PODCAST · society
L'envie de savoir
by Institut de France
Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.
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François-Joseph Talma, l'acteur préféré de Napoléon
Sociétaire de la Comédie-Française dès 1789, François-Joseph Talma est un homme aux fortes sympathies révolutionnaires, qui fait très vite du théâtre une caisse de résonance politique. Révolutionnaire dans sa jeunesse, l'acteur le plus célèbre de son époque devient ensuite l'un des proches de Napoléon Bonaparte, qu'il rencontre au milieu des années 1790. De leur passion commune pour le théâtre naît une véritable connivence, qui trouve aussi un prolongement diplomatique : François-Jospeh Talma sera associé aux grands rendez-vous européens du règne. Deux cents ans après la mort de l'acteur, Vivien Richard, conservateur du patrimoine au musée des châteaux de Malmaison et Bois-Préau et commissaire de l'exposition « Talma et Napoléon » (jusqu'au 30 septembre à Ajaccio), revient sur les ressorts de cette relation.
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Cellules dendritiques : à quoi servent ces « sentinelles » du corps humain ?
Ces dernières années, le système immunitaire est devenu l'un des grands terrains de conquête de la recherche médicale. Nos défenses naturelles n'ont jamais autant occupé le devant de la scène scientifique. Pourtant, leur fonctionnement reste d'une complexité fascinante. Cette armée intérieure rassemble des cellules aux missions bien distinctes. Parmi elles : les cellules dendritiques, surnommées les « sentinelles » du système immunitaire. Elles ne combattent pas directement les microbes : leur rôle est de les repérer et de donner l’alerte. Directrice de recherche à l'Inserm, Ana-Maria Lennon-Duménil dirige une équipe à l'Institut Curie qui s'intéresse depuis des années à la façon dont ces cellules patrouillent dans l'organisme. Membre de l'Académie des sciences depuis 2023, elle raconte comment ces cellules remplissent leur mission de vigie.
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Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé : pourquoi ce mythe antique est devenu un modèle du théâtre baroque
Écrite en 1621, la pièce des Amours tragiques de Pyrame et Thisbé fait aujourd'hui figure de modèle du théâtre baroque. Théophile de Viau y reprend un mythe antique déjà chanté par Ovide, et qui inspira aussi Shakespeare pour Roméo et Juliette. Ce drame donne aussi l’occasion de redécouvrir son auteur, mort il y a 400 ans. Poète à succès dans les années 1610-1620, Théophile de Viau s'est aussi imposé comme une figure du libertinage, ce courant de pensée qui revendique la liberté d'esprit face à la religion. Un engagement qui lui vaudra la prison. Charles Di Meglio, acteur, metteur en scène et fondateur de la compagnie Oghma, qui joue actuellement la pièce, explique ce qui fait de Pyrame et Thisbé une œuvre à part.
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Dans les coulisses de la dixième édition du Dictionnaire de l'Académie française
Depuis sa première édition en 1694, le Dictionnaire de l'Académie française perpétue une tradition pluriséculaire : dire le bon usage de la langue française. La Compagnie travaille actuellement à sa dixième édition, entamée il y a deux ans. Pour faire connaître l'avancée de ce chantier au grand public, l'Académie a décidé de créer un nouveau rendez-vous annuel : la Journée du dictionnaire. Organisée chaque début juin, elle permettra de présenter, année après année, les mots nouvellement entrés dans le Dictionnaire. Pour en parler, l'écrivain Amin Maalouf, prix Goncourt et Secrétaire perpétuel de l'Académie française, est accompagné du philologue et spécialiste de littérature médiévale Michel Zink, de l'Académie française et Secrétaire perpétuel honoraire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
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L’IA en EHPAD : sortir du mythe de la performance
L’intelligence artificielle est un outil associé à la rapidité et à la performance. Judith Deschamps, lauréate du Prix Michel Serres 2026, défie ce mythe dans sa thèse, « L’IA en fin de vie. Vers une resubjectivation dégénérative », avec une expérimentation réalisée à l’EHPAD Furtado Heine, à Paris, aux côtés de personnes âgées. Grâce à la confiance du personnel soignant, la chercheuse rencontre un groupe de résidents volontaires pour entraîner le modèle de langage artificiel « GPT 3 ». Elle leur propose d’enfouir dans l’argile des objets personnels, et enregistre les conversations qui émergent pendant cet atelier. Ensemble, ils font « dégénérer » la machine : l’IA n’est plus nourrie de données classiques, mais des conversations brutes, parfois sans filtre, des personnes âgées.
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Comment conserver une nature qui change ?
Conserver une nature qui change est une antithèse interrogée par la chercheuse Marine Fauché, nommé au Prix Michel Serres 2026. Conserver, c'est maintenir en l'état ; mais la nature, elle, ne cesse de se transformer. Comment dès lors définir ce qu'on cherche à protéger ? La thèse de Marine Fauché est une enquête philosophique centrée sur la flore de la région méditerranéenne française. La chercheuse en retrace d'abord la généalogie, depuis les botanistes du XIXe siècle jusqu'aux écologues contemporains, pour montrer que la région méditerranéenne elle-même est une notion mouvante, redéfinie au fil des disciplines. Elle examine ensuite des cas concrets de plantes protégées et les hésitations qu'elles suscitent chez les praticiens, jusqu'aux techniques de conservation les plus débattues, comme la migration assistée. En croisant philosophie et écologie scientifique, la science des relations entre les êtres vivants et leur milieu, elle invite les chercheurs à s'interroger sur ce qu'ils peuvent réellement connaître des évolutions en cours, et sur ce qu'ils peuvent s'autoriser à faire.
