme la musique avec les radios musicales, les clips vidéos, les émissions musicales à la télé. Dans le rayon des librairies où nous rentrons chaque jour, il y a désormais plusieurs magazines entièrement consacrés au septième art et il y en a pour tous les goûts. Prince et Madonna font un malheur au box office, lançant non seulement les chansons du générique dans le Top 50 mais aussi, involontairement ou pas, une mode vestimentaire et même une coiffure.Combien de jeunes gars sortent-ils brushés comme le héros de Purple Rain, ou de jeunes filles frisées, avec la dentelle au-dessus du pantalon et de la blouse, les poignets lourdement équipés et les colliers multiples parmi pend une croix bien lourde comme dans Recherche Susan désespérément.Et puis il y a toutes ces bandes originales de films remplies de chansons vendues en 33 Tours comme Pretty in Pink. Et pourtant ce ne sont pas des comédies musicales, hein, mais c’est à celui qui ira chercher le plus de locomotives : adieu les musiques de films instrumentales, aujourd’hui on veut chanter les scènes qu’on a vues sur grand écran.Évidemment, si un tel marché est possible, c’est parce que tout le monde voit les mêmes films au cinéma. On n’imagine pas en 1986, une époque future où chacun ne regarde plus que des films, et encore plus des séries, des conneries de séries, mon dieu, quelle horreur !, hyper calibrées pour correspondre à ce que vous aimez. Non, il y a une véritable communion quand on parle d’un film dans la cour de récré, ou au bureau, ou sur un chantier.En 1986, le cinéma rassemble. Les films restent tellement longtemps à l’affiche qu’on finit toujours par aller en voir un qui ne nous tentait pas au départ, sur le papier, ou quand Drucker en a parlé le dimanche après-midi sur Antenne 2. Oui, on paye sa place pour voir un film avec Alain Souchon parce qu’une fille qu’on aime secrètement en est folle. On va voir La couleur pourpre, un vendredi soir, avec une bande de copains qui sont fans de Spielberg car après on ira boire un coup, en bande. Et en sortant, on est étonné, on a découvert un univers qu’on ne soupçonnait pas. Tenez comme Hannah et ses sœurs, qui nous font aimer New York et surtout, ses habitants. Et Woody Allen aussi, on va être des millions.Alors en ce mois de mai 1986, on est aussi allé rêver d’Ecosse, pour la première fois probablement, c’est vrai que le cinéma nous y avait peu emmené jusque-là, du moins pas encore avec une telle passion. C’est vrai que si on y est par moment confronté à une violence orchestrée, inédite depuis Orange Mécanique, ce film est tellement habité par un souffle romantique, qu’il fait du bien à notre jeunesse des années 80.Et puis la bande originale est signée par le groupe Queen, ce qui n’est pas pour nous déplaire d’autant plus que la première expérience, six ans plus tôt, avec Flash Gordon, n’avait guère été concluante à la vision du film. Plusieurs chansons font d’ailleurs partie aujourd’hui de leurs classiques, on ne peut s’empêcher rétrospectivement de faire le lien entre ce titre, le thème du film et le triste destin qui attend son interprète Freddie Mercury, émouvant comme rarement.
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Christophe Lambert et le son Dolby : Quand le cinéma de mai 86 défiait la VHS
Ceux qui sont en âge d’avoir connu l’année 1986 ont toutes les chances d’être allés au cinéma en ce mois de mai. Tout d’abord parce que ces dernières semaines sont sortis des films dont tout le monde parle quel que soit le genre auquel on est attaché : les salles ne désemplissent pas.On est allé chercher une irrésistible envie de safari africain avec Out of Africa pour Robert Redford et Meryl Streep, 7 Oscars au mois de mars, quelle récolte ! Oh on en a beaucoup parlé, hein, parce que c’était mérité tout d’abord, et puis aussi parce que La couleur pourpre de Steven Spielberg, nommé 11 fois, n’en a reçu aucun. Chacun a sa théorie sur le sujet.Donc à voir ! Comme Highlander. Je me rappelle encore la grande salle de l’Eldorado à Namur pleine à craquer pour ce film britannique présenté comme un blockbuster américain.Déjà le héros est incarné par Christophe Lambert. Ah on ne voit que lui ! Récemment, il a été un Tarzan tout-à-fait inattendu et novateur dans Greystoke et aussi un marginal flamboyant errant dans le métro parisien. Qui n’est pas allé voir le déroutant et enthousiasmant Subway.Et puis il y a Pretty in pink, le nouveau film du gars qui a fait Breakfast Club. De celui-là aussi, on va en parler après l’avoir vu car ce n’est pas du tout le teen movie auquel on s’attendait.Le thème est plutôt plombant, l’atmosphère aussi, et pour cause. Et pourtant immense succès et surtout une bande originale qui va enfin lancer aux Etats-Unis le son de la new wave britannique avec les Psychedelic Furs, New Order et Orchestral Manoeuvres.Oui, même si 1986 est l’année où les vidéoclubs commencent à s’installer dans toutes les villes y compris les petites communes, le cinéma attire toujours autant de monde qui aime ces films projetés en dolby stéréo. Oh on ne sait pas