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JOMO Podcast

JOMO, le podcast de veille éditoriale qui décrypte les fictions et documentaires en maximum 10 minutes, pour t’aider à y voir plus clair dans l’offre audiovisuelle actuelle ! jomopodcast.substack.com

  1. 58

    👭 Soeurs et demie

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !🎧 Dans la version audio, retrouvez une analyse plus détaillée.SynopsisAnaïs Marchini, flic brillante mais cabossée, voit sa vie basculer lorsqu’elle devient, malgré elle, la tutrice de Gabrielle, sa demi-sœur de 11 ans dont elle ignorait l’existence. Ensemble, elles vont former un duo improbable pour enquêter sur la mort suspecte d’un étudiant en médecine.🎬 Fiche techniqueTéléfilm policier de 90 min, diffusé le 8 avril 2026 sur France 2 (et disponible en intégralité sur France.tv depuis le 2 avril 2026).Adaptation de la série d’argentine Hermanos y detectives.* Production : Gaëlle Cholet, Fanny Rondeau, Guillaume Renouil d’Elephant Story.En coproductions avec France Télévisions, AT-Production, RTBF, Pictanovo.* Scénario : Alexandra Julhiet, Laurent Vignon, Laurent Mondy, Laurent Benegui.* Réalisation : Bénédicte Delmas.* Musique originale : Olly Gorman.🎭 Au casting : Jeanne Bournaud (Anaïs Marchini), Anna Blezo (Gabrielle Boïs), Alban Aumard (Jean-Louis), Vincent Winterhalter (le commissaire), Claire Nadeau (Albertine), Clément Aubert (Marc), Ilona Bachelier (Claire), Marin Langlois (Thibault), Zélie Brackman (Marie-Lou).🎯 Cible : Un unitaire policier qui cherche clairement à élargir le genre en s’adressant à une cible féminine, traditionnellement moins prioritaire sur ce type de formats. Le projet mise sur une dimension intergénérationnelle forte, en réunissant plusieurs figures féminines (de l’enfant à la senior) et en plaçant leur relation au cœur du téléfilm. On sent derrière ce positionnement une volonté de France 2 de féminiser le polar et de toucher un public plus large, au-delà des amateurs habituels du genre. Si le téléfilm trouve son audience, il pourrait naturellement servir de rampe de lancement à une déclinaison en série.📈 Audiences : Soeurs et demie obtient des résultats encourageant en se plaçant à la première position lors de sa diffusion en linéaire le 8 avril sur France 2.🔎 AnalyseArches principalesL’enquête policière* Lunis est retrouvé pendu dans une salle fermée → suicide présumé, mais Anaïs doute rapidement (scène trop propre, pas de drogue, don d’organes suspect).* L’enquête explore plusieurs pistes : les amis (tensions, alibis fragiles), Marie-Lou (relation cachée), son frère (fausse piste).* Une direction plus étrange apparaît avec des expériences de mort imminente, mais elle ne mène à rien de concret.* Le tournant arrive avec la piste du don d’organes : Lunis aurait été préparé pour un prélèvement.* La clé : lien entre une receveuse (Maia) et Claire, membre du groupe.* Révélation : Claire a tué Lunis pour sauver sa sœur, il s’agit d’un meurtre prémédité maquillé en suicide. Claire avoue.La relation entre les deux sœursRejet → cohabitation → attachement → rupture → choix d’aimer —> Twist vers un prochain épisode : la mère de Gabrielle serait en vie. Plus d’infos dans la version audio 🎧.Le passé d’Anaïs Évolution : rejet du passé → fissure → relecture de son histoire.Plus d’infos dans la version audio 🎧.Mini-arches* La menace professionnelle de l’IGPN qui renforce l’instabilité d’Anaïs.* La Voisine comme figure maternelle et lien intergénérationnel.* Le bully de Gabrielle à l’école et la vulnérabilité de Gabrielle.* Romance avec le barman et l’ouverture émotionnelle d’Anaïs.ThématiqueUne thématique assez diffuse sans grand sentiment de révélation : la famille subie versus la famille choisie. Le téléfilm explore en toile de fond la peur de l’attachement, le besoin de reconnaissance et la difficulté à se libérer d’un héritage familial abîmé.Point de vueLe point de vue est surtout celui d’Anaïs, à travers qui on suit l’enquête et la relation avec Gabrielle. Mais peu à peu, Gabrielle prend de plus en plus de place, au point de devenir souvent moteur de l’intrigue. Elle s’impose presque comme une co-héroïne, ce qui affaiblit la place d’Anaïs.RythmeLe rythme est assez chargé, avec plusieurs fils qui s’enchaînent (enquête, IGPN, tutelle, école, romance…), mais certains restent assez superficiels et donnent une impression de choses lancées sans être vraiment abouties.Temporalité / AncrageUnitaire très contemporain, ancré dans le réel, qui se déroule sur quelques jours à Lille, avec une impression d’urgence permanente.Personnages principaux* Anaïs : flic borderline, classique mais efficace. Pas forcément attachante au début mais on apprend à l’apprécier au fur et à mesure qu’on découvre ses failles et son conflit interne.* Gabrielle : enfant surdouée, moteur narratif et jeune fille attachante.* Le commissaire : figure d’autorité.* Le collègue sympathique : caution morale.* Le collègue hostile : menace, figure d’opposition dans l’équipe.Personnages secondaires* Albertine (la voisine) : ancrage humain et figure intergénérationnelle.* Le barman : fonction émotionnelle - relation amoureuse.* Les étudiants : fonctionnels liés à l’intrigue policière.Le téléfilm se distingue par la place importante accordée aux personnages féminins, avec une relation entre les deux sœurs qui fonctionne bien : leurs trajectoires sont travaillées et une vraie alchimie se dégage entre les deux comédiennes. En revanche, la plupart des autres personnages restent assez utilitaires et auraient mérité d’être davantage développés, d’autant que leur nombre donne parfois le sentiment qu’il n’était pas nécessaire d’en introduire autant dans un format unitaire.Limites* Manque de clarté dans la thématique.* Accumulation des intrigues (IGPN, romance, école…) et manque de hiérarchisation des différents enjeux.* Gabrielle parfois trop “solution miracle”.* Personnages secondaires assez utilitaires.* Réactions émotionnelles parfois faibles (ex : la tante du mort), ce qui enlève du poids dramatique à certaines scènes.Points positifs* Duo Anaïs / Gabrielle solide et attachant.* Bonne alchimie entre les deux comédiennes.* Présence féminine forte et intergénérationnelle.* Des personnages féminins au centre, qui ne tournent pas qu’autour des hommes.* Mélange efficace entre enquête et relation entre les soeurs.* Concept accessible avec potentiel sériel.ConclusionSœurs et demie repose avant tout sur son duo central, qui fonctionne réellement et donne au téléfilm sa singularité. Malgré une enquête un peu chargée et des intrigues secondaires inégales, l’ensemble parvient à installer un ton accessible et un attachement progressif aux personnages. On retient surtout cette relation entre deux sœurs, portée par une vraie alchimie à l’écran, ainsi qu’une volonté de proposer un polar plus féminin et intergénérationnel. Un unitaire imparfait mais engageant, qui pose des bases suffisamment solides pour potentiellement envisager une suite en série.Regardez-le ICI This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  2. 57

    🎧 Séries Mania 2026

    Le Festival Séries Mania se tiendra du 20 au 27 mars 2026.🎧 Vous trouverez dans ce mail l’audio complet du podcast consacré à cette édition.N’hésitez pas à me dire les séries que vous avez le plus envie de voir ! This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  3. 56

    Séries Mania - Ouverture et clôture

    Série d’ouverture : The TestamentsSérie d’ouverture : Vitrerie Joyal This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  4. 55

    Séries Mania 2026 - Compétition Française

    Découvrez 6 séries françaises inédites en avant-première mondiale en présence de leurs équipes.Camarades - Eldorado - EnchaînésGrandiose - L’été 36 - Privilèges This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  5. 54

    Séries Mania 2026 - Compétition Internationale

    En provenance du monde entier, 9 séries internationales, sont présentées en avant-première.Anatomia de un instante - Dear Killer Nannies - DustfallMajor Players - My Brother - PaoloProud - The Audacity - Waiting for the out This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  6. 53

    Séries Mania 2026 - Panorama International

    Découvrez 12 séries du monde entier en avant-première mondiale, internationale ou française.Babies - Bienvenue à Kingston-Falls - BreendonkBurden of Justice - Ethernal - Prisoner 951Queen of Mars - Small Prophets - The best immigrantThe Flaws - These Sacred Vows - Variola Vera This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  7. 52

    Séries Mania 2026 - Compétition Formats Courts

    8 séries avec des épisodes de moins de vingt minutes présentées en exclusivité et révélatrices des talents de demain.Atlantis Pasila - Ayer’s Cliff - HappinessHirayasumi - Homebodies - La dernière heureLes Saturnides - Unfiltered This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  8. 51

    Séries Mania 2026 - Séances Spéciales

    Découvrez les 6 séries faisant partie de la catégorie, il s’agit d’une sélection d’avant-premières présentées hors compétition et évènements spéciaux.Asphodèle - EttyLucky Luke - The Legend of Kitchen SoldierRecalé - Peaky Blinders : L’immortel This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  9. 50