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Matière noire : ce que la philosophie apporte à la physique
La matière noire existe-t-elle vraiment ? Cette question est au cœur de la thèse de Simon Beyne, nommé au Prix Michel Serres 2026. Il s'est plongé dans l'un des grands débats de la cosmologie contemporaine : depuis des décennies, les scientifiques observent que les galaxies se comportent comme si elles contenaient beaucoup plus de matière que ce qu'on peut voir. Pour l'expliquer, la majorité des physiciens postulent l'existence d'une matière invisible, la matière noire, qui représenterait 85 % de la matière de l'univers. Mais une minorité conteste cette hypothèse et propose plutôt de réviser notre théorie de la gravitation. Deux camps, deux visions du cosmos.C'est là qu'intervient Simon Beyne. Ni tout à fait physicien, ni tout à fait philosophe, il prend de la hauteur pour analyser ce débat avec des outils philosophiques. Sa conclusion surprend : les deux théories ont chacune saisi quelque chose de réel. Dans cet épisode, il explique pourquoi la science a parfois besoin de la philosophie pour avancer.
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Géorgie : les bergers tush, habitants d'un territoire tripartite
Et si un peuple pouvait habiter plusieurs lieux à la fois ? C'est l'une des questions au cœur de la thèse de Gwendoline Lemaître, dont la thèse a été distinguée par le Prix Michel Serres 2026. La chercheuse est partie en Géorgie auprès des Tush, un peuple de pasteurs déplacés dans les années 1930-1950, qui alternent depuis lors entre trois espaces très différents : leurs villages d'origine dans le Grand Caucase, les plaines où ils ont été réinstallés, et les steppes du sud où hivernent les troupeaux.Ce qu'elle y a découvert, c'est que ces trois lieux ne forment pas une alternance, mais un seul territoire vécu simultanément, à travers les aliments transportés, les plantes échangées, les morts qui voyagent avec les vivants. Et au centre de tout cela, les animaux : brebis, chiens, chevaux. Pour les comprendre, Gwendoline Lemaitre a croisé l'anthropologie avec l'éthologie, la science qui étudie le comportement animal, ouvrant ainsi un regard inédit sur ce que signifie habiter le monde ensemble.
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Et si la médecine médiévale arabe apportait des réponses à l'antibiorésistance ?
Et si les remèdes d'autrefois ouvraient de nouvelles pistes contre l'antibiorésistance ? C'est le pari scientifique de Capucine Braillon, dont la thèse a été distinguée par le prix Michel Serres 2026. Face à l'antibiorésistance, qui pourrait causer plus de décès que le cancer d'ici 2050, la chercheuse a plongé dans des manuscrits médicaux arabes du Moyen Âge pour y débusquer des formulations oubliées. L'intuition est solide : contrairement aux antibiotiques classiques, qui n'attaquent les bactéries que sur un front unique, et finissent par être déjoués, les cocktails de molécules végétales et métalliques décrits dans ces pharmacopées anciennes permettent d'agir simultanément sur plusieurs cibles. Capucine Braillon raconte comment les résines d'arbres comme le boswellia ou la myrrhe ont retenu son attention, pourquoi l'interdisciplinarité, entre chimie, histoire, microbiologie et informatique, est au cœur de sa démarche, et ce que ces vieilles recettes peuvent encore apporter à la science d'aujourd'hui.
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Qui était Paula Padani ? Danseuse oubliée, une vie entre nazisme et exil
Historienne de la danse, Laure Guilbert est correspondante de l'Académie des beaux-arts depuis 2025. Paula Padani est une danseuse que l'histoire a presque oubliée. Formée dans l'Allemagne des années 1920, au cœur de la révolution de la danse moderne, elle en est chassée parce qu'elle est juive. Elle reconstruit alors sa vie et son art en exil, en Palestine notamment, puis dans les camps de rescapés de l'après-guerre, où elle danse pour aider les survivants à retrouver leur dignité. Son parcours traverse ainsi la modernité artistique, le nazisme, l'exil, la réparation et la transmission. Historienne de la danse, Laure Guilbert a travaillé sur les années 1930 et 1940 en Europe centrale. Membre correspondant de l'Académie des beaux-arts depuis 2025, elle revient sur la vie de Paula Padani.
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288
George Sand, de l'émancipation des femmes au socialisme
On connaît deux George Sand : la bucolique dame de Nohant et la femme aux amours scandaleuses. Mais il en existe une troisième, moins familière : une femme profondément politique, qui prend fait et cause pour les opprimés, finance des journaux d'opposition, côtoie les théoriciens du socialisme naissant et s'engage de toutes ses forces dans la Révolution de 1848. C'est cette facette de George Sand que l'historienne Marie-Hélène Baylac nous invite à découvrir dans cet entretien.
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Jacques Monod, le Prix Nobel qui a marqué la biologie moderne
« Je cherche à comprendre » : tels auraient été les derniers mots de Jacques Monod, mort il y a cinquante ans. Une épitaphe qui résume une vie hors du commun. Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1965, résistant, philosophe et musicien, ce pionnier de la biologie moléculaire a bouleversé notre conception du vivant en contribuant à démontrer que les gènes ne s'expriment pas de façon mécanique, mais s'activent et s'éteignent selon les besoins de la cellule. Un héritage que la France honore cette année : le biologiste figure au calendrier des commémorations nationales de France Mémoire 2026.
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Nicolas Poussin, le plus grand peintre français de tous les temps ?