exactement ce que c’est sauf que ça sonne super bien dans la salle comme si le son nous enveloppait. Loin le temps où il était diffusé par deux gros baffles placés derrière l’écran.C’est vrai que le monde du cinéma redoute cette cassette VHS à louer, il craint qu’elle ne détourne les gens des salles obscures au profit du divan du salon. Alors pour le moment, vous n’y trouverez que des films du genre Atomic Cyborg, sous produit nanar italien, et non les films d’action à gros biceps et gros budgets qui commencent à s’imposer avec deux figures majeures : Sylvester Stallone qui aligne les Rocky et les Rambo, et Arnold Schwarzenegger qui est sorti de sa première époque barbare avec tout d’abord Terminator, puis ce printemps incarne un tueur à gages pas comme les autres dans Commando. C’est pas fute fute comme film même si on voit que le réalisateur a cherché à faire quelque chose de plus ambitieux.Et quelle meilleure vitrine que Cannes pour le souligner avec, à la surprise générale, un film d’action présenté en compétition. Pas le genre, ça ! Et pourtant Runaway Train, cette histoire de train fou lancé sur les rails à travers l’Alaska avec à son bord comme seul espoir, un détenu réputé dangereux, a tout du film de genre, sur le papier. Il est pourtant signé Kontchalovski, réalisateur russe, déjà primé à Cannes et récemment réfugié aux Etats-Unis. Mais là où l’histoire devient folle, c‘est que le scénario est signé Akira Kurosawa, Palme d’Or à Cannes et réalisateur emblématique des Sept Samuraïs. On est allé le voir, bien sûr, loin de nous douter qu’il inspirera un gars pour signer dans les années 90 un énorme blockbuster nommé Speed, avec Keanu Reeves. Non, vraiment, en 1986, le cinéma est partout, même dans les clips vidéos.
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Sydney Pollack et l'Âge d'Or : Quand Cannes 86 s'offrait à Hollywood
Comme Roland Garros, le Festival de Cannes est chaque année pour les écoliers et les étudiants, attaché à la période des examens qui approchent et d’un blocus qui ne laisse que peu de temps aux loisirs. Alors on regarde le midi et le soir, ces images à la télé, au JT ou dans des émissions spéciales.En 1986, tenez, on aime ça hein, les années 80, c’est le visage sympathique de Sydney Pollack qu’on voit partout puisqu’il préside le jury à qui incombe de désigner le meilleur parmi les vingt films en compétition. Il est Américain, tout auréolé des sept Oscars que son dernier film, Out of Africa, vient de recevoir. Oui, Meilleur film et Meilleur réalisateur, il a d’autant plus sa place à la tête des jurés, le Sydney, que quatre ans plus tôt, il nous a offert la comédie la plus drôle et intelligente qu’on ait vue alors. Dans Tootsie, il y met en scène un Dustin Hoffman, acteur de théâtre new yorkais élitiste et exigeant, qui par défi, se déguise en actrice et berne tout le monde en se faisant engager dans un soap télévisé.Énorme succès, celui qu’on présentait déjà comme un vieux de la vieille dans ce monde des années 80 où le cinéma change et se renouvelle tellement, est désormais au premier plan, alors on y croit au palmarès qu’il présentera en fin de festival.Mais on n’y est pas encore. Durant ces premiers jours, tout Hollywood est déjà là puisque Woody Allen y projette, hors compétition, Hannah et ses sœurs, probablement le meilleur film de sa carrière, le plus drôle et le plus émouvant. Steven Spielberg est de la partie aussi. Après E.T. et un second Indiana Jones, il vient promouvoir La Couleur Pourpre, le film qui va changer l’image qu’on a de lui, de machine à fabriquer des blockbusters.Mais celui qui passe le moins inaperçu question marketing est certainement le Pirates de Roman Polanski. Il faut dire que la production a amené avec elle le bateau trois mâts d’époque de ce vieux pirate de Walter Mathau, ancré dans la baie de Cannes. C’est impressionnant de l’y voir, aucun photographe, aucune télé ne va le manquer. Quant au film lui-même, il se veut un pastiche comique du film de pirates, cher à toute une génération, dans la veine de ce qu’il avait fait avec Le Bal des vampires près de vingt ans auparavant. On y va donc pour le grand spectacle, et pour rire aussi. Si le film n’est pas un chef d’oeuvre, il nous fait passer un très bon moment et surtout, il y a fort à parier qu’il ait fortement inspiré ceux qui se mettront un jour autour d’une table pour créer Le Pirate des Caraïbes.Enfin, en compétition en cette année 1986, dix ans après le Taxi Driver qui l’a révélé, revoici Martin Scorsese, un des vieux amis de Spielberg, et puis aussi Robert Altman, monsieur M.A.S.H., qu’on retrouve toujours avec plaisir comme Amélie Nothomb, à chaque rentrée.Oui, il se dégage du monde du cinéma, une sensation de vivacité, de créativité rare en cette année 1986. Les films de genre sont de plus en plus ambitieux, les films d’auteur ont un public plus nombreux que jamais, bref de quoi alimenter bien des conversations passionnées et de longues queues devant le guichet des salles dont on a cru un temps que la télévision allait provoquer leur fermeture.