    👭✊ L'Affaire Laura Stern

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !🎧 Dans la version audio, retrouvez une analyse plus détaillée.SynopsisDans L’Affaire Laura Stern, Laura, pharmacienne et mère de famille engagée, a fondé l’association Femmes Debout, qui accompagne les femmes victimes de violences. Mais son combat bascule le jour où elle assiste, impuissante, au meurtre d’une adhérente de son association. Traumatisée par ce féminicide et révoltée par l’inaction de la police et de la justice, Laura décide de franchir une ligne dangereuse : répondre à la violence des hommes par la violence pour protéger celles qui l’entourent. Jusqu’où peut-on aller lorsque les institutions ne protègent plus les victimes ?🎬 Fiche techniqueL’Affaire Laura Stern est un drame sociétal / thriller dramatique de 4x52 minutes, disponible sur HBO Max depuis le 22 janvier 2026, puis sur la plateforme france.tv à partir du 19 février 2026 et en linéaire sur France 2 à partir du 11 mars 2026.* Production : Emmanuel Daucé et Léa Gabrié de Tetra Media Fiction (TM Studios), Frédéric Krivine de Torcello Productions.* Création et scénario : Frédéric Krivine (Un village français, Sentinelles…) et Marie Kremer (Caïn, Un village français, Rictus, Apparences…).* Réalisation : Akim Isker (Chérif, Les rivières pourpres…).* Musique originale : Éric Neveux (Sentinelles, Coeurs Noirs…).🎭 Avec : Valérie Bonneton (Laura Stern), Samir Guesmi (David), Pauline Parigot (Camille), Rym Foglia (Djamilla), Pascal Rénéric (Julien), Yannick Renier (Jean-Marie), Marie-Sophie Ferdane (Tamara), Eva Huault (Audrey), Darren Muselet (mari d’Audrey), Catherine Amé.Distinction : Prix de la Meilleure série dramatique 52’ au Festival de la Fiction de La Rochelle 2025.Audiences : Lors de sa diffusion en prime time le 11 mars 2026 sur France 2, L’Affaire Laura Stern a rassemblé environ 2,32 millions de téléspectateurs, avec une part d’audience de 12,8 %, se hissant en tête des audiences de la soirée. La série a généré plus de 2 millions de vues sur la plateforme france.tv avant même sa diffusion en linéaire, ce qui témoigne de son succès à la fois en linéaire et en numérique.Logique de diffusion : La diffusion de L’Affaire Laura Stern sur France Télévisions est logiquement programmée autour de la Journée internationale des droits des femmes et accompagnée d’un documentaire (Éduquons nos fils), renforçant son message et son impact pédagogique auprès d’un public large et hétérogène. Pour HBO Max, la série s’inscrit dans une stratégie de diffusion de contenus internationaux de qualité, souvent centrés sur des personnages féminins et des thématiques sociétales fortes, comme Merteuil ou Une amie dévouée, qui attirent un public global et valorisent la fiction française à l’international.🔎 AnalyseThématiqueLa série L’Affaire Laura Stern interroge la violence systémique contre les femmes et les limites des institutions censées protéger les victimes. Elle pose d’emblée une question morale centrale : que faire lorsque la justice échoue à protéger certaines femmes ?Contrairement à des séries comme Chernobyl ou The Wire, où la thématique se révèle progressivement jusqu’à une forme de prise de conscience finale pour le spectateur, L’Affaire Laura Stern expose son dilemme dès le départ et explore les conséquences possibles d’une justice individuelle, presque comme une démonstration morale. La série rejoint néanmoins Sambre dans sa volonté de mettre en lumière un crime systémique et les défaillances institutionnelles. Mais leur construction narrative diffère. Dans Sambre, si l’agresseur est connu du spectateur dès le début, la série révèle progressivement l’enjeu central : il ne correspond pas à l’image du criminel marginal, mais apparaît comme un homme ordinaire, bien intégré socialement (voisin, père de famille). C’est cette banalité qui constitue la véritable révélation de la série. À l’inverse, L’Affaire Laura Stern adopte une approche plus frontale en posant immédiatement le débat autour de la responsabilité, de la justice et de la légitimité de la violence.Moteur sérielIl s’agit d’une mini-série, donc il n’y a pas de moteur sériel au sens classique du terme.La série est néanmoins majoritairement character driven (à 90%) centrée sur la double-identité de Laura Stern.RythmeLa série se divise en deux parties : un thriller social dans les trois premiers épisodes, puis un drame judiciaire centré sur le procès et le débat moral dans le dernier épisode.Protagoniste : Laura SternLaura Stern passe progressivement d’aidante à justicière clandestine. Convaincue que certaines victimes ne seront jamais protégées, elle franchit une limite morale. Son arc est tragique : elle agit pour sauver des femmes mais devient elle-même criminelle aux yeux de la justice. Le véritable dilemme est laissé au spectateur : Laura est-elle une héroïne ou une meurtrière ?La série interroge aussi la figure de l’anti-héros. Des personnages masculins comme dans Dexter ou Breaking Bad font justice eux-mêmes sans provoquer le même malaise. Quand ce rôle est tenu par une femme, l’inconfort est plus fort. Laura devient ainsi une anti-héroïne dérangeante qui bouscule les attentes liées aux rôles féminins.Personnages secondairesLa série propose une diversité de figures féminines ce qui reste assez rare dans la fiction française.* Djamila, femme précaire, sans papier, mariée a un dealer de drogue, représentant les femmes invisibles du système.* Camille, victime d’emprise psychologique, venant d’un assez haut milieu social.* Aminata, confrontée aux violences intrafamiliales, incarne les réalités de l’immigration et de la précarité.* Tamara Spitz, figure féministe, porte-voix du discours politique.Elles montrent que les violences traversent tous les milieux sociaux.En dehors des hommes violents, deux personnages masculins semblent surtout présents pour nuancer la représentation masculine et éviter une vision où tous les hommes seraient mauvais.* Le mari, représente la normalité, le pragmatisme et surtout la passivité. Il ne comprend jamais Laura mais c’est un bon père de famille…* Le policier, quant à lui, occupe la figure de l’amant compréhensif : attentionné et bienveillant, il saisit le trouble et la détresse de Laura, mais demeure malgré tout fidèle à la loi et aux limites qu’elle impose.Violences psychologiquesOn peut saluer le fait que la série ne se limite pas à représenter les violences physiques et qu’elle aborde également les violences psychologiques, notamment à travers le personnage de Jean-Marie. Toutefois, celles-ci sont présentées dans l’épisode de manière assez didactique, alors qu’en réalité ces formes de violence sont souvent beaucoup plus subtiles et difficiles à identifier. Ce choix s’explique sans doute par la volonté de rendre ces mécanismes compréhensibles pour un public large, celui de la chaîne, dont tous les spectateurs ne sont pas nécessairement familiers avec les logiques de manipulation.Un autre élément peut également interroger : lorsque Laura Stern qualifie le comportement de Jean-Marie de « maladie ». Cette formulation pose question, car elle semble atténuer la responsabilité individuelle de l’agresseur, alors même que la série insiste par ailleurs sur l’importance de cette responsabilité. Choix narratifs et symboliquesCertains choix privilégient l’efficacité dramatique au réalisme, comme le meurtre d’Audrey par arme à feu en pleine rue, alors que la plupart des féminicides en France ont lieu au domicile avec des armes blanches ou par strangulation.La scène finale crée une forme de boucle narrative où Laura est confrontée à une violence similaire à celle qui a déclenché son parcours. Cette construction souligne l’idée d’un cycle qui peine à se refermer et traduit davantage un sentiment de désespoir face à la situation qu’un véritable élan d’espoir ou de résolution. Il s’agit d’une fin choquante, sans doute un choix narratif assumé, mais qui laisse le spectateur avec un profond sentiment d’abattement.Cible et réceptionLes fictions sociétales touchent souvent un public déjà sensibilisé au sujet qu’elles abordent (ici, notamment des spectatrices, avec une protagoniste féminine et une intrigue centrée sur les violences faites aux femmes). La question se pose alors de savoir comment intéresser des personnes qui ne sont pas spontanément attirées par ce type de récit ou qui ne se sentent pas directement concernées par la thématique. Certaines œuvres contournent cette difficulté en s’appuyant d’abord sur les ressorts du suspense ou de l’enquête. C’est notamment le cas de Phoenix ou de Sambre, où le spectateur est d’abord entraîné dans une intrigue policière avant de prendre progressivement conscience de l’ampleur et de la dimension systémique du problème.Points de vueLa série adopte principalement le point de vue de Laura, ce qui permet au spectateur d’entrer dans son sentiment d’impuissance et de suivre progressivement son processus de radicalisation. Ce choix narratif favorise une forte identification au personnage et à son dilemme moral. Il soulève néanmoins une question : aurait-il été possible de raconter cette histoire à travers le regard d’un personnage masculin ? Un tel point de vue aurait peut-être permis à certains spectateurs masculins, que la série cherche à sensibiliser, de s’identifier davantage. Mais ce choix aurait également pu apparaître paradoxal, puisqu’il aurait consisté à traiter des violences faites aux femmes une nouvelle fois à travers un regard masculin…Ancrage temporel et contextualisationJe reprochais à la série Phoenix de ne pas ancrer clairement son récit dans une période précise, notamment par l’absence de dates ou de repères temporels, dans une volonté apparente de rendre l’histoire intemporelle. À l’inverse, L’Affaire Laura Stern fait le choix de mentionner des dates précises, ce qui permet au spectateur de mieux se situer dans le temps et d’inscrire le récit dans un contexte plus concret. Ce choix paraît d’autant plus pertinent que la série cite également des chiffres relatifs aux violences faites aux femmes : l’ancrage temporel devient alors presque nécessaire, afin de donner du sens et de la crédibilité à ces données.Mission de service public et didactismeLa force de la fiction tient souvent à ce que le spectateur comprenne par lui-même. Un reproche qu’on pourrait faire à la série, comme mentionné plus haut, est son côté didactique. Néanmoins, il faut prendre en compte que les chaînes de service public ont une mission d’information et de transmission : leur public est large et hétérogène, et certaines notions, comme l’emprise ou la violence conjugale, doivent parfois être explicitées. Les violences faites aux femmes sont abordées depuis de nombreuses années, et l’impression persistante d’une faible évolution peut justifier un message clair et appuyé, quitte à « prendre la pelle et le râteau » pour être certain que le spectateur comprenne, là où la subtilité seule ne suffirait pas.Points forts* Sujet contemporain et pertinent : féminicides, emprise, justice et responsabilité individuelle.* Une anti-héroïne dérangeante et complexe.* Le jeu des comédien.es : notamment évidemment la performance de Valérie Bonneton est remarquable, par sa justesse et sa capacité à rendre crédible la complexité émotionnelle de son personnage.* Un dilemme moral fort qui structure la narration.* Diversité des personnages féminins et de leurs trajectoires.* Représentation de différentes réalités sociales.* Mise en avant de la violence psychologique, au-delà de la violence physique.* Ancrage temporel précis, qui contextualise la fiction.* Une série qui pousse le spectateur à s’interroger et à réfléchir.Limites* Une approche parfois trop didactique.* Quelques éléments prévisibles : la photo de bébé Hitler, la mort de Laura Stern à la fin…* Évolutions psychologiques rapides : notamment entre la démarche de Laura à la police et ses doutes pendant le procès.* Une fin très pessimiste, voire fataliste.ConclusionL’Affaire Laura Stern aborde de manière frontale les violences faites aux femmes, les défaillances des institutions et la question de la responsabilité individuelle. Même si la série peut parfois sembler démonstrative, elle ouvre un débat moral important sur la justice et la responsabilité. Et si la fiction ne peut pas résoudre ces problèmes, elle peut au moins contribuer à les rendre visibles et à nourrir la discussion, ce qui est déjà un premier pas.Regardez-là ICI This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  10. 49

    🐦‍🔥 Phoenix (France TV)

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !🎧 Dans la version audio, retrouvez une analyse plus détaillée.🎬 Fiche techniquePhoenix est un thriller dramatique environnemental de 6x45min, disponible en intégralité dès le 12 février 2026 sur la plateforme France.tv.* Production : Alexandre Charlet - Les Films du Cygne, Nicolas de Saint Meleuc - Storia Television (Mediawan).* Coproductions : France Télévisions, ZDF, New 8 Partners, maze pictures, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma et Sequel Prod.* Création : Matthieu Bernard et Louis Aubert.* Scénario : Louis Aubert, Matthieu Bernard et Clément Marchand.* Réalisateur : Franck Brett.* Musique originale : Anne-Sophie Versnaeyen et Hugo Gonzalez-Pioli.🎭Avec : Natacha Lindinger (Capitaine Béatrice Bochatay), François Berléand (Jean Humbel), Léo Legrand (Mathias), Marie Colomb (Éloïse), Benno Fürmann (Hans Frankenheimer), Will Attenborough (James), Catalina del Rosario (Alma), Alva Schäfer (Nina), Pauline Pollmann (Lyne), Gaël Langouët (Elias), Matéo Paitel (Sandro) Cataleya Richard (Sony), Jules Porier (Antoine), Jonathan Nyati (William), Jacqueline Corado (Cassandra Sanchez), Arnaud Viard (Amaury de Montchanin) et Adrian Can (garde du corps).🎖️Distinction :Prix de la Meilleure Série 52 min – Suspense au Festival de la Fiction de La Rochelle.Prix de la meilleure fiction série 2026 - Festival de Luchon📈Audiences : Pas d’info disponible actuellement.En partenariat avec le journal Libération ancrant la série dans un champ politique assumé.🔎 AnalyseUn concept fortUne prise d’otages menée par de jeunes militants écologistes visant les enfants de dirigeants de grands groupes industriels (les Four West). La série s’inscrit dans un militantisme contemporain (climat, réseaux sociaux, radicalisation, image des entreprises) et assume un positionnement politique clair.Une thématique cohérenteJusqu’où aller pour sauver la planète ? La série explore la radicalisation, le sacrifice, la morale et la responsabilité intergénérationnelle, en opposant violence spectaculaire et transformation institutionnelle.Moteur sérielMini-série donc pas réellement de moteur sériel à proprement parler. Néanmoins, le moteur principal tourne autour du plan et de ses dérapages. On est donc sur 60% de plot driven, 25% de arena driven avec le contexte politique et climatique qui structurent les enjeux et 15% de character driven avec les motivations des personnages qui enrichissent l’ensemble.Point de vueSérie chorale, rare en fiction française, multipliant les perspectives (ravisseurs, otages, industriels, police).Une structure d'épisodes efficaceDans chaque épisode, on retrouve : un flashback sur comment un membre des Phoenix en est arrivé là, la gestion des otages, l’avancée ou le dérapage du plan, les réactions des dirigeants et du professeur Humbel et la progression de l’enquête (mère d’Elias, DGSI). Cette structure maintient le rythme, en développant les motivations des personnages.Trois arches narratives* Les Phoenix : Les membres du groupe sont définis par des blessures personnelles (famille, humiliation médiatique, maladie, violence paternelle) qui nourrissent leur engagement. Lyne, co-instigatrice du plan, apporte une ambiguïté intéressante.* Les otages : Sony incarne l’innocence, le footballeur espagnol évolue vers une prise de conscience, Antoine passe de personne passive à personne engagée en aidant les Phoenix.* Les institutions (forces de l’ordre et Four West): la mère d’Elias qui fait partie des forces de l’ordre (entre aider son fils et coopérer avec la DGSI) .RythmeDémarrage solide, midpoint efficace, tension constante. Les intrigues sentimentales apportent de la légèreté.La temporalité resserrée sur cinq jours rend l’ensemble crédible. En revanche, à titre personnel, à titre personnel, j’aurais aimé savoir à quelle période se passe la série (années 2000 ? 2010 ? 2020 ?…) même si la volonté de faire une série intemporelle est compréhensible.La réforme plutôt que la révolutionSi on compare à la série La Casa de Papel, qui a une structure similaire, cette dernière offre un final plus visuel, avec un lancé de billets dans les rues et une signification immédiate. La fin de Phoenix, elle, propose plutôt une victoire institutionnelle : une prise de pouvoir par les actionnaires et un vote en assemblée générale rendu possible grâce aux lettres des citoyens reçues par Humbel. L’objectif est de faire comprendre qu’il vaut mieux transformer le système de l’intérieur plutôt que par la violence, et qu’il faut se mobiliser plutôt que rester inactif. Un message politiquement cohérent, mais dramatiquement moins impressionnant, le changement restant assez abstrait.Limites* Certains arcs psychologiques restent superficiels.* Usage tardif de la carte SD pas totalement justifié.* Un choix de montage qui questionne à la fin d’un épisode (le berger qui vient chercher son mouton).* Victoire finale intellectuellement satisfaisante mais plus cérébrale que viscérale avec un impact émotionnel de fin un peu moins fort qu’espéré.Points positifs* Concept fort et actuel.* Co-production ambitieuse et identité européenne assumée (langues, musiques, décors).* Rythme maîtrisé.* Série chorale réussie.* Personnages féminins solides : plusieurs figures féminines centrales, autonomes, engagées, non définies uniquement par leurs relations. Le couple lesbien intégré sans trop d’exotisation.* Bonne gestion des outils dramaturgiques : surprise, suspense, ironie dramatique, mystère, pay-in/pay-off, timelock…ConclusionAu final, Phoenix propose une mini-série ambitieuse qui s’inscrit dans des préoccupations politiques et écologiques très contemporaines. Si certains arcs psychologiques ou choix narratifs peuvent laisser une légère impression d’inachevé, l’ensemble reste fort grâce au concept, à une structure maîtrisée et à un rythme efficace. En choisissant de privilégier une résolution institutionnelle plutôt qu’un final spectaculaire, la série assume un positionnement singulier qui peut frustrer sur le plan émotionnel, mais qui reste cohérent avec son propos. Une fiction engagée et actuelle qui démontre qu’il est possible de traiter des enjeux politiques complexes dans un cadre sériel accessible et prenant. Comme son personnage Antoine, on peut se demander s’il est naïf de croire qu’une série puisse réellement pousser les spectateurs à agir. Mais Phoenix, à l’image de ses personnages, refuse de rester inactive !Regardez-là ICI This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  11. 48

    🌼 Ils vécurent heureux (TV5 Monde)