Il est souvent décrit comme un peintre difficile, moins populaire que ses contemporains. Pourtant, Nicolas Poussin est, aux yeux de l'historien de l'art Pierre Rosenberg, de l’Académie française, le plus grand peintre français de tous les temps, non pas du seul XVIIe siècle. Pour comprendre ce que cache cette réputation de peintre difficile, Pierre Rosenberg et sa collaboratrice Christel Dupuy ont consacré des années à un catalogue raisonné de l'œuvre peint : quatre volumes, près de 300 œuvres recensées, plus de 1 700 pages. Un monument d'érudition dans un genre exigeant, aujourd'hui quelque peu délaissé au profit des monographies et des surinterprétations, mais qui demeure l'instrument irremplaçable pour établir, œuvre après œuvre, ce que Poussin a vraiment peint.
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285
La révolution du machine learning expliquée par Gérard Biau, statisticien
Depuis le lancement de ChatGPT en novembre 2022, le grand public se trouve confronté à une profusion de termes techniques : machine learning, deep learning, LLM, dont les frontières restent souvent floues. Cette familiarité de façade avec le vocabulaire de l'intelligence artificielle masque, le plus souvent, une méconnaissance réelle des mécanismes qui la sous-tendent. L'intelligence artificielle n'est pourtant pas une invention récente : elle s'inscrit dans une histoire scientifique longue, jalonnée d'avancées décisives et de périodes de désillusion. Parmi ces avancées, le machine learning, ou apprentissage automatique, représente un tournant majeur. Héritier de la statistique, il s'est imposé comme paradigme dominant à partir des années 2000, porté par la conjonction de trois facteurs : l'essor d'Internet, l'explosion des données disponibles et la montée en puissance des capacités de calcul. Gérard Biau, agrégé de mathématiques, spécialiste des statistiques et du machine learning, professeur à Sorbonne Université et membre de l'Académie des sciences, explique comment cette innovation a transformé en profondeur la manière dont les algorithmes sont conçus et entraînés.
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Alexandre Farnèse : un prince italien qui a tout sacrifié pour la couronne espagnole ?
Son nom reste étrangement méconnu en France. Pourtant, Alexandre Farnèse s'est illustré à la fin de la Renaissance sur des champs de bataille qui ont redessiné l'Europe, gouverné les Pays-Bas espagnols et servi fidèlement Philippe II, roi d'Espagne, son oncle par alliance et souverain de l'empire le plus puissant du monde. Mais derrière le soldat se cache aussi un Prince. Héritier d'une des familles les plus puissantes d'Italie et petit-fils, par sa mère, de Charles Quint lui-même, il a gouverné son duché de Parme depuis les Pays-Bas, par correspondance, sans jamais le revoir de son vivant. Prince et capitaine, c'est ainsi que le décrit son biographe, Olivier Poncet, archiviste paléographe, docteur en histoire et membre correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, qui raconte ce personnage à la croisée de toutes les grandes puissances du XVIe siècle.
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283
Le Songe de Kepler
Petites histoires de science est un podcast de l'Académie des sciences, proposé par Étienne Ghys, Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences.
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Faire du sport pour réconcilier le corps et l’âme
La pratique sportive relève-t-elle seulement d’un souci d’apparence ou de santé, ou engage-t-elle quelque chose de plus profond ? À travers l’expérience concrète de la course, de l’effort et de la répétition, le philosophe Jean-Luc Marion, de l’Académie française, explore ce que le sport fait réellement à celles et ceux qui s’y adonnent : une confrontation à soi-même, une mise à l’épreuve volontaire, mais aussi une possible transformation intime. Il revient notamment sur ce que signifie « éprouver son corps », sur la distinction entre corps et « chair », et sur cette idée que le sport permet moins de se dépasser que de s’atteindre soi-même.
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René Cassin : ce que lui doit la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948
La Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée en 1948 par l’Organisation des Nations unies, constitue l’un des textes fondateurs du droit international contemporain. Son élaboration doit beaucoup à un juriste français, René Cassin, qui en fut le principal rédacteur. Plus largement, il consacra une grande partie de son existence à la reconstruction d’un cadre juridique international après la Seconde Guerre mondiale. Cet engagement fut salué par l’attribution du prix Nobel de la paix en 1968 et il demeure, à ce jour, le dernier Français à avoir reçu cette distinction. Malgré cette reconnaissance, son nom reste relativement discret dans la mémoire collective. L’année 2026 marque le cinquantième anniversaire de sa disparition, une commémoration inscrite au calendrier de France Mémoire. Cette date offre l’occasion de revenir sur l’héritage intellectuel et juridique laissé par René Cassin, et d’examiner la manière dont sa vision a contribué à façonner le droit international tel qu’il s’est progressivement structuré depuis lors.Emmanuel Decaux est juriste, président de la Fondation René Cassin.
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Elle n’a jamais voulu faire œuvre : comment Madame de Sévigné est entrée dans la littérature
Marie de Rabutin-Chantal. Ainsi se nomme celle que l’histoire littéraire a consacrée sous le nom de Madame de Sévigné. Quatre cents ans après sa naissance, ses lettres figurent au programme des lycées. Situation paradoxale pour une femme qui n’a jamais écrit pour être publiée. Elle écrit d’abord pour sa fille, pour maintenir le lien à distance. De cette correspondance intime est née pourtant une œuvre, devenue, au fil du temps, l’un des modèles de la littérature épistolaire française. Que lit-on aujourd’hui dans ces lettres : des confidences ? Un témoignage historique ? Un exercice de style ? Et comment une écriture inscrite dans les codes de la conversation mondaine a-t-elle pu être élevée au rang de monument littéraire ? Autrement dit : comment se fabrique une œuvre quand il n’y avait pas, au départ, de projet d’auteur ?