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Mai 86 : Le Festival de Cannes et l'explosion du cinéma en Dolby Stéréo
La semaine prochaine, c’est déjà le retour du glamour sur notre petit écran, les Journaux Télévisés seront en direct du plus grand Festival du Cinéma, inutile de vous préciser qu’il a lieu à Cannes, vous le savez. Extraordinaire réussite, n’est-ce pas ? Qui autour de la planète ignore le nom de cette ville de la Côte d’Azur qui doit sa notoriété, non pas au cinéma français qui fut un temps la terre de la création du 7ème art et le leader de cette industrie, avant que l’Amérique ne prenne le dessus.Et c’est justement Hollywood avec ses stars et son armada promotionnelle qui fait qu’à chaque printemps, le monde entier se retrouve sur une Croisette bordée par la plage et les palmiers, avec ses hôtels de luxe assiégés, et surtout une montée des iconiques marches rouges menant à un palais, qui ressemble plus à un bunker du mur de l’Atlantique qu’à un temple du cinéma.Mais bon, il faut y entrer pour s’imprégner de l’ambiance des deux grandes salles lors des projections et surtout, plonger dans l’immense hall du sous-sol où fourmille toute l’industrie mondiale du cinéma, d’un stand à l’autre. Et là, vous prenez la mesure des enjeux économiques de ce secteur de création pas comme les autres.Car tout le monde aime le cinéma. Tout le monde a au moins un film qui le suit depuis l’enfance, l’adolescence. Une histoire, des acteurs qui vous ont retourné comme une crêpe, vous empêchant de décoller les yeux de l’écran durant au moins 100 minutes. C’était dans un cinéma de Bruxelles, Charleroi ou Verviers que vous avez pris conscience que jamais vous n’oublierez ce moment, que vous y penseriez encore des décennies plus tard à chaque fois que ce fameux film repasserait à la télé.Car si aujourd’hui le monde foisonnant des séries a pris le pas sur le film, les jours et les soirs sont souvent tristes dans les multiplex désertés, il fût un temps qui a duré très longtemps, où la salle de cinéma était un lieu magique. Oh il ne faut pas remonter si loin, tenez, par exemple en mai 1986, année d’un Festival de Cannes mémorable.Les multiplex ne sont pas encore nés mais les salles en ville se sont démultipliées, ou plutôt divisées en plusieurs plus petites pour offrir à chacun la possibilité de voir le type de film qu’il aime. Un cinéma qui n’arrête pas de progresser au niveau technologique avec son dolby stéréo et son logo sonore en début de projection qui envoie des décibels à vous tirer des larmes d’émotion avant que s’ouvre vraiment le théâtre du rêve qu’est le long métrage. En mai 1986, on va voir Highlander, Hannah et ses sœurs ou Out of Africa qui vient de triompher aux Oscars. On s’est bien sûr arrêté devant les vitrines dans l’entrée de la salle pour regarder les photos et affichettes de films à venir : Tom Cruise en pilote de chasseur, David Bowie en inquiétant personnage dans son labyrinthe, le retour du Karaté Kid, des Aliens en pagaille avec le nom du réalisateur de Terminator.Et puis en sortant, on est entré au café d’à côté pour parler du film avec les copains qui ont partagé le même moment. Mais comme souvent, ils ne sont pas du même avis que vous. Alors on a parlé avec passion, de ce film qu’on venait de voir mais aussi d’un tas d’autres.C’est vrai qu’on n’a pas passé nos années 80 uniquement à écouter des disques et regarder des clips, il y a aussi eu le cinéma qui a fait preuve d’une incroyable créativité, inventé des personnages, de nouvelles stars et créé des mythes. C’était en 1986 et on n’a pas fini d’en parler.