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !🎧 Dans la version audio, retrouvez une analyse de chaque épisode.SynopsisEt si Tarzan et Jane, Ulysse et Pénélope ou encore Roméo et Juliette se lançaient dans une thérapie pour sauver leur couple ?🎬 Fiche techniqueIls vécurent heureux est une comédie de 8x3’ diffusée dès le 11 février 2026 sur la plateforme TV5MONDE+ et chaque soir du 12 au 19 février, sur TV5MONDE.* Production : Lou Delbarre et Yann Goazempis, de NOON (KABO STORY,) et TV5MONDE.* Scénario et réalisation : Juliette Fayet🎭 Avec : Roxane Bret (Juliette & Jane), Johann Cuny (Tarzan & Ulysse), Juliette Fayet (Carmen & Emma Bovary), Bertrand Goncalves (Roi Arthur & Charles Bovary), Sidi Mejai (Lancelot, Don José & Le Prince Florian), Inès Melab (Pénélope & Eve) , Fanny Ruwet (Guenièvre & Blanche Neige), Noam Sinseau (Roméo & Adam) et la voix d’Anne-Clotilde Rampon (la psy).📈 Audiences : Pas d’info sur les audiences.🔎 AnalyseUn concept fort : la démythification par la thérapieLa série Ils vécurent heureux repose sur un principe simple et efficace : confronter des couples mythiques à une thérapie conjugale contemporaine. Le décalage entre figures patrimoniales et langage actuel constitue le moteur comique principal.Chaque épisode transpose un couple iconique, de Roméo et Juliette à Blanche-Neige, dans un cadre contemporain : le cabinet d’une psy.* Démythification : les passions tragiques deviennent des problèmes de communication.* Anachronisme assumé : visio pour Ulysse, sexto pour Emma Bovary, langage et expressions de jeunes pour Roméo et Juliette.* Universalité des problématiques : fidélité, jalousie, routine, dépendance affective, précipitation.L’idée est forte et immédiatement exploitable en comédie courte.Une lecture contemporaine des dynamiques de coupleDerrière la comédie, la série esquisse une cartographie des tensions amoureuses modernes :* Intensité fusionnelle (Roméo & Juliette)* Couple ouvert et désir latent (Arthur / Guenièvre / Lancelot)* Relation à distance et infidélité (Ulysse & Pénélope)* Désillusion romantique (Emma & Charles)* Fantasme vs. réalité (Tarzan & Jane)* Liberté vs. possession (Carmen & Don José)* Routine originelle (Adam & Ève)* Précipitation amoureuse (Blanche-Neige & le Prince)On pourrait aller encore plus loin en reliant ces couples à de véritables styles d’attachement ou à des schémas relationnels identifiés en psychologie. Cela donnerait une couche analytique supplémentaire et renforcerait la cohérence globale.Les mécaniques comiques dominantesLes ressorts qui fonctionnent le mieux:* Ironie dramatique : le spectateur comprend ce que le personnage ignore (triangle Roi Arthur / Guenièvre / Lancelot).* Comique de caractère : naïveté de Charles Bovary, de Blanche-neige et le prince, intensité adolescente de Roméo et Juliette.* Jeu corporel : particulièrement efficace dans Tarzan & Jane.* Inversion d’autorité : la psy perd parfois le contrôle (Roméo & Juliette, Carmen & Don José).Ces épisodes fonctionnent quand le conflit est clair, lisible et incarné physiquement.Les limites :* Episodes souvent assez bavards : plusieurs scènes expliquent plus qu’elles ne montrent.* Ressorts répétitifs : infidélités, naïveté, frustration sexuelle.* Sous-texte parfois insuffisamment exploité : certains renversements pourraient être plus poussés.* Dépendance à la référence culturelle : sans connaître Madame Bovary ou le mythe d’Ulysse, une partie du comique s’atténue.La série est souvent plus efficace quand elle s’appuie sur le jeu et le visuel plutôt que sur l’explication verbale.La psy, personnage-pivot mais peu incarnéLa psy sert de point d’ancrage contemporain, de porte d’entrée pour le spectateur et est révélateur des contradictions.Mais son statut reste parfois flou :* Elle est tantôt compétente, tantôt elle-même objet de comique ayant un comportement peu professionnel (acceptant le flirt de Carmen et les conseils de Roméo et Juliette au sujet de son propre couple).* Elle pourrait proposer plus d’exercices concrets.* Il aurait été intéressant qu’elle soit encore plus incarnée, qu’elle ait des méthodes peu orthodoxes, qu’elle soit trop impliquée et qu’elle prenne partie.Elle fonctionne comme point d’ancrage mais aurait mérité a être un peu plus caractérisée.Quelle cible ?La série semble viser un public young-adulte (références sexuelles, satire conjugale) et public cultivé (références littéraires et mythologiques), une cible finalement assez niche. La dépendance aux références peut restreindre l’accessibilité. Certains épisodes sont immédiatement compréhensibles (Blanche-Neige, Arthur), d’autres nécessitent une culture littéraire plus solide (Emma Bovary).Forces :* Concept clair et fort !* Le générique !* Bons comédiens !* Costumes réussis !* Démythification efficace.* Des chutes réussies.Limites :* Épisodes parfois trop longs : Le format peine parfois à maintenir pleinement l’attention du spectateur. Un découpage en sketchs plus courts (45 secondes à 1 min 30), alternant plusieurs couples au sein d’un même épisode, aurait peut-être permis de dynamiser le rythme et de renforcer l’efficacité comique.* Après l’exposition du conflit, certains épisodes peinent à se renouveler, donnant une impression de linéarité et de prévisibilité.* Certains épisodes se révèlent plus aboutis que d’autres, notamment parce que plusieurs reposent sur des ressorts comiques similaires (infidélité, naïveté).* Une psy qui aurait pu être plus incarnée.Questions qui restent en suspens :* Pourquoi ces personnages en particulier ? S’agit-il uniquement d’un choix narratif ou existe-t-il aussi des contraintes ou enjeux de droits derrière cette sélection ?* Pourquoi avoir opté pour un langage contemporain uniforme ? Ce choix crée un décalage comique efficace, mais pourquoi ne pas avoir exploré les registres linguistiques propres à chaque époque ?* Pourquoi ne pas situer clairement l’époque de la thérapie ? Ancrer la série dans un contexte temporel précis aurait pu renforcer certains enjeux (actualité politique dans l’épisode Carmen & Don José, question du consentement dans Blanche-Neige, etc.) et donner davantage de cohérence à l’univers.* Pourquoi les couples quittent-ils systématiquement la séance sans payer ?ConclusionIls vécurent heureux fonctionne particulièrement bien quand la série assume pleinement son absurdité et son anachronisme visuel. Elle perd un peu en puissance lorsqu’elle explicite trop ses enjeux au lieu de les faire exister par le jeu.Le concept est solide. Il gagnerait à être encore plus tranchant et plus psychologiquement structuré. On en redemande : davantage de couples, davantage de situations, tant le format court, encore trop rare sur nos chaînes linéaires, mérite d’être exploré. Une proposition stimulante, portée par des comédiens aguerris, qui donne envie d’aller plus loin.Regardez-là ICI This is a public episode. 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  12. 47

    🇩🇰 The Danish Woman (Arte)

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !SynopsisLorsque Ditte Jensen se retire avec les honneurs des services secrets danois, elle emménage dans un immeuble de Reykjavik (Islande) où elle va pouvoir cultiver son jardin et vivre sa vie dans l’anonymat. Mais Ditte ne peut cesser d’être qui elle est. Un soldat d’élite et une guerrière. Et bientôt l’immeuble se transforme en champ de bataille pour un monde meilleur. Avec son sens profond de la justice, elle décèle les problèmes de ses voisins et se sent obligée de les aider, qu’ils le veuillent ou non. Et dans son monde la fin justifie les moyens.🎬 Fiche techniqueThe Danish Woman est une comédie dramatique de 6x47’ diffusée dès le 29 janvier 2026 sur Arte et en intégralité sur Arte.TV.* Production : SLOT MACHINE, Gullslottid, Zik Zak Filmworks.* Création : Benedikt Erlingsson* Scénario : Benedikt Erlingsson, Ólafur Egill Egilsson.* Réalisation : Benedikt Erlingsson.🎭 Avec : Trine Dyrholm (Ditte Jensen), Hilmar Guðjónsson (Þórir), Kristín Þóra Haraldsdóttir (Gulla), Natalía Kristín Karlsdóttir (Maríanna), Baldur Björn Arnarsson (Kári), Hrafn Alexis Elíasson Blöndal (Finnur), Halldóra Geirharðsdóttir (Soffía), Hjálmar Hjálmarsson (Kristinn), Edda Guðnadóttir (Björk), Björn Thors (Magnús), Kolbrún Helga Fridriksdóttir (Maja), Halla Vilhjálmsdóttir (Ástríður), Atli Rafn Sigurðsson (Skarphéðinn), Raffaella Brizuela Sigurdardóttir (Salima), Juan Camilo Román Estrada (Juan Camillo), Jens Albinus (Jens Jørgensen), Thorvaldur Strømberg (Ingmar Strömberg), Besir Zeciri (Kasper), Siff Vintersol (Mille), Andreas Jebro (Ole), Sebastian Alstrup (Joakim), Marina Bouras (l’ambassadrice danoise), Benedikt Erlingsson (Balding thug), Ólafur Egill Egilsson (Leather Óli).📍 Tournage : La série a été filmée en Islande, avec des décors majoritairement à Reykjavik et alentours, pendant 54 jours.📈 Accueil & audiences : La série a été présentée en avant-première au festival Séries Mania en mars 2025 et a reçu des critiques élogieuses de la part des médias internationaux, notamment Variety, Le Monde et Le Figaro.Des audiences assez faibles, probablement dues à une forte concurrence (tournoi de rugby et JO), à la barrière de la langue, la série étant en anglais, en danois et en islandais, ainsi qu’à la caractérisation du personnage principal.🔎 AnalyseRésumé des arches narrativesPrincipale : Ditte et ses voisinsDitte s’immisce dans la vie des habitants de l’immeuble au nom de l’ordre et de la responsabilité collective. Si elle prétend aider, surtout les femmes, ses méthodes sont intrusives et radicales.* Sabotage d’un voisin au nom de l’écologie (destruction de biens, perte d’emploi).* Piège tendu à un voisin dealer (simulant une tentative de suicide afin de le faire interner) qui fait trop de bruit dans l’immeuble en organisant des soirées, déclenchant l’intervention d’un mafieux suédois.* Humiliation d’un ado coupable de chantage sexuel auprès de son ex-copine, voisine de l’immeuble, puis posture maternelle ambiguë de Ditte envers l’ex-copine.* Intervention brutale auprès d’une mère débordée par ses enfants constamment les yeux rivés sur les écrans, Ditte entre par effraction chez elle pour détruire tous les écrans en les plongeant dans l’eau puis en les séchant.* Empoisonnement d’agents pour empêcher l’expulsion d’une voisine sans-papiers enceinte.* Meurtre d’un mari violent, maquillé en accident.Ditte apparaît comme une justicière privée, elle protège autant qu’elle détruit.Secondaire : Ditte et la couronne danoiseBien qu’à la retraite et aspirant à une vie paisible, Ditte est rappelée par la couronne pour une mission d’espionnage aux enjeux politiques et géopolitiques.* Retour forcé au service de l’État.* Mission d’espionnage liée à des luttes de pouvoir internationales.* Tension entre désir de retrait et obligation nationale.Tertiaire : Ditte et son PTSDAncienne tireuse d’élite, Ditte est hantée par une mission passée.* Flashbacks fragmentés d’une opération dans un pays musulman.* Promesse faite à deux jeunes filles chargées de déposer une bombe.* Explosion prématurée décidée par les Américains, malgré les consignes danoises.* Mort des deux filles et de leur père.* Culpabilité persistante et haine envers les États-Unis.Chute finale : la perte de contrôleDitte, jusque-là convaincue de maîtriser la situation, voit tout lui échapper.* Ses actions causent des dommages collatéraux dans l’immeuble.* L’enfant du mafieux suédois la piège en cachant arme et drogue chez elle.* Intervention policière massive.* Elle se défend violemment, tue plusieurs agents, puis est arrêtée sous les yeux de ses voisins.==> Ditte est contrainte d’affronter les conséquences de ses actes et la responsabilité qu’elle revendiquait imposer aux autres.Thématique(s)La thématique centrale est celle de la responsabilité individuelle et de ses conséquences. Elle peut se formuler ainsi : comment faire prendre conscience à chacun de sa responsabilité sans sombrer dans le contrôle ou la violence ? Ou encore : peut-on imposer la responsabilité aux autres sans devenir soi-même coupable ?La logique de Ditte est celle de la vengeance et se résume par : « œil pour œil, dent pour dent ».D’autres thématiques sont évoquées et liées à la thématique centrale, on retrouve :* La géopolitique nordique et l’impérialisme américain.* L’écologie radicale.* Le féminisme (sexualité, maternité, avortement…).Moteur sérielLa série est character driven : tout part de Ditte, de sa vision du monde et de sa faille morale. Ditte mène une double vie, ancienne espionne au service de la couronne danoise, elle tente de se fondre dans le quotidien banal d’une voisine ordinaire en Islande. La série reste character driven, centrée sur Ditte, mais adopte à plusieurs reprises un aspect choral : chaque épisode explore un cas de voisinage spécifique, permettant de voir Ditte à travers le regard des habitants.Le moteur repose sur quatre dynamiques complémentaires :* Double identité de Ditte : espionne à la retraite / voisine ordinaire. Son passé refait surface par fragments à travers des flashbacks liés à son PTSD.* Ingérence morale : Ditte pousse ses voisins à affronter leurs responsabilités, créant dilemmes moraux et dommages collatéraux.* Perspective chorale : le spectateur découvre son influence indirecte et ses méthodes controversées via les expériences et les réactions des voisins.* Suspense et tension : sa vie passée menace toujours de se révéler, et chaque intervention soulève la question de ses limites éthiques.Point de vueMajoritairement de Ditte, mais la série tend vers une dimension chorale, avec chaque épisode focalisé plus précisément sur un des habitants de l’immeuble.Rythme* Épisodes 1,2–début 3 : immersion dans l’immeuble, les voisins et le PTSD.* Fin épisode 3 : bascule avec l’arrivée de la couronne danoise.* Épisodes 4–6 : intrigue politique dominante, tandis que Ditte devient plus dure, cynique et manipulatrice. L’arc de Ditte est clairement descendant.Personnage principalDitte est une anti-héroïne :* Elle vise le bien mais emploie des moyens moralement condamnables.* Elle se croit moralement supérieure.* Elle manque d’empathie véritable, même lorsqu’elle aide ses voisins.* Elle se remet peu en question et ne reconnaît jamais ses fautes.Les sentiments du spectateur à son égard sont ambivalents. Personnage qui paraît antipathique dès les premières minutes de la série : * Elle tue le chat des voisins.* Elle a toujours raison et a un côté moralisateur la rendant très agaçante.* Elle montre peu de compassion.* Le spectateur reste majoritairement à l’extérieur des sentiments de Ditte.La série joue sur notre empathie pour Ditte : on comprend ses actions souvent seulement a posteriori, ce qui crée un décalage avec notre jugement moral immédiat.Comment faire adhérer le spectateur à une anti-héroïne moralisatrice ?* Montrer que son moralisme est une stratégie de survie, née d’une blessure profonde, d’un traumatisme ou d’un sentiment d’injustice.* Elle doit parfois avoir raison : dénoncer une hypocrisie ou un système corrompu, ce qui rend son radicalisme presque légitime.* Elle doit avoir des failles et ses vulnérabilités affectives. Elle doute, échoue, se contredit, ou aime sincèrement quelqu’un ou une cause, ce qui tempère sa rigidité morale. L’humour, même noir, peut la rendre plus pardonnable et proche du spectateur.Ici, Ditte possède une blessure profonde liée à la guerre et à la mort des jeunes filles qu’elle devait protéger, mais cette culpabilité n’est révélée que dans l’épisode 3, ce qui limite l’attachement initial du spectateur. Son sens moral est légitime et cohérent, mais ses failles sont trop peu visibles, et le monde autour d’elle n’est pas présenté comme assez brutal et corrompu, ce qui réduit l’impact de son radicalisme. Pour la rendre vraiment attachante, il faudrait révéler sa blessure plus tôt, montrer davantage sa vulnérabilité et souligner la dureté de l’environnement qui justifie ses actions.Autres personnagesLa série compte de nombreux personnages, ce qui peut dérouter au début, mais chacun devient identifiable. Les comédiens sont excellents, qu’il s’agisse des jeunes filles, des adolescents ou des adultes, qu’ils incarnent des personnages naïfs, désagréables ou comiques.FéminismeLa série assume clairement une perspective féministe.De nombreux hommes y apparaissent soit comme maladroits, violents, ou faibles, et leurs egos sont souvent ridiculisés. Exemple mémorable : le personnage de PET humilié publiquement devant la couronne que Ditte oblige à s’étouffer en mangeant une pomme de terre afin de faire diversion, alors qu’elle a déjà réussi sa mission, un moment brillant qui renverse les codes du pouvoir masculin.Ce qui fonctionne* Le traitement du féminisme et de l’entraide entre femmes.* La confrontation des cultures nordiques.* Le discours frontal anti-américain (rare dans les fictions !).* L’écologie radicale.* L’interprétation exceptionnelle de Trine Dyrholm : magnifique rôle pour cette femme. Enfin un rôle intéressant pour une femme plus de + 40 ans, qui se bat, fait des cascades, danse, peut être violente, se met complètement nue…* L’utilisation des chansons et danses.* Le motif visuel des plantes qui pourrissent quand Ditte s’enfonce moralement.Ce qui fonctionne moins* L’absence de traduction des chansons.* Certains excès narratifs (multiplication des situations extrêmes).* Le discours brutal de Ditte face à la dépression, qui peut sembler problématique.* La fin très sombre et frustrante.ConclusionThe Danish Woman est une série dérangeante et politique, qui interroge la notion même de justice. En plaçant une anti-héroïne radicale au centre du récit, elle montre comment la certitude morale peut devenir une forme de violence, et comment vouloir réparer le monde sans écouter les autres mène à l’isolement et à la chute. Ni aimable ni rassurante, la série bouscule le spectateur, le force à se positionner, et laisse volontairement un goût amer : celui d’un monde où avoir raison ne suffit pas à faire le bien.Regardez-la ICI This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  13. 46