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279
Astérix sous le regard d’un latiniste
Derrière les aventures d’Astérix, ses sangliers rôtis et sa célèbre potion magique, se cache un univers bien plus savant qu’il n’y paraît. Imaginée par René Goscinny et Albert Uderzo, la série regorge de clins d’œil à l’Antiquité : jeux de mots latins, références à l’histoire romaine, détournements érudits. Pourquoi les noms gaulois se terminent-ils en -ix ? Le latin parlé par les Romains correspond-il à la réalité historique ? Et que disent vraiment les albums d’Astérix sur Jules César et la Gaule ? Grand spécialiste de la grammaire latine et passionné de la célèbre bande dessinée, Marc Baratin, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, propose une lecture d’Astérix aussi savante que réjouissante.
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Sommes-nous en train de perdre la raison ? La physicienne Catherine Bréchignac répond
Que peut nous apprendre une physicienne sur la manière de raisonner ? Secrétaire perpétuelle honoraire de l’Académie des sciences et ancienne directrice du CNRS, Catherine Bréchignac publie L’Odyssée de Luca. Face au naufrage de la raison. Dans cet ouvrage, elle revisite les héritages de Platon, Galilée ou Descartes pour éclairer les défis contemporains. Son récit suit le parcours d’un personnage qui grandit, doute et apprend à exercer sa raison.
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Alerte sur le patrimoine !
Il serait difficile aujourd’hui d’imaginer la France sans ses monuments : Notre-Dame de Paris, le Mont-Saint-Michel, Giverny ou encore l’Arc de Triomphe façonnent le visage du pays et participent à son rayonnement. Chaque année, des millions de visiteurs viennent les admirer, contribuant à faire de la France la première destination touristique mondiale. Derrière cette vitrine prestigieuse se dessine une réalité plus préoccupante. Le patrimoine français, qu’il soit monumental, muséal ou religieux, se fragilise. À l’usure du temps et à la pression touristique s’ajoutent des menaces plus insidieuses : vieillissement accéléré des matériaux, effets du changement climatique, actes de vandalisme ou encore insuffisance des moyens consacrés à l’entretien. Maryvonne de Saint Pulgent, ancienne directrice du patrimoine au ministère de la Culture et autrice du tract Gallimard Alerte sur le patrimoine, propose un état des lieux précis de la situation et avance plusieurs pistes pour assurer la transmission de cet héritage.
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La guerre de Crimée : un laboratoire oublié de la diplomatie multilatérale
À Paris, plusieurs lieux familiers comme le boulevard Sébastopol, la station de métro Crimée ou encore le pont de l’Alma, portent le nom d’événements liés à un conflit aujourd’hui largement méconnu : la guerre de Crimée. Longtemps considérée par l’historiographie comme un épisode secondaire, sans portée décisive pour la France, cette guerre mérite pourtant d’être réévaluée. Entre 1853 et 1856, elle mobilise les principales puissances européennes et provoque la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes. Surtout, elle constitue un moment charnière dans l’histoire des relations internationales. Le conflit voit en effet l’émergence de nouvelles pratiques de diplomatie collective et l’affirmation d’une conception renouvelée de l’organisation de la paix après la guerre. L’historien Yves Bruley, membre correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, présente les enjeux et les héritages de cette guerre longtemps restée énigmatique.Yves Bruley est spécialiste de l’histoire diplomatique. Il est l’auteur d’un ouvrage consacré à la guerre de Crimée dans la collection Que sais-je ?.
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Quand le réchauffement climatique transforme les nuages
Ils flottent au-dessus de nos têtes, familiers et insaisissables, dessinant sans cesse de nouvelles formes dans le ciel. Au-delà de leur dimension poétique, les nuages contribuent à l’équilibre de la température de la planète et participent directement au fonctionnement du climat. Malgré leur omniprésence, ils restent encore difficiles à comprendre. Leur formation et leurs effets précis sur le climat constituent toujours des sujets majeurs de recherche, d’autant que les scientifiques, comme Sandrine Bony, spécialiste du sujet et membre de l’Académie des sciences, cherchent aujourd’hui à déterminer si leur comportement se modifie sous l’effet du réchauffement climatique.
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Paul Bocuse : comment un Lyonnais a révolutionné la gastronomie française
On l’a surnommé le cuisinier du siècle, le pape de la gastronomie. Les superlatifs n’ont jamais manqué pour évoquer Paul Bocuse, figure du patrimoine culinaire français. En 2026, la France commémore le centenaire de la naissance du chef disparu en 2018. L’occasion de revenir sur un héritage immense et de s’interroger : existe-t-il un « avant » et un « après » Paul Bocuse ? Dans les assiettes, bien sûr, mais aussi dans la manière de penser, de transmettre et de faire rayonner la cuisine française. Jean-Robert Pitte, géographe et membre de l’Académie des sciences morales et politiques, éclaire cette figure hors norme, son influence et la place qu’elle occupe encore dans l’imaginaire gastronomique.
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273
Comment est née la vie monastique chrétienne ?
Pourquoi, aux débuts du christianisme, des hommes ont-ils choisi de tout quitter pour vivre dans les déserts d’Orient ? Qui étaient réellement ces premiers moines que l’on a longtemps imaginés coupés du monde et hostiles à la raison ? Cette image a été largement nuancée par un ouvrage important, publié dans les années 1960 et réédité aujourd’hui : Les Moines d’Orient, d’André-Jean Festugière. En traduisant et commentant les récits de vie de ces moines, l’historien a révélé des figures loin du fanatisme : des hommes héritiers de la culture antique, inventant une manière nouvelle de vivre le christianisme.