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Trevor Horn : L'alchimiste de Notting Hill qui a sculpté le son des années 80
Il arrive un moment dans la vie d’un artiste où il ne doit plus courir après le monde, c’est lui qui vient désormais frapper à sa porte. Jour et nuit.Alors oui, dans les années 80, tout le monde sait dans le métier de la musique qu’un single prometteur, passé dans les mains de Trevor Horn, prend soudain l’allure d’un classique. Il est devenu pour les maisons de disques celui qui sait transformer l’or en platine.Son quartier général de Notting Hill tourne presque sans arrêt. Horn adore cet endroit parce qu’il peut y faire ce qu’il aime le plus : recommencer vingt fois un détail que personne d’autre n’aurait remarqué.Et à force de produire les autres, il finit par vouloir aller encore plus loin. Avec Paul Morley, Anne Dudley et quelques complices, il lance The Art of Noise. Le principe est simple et révolutionnaire : chaque son, n’importe lequel, peut devenir de la musique. Un bruit de porte, un cri, une caisse claire, une phrase volée. On découpe, on colle, on déforme, c’est l’Art du bruit. (Close to the edit)Puis arrive de Liverpool une bande de mecs décidés à faire du bruit qui porte le nom très bizarre de Frankie Goes to Hollywood. Trevor Horn comprend tout de suite qu’ils ont des refrains énormes et une indécence parfaite pour l’époque. Il reprend leur titre Relax, booste les basses et change la rythmique, soigne chaque montée et transforme le morceau en machine irrésistible.La suite, elle, ressemble à un défilé triomphal : trois numéros un consécutifs, trois climats différents, mais une seule signature derrière le triple vitrage de la cabine du studio. En 1984, c’est Trevor Horn qui donne le tempo de la décennie. Pas étonnant qu’on vienne enregistrer chez lui l’hymne du Band Aid.À la fin des années 80, c’est au tour de deux Londoniens de la banlieue qui cherchent un nouveau souffle pour leur pop électronique. Ah on les connaît déjà, et pas un peu, les Pet Shop Boys ont leur style et leurs tubes. Mais Trevor Horn va leur offrir de l’ampleur.Il ouvre les fenêtres, fait entrer les cordes, et par la porte de la cave, fait remonter une majesté typiquement british trop longtemps enfouie. Et alors que les années 80 s’étirent vers leur fin, quand Simple Minds fait aussi appel à lui, tout un symbole, Trevor Horn leur donne un souffle insoupçonné.Et donc, quand le Mandela Day des Minds et le It’s Alright des Pet Shop Boys passent à la radio en 1989, ces années bénies sont presque derrière nous. D’autres modes s’annoncent, d’autres sons arrivent. Mais avant de quitter la scène, elles ont encore le temps de tirer leur révérence avec panache, écoutez !Et si vous vous dites qu’on n’a pas fait mieux depuis ces années 80, en écoutant toutes ces chansons, ces titres produits par Trevor Horn, vous n’êtes pas loin d’avoir raison.
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Trevor Horn & Grace Jones : L'esclave du rythme au cœur d'une église de Notting Hill
Au milieu des années 80, Trevor Horn n’est désormais plus le chanteur des Buggles. Oublié, les Buggles ! C’est l’homme de génie au centre d’un studio, entouré de boutons, de curseurs, machines et musiciens qu’il pousse jusqu’à leurs dernières limites. Après ABC, Yes, Propaganda, Frankie Goes To Hollywood, tout Londres sait qu’avec lui une chanson peut devenir un événement.Son quartier général est un ancien studio installé dans une église de Notting Hill où les plus grands classiques rock des années 70 ont été forgés. Horn rachète l’endroit, y fait entrer des machines de pointe, il y a des synthés partout, et surtout des enregistreurs qui tournent sans arrêt. Chez lui, les nuits finissent souvent au petit matin.Et c’est là qu’entre en scène, Grace Jones.C’est pas une débutante, hein, ancienne mannequin, figure du disco new yorkais, muse des photographes, silhouette sculptée à la hache par son compagnon Jean-Paul Goude, elle dégage une aura pas possible et est venue chercher le son qui va tuer pour son prochain disque.Dans les tiroirs de ZTT, une chanson traîne, un morceau pensé pour un autre artiste du label, sans doute Frankie Goes to Hollywood. Horn la reprend mais il la démonte, change le tempo, rallonge les breaks, ajoute des percussions, retire des couplets. Et plus il avance, plus il se dit que cette chanson n’ira à personne d’autre que Grace Jones.Le titre s’appelle “Slave to the Rhythm”. Il le lui fait écouter, elle accepte.Et là, il s’emballe. Horn veut