    🎓 Le diplôme (TF1)

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !SynopsisSix personnes qui n’ont jamais obtenu leur bac, pour des raisons sociales, familiales, de santé ou de parcours de vie chaotique, décident, à des âges très différents, de retourner sur les bancs de l’école. Inscrits au lycée pour adultes de Paris, ils se lancent dans ce défi improbable : repasser le premier grand examen de leur vie, à un âge où il n’est plus si raisonnable de le faire. Des héros du quotidien, aux trajectoires radicalement différentes, qui ne se seraient jamais rencontrés autrement.🎬 Fiche techniqueLe Diplôme est une comédie dramatique de 6x52’ diffusée à partir du 12 janvier 2026 sur TF1 (également disponible en replay sur TF1+ et à l’achat en avant-première).* Production : Fanny Riedberger Habanita Fédération (Lycée Toulouse-Lautrec, Les Randonneuses et bientôt Grandiose).* Création : Fanny Riedberger, Sylvie Audcoeur et Elodie Namer.* Scénario : Sylvie Audcoeur, Elodie Namer, Laurent Mercier, Géraldine de Margerie, Clément Peny, Déborah Hassoun et Nicolas Pleskof.* Réalisation : Philippe Lefebvre (Ep 1 et 2) et Vianney Lebasque (Ep 3 à 6).🎭 Avec : Clémentine Célarié (Delphine), Bernard Campan (Sam), Camille Lellouche (Leïla), Guillaume Labbé (Pierre), Julie Sassoust (Jen), Ahmad Kontar (Hussein), Vanessa Guide (Juliette) et Marc Riso (Georges), avec la participation d’Isabelle Gélinas (Marianne) et Charles Berling (Martial).📍 Tournage : à partir du 2 avril 2025 à Paris et au lycée Buffon dans le 15ème, mais aussi en Bretagne.📈 Accueil & audiences : Sur l’ensemble des trois soirées, Le Diplôme a tourné autour de 3,5 millions de téléspectateurs en moyenne (~22 % de PDA) et s’est installé comme un succès d’audience pour TF1, en tête des audiences régulièrement pendant sa diffusion.🔎 AnalyseConceptLe Diplôme repose sur un concept très efficace : réunir des adultes très différents autour du bac et faire de cet examen bien plus qu’un simple diplôme. Le bac devient une métaphore de la réparation intime, sociale et morale. On retrouve clairement l’empreinte de Community dans l’idée d’un groupe hétérogène contraint de cohabiter par l’institution scolaire et qui finit par former une communauté solidaire.Cependant, l’adaptation française transforme ce modèle de sitcom en une comédie dramatique, beaucoup plus émotionnelle et sociale, ce qui correspond mieux aux habitudes de diffusion françaises et au positionnement de TF1. Ce choix permet de toucher une cible large, car le bac est un marqueur culturel partagé par presque toute la société française, associé à la fois à la réussite, à l’échec et au jugement social.La série s’inscrit donc dans une filiation claire avec d’autres œuvres : Community pour la dynamique de groupe, Querer pour l’arc de Delphine sur les violences conjugales, L’Histoire de Souleymane et Enjoy ! pour le parcours d’Hussein, et Will Hunting pour la célèbre scène de l’équation résolue anonymement au tableau.Adaptation ou création originale ?Le Diplôme n’est pas une œuvre totalement originale au sens strict, mais une série qui réussit à mélanger des références existantes avec une création propre. Elle réemploie des archétypes et des arcs narratifs connus tout en les réinscrivant dans un contexte français contemporain et populaire.Cette stratégie est très efficace pour un diffuseur comme TF1, car elle rassure tout en proposant une émotion forte. Formellement, la série n’est pas révolutionnaire, mais elle est très solide et cohérente dans son projet.StructureLe moteur repose d’abord sur un compte à rebours très efficace vers l’examen du bac, qui structure chaque épisode comme une étape supplémentaire vers cette échéance. Cette temporalité donne de la tension et de la lisibilité à l’ensemble.Parallèlement, chaque personnage cache un secret qui finit par éclater, ce qui alimente la dramaturgie et crée des retournements émotionnels. Progressivement, le groupe se transforme en une famille choisie : le collectif devient le véritable lieu du sauvetage individuel.La série est majoritairement centrée sur les personnages plutôt que sur l’intrigue, avec une alternance réussie entre scènes intimes, sociales, scolaires, familiales et parfois judiciaires. Les teasers systématiques chez la directrice (excepté dans le dernier épisode) constituent un forme de rendez-vous d’épisode : ils créent un fil rouge, introduisent un mystère et permettent de révéler progressivement des non-dits. Les cliffhangers de chaque fin d’épisode sont efficaces.Le choix de situer le dernier épisode en Bretagne, dans une ambiance quasi « colonie de vacances » dédiée aux révisions collectives, est particulièrement réussi : ce déplacement hors du cadre scolaire permet de cimenter le groupe et d’offrir une respiration chaleureuse qui donne tout son sens au collectif construit tout au long de la série.Thématiques principalesLa thématique centrale tourne autour de la seconde chance et de la possibilité de se réinventer malgré un passé douloureux ou des déterminismes sociaux. La série interroge aussi le rapport entre vérité et mensonge, puisque chaque personnage ment à un moment donné pour se protéger. La liberté apparaît comme une thématique récurrente, notamment à travers les cours de philosophie, mais elle est parfois davantage expliquée que ressentie. On pourrait reformuler la question centrale ainsi : peut-on encore changer sa vie quand on vient d’un milieu modeste, qu’on a raté le train ou qu’on a été brisé par la vie ?Cela étant, la série ne semble pas porter une thématique totalement unifiée menant à une véritable révélation finale pour le spectateur : la richesse des sujets abordés est intéressante, mais elle contribue aussi à disperser le propos général. Par ailleurs, la série verbalise beaucoup ses enjeux au lieu de toujours les faire émerger par l’action, ce qui peut donner une impression de didactisme, typique des fictions grand public de TF1.Les personnages : arcs principauxDelphine constitue le véritable fil rouge de la série. Son parcours suit une trajectoire très claire : elle commence dans le mensonge, prend progressivement conscience de la violence qu’elle subit, s’échappe, traverse une phase d’isolement, affronte la vérité et entame enfin une reconstruction. C’est l’arc le plus puissant et le plus structurant de la série.Leïla incarne la charge mentale et la précarité. Elle surinvestit, se dope pour tenir le rythme, bascule dans le déni, provoque un accident révélateur, puis trouve du soutien avant d’entamer un sevrage et de réussir autrement.Pierre passe d’une posture colérique et humiliée à une forme de dignité retrouvée. Il apprend à mettre des mots sur ses émotions et à assumer sa responsabilité affective, notamment vis-à-vis de sa fille.Hussein représente la lutte contre l’administration et les frontières. Brillant et intègre, il incarne l’injustice d’un système qui empêche un talent méritant d’accéder à ses rêves.Jen évolue d’une position de victime traumatisée et mutique vers une jeune femme capable de renouer avec la confiance, l’amitié et l’amour grâce au groupe.Sam, enfin, part d’un isolement profond lié au deuil, à sa maladie et à son père absent, trouve une communauté à l’école et chemine vers l’acceptation, qu’il s’agisse de l’amour ou du renoncement à une reconnaissance paternelle impossible.Féminisme et représentationL’un des grands points forts de la série réside dans l’écriture de ses personnages féminins. Ils sont nombreux, variés et complexes, sans être réduits à des rôles stéréotypés ou à des faire-valoir masculins.On y trouve une femme bourgeoise en quête d’émancipation, une travailleuse racisée écrasée par la charge mentale, une adolescente traumatisée par la violence numérique, une prof ambitieuse en quête de légitimité professionnelle et une directrice dont l’homosexualité est suggérée.Les relations entre femmes sont particulièrement réussies : elles se soutiennent, se comprennent et construisent de véritables amitiés, ce qui est encore trop rare dans les fictions grand public.Antagonistes et figures secondairesLe mari de Delphine, Martial, est présenté comme très brutal, presque monstrueux. Ce choix est efficace pour dénoncer les violences conjugales, même si un portrait initial plus nuancé aurait pu rendre la bascule encore plus forte pour le spectateur.Le personnage de l’élève « intello » unanimement rejetée pose néanmoins question : la série reconduit ici une stigmatisation un peu facile de celles et ceux qui travaillent bien. Le personnage aurait gagné à être plus irritant dans ses comportements tout en laissant transparaître une part de fragilité ou de sympathie, afin d’éviter le simple cliché de la bonne élève antipathique.Parmi les personnages secondaires, Georges est particulièrement marquant : surdoué mais surveillant d’école, il assume son refus de l’ascension sociale et privilégie la sérénité à la réussite, ce qui le rend à la fois drôle et profondément humain.Juliette, la prof, suit un parcours crédible vers le CAPES et sa relation avec Pierre reste touchante et réaliste. Les autres professeurs et la directrice apportent une vraie couleur au monde scolaire.Ce qui fonctionneLa grande réussite de la série tient à l’humanité de ses personnages. On s’attache à eux, on croit à leur souffrance et à leur évolution. Le collectif est très bien écrit et crédible.Le mélange entre enjeux sociaux et drames est particulièrement réussi. Sans être militante, la série aborde des sujets politiques importants comme le racisme administratif, la précarité, les violences conjugales, le harcèlement en ligne et la stigmatisation judiciaire.En revanche, la musique classique omniprésente dans les scènes de violence en atténue la brutalité ; choix compréhensible pour un diffuseur grand public, mais qui amoindrit la portée émotionnelle et politique de ces moments.ConclusionAu final, Le Diplôme apparaît comme une série humaniste, sociale et féministe destinée au grand public. Elle transforme le bac en symbole de réparation individuelle et collective, tout en proposant des personnages particulièrement touchants. Si elle manque parfois de subtilité thématique et d’audace formelle, elle compense largement par son émotion, son engagement et la force de son collectif, pour aboutir à un happy end cohérent avec son propos.Regardez-la ICI This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  14. 45