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Homo sapiens : comment notre espèce a supplanté Néandertal
Nous sommes aujourd’hui plus de huit milliards d’Homo sapiens. Pourtant, l’histoire de notre espèce a commencé avec une poignée de groupes humains, situés en Afrique. Homo sapiens n’est pas apparu par magie. Il est le produit d’une évolution longue, faite d’adaptations successives, qui l’ont progressivement distingué des autres formes humaines. Lorsqu’il apparaît sur le continent africain, il y a environ 300 000 ans, une autre lignée domine alors l’Europe : les Néandertaliens. Ingénieux, robustes, parfaitement adaptés à leur environnement, ils n’en verront pas moins leur destin bouleversé par l’arrivée de leurs cousins venus d’Afrique. Cette rencontre marquera le début de leur disparition. Qu’est-ce qui a donné l’avantage à Homo sapiens ? Le paléo-anthropologue Jean-Jacques Hublin, professeur au Collège de France et membre de l’Académie des sciences depuis 2023 répond à la question.
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France Mémoire : comment s’élabore le calendrier des commémorations nationales
Claude Monet, George Sand, Jean Gabin ou encore Anna de Noailles figurent au calendrier 2026 des commémorations nationales établi par France Mémoire. Chaque année, cette mission de l’Institut de France retient une cinquantaine de dates - anniversaires de personnalités, d’œuvres ou d’événements - qui ont marqué l’histoire du pays. Pensé non comme un panthéon des grandeurs passées, mais comme un instrument de mise en perspective, ce calendrier invite à interroger les héritages, les tensions et les continuités qui traversent la mémoire nationale. Son directeur scientifique, l’historien Pascal Ory, en présente les principaux enjeux et revient sur quelques dates emblématiques de l’édition 2026.
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En 2026, cultivez votre Otium !
Longtemps, le loisir n’a pas été synonyme d’oisiveté mais de liberté. Dans l’Antiquité, les Grecs parlaient de skholè et les Romains d’otium pour désigner ce temps libéré, nécessaire à la réflexion, à la formation du jugement et à la vie démocratique. Mais au fil de l’histoire, le travail et la logique du rendement ont pris le dessus, reléguant ce temps de pensée au rang de luxe superflu. Aujourd’hui encore, notre imaginaire collectif reste dominé par cette hiérarchie héritée, où l’efficacité prime sur la capacité à réfléchir. À rebours de cette logique, le chercheur Jean-Miguel Pire défend une redécouverte de l’otium comme un levier d’émancipation individuelle et collective. Loin du simple divertissement ou du développement personnel, ce temps pour soi s’inscrit dans une démarche éthique : il permet de penser par soi-même, de mieux agir, et de renouer avec le souci des autres.
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Steak frites, cassoulet, couscous royal : comment sont nés nos plats préférés ?
Derrière chaque ingrédient se dessine une géographie complexe, faite de routes commerciales, de transferts culturels et de patientes adaptations locales. Et pourtant, malgré cette longue histoire de circulations, la cuisine demeure l’un des espaces où se construisent avec le plus de force des récits d’enracinement et d’identités présentées comme immuables. C’est dans cette tension, entre le mouvement du monde et la solidité revendiquée des traditions, que s’élabore une large part de la manière de manger aujourd’hui. Pour en éclairer les strates et les contradictions, cet entretien donne la parole au géographe et gastronome Jean-Robert Pitte, Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences morales et politiques, auteur de À la table de l’Histoire et du monde.Dans cet entretien, Jean-Robert Pitte montre en quoi l’alimentation constitue une porte d’entrée privilégiée pour penser la géographie et l’histoire culturelle. À partir d’exemples concrets comme le petit-déjeuner, le cassoulet ou les frites, il rappelle que la plupart des plats dits « traditionnels » sont le fruit de circulations anciennes, bien antérieures à la mondialisation contemporaine. Haricots, tomates, piments ou cacao racontent ainsi une histoire d’échanges, d’importations et d’appropriations successives.Des produits venus d’ailleurs devenus identités localesL’émission explore la manière dont ces aliments, parfois exotiques à l’origine, ont été progressivement intégrés aux territoires jusqu’à façonner des identités culinaires fortes. Jean-Robert Pitte revient sur la notion de terroir, sur le rôle des appellations d’origine protégée et sur la construction historique des cuisines régionales françaises. Loin d’être immuables, ces traditions se sont souvent stabilisées tardivement, notamment au XXᵉ siècle, sous l’effet du tourisme et du regard porté par les critiques et historiens de la gastronomie.La gastronomie françaiseEnfin, l’entretien s’attarde sur la gastronomie française comme art de vivre et pratique sociale. Accords mets et vins, ordre des plats, repas de fête et arts de la table sont replacés dans une longue histoire culturelle, de la cour de Louis XIV à Brillat-Savarin. Jean-Robert Pitte rappelle que la gastronomie ne se résume ni au luxe ni à la haute cuisine, mais qu’elle repose avant tout sur la convivialité, le partage et la capacité à créer du lien.
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Les Mayas, bâtisseurs d’un vaste réseau de cités insoupçonné
Longtemps étudiée, la civilisation maya continue aujourd'hui de surprendre : en Amérique centrale, de nouvelles découvertes en révèlent l’organisation socio-politique. En effet, si leurs pyramides et leur calendrier sont bien connus, les Mayas ont surtout bâti, sur près de deux millénaires, un monde de cités dynastiques et de réseaux d’influence d’une remarquable sophistication. Grâce aux avancées de la recherche, et notamment à l’utilisation du LIDAR, un outil d’imagerie de haute précision, les archéologues redécouvrent l’ampleur de ces paysages urbains et les formes d’autorité qui les structuraient. Dominique Michelet, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, spécialiste de la civilisation maya et directeur de recherche au CNRS éclaire ces découvertes et leur portée.