tout essayer. Il fait venir des percussionnistes, des choristes, des cuivres, multiplie les prises. Il demande une voix parlée, puis chantée, puis glaciale, puis ironique. Grace Jones soupire, lève les yeux au ciel, mais elle recommence. Horn coupe des bandes au rasoir, recolle, change encore l’ordre des sections. On dit qu’il peut passer des heures sur quelques secondes de transition.Et le morceau devient immense. C’est une chanson pour danser, oui, mais aussi une pièce de théâtre. Quand le disque sort en 1985, impossible de le rater : on s’arrête devant la télé quand le clip passe, les radios diffusent mais surtout, l’album entier est construit autour du même titre, décliné, remodelé, repris sous plusieurs formes, on entend même une interview. Typiquement Trevor Horn, ça : quand il tient une idée, il la pousse jusqu’au bout.Alors si un jour vous êtes à Notting Hill, après avoir été phiotographier le magasin de livres de voyage à la façade bleue, pensez à traîner du côté de l’ancien Sarm Studios, vous reconnaîtrez le corps de bâtiment de l’ancienne église, et imaginez, ces quelques semaines où derrière ces murs, au milieu des années 80, deux caractères faits pour dominer leur monde se sont retrouvés dans la même pièce. Vous ne vous étonnerez plus que ça s’entende encore aujourd’hui, chaque fois que ça passe à la radio. Et écoutez l’album, c’est vraiment une trouvaille …
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Trevor Horn : Duel, l’alliance magnétique entre rigueur allemande et pop futuriste
Au début des années 80, la new wave anglaise s’inspire beaucoup moins des groupes punks qu’ils ont été au départ, que des boîtes à rythme et synthés des artistes Allemands des années 70. Kraftwerk, évidemment, la référence absolue pour Human League, Depeche Mode, Orchestral Manoeuvres in the Dark ou encore Soft Cell.Mais il n’y a pas que Kraftwerk en Allemagne, on ne tarde pas en effet à découvrir des Deutsch Amerikanische Freundschaft, Grauzone, Einstürzende Neubauten… des noms aussi impossibles à prononcer que leur musique l’est, à écouter. Quoique certains sont plus accessibles comme Trio, Rheingold ou Propaganda.Ceux-ci sont de Düsseldorf, une région de bassins industriels qui fait furieusement penser aux Midlands britanniques, ce n’est pas un hasard. Leur idée est claire : allier la rigueur et la froideur mécanique allemande aux mélodies de la pop internationale. Les gars, ils veulent conquérir l’Europe.À Londres, un journaliste musical du nom de Paul Morley, un agitateur d’idées, travaille avec un nouveau label au nom étrange : ZTT Records, Zang Tumb Tuum. Un label lancé par Trevor Horn et sa compagne, Jill Sinclair.Ils viennent justement de triompher avec ABC et la métamorphose de Yes. Trevor Horn des Buggles est devenu le producteur dont tout le monde parle, l’homme capable de transformer une bonne partition en événement mondial. Il vient de racheter un studio construit dans une église, où ont été enregistrés des petits trucs comme We will rock you ou Stairway to heaven et qu’il transforme en QG sonore pour ZTT. C’est son laboratoire personnel, avec ses machines dernier cri, consoles immenses, ingénieurs du son pointus, un endroit où il peut inventer l’avenir car dans les années 80, il n’y a que ça qui marche.Alors on les imagine dans un pub de Notting Hill, juste à côté du studio : Paul Morley lui parle de Propaganda, Horn écoute car ce qu’il entend lui plaît immédiatement, la discipline allemande, des voix singulières, une esthétique forte et donc, un potentiel immense. Propaganda signe chez ZTT et déménage à Londres pour travailler au plus près de cette nouvelle usine à rêves.Les séances sont longues, exigeantes, il leur arrive même d’être un peu tendues car Horn pousse tout au plus loin : les arrangements, les textures de son, la dramaturgie. Le premier essai, Dr. Mabuse, est déjà une réussite : une musique cinématographique, menaçante, spectaculaire. Et puis vient le single Duel, plus mélodique, plus accessible, mais tout aussi travaillé : c’est le carton.Ce qui se joue alors dépasse largement un nouveau succès du label de Trevor Horn : la New Wave n’a plus de frontières. Les idées circulent désormais dans les deux sens entre Düsseldorf, Sheffield, Londres, et même Bruxelles. Avec Paul Morley et deux musiciens de génie, Horn va même créer son propre groupe, atypique, The Art of Noise, ils sont d’ailleurs tous très présents, sur ce titre de Propaganda qu’on entend toujours aussi souvent à la radio, plus de quarante ans après.