    7 séries courtes de 2026

    Ils vécurent heureux (TV5MONDE)Comédie (8x3min) diffusée dès le 11 février à 19h sur la plateforme gratuite de streaming TV5MONDE+ et du 12 au 19 février, chaque soir à 19h55, sur TV5MONDE en France, Belgique, Suisse et à Monaco.Synopsis: Et si Tarzan et Jane, Ulysse et Pénélope ou encore Roméo et Juliette se lançaient dans une thérapie pour sauver leur couple ?Les épisodes : Tarzan et Jane / Arthur, Guenièvre et Lancelot / Roméo et Juliette / Emma et Charles Bovary / Ulysse et Pénélope / Carmen et Don José / Adam et Ève / Blanche-Neige et le Prince.* Production : Lou Delbarre et Yann Goazempis de KABO STORY (NOON).* Scénario : Juliette Fayet.* Réalisation : Juliette Fayet.* Casting : Roxane Bret, Johann Cuny, Juliette Fayet, Bertrand Goncalves, Sidi Mejai, Inès Melab, Fanny Ruwet, Noam Sinseau et la voix d’Anne-Clotilde Rampon.Le Magasin (France Télévisions)Comédie (23x2min45) diffusée prochainement.Synopsis: Jade et Enzo viennent d’être embauché dans une agence de création web. Ils s’occupent du magasin qui est une sorte de caverne d’Ali Baba permettant d’alimenter tous les tournages en matériel, décors, costumes et accessoires. Ils doivent gérer au quotidien les demandes farfelues des créateurs de contenu.* Production : Sandra Ouaiss pour Elephant International.* Scénario : Boris Baroux, Jérémy Barrière, Arthur Laloux , Queennie Tassell.* Réalisation : Boris Baroux.* Casting : Zoé Pinelli, Siméon Ruf.Les enquêtes de Lady Grâce (France Télévisions)D’après la série littéraire jeunesse “Les enquêtes de Lady Grâce”, comédie (10x24min) diffusée prochainement.Synopsis: Jeune détective travaillant comme espionne pour la reine Elizabeth Ier, Lady Grace Cavendish navigue dans les eaux troubles de la politique au sein d’une cour où complots, menaces et autres mystères sont légion.* Production : David Michel, Cécile Laurenson, Zoé Carrera Allaix, Manon Ardisson de Cottonwood Media - Federation Studios.* En co-production : ZDF (Allemagne), Coolabi Group (Grande-Bretagne), Be-films (Belgique).* Créée et écrite par : Anna McCleery.* Réalisation : Alexander Jacob, Louise Ni Fhiannachta.* Casting : Evie Coles, Carys John, Rafael Alessandro, Rebecca Scott.Karma (France Télévisions)Comédie (10x26min) diffusée dès le 30 janvier 2026 à 19h sur France.TV Synopsis: Dans un lycée, un prof d’art plastique a mis en place une cabine où mes élèves peuvent se confier sur des thèmes personnels ou universels permettant de créer du lien entre adolescents et adultes. Ils décident s’ils veulent effacer leurs paroles ou les enregistrer.* Production : Benoit Masocco d’Amsto (Studio TF1).* Scénario : Benoit Masocco, Thomas Lehoux, Juliette Barry, Laurie Catrix, Adrien Deleu, Sabrina Pedeboscq.* Réalisation : Benoit Masocco, Thomas Jaurand.* Casting : Adam Abdo (Bilal Buyukada), Joachim Arseguel (Noé), Tibor Audino (Clovis Tiedot), Cianna Bunduc (Lilou Marito), Benjamin Conan (Andy), Benjamin Constans (Théo Vauthier), Alice Cornillac (Tonie), Frédérique Dufour (Pascale Grandgeorge), Youri Filstein Dando (Robin Louvini), Jarod Harley Levy (Hippolyte Balbec), Fiona Houssou (Victoire Senghor), Véronique Jannot (Janelle Lazard), Yvan Naubron (Damien Mandel), Van Nguyen (Albert), Sabrina Ould Hammouda (Lucie Chevert), Naël Regnier (Nathan), Marik Renner (Margot Galland), Pauline Sakelaridis (Iris Serf), Carla Souary (Gabriella), Bastiaan Van Leeuwen (Dorian Berger), Kamini Zantoko (Fred).Recalé (Netflix)Comédie policière (8x30min) diffusée prochainement.Synopsis: Rattrapé par la justice après une nouvelle escroquerie, Eddy, un voyou surdoué en math doit soit accepter de passer 7ans en prison soit d’infiltrer pendant 3 semaines un lycée en se faisant passer pour un prof afin d’identifier l’enfant d’un criminel.* Production : Anthony Lancret, Lola Manaï et Pierre Laugier d’Itinéraire production.* Scénario : François Uzan, Emma Cascales et Anne-Lise Rivoire.* Réalisation : François Uzan.* Casting : Alexandre Kominek, Laurence Arné et Leslie Medina, Fred Testot, Mathilde Seigner, Gustave Kerern, Sabrina Ouazani, Joséphine de Meaux et Bérengère McNeese.Camarades (Arte)Comédie dramatique (8x35min) diffusée prochainement.Synopsis: Mai 68. L’État français vacille sous le coup d’une révolte menée par des étudiants et des professeurs d’université. Pour contenir cette marée subversive, le pouvoir gaulliste imagine une solution aussi perverse que brillante : créer une université expérimentale loin des pavés parisiens. Bienvenue à l’université de Vincennes. Claudine, prostituée du Bois, accepte d’infiltrer pour les RG ce nid de gauchistes qui a fait fuir sa clientèle bourgeoise. Mais à Vincennes, ce ne sont pas seulement les étudiants qui sont révolutionnaires : Foucault, Bourdieu, Cixous, Wittig… La voilà propulsée dans un univers d’idées explosives. Elle y est allée pour De Gaulle. Restera-t-elle pour Deleuze ?* Production : Marc Bordure et Muriel Meynard d’Agat Films et Sunday Afternoon.* Création : Benjamin Charbit (Sous contrôle, Zorro).* Scénario : Dominique Baumard (Le Bureau des Légendes, Becoming Karl Lagerfeld) et Benjamin Charbit avec la collaboration d’Homeïda Behi.* Réalisation : Dominique Baumard et Benjamin Charbit.* Casting : Manon Kneusé, Pierre-François Garel, Lulja Comar, Grégory Gadebois, Micha Lescot, Vincent Elbaz.Lucky Luke (Disney+ puis France Télévisions) Comédie western d’aventure (8x40min) diffusée prochainement au printemps 2026 sur Disney+ puis sur France Télévisions. Synopsis: En aidant une jeune fille à retrouver sa mère, Lucky Luke, le légendaire cow-boy solitaire, se confronte aux origines de sa légende.La série est librement inspirée de l’œuvre créée par Morris en 1946.* Production : Géraldine Gendre et Lionel Uzan de Fédération Studio France, en co-production avec Homerun (société d’Alban Lenoir) et Julien Vallespi et Rémi Préchac pour Un Pour Tous Productions.* Création et Scénario : Mathieu Leblanc (Panda, Astrid et Raphaëlle, Les rivières pourpres) et Thomas Mansuy (Panda, Dix pour cent, Killer Coaster).* Réalisation : Benjamin Rocher (Parallèles, Antigang, Antigang : la relève).* Casting : Alban Lenoir, Billie Blain, Alice Taglioni, Jérôme Niel, Victor le Blond, Camille Chamoux. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  15. 44

    🐾 Bêtes de flic (France 2)

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !SynopsisJean-François, dit Jeff (Fred Testot) est capitaine de police à la BAC et se réveille d’un coma avec un don improbable. Il comprend les animaux. Grâce à ses nouveaux alliés à plumes, à poils et à écailles, il résout des enquêtes tout en tentant de réparer le lien brisé avec sa fille.🎬 Fiche techniqueBête de flic est une comédie policière fantastique de 90’ diffusée le vendredi 23 janvier 2026 sur France 2 (également disponible en replay sur france.tv en avant-première).* Production : Thomas Plessis Dim Sum Entertainment.* Scénario : Samantha Mazeras (Fais pas-ci Fais pas ça, Les Chamois, Faites des gosses, Le parfum du bonheur… et de nombreux longs-métrages).* Réalisation : Slimane Baptiste Berhoun (Mental, Vortex, Surface, Le Signal…).🎭 Avec : Fred Testot (Jeff), Ophélia Kolb (Angèle), Benicia Makengele (Vanessa Tamac), David Salles (Boris), Lilea Le Borgne (Stella), Justine Viotty (Nadia), Iliana Belkhadra (Lila), R.Jonathan Lambert (le psy)...📍 Tournage : à partir du 1er juillet au 29 juillet 2025 à Paris et en région parisienne.📈 Accueil & audiences : Numéro 1 sur France.TV dès le lendemain de la mise en ligne. Les audiences seront à jour après le diffusion linéaire.La suite : Il s’agit d’un épisode pilote. On peut en déduire qu’il pourrait y avoir une suite.🔎 Analyse🎧 Plus de précisions sur la différence entre ce qui nous est vendu en termes de fiction (pitch + bande annonce) et le produit final, la structure de l’unitaire, les différentes arches narratives, les thématiques abordées, le point de vue, le ton, les personnages (désirs, besoins, faiblesses, fonctions des personnages…), mes hypothèses quant aux contraintes rencontrées par la production et les demandes du diffuseur. Mon point de vue sur une suite en série ou en catalogue d’unitaires.Forces et limites de l’unitairePoints plus faibles* Manque de conflit interne chez Jeff, ce qui limite son arc émotionnel et dramatique.* Arche animale qui reste en retrait et n’exploite pas pleinement le potentiel du concept.* Enjeux parfois trop vite résolus, donnant une impression de confort narratif.* Le don arrive plus comme un outil que comme un véritable problème à dépasser.Points forts* Concept original et immédiatement identifiable, mêlant policier et comédie animale.* Humour efficace, porté par une vraie générosité de ton et une mise en scène soignée.* Mise en scène avec des effets visuels réussis (dont des choix d’effets comme le dolly zoom).* Fred Testot très agréable à retrouver, juste dans ce registre de comédie.* Seconds rôles identifiables et bien joués, qui enrichissent l’univers.* Un univers suffisamment attachant pour donner envie de découvrir une suite.🎧 Vous trouverez également, en écoutant l’audio, l’unitaire que j’imaginais : une nouvelle caractérisation de Jeff, la suppression d’une des arches policières, un objectif plus clairement relié à l’enquête principale, une arche familiale resserrée, ainsi qu’une crise et une résolution plus affirmées.ConclusionMalgré un manque de conflit interne et une arche animale qui aurait gagné à prendre davantage de place, l’humour et les effets spéciaux fonctionnent très bien. La réalisation est soignée, avec des choix de mise en scène efficaces. La joie de retrouver Fred Testot est réelle, et les rôles secondaires sont particulièrement réussis. Un unitaire qui donne clairement envie de découvrir une potentielle suite : n’hésitez pas à le regarder sur france.tv pour vous faire votre propre idée. Au plaisir d’échanger ensemble.Regardez-le ICI This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  16. 43

    🗳️ Mitterrand confidentiel (France 2)

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !SynopsisEn 1994-1995, François Mitterrand est un président affaibli, qui doit gérer une cohabitation politique devenue difficile, et affronter des attaques de toutes parts, politiques et personnelles, y compris au sein de son propre camp. Chaque épisode de la série part d’un événement déclencheur dans ces deux dernières années de son règne pour revenir sur quatre grands tournants de son parcours, tant politiques que romanesques, au cours desquels Danielle Mitterrand et Anne Pingeot, les deux femmes de sa vie, jouent un rôle important. Quatre tournants majeurs qui seront autant de réinventions personnelles et politiques de la part du « dernier des grands dirigeants » ayant connu la guerre et qui démontrent combien François Mitterrand fut aussi le prince des métamorphoses.🎬 Fiche techniqueMitterrand confidentiel est une mini-série dramatique politico-historique de 4×52’ diffusée en prime time le lundi 5 janvier 2026 sur France 2 (épisode 1 & 2) et le lundi 12 janvier 2026 (épisodes 3 & 4), disponible également en intégralité en replay sur france.tv).* Production : Mother Production.* Scénario : Stéphane Pannetier (Les Disparus de la forêt noire, Infiniti…).* Réalisation : Antoine Garceau (Hauts les coeurs, Dix pour Cent, César Wagner, Salade Grecque, La peste…).* Adaptation : la série s’inspire librement des événements politiques et personnels de la vie de François Mitterrand, notamment à partir du livre Une jeunesse française de Pierre Péan (1994) et des archives historiques.🎭 Avec : Denis Podalydès (François Mitterrand), Valérie Karsenti (Danielle Mitterrand), Judith Chemla (Anne Pingeot), Baptiste Carrion-Weiss (Mitterrand jeune), Pauline Briand (Danielle Mitterrand jeune), Léa Lopez (Anne Pingeot jeune), Marie Denarnaud (Anne Lauvergeon), Suzanne Jouannet (Mazarine Pingeot), Jean-Luc Porraz (Édouard Balladur)…📍 Tournage : du 2 juin au 31 juillet 2025 à Paris et dans les Landes (Nouvelle-Aquitaine).📊 Audiences : Lors de son lancement, les deux premiers épisodes ont été suivis par environ 1,8 à 2,0 millions de téléspectateurs pour une part d’audience autour de 10,8–10,9 % du public (France 2 se classant quatrième chaîne sur la soirée).💡 Stratégie de diffusion : Fiction événementielle qui accompagne le 30e anniversaire de la disparition de François Mitterrand.🔎 AnalyseFormat et structureUne mini-série qui aurait presque pu être un unitaire, faute de véritable moteur sériel.Deux temporalités fluides et lisibles grâce aux repères chronologiques : le présent des dernières années et le passé du parcours politique.Approche narrativeUn récit plus illustratif que dramaturgique.Beaucoup d’événements et de dates, mais peu de tension, de mystère ou de véritable arc dramatique.Une série qui se regarde agréablement sans provoquer de révélation forte.Intention du projetUn positionnement clairement assumé comme une fiction-hommage.La volonté de célébrer une grande figure historique plutôt que de la questionner ou de la déconstruire.Portrait de MitterrandUn personnage très lissé, presque idéalisé.Peu de zones grises, peu de contradictions visibles.Les affaires et scandales sont évoqués mais rarement approfondis, souvent ramenés à des motivations intimes.Résonance contemporaineDes discours qui font écho à notre époque : démocratie, mémoire, guerre, nationalisme, solidarité internationale, danger du repli sur soi.Une dimension politique qui dépasse le simple biopic.La double vie et l’intimeUne double vie traitée de manière étonnamment apaisée.Une souffrance conjugale peu creusée.Une scène finale très symbolique qui privilégie la réconciliation à la conflictualité.InterprétationsDenis Podalydès très juste dans un rôle tout en retenue.Valérie Karsenti remarquable, donnant une vraie dignité à Danielle Mitterrand malgré des rôles souvent cantonnés à des « femmes de ».Léa Lopez et Suzanne Jouannet très convaincantes.Judith Chemla plus inégale mais monte en puissance dans les derniers épisodes.Baptiste Carrion-Weiss et Marie Denarnaud solides dans les versions jeunes.Forces et limites de la sériePoints forts* Reconstitution historique claire et soignée* Dispositif passé / présent lisible et fluide* Résonance forte avec les enjeux contemporains* Excellentes interprétations, notamment Valérie Karsenti et Denis Podalydès* Place importante accordée aux figures féminines* Casting des versions jeunes très convaincantPoints plus faibles* Absence de véritable moteur sériel* Dramaturgie assez plate, peu de tension* Mitterrand présenté de manière trop lisse* Scandales et zones d’ombre peu approfondis* Double vie et conflits affectifs atténués au profit d’un regard très conciliantConclusionUne fiction assez sage, dont l’hommage l’emporte sur la complexité dramatique mais une série élégante, bien jouée et historiquement claire avec de nombreux personnages féminins.Regardez-la ICI This is a public episode. 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  17. 42