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Écrire une vie : les défis de la biographie historique
Dernière favorite de Louis XV, Jeanne du Barry fut l’une des femmes les plus observées - et les plus mal jugées - de son siècle. Longtemps présentée comme l’incarnation frivole du XVIIIᵉ siècle, elle ne cesse pourtant de révéler, à travers son parcours, une réalité plus complexe. Dans sa dernière biographie, l’historien Emmanuel de Waresquiel, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, revisite cette figure que la postérité a trop souvent réduite au cliché d’une « bimbo royale ». Son travail éclaire une personnalité singulière et cherche à défaire une légende noire façonnée par les préjugés. Sa réflexion ouvre aussi sur l’art de la biographie : la frontière ténue entre récit de vie et récit historique, et la question de la place que cette forme occupe parmi les écritures de l’histoire.La biographie, un art entre enquête et mise en scèneEmmanuel de Waresquiel décrit la biographie comme une véritable « quadrature du cercle », prise entre l’exigence de rigueur historique et la nécessité d’un récit construit. Le biographe est à la fois enquêteur et écrivain : il doit analyser chaque document, en mesurer le contexte, puis organiser son récit en alternant « travelling avant » et « arrêts sur image » pour donner vie aux voix du passé. Cette articulation entre objectivité et mise en scène fait de la biographie, selon lui, l’une des formes d’écriture historique les plus difficiles à maîtriser.Jeanne du Barry, entre archives fragmentaires et légende noireL’historien revient longuement sur les difficultés spécifiques liées à l’écriture de la biographie de Jeanne du Barry, qui a laissé très peu de traces écrites. La disparition de sa correspondance avec Louis XV - probablement détruite pour des raisons politiques - a été compensée par la découverte d’archives inédites, notamment les papiers de l’historien Charles Vatel. Ces matériaux permettent de corriger une image déformée par les pamphlets du XVIIIᵉ siècle, où l’attaque contre la favorite servait surtout à atteindre le roi et à fragiliser la monarchie.
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La Comtesse de Caen, une mécène oubliée du XIXᵉ siècle
Figure discrète du XIXᵉ siècle, la comtesse de Caen a pourtant laissé une empreinte profonde sur l’histoire du mécénat artistique. Défenseure déterminée de la liberté des artistes, elle soutint les arts sous toutes leurs formes et choisit, à sa disparition, de léguer une part considérable de sa fortune à l’Académie des Beaux-Arts : un geste d’une rare générosité, fidèle à toute une vie d’engagement. Si son nom subsiste à travers une aile du Palais de l’Institut, quai de Conti à Paris, son parcours reste pourtant largement méconnu. L’exposition que l’Académie des Beaux-Arts lui consacre aujourd’hui, dans le pavillon qui porte son nom, offre enfin l’occasion de redécouvrir cette personnalité singulière.
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13 novembre 2015 : que retient la mémoire collective dix ans après ?
Le 13 novembre 2015 demeure gravé dans la mémoire collective comme le soir des attentats les plus meurtriers de l’histoire récente de la France. Chacun garde en tête un souvenir précis : un lieu, un son, un message. Dix ans plus tard, ces traces intimes se mêlent à une mémoire partagée. Comment ces souvenirs se construisent-ils ? Comment évoluent-ils ? Que devient la mémoire face à l’usure du temps ? Autant de questions au cœur du Programme 13-Novembre, une étude scientifique inédite menée par le CNRS et l’INSERM, qui recueille la parole des survivants, des témoins, mais aussi de celles et ceux qui ont secouru, soigné, protégé. Dix ans après, il s’agit de comprendre ce que la société retient encore de cette nuit tragique. Pour en parler, Denis Peschanski, historien et directeur de recherche émérite au CNRS, co-responsable du Programme 13-Novembre.
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Dans les coulisses de la rentrée littéraire, ce rituel si français
Chaque automne, la rentrée littéraire réveille le même frisson chez les auteurs. En quelques semaines, des centaines de romans paraissent, des plumes espèrent, des jurys délibèrent, et tout un milieu retient son souffle. Né dans les années 1950, ce rituel typiquement français a beaucoup évolué. Les maisons d’édition redoublent aujourd’hui d’attention et les prix littéraires sont devenus des événements médiatiques. Mais derrière les vitrines et les communiqués, se joue une autre histoire : celle des délibérations, des choix et des débats qui consacrent les lauréats. Danièle Sallenave, de l’Académie française, en connaît les coulisses mieux que quiconque. Ancienne jurée du prix Femina, aujourd’hui membre du jury du Grand Prix du roman de l’Académie française, elle raconte cet univers où se décident les grands destins littéraires.
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Chantilly, monument préféré des Français 2025 : un château au cœur de l’histoire de France
Henri IV l’avait surnommé « la plus belle maison de France ». Quatre siècles plus tard, le compliment reste d'actualité. Élu en 2025 monument préféré des Français, le château de Chantilly continue de fasciner autant qu’il émerveille. Derrière ses façades harmonieuses, ce domaine campé dans l’Oise a traversé les siècles, entre splendeurs, drames et renaissances. Demeure des puissants, refuge d’artistes, lieu d’intrigues et de légendes, Chantilly a vu défiler toute l’histoire du royaume de France. D’où vient son nom ? Quelles grandes familles y ont laissé leur empreinte ? Et que reste-t-il des légendes qui entourent encore ses murs ? L’écrivain et haut fonctionnaire Emmanuel Maury, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, en retrace les grands jalons historiques.
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Et si les plantes envahissantes sauvaient la planète ?