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Trevor Horn & ABC : L'architecte de l'ombre et la naissance de la Pop sophistiquée
Le succès de Video Killed the Radio Star aurait pu rester un heureux accident, une parenthèse fulgurante dans la carrière d’un musicien de studio, comme c’est arrivé à tant d’autres. Et c’est d’autant plus évident que Trevor Horn n’aime pas sa voix, il ne se voit pas en chanteur, et supporte mal l’exposition de son image. Et logiquement, l’aventure des Buggles ne dure pas.C’est vrai ! Notre tête quand on apprend en 1980 que Trevor Horn et Geoff Downes des Buggles rejoignent le groupe Yes en tant que chanteur et claviériste ! Un épisode aussi improbable que bref. Car très vite, Downes part rejoindre un nouveau groupe, Asia, en plein enregistrement du second album des Buggles. C’est la fin, dommage, il y a des moments d’une intensité et beauté immense dans ce disque ...Et c’est justement en se retrouvant seul aux commandes de ce disque que Trevor Horn découvre le plaisir de ne plus être au premier plan. Il a trouvé mieux : contrôler le son, le modeler, le pousser là où personne n’est encore allé. Et c’est précisément à ce moment-là qu’il croise la route de ABC.Des gars qui viennent des Midlands, comme lui, Sheffield précisément, une Angleterre industrielle en plein marasme. Deux musiciens qui jouent une musique électronique sombre et expérimentale, genre David Bowie et Kraftwerk. Et qui bien sûr reste underground jusqu’au jour où un jeune journaliste de fanzine, Martin Fry, vient les interviewer. Passionné, curieux, et surtout parfaitement en phase avec leurs références, de Roxy Music à Bowie. Il lui ressemble étrangement d’ailleurs, vous ne trouvez pas ? Le courant passe immédiatement. Singleton et White lui proposent de les rejoindre. Martin Fry accepte, et en 1981, Vice Versa devient ABC.Le projet change alors de nature. Là où Vice Versa cultivait le minimalisme robotique, ABC cherche le style, l’élégance, une forme de pop sophistiquée qui emprunte autant au funk qu’à la new wave, comme les Spandau Ballet et les Duran Duran. ABC sort un premier single sur son propre label, qui entre dans le Top 20 britannique et attire l’attention de Trevor Horn.C’est un déclic pour lui car il entend dans ce son non abouti comment s’en emparer pour en faire une redoutable chanson.Et de fait, il ne se contente pas de les produire : il organise leurs chansons comme un architecte, joue avec les ruptures, les contrastes, les effets, introduit des gimmicks sonores qui surgissent et disparaissent, ou une conversation en voix off. Leur musique devient quelque chose de singulier, qu’on ne peut que remarquer : on dirait un décor en mouvement.Et c’est vrai que le premier titre de ABC produit par Trevor Horn ne ressemble à aucune autre chanson de l’époque. Non seulement elle va servir de modèle, ce qui est déjà énorme, mais surtout, la question est : qui aujourd’hui est capable de nous servir trois minutes de chanson avec autant de folie et de précision ?Avec ABC, Trevor Horn a trouvé sa place. Lui qui ne voulait plus être devant un micro est devenu celui qui décide de tout ce qu’on va entendre. Oui, c’est fou, après avoir annoncé les années 80 à la fin de la décennie précédente dans une chanson, Trevor Horn va cette fois leur ouvrir la voie.
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Trevor Horn : L'architecte du son qui a tué la radio pour réinventer la Pop
Plus on avance dans ce siècle, plus les années 80 s’y installent. Pour un tas de raisons, mais la principale, c’est quand même la musique pop qui, c’est incroyable, reste actuelle malgré quatre décennies écoulées. C’est comme si à cette époque, tout le monde avait écouté des 78 tours des années 30 et 40 et avait trouvé ça très branché.Et ce « son », il a été créé par quelques pionniers dont les disques, les chansons n’ont pas leur place dans les musées mais à la radio, dans les magasins, les bistros, les restos, les soirées. Combien de nos gosses ne nous étonnent pas en citant le nom des artistes, des vidéos, qui en ont souvent un autre en commun, celui de leur producteur : Trevor Horn.Pourtant au départ, dans les années 70, quelque part dans le nord de l’Angleterre, Trevor Horn est un homme de l’ombre, un gars qu’on appelle pour jouer de la basse, arranger un morceau ou fabriquer des jingles pour la radio. Il accompagne des artistes comme Tina Charles, qui a commis un hit disco, mais vit sa vie