    ✨ 16 unitaires de 2026

    Diffuseurs : 14 unitaires pour FTV, 1 unitaire pour Arte et 1 sans info.Genres : 12 unitaires policiers (dont 4 “Meurtres à”), 3 avec des enjeux plus sociétaux et 1 comédie.C’est qui le chef Blacklisté à la suite d’un scandale médiatique, Etienne Barbier, chef cuisinier-star de la télévision égocentrique et vaniteux, doit faire face à d’importants soucis financiers. Son frère lui trouve alors un travail qui va s’avérer complexe au quotidien : travailler dans l’ombre de Lila Debruyne, jeune influenceuse culinaire reconnue, qui parvient difficilement à lancer son premier restaurant.* Production : 17 Juin fiction * Diffusion : France 3 * Scénario : Sylvie Riviere, David Paillot* Réalisation : Aude Gogny-Goubert* Casting : Avec Michel Cymes (Etienne Barbier), Alice Daubelcour (Lila Debruyne), Bruno Solo (Nicolas Pruvost), Céline Ronté (Valérie Debruyne), Benjamin Clery (Kevin Garcia), Mina Deversenne (Zoé Barbier), Oudesh Hoop (Noor Ravani).Une relation dangereuse Brillante reporter de guerre, Virginie rencontre Charles en mission. C’est le coup de foudre et elle tombe rapidement enceinte. Victime d’une dépression post-partum, son bonheur se transforme en cauchemar.* Production : Wildcats productions* Diffusion : France Télévisions* Scénario : Douglas Kennedy, Marine Flores-Ruimi* Réalisation : Nadège Loiseau* Casting : Ophélia Kolb (Virginie), Grégory Fitoussi, Louise Monot, Philippe Rebbot, Laura Domenge, Florence Janas.Le poids du silenceEn guadeloupe, une mère élève ses deux fils seule, dont l’un est aveugle. Celui-ci décide de partir étudier à paris faisant vaciller l’équilibre familiale. * Production : 13prods en coproduction avec Vitamine C* Diffusion : France Télévisions* Scénario : Sophie Deschamps, David Mars* Réalisation : Marc Barrat​​* Casting : Karine Pédurand (Betty), Hélène Dabriou (Monette), Aihan Seymour (Swann), Mylan Darly (Mathis), Suzanne Magry (Lola)...Au coeur de nos terresLaure, commerciale en matériel agricole revient dans l’exploitation familiale après l’arrêt cardiaque de son frère. Elle découvre que la ferme est au bord de la faillite, que son frère a fait n’importe quoi. Aidée de son amour de jeunesse, gérant d’une asso agricole, Laure découvre un complot visant à pousser les agriculteurs à la faillite pour racheter leurs terres. * Production : Elephant International* Diffusion : France 2* Scénario : Didier Le Pêcheur, Delphine Labouret* Réalisation : Didier Le Pêcheur* Casting : Mathilde Seigner, Caroline Proust, Clémence Massart, Justine Lacroix, Stéphane Blancafort, Patrick DescampsSoeurs et demieAnaïs, flic passionnée et solitaire, devient la tutrice de Gabrielle sa demi-soeur de 11ans. Anaïs a été mise à l’écart après une vidéo qui a fait polémique sur les réseaux mais elle décide de se plonger dans une enquête sur le suicide d’un étudiant en médecine, aidée de sa demi-soeur qui a une intelligence ‘hors-norme’. * Production : Elephant International* Diffusion : France Télévisions* Scénario : Alexandra Julhiet, Laurent Vignon, Laurent Mondy, Laurent Benegui* Réalisation : Bénédicte Delmas* Casting : Jeanne Bournaud (Anaïs), Anna Blézo (Gabrielle), Alban Aumard (Jean-Louis), Claire Nadaud (Albertine), Clément Aubert (Marc),...Meurtre à AubazineEn Corrèze, à Aubazine, un homme est retrouvé assassiné au coeur du cloître de l’Abbaye où Gabrielle Chanel a passé son enfance. Jeanne de Beaumont, la mère du policier en charge du dossier, va mener sa propre enquête en parallèle. * Production : Elzévir Films* Diffusion : France 3 * Scénario : Catherine Klein* Réalisation : Olivier Panchot* Casting : Catherine Klein, Clémentine Poidatz, Nathalie Cerda, Benoît Michel.Meurtres en GirondeAu coeur des Landes de Gascogne, la capitaine Clara Castella découvre le cadavre d’Eliane Caron, une sage-femme, très active dans la préservation de la forêt. L’enquête qui mènera dans le sillage de Thérèse Desqueyroux, l’oeuvre de François Mauriac, Clara doit collaborer avec le commandant Julien Belmont qu’elle a bien connu autrefois, une histoire unit les deux gendarmes, et cette enquête va les obliger à affronter des blessures jamais cicatrisées...* Production : Félicita Films* Diffusion : France 3* Scénario : Jean-Marie Chavent, Luc Chaumar* Réalisation : Nathalie Lecoultre* Casting : Avec Blandine Bellavoir (Clara Castella), Marc Ruchmann (Julien Belmont), Lola Dubini (Stéphanie Lacassagne), Julien Masdoua (Brigadier Barutel), Léo Labertrandie (Léo Vigan), Yann Sundberg (Charles Vigan), Rebecca Chateau (Marie Dormoy)...Meurtres à ÉpinalÀ l’imagerie d’Epinal, le corps sans vie du Directeur Artistique de l’établissement est retrouvé emprisonné dans une presse litho, les mains coupées et la langue arrachée. Le tueur à déposé sur le corps une image d’Épinal provenant d’un triptyque, pièce maîtresse de l’expo qui a lieu en ce moment au musée de l’Imagerie. L’enquête est confiée à la la capitaine et le commandant. Entre les deux, le courant est électrique.* Production : Super planète productions - JLA* Diffusion : France 3* Scénario : Thomas Griffet, Olivier Berclaz* Réalisation : David Ferrier* Casting : Patrick Sabatier, Sabine Perraud, Marie-Laurence TartasMeurtres à Saverne15 juin jour de la fête de Saint Guy, une procession dansante traverse la ville alsacienne de Saverne quand soudain une jeune femme est prise de convulsions puis s’effondre, empoisonnée. La commandante de gendarmerie et l’experte scientifique sont contraintes de faire équipe pour arrêter le tueur de Saint-Guy. * Production : Pyramide Productions* Diffusion : France Télévisions* Scénario : Delphine Thouvenot, Vincent Arbez* Réalisation : Christelle Raynal* Casting : Virginie Hocq (Iris), Thaïs Vauquières (Mélinée), Anthony Dubos (Julien), Florent Dorin (Gabriel), Amélie Etasse (Margot), Sébastien Bizzotto (George), Roxanne Grosshans (Emma), Najim Ziani (Ibrahim)…Quand le désert avanceLina est une jeune secrétaire médicale fraichement embauchée dans un cabinet de Lannion. Soucieuse d’aider les docteurs, elle redoublera d’inventivité, d’humour et d’énergie pour sortir de l’impasse médicale.* Production : Elzévir Films* Diffusion : pas d’info (potentiellement France 3 Bretagne ?)* Scénario : Émilie Carpentier* Réalisation : Émilie Carpentier* Casting : Nikita Faulon, Marie Denarnaud, Christophe Grégoire, Louise Morin.AlmaAlice, une jeune femme hantée par un passé douloureux, a crée une app avec son amie Maya, destinée à combattre le harcèlement de rue grâce à une communauté d’utilisatrice. Son succès va mener Alice sur la piste d’un violeur en série et la pousser à confondre justice et vengeance. * Production : France.tv Studio* Diffusion : France Télévisions* Scénario : Bénédicte Bonheur, Marie Bourgeois, Chloé Paye, Camille Pinier* Réalisation : Adeline Darraux* Casting : Ludmilla Makowski (Alice Noren), Cristiana Réali (Laurence Noren), Thierry Godard (Philippe Noren), Myriam Djeljeli (Maya Diallo), Cyril Lecomte (JP), Jean-Stan du Pac (Noah), Roxane Turmel (Juliette), Lola Aubrière (Zoé Marchand), Clément Bigot (Jérémy), Nicolas de Broglie (Kernel), Clément Clavel (Ben), Léopold Bertheau (Martin), Jean-Louis Garçon (commissaire Valmont), Julien Masdoua (Diouk Diallo)...ImpossibleSur un sentier des Dolomites, un homme chute dans le vide. L’homme qui donne l’alerte derrière lui est un compagnon du même groupe révolutionnaire 40ans plus tôt. Or celui qui est tombé avait livré l’autre et le reste des camarades à la police. Est-ce une coïncidence et un meurtre prémédité ?* Production : Image et Compagnie - Mediawan* Diffusion : Arte * Scénario : Emmanuel Finkiel* Réalisation : Emmanuel Finkiel* Casting : Swann Arlaud, Fabrizio Bentivoglio, Marilyne Canto, Félicien Philippe Chauveau…Les FarouchesÀ la SRPJ de Lyon, le taiseux capitaine et l’explosive commandante, incapable de s’entendre forment le duo le plus efficace de la région. Lors d’une enquête, ils apprennent que leurs deux enfants sont en couple. Le fragile équilibre sur lequel reposait notre duo va voler en éclats…* Production : Partita Films - TF1 Studio* Diffusion : France 3 * Scénario : Louise Collaray, Léonor Varone* Réalisation : Christelle Raynal* Casting : Barbara Schulz (Myriam Kerrouche), François Vincentelli (Victor Farthouat), Louis Bouquet (Elias Kerrouche), Marie Parisot (Sophie Farthouat), Yannig Samot (Karim Kerrouche), Tatiana Gousseff (Commissaire Videl), Jules Robin (Damien Hocquart), Rosie Boccardi (Aya Cisse), Magali Bonat (Delbecke)...1er Mai1er mai. Dans les heurts en tête de la manifestation, au milieu du chaos des lacrymos et des jets de pierres, le CRS Loïc Esquerré fait une chute mortelle. Un choc pour l’opinion. Une jeune militante du black-bloc, suspectée d’avoir poussé le CRS, est rapidement incarcérée : une coupable idéale. Une enquête incandescente débute pour Myriam Ferraz, commandante à l’IGPN – la police des polices. Convaincue que les collègues d’Esquerré mentent, et qu’une injustice est sur le point d’être commise, Myriam recourt à un outil inédit pour l’IGPN, et qu’elle sait dangereux : l’infiltration. Au service de policiers qu’elle connaît plus qu’elle ne le pense, Myriam est désormais CRS – sous couverture.* Production : Scarlett Production* Diffusion : France 2* Scénario : Sophie Maurer, Gabriel Puertas* Réalisation : David Hourrègue* Casting : Margot Bancilhon (Myriam Ferraz), Guillaume Pottier (Damien Velasco), Oscar Copp (Orso Pellucci), Daniel Njo Lobé (Lucius Vincent), Anne Loiret (Laura Montel), Capucine Malarre (Anaïs Younsi), Steve Driesen (Pierre Remondet), Guillaume Soubeyran (Noam Ferraz), Quentin Morlaas (Loïc Esquerre), Jérémie Covillault (Yannick)...Entre chien et loupDeux enquêtrices (Rose et Lou) que tout oppose dans un parc animalier de Lozère qui possède une centaine de loups à l’état sauvage pour résoudre une série de meurtres. Trafic de loups qui menace la réserve. Rose est la belle-mère de Lou.* Production : Sortilèges Productions* Diffusion : France Télévisions* Histoire originale : Anne-Marie Catois, Ludovic Pion-Dumas* Scénario : Anne-Marie Catois, Pascal Perbet* Réalisation : Xavier de Choudens* Casting : Isabel Otero (Rose Morin), Charlie Joirkin (Lou Morin), Fred Bianconi (Fred Morin), Elodie Navarre (Sophie Rieu), Nicolas Grandhomme (Sébastien Vieira), Zouheir Zerhouni (Julien Bastègue), Aisleen Mc Lafferty (Inès), Olivier Charasson (Michel Revault), Inès Ouchaaou (Julie Salvini), Axel Huet (Paul Morin), Sébastien Lalanne (Eric Rieu), Olivier Faursel (Gilles Laforgue), Julie Mejean (Caroline), Anthony Pho (Sami), Mathias Beyler (éleveur 1), Robin Denoyer (éleveur 2), Victor Sansano (le secrétaire)Le train perduDans les Hautes-Alpes, un train régional disparaît mystérieusement un matin sur une voie ferrée menacée de fermeture. Rudy Tavaglione, ancien agent de la sûreté ferroviaire, et Maud Astrance, une commandante chevronnée, se lancent à sa recherche. L’enquête prend une nouvelle dimension lorsqu’un corps est découvert, mêlant intrigue criminelle et luttes locales.* Production : Megara productions* Diffusion : France 3* Scénario : Vinciane Mokry, Élise Thibaut* Réalisation : Aude Gogny-Goubert* Casting : Claire Borotra (Maud Astrance), Janis Abrikh (Rudy Tavaglione), Julie Gayet (Apolline Dalgret), Lou-Adriana Bouziouane (Salma Saloumi), Bastien Ughetto (Leo), Maxime Lélue (Hector), Catherine Sauval (Nadia Courtin), Lancelot Jardin (Archibald Dalgret), Nicolas Lancelin (Baptiste Ferreol), Véronique Frumy (Brigitte Segonzac), Alain Blazquez (Patrice Segonzac), Liazid Khimoum (Jamal Breard)...Lesquels de ces unitaires vous enthousiasment le plus ? This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  18. 41

    ☀️🍂🌸❄️ Les Saisons (Arte)