Et si les plantes envahissantes sauvaient la planète ?Jolis visages d’un fléau silencieux, les plantes envahissantes bouleversent les écosystèmes et menacent la biodiversité. Pourtant, derrière cette nuisance se cache un formidable potentiel. La chimiste Claude Grison, membre de l’Académie des sciences et chercheuse au CNRS, a découvert comment ces espèces indésirables pouvaient dépolluer les sols et les eaux en captant les métaux qu’elles contiennent - des métaux qu’il est ensuite possible de réutiliser. L’académicienne démontre ainsi que la nature, même dans ses excès, peut devenir une alliée précieuse pour une chimie plus verte et un avenir plus durable.
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Hergé, père de Tintin : l’histoire du dessinateur qui a changé la bande dessinée en 1929
La bande dessinée ne date pas d’hier. Des récits en images circulaient dès le XIXᵉ siècle, avant que les États-Unis ne popularisent les comic strips. 1929 marque un tournant. Cette année-là, en Belgique, un jeune dessinateur du nom de Georges Remi, mieux connu sous le pseudonyme d’Hergé, invente un héros apparemment ordinaire : Tintin. Un reporter sans âge, au visage lisse, que rien ne semblait destiner à la gloire. Et pourtant… Tintin est devenu un phénomène mondial, traduit dans des dizaines de langues et vendu à des centaines de millions d’exemplaires. Quel est le secret de la réussite d'Hergé ?Pourquoi, près d’un siècle plus tard, Tintin et ses compagnons continuent-ils de parler à toutes les générations ? Thierry Groensteen, correspondant de l’Académie des beaux-arts, répond avec son regard d’historien de la bande dessinée.
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Antibiorésistance : une solution existe !
Les antibiotiques ont longtemps été considérés comme une arme miracle, capable d’éradiquer les maladies causées par les bactéries. Cependant, leur usage massif a fait émerger une menace encore plus redoutable : l’antibiorésistance. L’Organisation mondiale de la santé parle aujourd’hui d’une « pandémie silencieuse ». Chaque année, plus d’un million de personnes en meurent indirectement, et si rien ne change, ce chiffre pourrait grimper à dix millions d’ici 2050. Dix millions, c’est davantage que le cancer. Faut-il se résoudre à perdre cette bataille ? Non ! Pascale Cossart, Secrétaire perpétuelle honoraire de l’Académie des sciences, professeure émérite à l’Institut Pasteur, et spécialiste des micro-organismes, nous fait redécouvrir une piste oubliée, une alternative aux antibiotiques qui mérite toute notre attention : la phagothérapie.
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La place des femmes dans la foi médiévale : entre dévotion et exclusion
Au Moyen Âge, certaines femmes ont choisi de vivre leur foi sous une forme extrême. Mystiques, visionnaires, réformatrices ou martyres, elles ont, chacune à sa manière, marqué leur époque. Leur relation au divin se distinguait souvent de celle des hommes : plus intime, plus charnelle parfois, et accueillie avec prudence, voire méfiance, par l’institution ecclésiastique. Dans son dernier ouvrage, Les passionnées de Dieu, André Vauchez, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et spécialiste de l’histoire religieuse médiévale, met en lumière cette diversité de parcours. À travers ces figures féminines, il explore la place qu’occupèrent les femmes dans la vie religieuse médiévale, alors même que leur parole était rarement reconnue.
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Le discours épidictique : savoir distinguer l'éloge de la flatterie
Dans l’Antiquité, certains orateurs n’avaient pas pour mission de convaincre ou de juger, mais de célébrer. Ils composaient ce qu’on appelait des discours d’éloge, ou discours épidictique, un art codifié qui exalte un homme, une cité ou une idée. Très répandus, ces textes ne se réduisaient pas à une adulation béate : ils servaient aussi à faire passer des messages subtils, parfois politiques, qu’il fallait savoir décrypter. Un exemple emblématique est le Discours en l’honneur de Rome, prononcé au IIᵉ siècle par le Grec Aelius Aristide, qui met en scène la grandeur de l’Empire romain à son apogée. Ce texte canonique bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle édition traduite et commentée par Laurent Pernot, grand spécialiste de la rhétorique antique, aux éditions des Belles Lettres. L’académicien y explique les fonctions méconnues de l’éloge et montre combien, derrière les apparences d’un hommage, ces discours en disent bien plus sur une époque et ses tensions.
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Qu’est-ce que la figuration libre en peinture ? Hervé Di Rosa répond
Élu à l’Académie des beaux-arts en 2022, Hervé Di Rosa revendique un passé d’ex-punk et une fidélité constante à ses premières influences : bande dessinée, rock, science-fiction. Dans les années 1980, il cofonde à Sète le mouvement de la figuration libre, une peinture vive, graphique, qui aborde sans détour des thèmes comme le sexe, la drogue, le racisme ou la libération des mœurs. Traversées de références populaires, ses œuvres bousculent les frontières entre culture savante et culture ordinaire. Également promoteur de ce qu’il nomme l’« art modeste », Hervé Di Rosa défend une autre manière de regarder les objets, les formes et les mondes souvent relégués à la marge. Comment naît un mouvement artistique ? À quoi résiste-t-il ? Et que fait-il bouger ?
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François Sureau, ou comment tenir le lecteur en haleine
C’est dans un paysage noir de pluie, de défaite et de corps entassés que débute le dernier roman de François Sureau, de l’Académie française. La France vient de perdre la bataille de Sedan. Tandis que les soldats vaincus errent encore, trois crimes sont commis. Dans cette atmosphère suspendue surgit un détective énigmatique : Thomas More, nouveau héros d’une série policière traversant les siècles. Comment façonner un enquêteur aussi insaisissable que les crimes qu’il poursuit ? Comment distiller le suspense, scène après scène ? François Sureau explore les ressorts du récit policier et l’art de maintenir son lecteur en haleine.