surtout dans des studios, où il développe une passion limite obsessionnelle : le son.Cette obsession, il la partage bientôt avec deux autres musiciens, le claviériste Geoff Downes et le guitariste Bruce Woolley, avec qui il forme en 1978 un groupe au nom étrange, The Buggles. Et ils ont à leur répertoire une chanson dans laquelle ils croient énormément, elle est à la fois mélancolique et visionnaire, puisqu’elle parle de ces deux mondes qui sont en train d’apparaître et de disparaître : la vidéo et la radio. Oui dans ce monde du futur que seront les années 80, on n’écoutera plus la radio, on regardera les chansons à la télé. Malheureusement ce titre ne ressemblant à rien de ce qui existe alors, il est refusé par toutes les maisons de disques.Et Bruce Woolley finit par quitter les Buggles pour enregistrer sa propre version du morceau avec un jeune musicien nommé Thomas Dolby…Pendant ce temps, Trevor Horn, lui, continue à travailler : il veut créer un univers qui n’existe pas encore, un souvenir du futur.C’est là que Chris Blackwell, patron de Island Records, éditeur de Bob Marley et bientôt de U2, entend la cassette des Buggles que ses employés ont pourtant déjà refusé. Trevor Horn obtient de lui alors les moyens d’aller au bout de son idée, et il s’y plonge, multiplie les prises, empilant les couches de synthétiseurs mais pas que, cherche sans relâche ce qu’il considère comme le mix parfait.Le disque sort à la fin de l’année 1979, il ne ressemble à rien de connu, et devient un succès mondial, atteignant la première place dans onze pays. Et là, tout le monde va vouloir habiller ses chansons avec son savoir-faire, un producteur pas ordinaire est né.Alors oui, c’est drôle que ce type qui s’est fait connaître en annonçant que la vidéo allait tuer la radio, a passé le reste de son existence à fabriquer des chansons qui ont donné une furieuse envie de chanter avec la radio. Et ce, dès les premières notes …
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Zucchero & Miles Davis : Quand le Blues italien s’offre une légende
À la fin des années 80, quand Zucchero commence à faire voyager sa musique hors d’Italie, il est encore un artiste périphérique sur la scène internationale. S’il a déjà travaillé avec un des frères Jackson, il est toujours dans l’émerveillement de ce qui lui arrive, il est à nouveau le gamin qu’il a été, celui qui passait des heures à écouter des disques américains, et qui s’était construit une voix en reproduisant des sons avant d’en saisir le sens.Parmi les musiciens qu’il écoute depuis toujours, il y a Miles Davis, une figure qui dépasse largement le jazz et qui incarne cette manière de faire évoluer la musique sans jamais se répéter. L’idée de travailler avec lui semble hors de portée, mais Zucchero tente sa chance malgré tout, en envoyant une cassette via des intermédiaires jusqu’à l’entourage du musicien américain.Contre toute attente, la réponse arrive, et elle est positive. Miles Davis accepte de participer à un enregistrement. La rencontre a lieu en studio, dans un cadre très simple, sans mise en scène particulière, avec cette manière qu’a Davis d’imposer immédiatement un son, une couleur. Zucchero vit un rêve : enregistrer avec le pape de la trompette, qu’il a appris à connaître uniquement à travers des disques.Le titre ne sera pas un succès mais il lui donne une légitimité nouvelle, dans le métier. À partir de là, les collaborations se multiplient, les scènes s’élargissent, et Zucchero passe progressivement du statut de l’artiste italien qui s’exporte à artiste international tout court.Quand il entre en studio quelques années plus tard pour enregistrer l’album Spirito DiVino, en 1995, il n’est plus dans une logique de conquête ni de reconnaissance, mais dans la maîtrise. Il sait désormais comment une chanson se comporte en dehors de son pays, comment elle est reçue, ce qui la rend accessible sans la transformer. Cette expérience accumulée, des studios aux grandes scènes, se retrouve dans un titre qui va s’imposer très rapidement.Une chanson construite sur une énergie immédiate, une structure claire, et une voix identifiable, même quand on ne comprend pas tous les mots dans les phrases.Et lorsque le titre sort dans le commerce, il s’installe aussitôt dans plusieurs pays européens. Cette fois, la boucle est bouclée car parmi les chansons qui circulent partout dans le monde, il y en a ne viennent pas d’Angleterre ni d’Amérique, ce sont les siennes.