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !SynopsisAoût 1991. Une station balnéaire de la côte vendéenne. Camille a quinze ans. Elle rencontre Martin et Alexandre sur la plage de cette petite station balnéaire. Alexandre est aussi solaire que Martin est ombrageux. Ils sont amis, à la vie à la mort. Elle percute leur existence comme une comète. Perpétuellement tiraillée entre ces deux hommes, Camille va vivre avec eux une folle histoire d’amour sur plus de trente ans.🎬 Fiche techniqueLes Saisons est une mini-série dramatique de 4x52’ diffusée jeudi 18 décembre 2025 à 20h55 sur Arte (et disponible en replay sur arte.tv jusqu’au 17 mars 2026).* Production : Carole Lambert de Windy Production.* Création et scénario : Hélène Duchateau (profilage, l’art du crime, Infidèle, L’éclipse…).* Scénario et réalisation : Nicolas Maury (sa première œuvre audiovisuelle après Garçon chiffon).🎭 Avec : Stéphane Caillard (Camille), Lucas Bravo (Alexandre), Abraham Wapler (Martin), Marysole Fertard (Camille jeune), Géraldine Pailhas (Suzanne), Martine Chevallier (Mado), Nicolas Maury (Massimo), Pauline Parigot (Léna) Félix Nebel (Alexandre jeune), Joann Brezot (Martin jeune), Emmanuelle Hiron (Eliane), Alice Aviez-Matton (Jenny), Edouardo Saint-Jean (Pins), Mani Choukrane (Malik), Eve Margnat (Léna jeune)…📈 Accueil & diffusion : Présentée au Festival de la Fiction TV de La Rochelle 2025 (mention spéciale). Du côté d’Arte, le premier épisode a atteint 396 000 téléspectateurs pour 3,28 %, un score modeste mais cohérent avec le positionnement éditorial.🔎 AnalyseThématiqueLa série évoque plusieurs thèmes : Le souvenir amoureux, la difficulté de faire des choix, les regrets, le passage du temps et la manière dont certaines rencontres peuvent façonner toute une vie… Mais le propos reste flou, diffus, la série peine à formuler ce qu’elle veut réellement dire au spectateur.Moteur sérielIl n’existe pas de véritable moteur sériel : pas d’enjeu récurrent, pas de question dramatique qui se rejoue, seulement un principe formel (les saisons qui passent, et des ellipses de dix ans entre chaque épisode). Les Saisons aurait pu être un unitaire resserré plutôt qu’une mini-série.🎧 Dans l’audio, je compare Les Saisons avec la série espagnole Los años nuevos dont le mécanisme est similaire. Triangle amoureuxMalgré le postulat, la rivalité entre les deux hommes reste étonnamment faible.Les conflits sont rapidement désamorcés, neutralisant la charge dramatique.🎧 Dans l’audio, je compare Les Saisons avec l’unitaire Haut Les Coeurs qui met également en scène un trio amoureux.RythmeLe rythme est très lent, souvent étiré : scènes musicales longues, silences, regards, fêtes. Une lenteur qui produit de la contemplation mais aussi de l’ennui…🎧 Dans l’audio, je compare Les Saisons avec la série américaine Puribus qui prend également son temps.Mise en scèneLa série est formelle et contemplative. Mais la beauté des visages des comédiens, la musique et les silences ne suffisent pas à créer de l’émotion quand la narration ne suit pas.Points de vue et personnagesLe point de vue principalement centré sur Camille, personnage central mais peu lisible. Distante, souvent énervée, son ambivalence n’est jamais vraiment interrogée. Elle reste la femme “inaccessible”, tandis que les hommes portent l’essentiel de la souffrance. ll y a Martin, l’un des personnages les plus touchant (Abraham Wapler). Son mal-être est compréhensible, mais certains de ses choix restent flous. Et Alexandre (Lucas Bravo) figure rassurante mais fade. Son conflit intérieur est sous-exploité malgré des situations fortes. Léna (Pauline Parigot), est le personnage le plus juste et le plus incarné, on a de l’empathie et de la sympathie pour elle, mais son personnage est trop peu présent. Jenny, dont la mort provoque peu d’émotion tant on a du mal à mémoriser son personnage. Et Suzanne qui joue la mère de Camille est un personnage envahissant, uniquement réduit à une fonction irritante alors que la relation mère-fille aurait pu être davantage creusée. Le vieillissement des personnages est peu crédible et les écarts d’âge sont rarement perceptibles. Dans ce contexte, le choix de confier à Marysole Fertard les rôles de Camille jeune puis de sa fille, Romane, sans doute pensé comme une boucle ou un écho temporel, crée davantage de confusion que de résonance et perturbe l’identification du spectateur.La présence de personnages féminins, queer et racisés est notable néanmoins, la psychologie de l’ensemble des personnages (principaux et secondaires) reste trop superficielle.Les ellipses empêchent l’immersion psychologique, laissant le spectateur extérieur aux conflits.Sexe, alcool et droguesPour une fois que le préservatif est évoqué dans une fiction, on ne peut que le souligner positivement ! En revanche, alcool et drogues sont omniprésents, sans réel regard critique.Fragilités ressenties* L’absence de moteur sériel.* Certains personnages peu attachants (notamment féminins).* Les ellipses sur 10 ans qui empêchent l’émotion.* Le manque de profondeur des personnages.Points forts de la série* Le concept des saisons (qui aurait fonctionné sur un unitaire).* Certaines scènes adolescentes.* Quelques performances d’acteurs.* Une poésie visuelle.ConclusionLes Saisons laisse le sentiment d’un projet fragile et inabouti, plus porté par une intention poétique que par une véritable colonne vertébrale narrative. Malgré de belles idées, quelques moments justes et une vraie envie de capter le passage du temps, la série peine à créer de l’empathie et à engager durablement le spectateur. Reste toutefois une proposition sincère, sensible, qui rappelle à quel point ce type de fiction gagne à être soutenu par une écriture solide pour que la forme et l’émotion avancent main dans la main.Regardez-la ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  19. 40

    ‍👩👩👩 Les trois Brestoises (France 2)

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !SynopsisTrois femmes. Trois Brestoises. Léanne la flic, une tête brûlée dont l’ambition ne connaît pas de limites. Élodie la légiste, mère de famille rangée.Vanessa la psycho-criminologue, grande gueule ultra-indépendante. Trois amies d’enfance à nouveau réunies depuis le récent retour en Bretagne de Léanne, suite au décès de son mari, pendant une intervention.Ensemble, et malgré leurs personnalités radicalement opposées, elles vont traquer les criminels de la région tout en menant de front leur vie de femmes, qui tentent de concilier au mieux leur boulot, leur vie de famille, leurs amours et leurs amitiés….Pour son premier jour, Léanne et sa nouvelle équipe interviennent suite au décès d’une vieille dame qui s’avère être un assassinat. Leur enquête bien plus musclée que prévue, verra Léanne se mettre (trop) en danger. Heureusement que ses amies sont là pour veiller sur elle et la protéger de sa meilleure ennemie : elle-même…🎬 Fiche techniqueLes trois Brestoises est un téléfilm policier de 90’ diffusé le vendredi 19 décembre 2025 à 21h10 sur France 2 (également disponible en replay sur france.tv).* Production : Simone Harari Baulieu et Judith Naudet Baulieu de La Dame de Cœur et Effervescence Fictions.* Scénario : Nicolas Jean (La Mante, HPI, Tout pour Agnès…) et Anne-Charlotte Kassab (Poulets Grillés, Bellefond, Cat’s Eyes…).* Réalisation : Stéphane Kappes (La Stagiaire, Tropiques Criminels, Meurtres à Pont-Aven…).* IP : D'après les romans éponymes de Pierre Pouchairet (Les Editions du Palemon).🎭 Avec : Déborah Krey (Léanne Vallauri), Charlotte Gaccio (Vanessa Fabre), Garance Thénault (Élodie Quille), Vincent Heneine (Lionel Le Roux), Yvan Le Bolloc’h (Commissaire PJ), Noé Besin (Isaac Lahelec), Janis Abrikh (Erwan Carroff)…📍 Tournage : du 13 juin au 11 juillet 2025 en Bretagne, principalement à Brest et dans sa région.📈 Accueil & audiences : Le téléfilm a été un large leader de sa soirée, rassemblant environ 4,49 millions de téléspectateurs pour 25,8 % de part de marché lors de sa diffusion sur France 2. Cet unitaire était présenté comme étant un “épisode pilote”, il aura probablement donc droit à une collection de 90’.🔎 AnalysePromesse de départLe téléfilm s’ouvre sur une intervention policière violente : la commandante est prise pour cible et se fait tirer dessus. Un début efficace, qui laisse espérer un polar tendu. Rapidement, le récit revient 24 heures en arrière pour poser son dispositif : trois amies d’enfance, aujourd’hui adultes, réunies par une enquête criminelle et par leur histoire commune.Rythme, tonalité et enjeuxLe rythme est globalement lent et la tonalité assez sombre, entre drames familiaux, addiction et culpabilité. Malgré quelques moments de légèreté entre les héroïnes, les enjeux restent limités : peu de conséquences réelles, peu de tension.L’intrigue policière étriquéeL’assassinat d’une vieille dame donne lieu à une enquête très chargée : voisin suspect, dealers, cambriolage, un trafic de bijoux, cure de désintoxication, prise d’otage… Les fausses pistes s’enchaînent jusqu’à une révélation finale familiale et tragique. L’arc autour de la drogue et de la culpabilité du fils convoque des codes très marqués de séries américaines, ce qui peut créer une certaine distance. Si le scénario cherche clairement à surprendre, la complexité finit par diluer l’intérêt et donne parfois l’impression de perdre le spectateur.Les personnages féminins : un trio attachant mais inaboutiLe vrai moteur du téléfilm reste son trio féminin et c’est déjà une bonne nouvelle, tant les fictions policières françaises centrées sur trois femmes demeurent encore rares.On suit :* une commandante récemment veuve, réfugiée dans le travail,* une légiste enfermée dans une vie trop parfaite avec un mari idéal,* une psy qui cache une relation non officialisée et un traumatisme personnel.La complicité entre elles est réelle et portée par les comédiennes, mais leur caractérisation reste fragile. Ces trois femmes semblent avant tout définies par leur relation aux hommes : une veuve, une épouse, une amante, ce qui limite leur épaisseur dramatique. Leurs échanges manquent parfois d’empathie, notamment face au deuil de la commandante, dont on peine d’ailleurs à situer précisément la temporalité. Leur lien, notamment symbolisé par leur ancien groupe de musique, arrive tardivement et reste sous-exploité.Personnages secondairesCertains personnages secondaires, notamment le commissaire, manquent de cohérence. Son positionnement oscille entre figure légère et autorité sévère, ce qui affaiblit sa crédibilité.Dialogues trop explicatifsLes dialogues sont très présents et souvent explicatifs. Les émotions, les intentions et les conflits sont majoritairement verbalisés, laissant peu de place au sous-texte. Un choix qui affaiblit parfois l’impact émotionnel des scènes.Des thématiques perceptibles mais peu structuréesLe téléfilm aborde le deuil, la culpabilité, les secrets familiaux et la protection des proches, mais sans ligne thématique clairement affirmée.Brest comme décor, un cadre peu incarnéMalgré son titre, Brest reste étonnamment en retrait. La ville sert surtout de décor fonctionnel et pourrait être remplacée par n’importe quel autre lieu sans modifier réellement le récit.ConclusionLes Trois Brestoises repose sur une idée forte et encourageante, un trio féminin au cœur d’un polar, mais peine encore à trouver son équilibre entre enquête, drame et chronique amicale. Malgré l’énergie des actrices, l’ensemble reste inégal et donne le sentiment d’un projet aux bases prometteuses mais encore perfectibles. Heureusement, il reste encore 17 romans Les Trois Brestoises de Pierre Pouchairet à explorer, et au vu des bonnes audiences, il est fort probable que la fiction revienne sous forme de collection d’unitaires. De quoi espérer une évolution plus affirmée des personnages et du dispositif.Regardez-le ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  20. 39

    🛍️🎄 Panique au grand magasin (TF1)

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !SynopsisL'année dernière, la boîte de nuit le Passo Club était au bord de la fermeture, mais fut sauvé in extremis et même relancé par Arnaud (Arnaud Ducret), aidé par toute sa famille. Cette année, c'est le Grand Magasin de la région qui est au bord de la fermeture. Entre crise générale et pression du e-commerce, ce rendez-vous mythique du shopping pourrait voir fermer ses portes, sous la pression de la banquière. Pour l'aider dans cette lourde tâche, le patron du Grand Magasin fait appel à un nouveau Golden Boy : Arnaud qui, en un an, s'est métamorphosé. Fusion de Bernard Tapie et de Philippe Etchebest, il sauve tout ce qu'il touche : une auto-école, une usine, un restaurant... Sa mission : sauver ce Grand Magasin et utiliser les fêtes de Noël pour réaliser son chiffre d'affaires et relancer la dynamique. Epaulé par son bras droit (Tom Villa), ses parents (Michèle Bernier et Lionnel Astier) et une pléiade de Stars qui vont l'aider dans ce " PANIQUE AU GRAND MAGASIN " !🎬 Fiche techniquePanique au grand magasin est un téléfilm comique diffusé le lundi 15 décembre 2025 à 21h10 sur TF1 (également disponible sur TF1+).* Production : 13.34 Productions, Elephant Story & Jifé (d’Arnaud Ducret), en coproduction avec TF1.* Scénario : Arnaud Ducret & Tom Villa.* Réalisation : Julien Bloch, Arnaud Ducret & Tom Villa.🎭 Avec : Arnaud Ducret (Arnaud), Tom Villa (son bras droit), Victoria Abril, Lionnel Astier, Michèle Bernier, Nikos Aliagas, François-Xavier Demaison, Charlotte de Turckheim, Antoine Duléry, Anny Dupérey, Pierre-François Martin-Laval, Maxime Gasteuil, Mimie Mathy, Gilbert Montagné, Franck Dubosc, François Morel, Daniel Prévost, Jean-Claude Muaka, Élodie Poux, Cartman, Chicandier, Philippe Croizon, Valérie Damidot, Mathieu Madénian, Thomas VDB, Santa, Diane Segard, Steve Tran, Karen Dersé, Philippine Delaire, Krystoff Fluder, Kody, Arnaud Toupense, Yves Pignot, John Rachid, Valentin Reinehr, Thaïs Vauquières, Philippe Vieux, Roro Le Costaud, Swann Périssé, Michel Frenna. Et avec la participation amicale de : Christophe Beaugrand, Faustine Bollaert, Gilles Bouleau, Sonia Devillers, Isabelle Ithurburu, Anne-Élisabeth Lemoine, Marie-Line Méliyi, Mathieu Stefani, Bruce Toussaint.📍 Tournage : Tourné en région parisienne, notamment en studios et décors de centres commerciaux reconstitués, septembre 2025.📈 Accueil & contexte :Panique au grand magasin réunit environ 3,9 millions de téléspectateurs pour sa première partie et 2,8 millions pour la seconde, un score légèrement inférieur à Panique au 31, qui avait attiré environ 4,3 millions puis 3,1 millions de téléspectateurs lors de sa diffusion en décembre 2024, tout en restant leader sur les cibles commerciales.🔎 AnalyseEnjeux & rebondissementsProtagoniste et personnagesOn fait donc appel à Arnaud, l’homme blanc sorti d’école de commerce, le sauveur, chargé de gérer la crise. Il arrive avec sa troupe, la même équipe que dans le précédent téléfilm pour tenter de sauver le magasin.Il y a beaucoup de personnages, surtout beaucoup de guests, c’est l’un des principaux moteurs du programme, avec le contexte de Noël.ObjectifFaire en sorte que tous les clients dépensent plus, afin de rassurer la banquière.ArèneLes Galeries Chouettes sont en péril. Tout a lieu dans le centre commercial et un peu à l’extérieur sur le parking. On passe de rayon en rayon.On est clairement sur un téléfilm d’arène : un lieu unique, un temps limité, une urgence économique.Thématique / point de vueIl n’y a pas de thématique à proprement parler. Pas de point de vue d’auteur non plus.On est sur de la pure comédie, dont l’objectif est de faire rire, accumuler les gags, tenir le rythme.RythmeC’est rythmé, ça va vite car on est sur une logique de sketchs, on ne s’attarde que peu sur les situations.Type d’humourL’humour est très identifiable :* parodie (ça démarre comme une parodie de publicité)* humour de répétition* humour de situation (quiproquos, entrées/sorties)* beaucoup, beaucoup d’humour de langage : jeux de mots, calembours…Type de blaguesL’ensemble des blagues paraît assez banal, visant indistinctement tout le monde : les personnes handicapées, les écolos, les végé / vegan, les grévistes, les personnes âgées, les associations, sans oublier les blagues sexistes et racistes…Une majorité des personnages sont d’ailleurs présentés comme idiots, à commencer par Arnaud lui-même, caricature de l’homme sorti d’école de commerce, et par le patron qui part en vacances alors que l’entreprise est en crise (histoire de n’exclure aucun bord politique…).Ainsi, en tapant sur tout le monde, on ne peut blâmer personne.Force est de constater que la cible TF1 est friand de ce type d’humour puisque le téléfilm a rassemblé 3,9 millions de téléspectateurs.ParitéLa question de la parité mérite aussi d’être soulevée. Rien que sur l’affiche, le déséquilibre saute aux yeux : cinq hommes pour une seule femme, Victoria Abril. Un choix qui semble entériner, presque inconsciemment, l’idée que l’humour resterait avant tout une affaire d’hommes… ✅ Ses réussites* Le casting pléthorique.* L’effet événement de Noël.* Un ciblage correct.* Une équipe qui à l’air de s’amuser.❌ Ses limites* Un structure trop simpliste, répétitive et accumulative.* L’humour souvent daté ou problématique.Regardez-le ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  21. 38