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Dans les coulisses du meilleur restaurant au monde : la naissance d’une assiette Guy Savoy
Depuis huit ans, son restaurant déploie sa vision de la haute cuisine au cœur de la Monnaie de Paris, dans un écrin chargé d’histoire. Consacré meilleur au monde par La Liste, il incarne l’excellence selon Guy Savoy, dont la signature culinaire résonne bien au-delà des frontières. De la célèbre soupe d’artichaut à la truffe noire au rouget Barbet « en situation », certaines assiettes sont devenues des références, autant pour leur précision que pour l’émotion qu’elles suscitent. Icône dont l’aura a inspiré les studios Pixar pour Ratatouille, le chef a même figuré au programme du baccalauréat d’histoire-géographie en 2023. En 2024, il a marqué une nouvelle étape en devenant le premier cuisinier élu à l’Académie des beaux-arts. Mais derrière cette reconnaissance mondiale, comment naît une assiette signée Guy Savoy ? Que racontent ses saveurs, ses textures, ses émotions ?
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Comment le XVIᵉ siècle a-t-il réinventé la figure de l’ambassadeur ?
Si l’actualité internationale rappelle chaque jour l’importance des diplomates, nous ignorons souvent comment leurs pratiques ont évolué. Au XVIᵉ siècle, un tournant s’opère. Des représentants sont envoyés à l’étranger, non plus pour quelques semaines, mais pour des missions au long cours. Ils observent, négocient, transmettent, incarnent leurs souverains. Et ils inventent un nouveau métier ! L’historien Lucien Bély, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, retrace les débuts de la diplomatie moderne. Qui sont ces hommes chargés de faire dialoguer les puissances ? Comment parviennent-ils à négocier dans des cours étrangères parfois hostiles ? Et que révèle cette mutation d’une nouvelle manière de penser les rapports entre États ?
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Savoir lire une photo quand les images nous submergent
Dans un monde saturé d’images, où l’on scrolle plus qu’on ne regarde, comment réapprendre à voir ? Voir vraiment. Décoder ce que les images nous disent, ce qu’elles nous cachent, ce qu’elles supposent. Distinguer une photographie d’un simple cliché, comprendre sa construction, son intention, sa diffusion. L’Envie de savoir se penche sur les enjeux de l’éducation à l’image, cette grande absente de la formation intellectuelle. Pourquoi l’école initie-t-elle si peu au décryptage visuel, alors que les images façonnent chaque jour les regards et les récits ? Éric Karsenty, ancien rédacteur en chef de Fisheye et correspondant de l’Académie des beaux-arts, met en lumière les nouvelles écritures photographiques, les logiques de diffusion de l’image et l’urgence de former un regard critique, notamment face aux photographies d’actualité.
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Le grand bleu vire-t-il au gris ?
Il couvre plus de 70 % de la surface de notre planète, régule le climat et abrite une biodiversité aussi riche que fragile… Pourtant, l’océan demeure largement méconnu.Aujourd’hui, il est en première ligne face au réchauffement climatique : montée du niveau des mers, acidification, réchauffement des eaux, désoxygénation…Ces menaces pèsent déjà lourdement sur la biodiversité marine, mais aussi sur les sociétés humaines qui en dépendent. Que se passe-t-il exactement dans les profondeurs marines ? Pour y voir plus clair, le climatologue et océanographe Laurent Bopp, membre de l’Académie des sciences, nous éclaire sur ce basculement silencieux mais décisif.
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Pourquoi les débuts de la Troisième République furent-ils si incertains ?
En 1870, la défaite de Sedan précipite la chute du Second Empire et plonge la France dans une profonde incertitude politique. L’Empereur capitule, le régime s’effondre, et la République est proclamée dans l’urgence. Mais le pays reste divisé : monarchistes et républicains s’affrontent sur l’avenir des institutions. Ce n’est qu’en 1875, après de longues négociations, que trois lois constitutionnelles viennent consacrer la naissance de la Troisième République. Pourquoi avoir attendu cinq ans ? Pourquoi trois lois plutôt qu’une Constitution ? Comment les idées républicaines ont-elles gagné du terrain durant cette décennie fondatrice ? Et quel rôle joue encore cet héritage dans les institutions d’aujourd’hui ? Pierre Allorant, historien du droit et président du Comité d’histoire parlementaire et politique, analyse de cette séquence fondatrice, dont les résonances traversent encore nos institutions.
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Comment le monde s’est mis d’accord sur le « mètre »
Utilisé quotidiennement sans qu’on y prête attention, le mètre structure pourtant notre rapport au monde. Né sous la Révolution française, il a mis près d’un siècle à s’imposer comme référence commune. En 2025, la Convention du mètre fête ses 150 ans : un jalon essentiel dans l’histoire de cette unité, désormais incontournable dans les sciences, l’industrie ou les échanges internationaux. Mais qu’est-ce qu’une unité de mesure, au fond ? Et pourquoi avoir choisi le mètre ? Pour éclairer ce parcours à la fois scientifique et politique, le physicien Christophe Salomon, membre de l'Académie des sciences revient sur l’histoire de cette mesure universelle.
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Pourquoi la science a-t-elle besoin de la philosophie ?
Quel peut être le rôle d’un philosophe dans le champ des sciences ? À l’heure où les découvertes et les innovations technologiques s’accélèrent, il ne s’agit pas pour lui de produire des résultats expérimentaux, mais d’interroger les fondements, les méthodes et les implications des savoirs en cours de construction. Claude Debru, philosophe et historien des sciences de la vie, professeur émérite à l’École normale supérieure et membre de l’Académie des sciences, a consacré plus de cinquante ans à cette réflexion. Dans Oser le savoir, il retrace son parcours intellectuel et rend hommage à l’une de ses influences majeures, le philosophe Georges Canguilhem.
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