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Zucchero : Le chef d’orchestre des mondes entre Pavarotti et le Rock
Au début des années 90, Zucchero n’est plus seulement un de ces chanteurs italiens qui a réussi percer à l’étranger, mais simplement, un musicien qui a pris sa place à l’international et qui croise d’autres artistes.À Modène, un homme suit cela de près, il s’appelle Luciano Pavarotti. Une star mondiale, une voix, une silhouette, un visage que tout le monde connaît, mais aussi quelqu’un qui cherche à élargir son univers. L’opéra, il le maîtrise parfaitement, mais il a envie d’autre chose, de rencontres, de mélanges.Les deux musiciens italiens échangent sur leurs mondes respectifs qui semblent très éloignés, et pourtant très vite une idée s’installe : faire venir sur une même scène des artistes qui, en temps normal, ne joueraient jamais ensemble. Ce projet, ce sera Pavarotti & Friends.À Modène, sur une grande scène montée en plein air, le public ne vient pas seulement écouter le ténor car dans les coulisses, ce soir-là, les silhouettes ne sont pas celles d’un gala classique. Il y a Bono qui discute, lunettes noires sur le nez. Plus loin, Eric Clapton accorde sa guitare, un peu en retrait, comme s’il était dans un studio et non bientôt devant des milliers de personnes. Et au milieu de tout ça, Zucchero passe de l’un à l’autre, parle, traduit parfois, met les gens en relation.Ce n’est pas un hasard. Il connaît ces deux langues musicales. Il a grandi avec le blues américain, il a construit sa carrière en Italie, et il sait comment faire se rencontrer ces univers sans les dénaturer. Quand le concert commence, le public voit quelque chose d’inhabituel et pourtant, ça fonctionne.Et dans cette mécanique, Zucchero est celui qui a rendu la rencontre possible. Celui qui connaît les chansons, les codes, les habitudes des uns et des autres, et qui permet que tout se passe sans friction.Ce soir-là, et dans les éditions suivantes, il devient évident que quelque chose a changé. Les frontières entre les genres sont moins étanches. Le public accepte d’entendre autre chose, autrement. Et pour Zucchero, c’est une nouvelle étape.Lui qui, quelques années plus tôt, chantait dans des salles où l’on parlait plus qu’on ne l’écoutait, se retrouve au centre d’un dispositif où les plus grandes voix du monde acceptent de se rencontrer non pas autour d’un style, mais autour d’une idée simple : la musique circule mieux quand quelqu’un sait comment faire le lien.Et ce quelqu’un, ce soir-là, c’est Zucchero.
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Zucchero : L'Anglais inventé et la forge brute du Blues italien
Au début des années 70, dans le nord de l’Italie, nous retrouvons Zucchero, de son vrai nom, Adelmo Fornaciari, qui grandit dans une maison où l’on se lève tôt pour aller se tuer au boulot jusque tard, et où l’on parle peu.Son père comme sa mère travaillent la terre. Les journées sont physiques, et la musique n’est pas vraiment une priorité. Pourtant, dans sa chambre, le gamin joue à l’infini sur un petit tourne-disque quelques 45 Tours d’Otis Redding, Wilson Pickett et surtout Joe Cocker.Le problème, c’est qu’il ne comprend pas un mot d’anglais. Alors il invente une méthode. Il écoute et répète à voix basse, note sur un carnet des sons approximatifs, des phrases écrites comme il les voit dans sa tête. Il apprend par imitation pure, sans dictionnaire, et chante des histoires dont il ignore le sens, mais dont il ressent déjà l’impact.Très vite, il monte un groupe. Ça change souvent de nom et de musiciens. Il joue avec des formations locales qui tournent dans toute la région. Le week-end, ils chargent le matériel dans une voiture, parfois deux, amplis, câbles, batterie démontée, et ils vont jouer là où on veut d’eux. Des salles communales éclairées au néon, des fêtes de village où l’on aligne des tables avec des nappes qui collent un peu. Les gens boivent, parlent fort, mangent, se lèvent pour danser sans vraiment regarder le groupe.On leur demande des reprises américaines et anglaises, celles qu’on entend à la radio, hein : du rhythm and blues, du rock, de la soul. Zucchero commence à chanter du Joe Cocker avec un anglais bricolé et une voix qu’il pousse pour coller au modèle.Mais à force de répéter, quelque chose se met en place. Une manière d’attaquer les mots sans les glisser, de rester accroché à la note. Et cette rugosité, elle vient autant de ce qu’il entend et imite, que de ce qu’il est.Car Zucchero, c’est une vie simple, du travail dur, et des disques usés. Et à force de chanter des chansons qu’il ne traduit pas, il apprend comment faire passer une émotion sans s’appuyer sur le sens exact des mots.Quelques années plus tard, quand il écrira ses propres chansons, cette manière restera. A savoir une voix qui cherche juste à être crue. Et ça, il ne l’a pas appris à l’école, ni au conservatoire, Zucchero, non, il l’a appris le soir, dans des salles où personne ne l’écoutait vraiment, en tout cas, pas comme lui, écoutait ses disques.
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ABOUT THIS SHOW
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus grands artistes de notre temps. Avec "La Story Nostalgie", plongez dans l'univers des icônes comme les Beatles, les Rolling Stones, Johnny Hallyday, Madonna, Queen, ou encore Michael Jackson. Brice Depasse vous raconte les récits inédits derrière les albums mythiques, les concerts légendaires comme Live Aid, et les moments de gloire des groupes qui ont marqué l’histoire de la musique. Découvrez comment Freddie Mercury a captivé le monde entier, comment ABBA a conquis les charts, ou encore les secrets de studio qui ont façonné des tubes intemporels. Chaque épisode est une plongée passionnante dans le making-of des carrières de ces artistes exceptionnels, avec des histoires qui
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