    🎤 Interview – Romuald Beugnon & Hélène Abram (Battle - La Rényon)

    Pour ce nouvel épisode de JOMO, j’ai rencontré Romuald Beugnon (créateur, réalisateur et co-scénariste) et Hélène Abram (co-scénariste) de ➡️ Battle - La Rényon, série courte (8×13’) disponible sur arte.tv.L’épisode prend la forme d’un double portrait : celui de leur parcours professionnel, de leurs méthodes et de leurs projets à venir, autant que celui de la série qu’ils ont portée ensemble.Tous deux formés à la Fémis, Romuald et Hélène revendiquent un rapport au réel très fort : tourner dans des conditions proches du documentaire, travailler avec des interprètes non professionnels, laisser une place centrale au corps et à l’improvisation, tout en s’appuyant sur une écriture structurée. Une méthode patiemment construite, nourrie aussi bien par le cinéma expérimental que par l’éducation à l’image et le travail avec des adolescents.Pensée dès le départ comme une série, Battle - La Rényon s’est progressivement recentrée autour d’un personnage féminin : Carla, jeune danseuse de break. En resserrant le récit, la série s’est imposé un choix fort, s’éloigner d’un récit centré uniquement sur la performance sportive pour explorer un parcours de reconstruction, marqué par la fragilité psychique, la pression de la compétition et la difficulté à reprendre pied après une épreuve.Au fil de l’entretien, Romuald Beugnon et Hélène Abram reviennent aussi sur leurs discussions autour de l’écriture : la place des femmes dans le breakdance, la frontière entre puissance et féminité, mais aussi sur la liberté particulière qu’offre le format sériel, ses ellipses, ses respirations, et sa capacité à faire émerger une intimité autrement difficile à tenir sur un long métrage.Une conversation passionnante sur comment raconter la jeunesse d’aujourd’hui, et sur ce que peut une série courte quand elle assume pleinement un point de vue, un territoire et une méthode.🎧 L’épisode est à écouter dès maintenant sur JOMO.À écouter également, l’épisode de podcast où j’analyse la série : This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  22. 37

    💓 Haut les Coeurs (France Télévisions)

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !SynopsisTrois jeunes (deux femmes et un homme) que tout oppose socialement, se rencontrent dans l’une des premières cantines solidaires de France, dans les années 80-90. Ce qui commence comme un triangle amoureux se transforme peu à peu en une histoire aux répercussions familiales qui traversent les décennies jusqu’en 2025, portée par la sororité, les choix de femmes et une parentalité profondément complexe.🎬 Fiche techniqueHaut les cœurs ! est un unitaire de 90 minutes disponible le jeudi 4 décembre sur france.tv et diffusé le mercredi 10 décembre 2025 à 21h10 sur France 2.* Production : Nicolas de Saint Meleuc - Storia Television (Mediawan).* Scénario : Baptiste Filleul (Mongeville, Infidèle, Week-end Family, L’éclipse)* Réalisation : Antoine Garceau (Dix pour Cent, César Wagner, Salade Grecque, La peste).* Musique originale : Maïdi Roth & Franck Pilant.🎭 Avec : Alyzée Costes (Gabrielle), Sawsan Abès (Malika), Eugène Marcuse (Pablo), Anne Charrier (Andrée), Jeanne Rosa (Liliane), Alysson Paradis (Muriel), Nicolas Grandhomme (Georges), Jérôme Pouly (Aimé), Jhos Lican (Cloclo), Pierre Perrier (Victor)...📍 Tournage : Région parisienne, du 28 mai au 27 juin 2024.📈 Accueil critique : L’unitaire a remporté au Festival TV de Luchon 2025 le Prix du public et le Prix de la meilleure fiction unitaire.🔎 AnalyseL’arèneLa cantine solidaire : véritable cœur battant de la fiction, arène sociale et politique, moteur des rencontres et révélateur des injustices.Thématiques abordées* Qu’est-ce qu’être mère : l’unitaire interroge la maternité qu’elle soit biologique ou choisie et affirme qu’une mère est avant tout celle qui est présente.* Quelle(s) place(s) pour les femmes : il explore la manière dont Gabrielle s’émancipe de sa famille, Malika du patriarcat social, et comment toutes deux s’affirment face aux institutions qui cherchent à définir leur place.* Le rôle de l’Etat et la défaillance du système social : il montre que l’État ne soutient pas mais contrôle, laissant les citoyens “se débrouiller” pour inventer des formes de solidarité alternatives.* Le poids de la culpabilité et de la transmission : il observe ce que l’on tait, ce que l’on transmet et ce que l’on tente de réparer d’une génération à l’autre.Points forts de l’unitaire* Des personnages féminins nuancés et puissamment écrits, sans sexualisation ni diabolisation. On applaudit d’autant plus qu’ils soient écrits par un scénariste homme, ce qui reste trop rare.* Une vraie sororité : malgré l’amorce d’un triangle amoureux, on échappe totalement au cliché des “deux femmes qui se battent pour un homme”, et c’est particulièrement appréciable.* Un fond social fort : il s’incarne à travers l’arène originale de la cantine solidaire et le contexte politique de l’époque, avec un parti pris assumé, une forme d’engagement qu’on voit de moins en moins à l’antenne, et qui risque hélas de se raréfier encore.* Une maîtrise convaincante de la période 80-90 : costumes, accessoires, musiques, générique, ambiance… tout contribue à une reconstitution crédible.* De très bons comédiens, notamment dans les scènes émotionnelles clés : les confrontations entre Malika et Gabrielle lors de la soirée d’anniversaire, leur discussion autour de la grossesse, la nuit de l’accouchement, ou encore la rupture entre Malika et Denis.* Un twist inattendu mais cohérent avec la période : l’attentat de Saint-Michel, qui relance la narration et ancre le récit dans son époque.Fragilités ressenties* Un teaser un peu confus : difficile de comprendre immédiatement qui se marie, et quel lien unit les personnages évoqués hors-champ, ce qui peut brouiller l’empathie initiale.* Une gestion des timelines parfois perturbante : bien que datées, les nombreuses ellipses sur près de 45 ans obligent le spectateur à recalculer. Un “3 mois plus tard” ou “2 ans plus tard” aurait peut-être aidé à suivre plus intuitivement le passage du temps.* Un retour au présent est un peu abrupt mais difficile de faire autrement sur 90min.* Un manque de clarté dans le point de vue : l’histoire est censée être racontée par Pablo à sa petite-fille en 2025, mais dès qu’on revient dans les années 80-90, la narration adopte presque exclusivement les perspectives de Malika et Gabrielle. Pablo devient alors davantage le catalyseur des trajectoires féminines que le véritable point d’entrée du récit.ConclusionMalgré quelques zones de flou dans le teaser, les timelines ou le point de vue narratif, Haut les Cœurs s’impose comme un unitaire humain, porté par une écriture sensible des femmes, une sororité rare à l’écran et un socle social puissant. Sa reconstitution des années 80-90, la justesse de ses comédiens et la force de ses enjeux en font une œuvre ambitieuse, généreuse et solidaire, qui résonne longtemps après son visionnage.Regardez-le ICI —> Haut les Coeurs… mon coup de coeur de cette fin d’année ! ❤️ This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

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    💡 Actu Fictions France Télévisions

    5 fictions à découvrir bientôt sur France Télévisions.IL ÉTAIT DEUX FOIS (Série - 6×52‘)Diffusion : disponible le vendredi 26 décembre en intégralité sur france.tv et prochainement sur France 2.IP : Librement inspiré de l’ouvrage de Franck Thilliez Il était deux fois © Fleuve Éditions, Univers Poche.Production : Malika Abdellaoui - Marathon Studio (Banijay), Bertrand Cohen et Stéphane Meunier - Terence Films (Banijay).Création & scénario : Eric Delafosse et France Jacquet.Réalisation : Florian Thomas et Valentin Vincent.Cast : Odile Vuillemin (Gabrielle Moscato), Hubert Delattre (Paul Lacroix), Nicole Calfan (Viviane Berteuil), Rémi Devilla (Antoine Moscato), Béatrice Facquer (Solenne Peletier), Lannick Gautry (Caleb Traskman), Tom Novembre (Etienne Traskman), François-Eric Gendron (Samuel Duplessis), Amelle Chahbi (Nadia Lerasle), Sören Prévost (Serge Esquimet), Kathy Packianathan (Swann Berthier), Yan Tual (Victor Sarda), Sarah-Cheyenne (Louise Lacroix), Fantine Guyot (Julie Moscato), Vincent Heneine (Mickaël Pilasi)...MEURTRES EN PÉRIGORD VERT (Unitaire - 90′)Diffusion : Samedi 20 décembre à 21.10 sur France 3 et sur france.tvProduction : Alexandra Crucq et Maïtena Biraben – Mesdames Productions.Scénario : Alain Stern et Marc Kressmann.Réalisation : Muriel Aubin.Cast : Andréa Furet (Emma Lambert), Adrien Rob (Sacha Besson), Annelise Hesme (Julie Dupuy), Christine Citti (Commandante Roussin), Nicky Marbot (Sébastien Lambert), Alix Benezech (Zoé Colvert), Clara Simpson (Victoria Jackson), Benoît Joubert (Gendarme Christophe), Raphaëlle Agogué (Isabelle Maurin), Sava Lolov (Amaury de Nayac), Oscar Copp (Fred Belleck), Sarah Gfeller (Paola Nahuelpan), Pablo Valledor (Lautaro Nahuelpan)... Et avec la participation exceptionnelle de Frédérick Bousquet (Nicolas Fabre).LE COMTE DE MONTE-CRISTO (Série - 8×52‘)Diffusion : Dès le jeudi 11 décembre sur france.tv et vendredi 26 décembre à 21.10 sur France 2.IP : D’après le roman Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas.Productions : Palomar (Mediawan), en collaboration avec DEMD Productions (Mediawan), France Télévisions & Rai Fiction (coproduction européenne).Scénario : Greg Latter, Michela Straniero, Eleonora Bordi, Lorenzo Bagnatori, Sandro Petraglia.Réalisation : Bille August.Cast : Sam Claflin (Edmond Dantès), Jeremy Irons (Abbé Faria), Ana Girardot, (Mercedes), Mikkel Boe Folsgaard (Gérard Villefort), Blake Ritson (Danglars), Karla-Simone Spence (Haydee), Michele Riondino (Jacopo), Lino Guanciale (Vampa/Devil), Gabriella Pession (Hermine Danglars), Nicolas Maupas (Albert)...Audiences : La série a réalisé une performance exceptionnelle en Italie lors de sa diffusion en janvier 2025, réunissant en moyenne 5,9 millions de téléspectateurs, soit la meilleure audience enregistrée sur la RAI depuis trois ans. Elle connaît également un fort engouement en Espagne et au Danemark, où elle a séduit un large public.MEURTRES EN PAYS CATALAN (Unitaire – 90′)Diffusion : Samedi 13 décembre à 21.10 sur France 3.Production : Marc Brunet - Ardent (Sixtine Groupe).Scénario : Virginie Lauret et Lou Svahn Gold.Réalisation : July Hygreck.Cast : Barbara Cabrita (Eléonore Vallance), Quentin Faure (Lionel Orphus), Noé Besin (Hugo Gabacho), Jeanne Dumons (Léa Ruiz), Tom Hygreck (Lazare), Stéphanie Dussine (Isabelle Lazare), Magdi Haddaoui-Gonzalez (Jacob), Uma Jounin (Chloé), Julien Sabaté-Ancora (Léon Bara), Aude Evellier (Wendy), Tatiana Ganoza Iparraguirre (Victoria Bara),Magali Muxart (Sandrine), Lydie Melki (Manon Delsol), Laurence Huby (Manager), Florent Bigot de Nesles (Soler), Vanessa Dolmer Jounin (Maud), Jean-Paul Bibé (gérant club libertin), Jordan Jimenez-Lopez (vendeur Vivarium), Charo Beltran (concierge Bara).HAUT LES CŒURS ! (Unitaire – 90′)Diffusion : Mercredi 10 décembre à 21.10 sur France 2 et le jeudi 4 décembre sur france.tvProduction : Nicolas de Saint Meleuc - Storia Television (Mediawan).Scénario : Baptiste Filleul.Réalisation : Antoine Garceau.Cast : Alyzée Costes (Gabrielle), Sawsan Abès (Malika), Eugène Marcuse (Pablo). Avec la participation de Anne Charrier (Andrée), Jeanne Rosa (Liliane), Alysson Paradis (Muriel), Nicolas Grandhomme (Georges), Jérôme Pouly (Aimé), Jhos Lican (Cloclo), Pierre Perrier (Victor)...Récompense : Haut les cœurs ! a reçu le Prix du public de la fiction et le Prix de la meilleure fiction unitaire au festival de Luchon 2025.À écouter également : This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  24. 35

    💡 Actu Fictions TF1

    5 fictions à venir sur TF1 !PAPA MALGRÉ LUI (Unitaire - 2x45‘)À 43 ans, Alex, journaliste fêtard et insouciant, voit sa vie basculer le jour où il apprend que Manon, sa fille de 17 ans qu’il n’a jamais élevée, est victime de harcèlement scolaire. Bien qu’allergique aux règles et incapable de se plier à l’autorité, il décide de voler au secours de sa fille en s’infiltrant dans son lycée dans la peau d’un prof d’histoire…Prod(s) : Stéphane Drouet - Making Prod (Mediawan) & Pauline Chapatte - 3e Oeil Productions (Mediawan).Scénariste(s) : Christelle Parlanti et Daive Cohen.Réal(s) : Chris Briant.Cast : Arnaud Ducret, Barbara Cabrita, Maud Baecker, Elodie Poux, Lara Tavella, Yara Charry.ORADOUR, NE M’OUBLIE PAS (Unitaire - 2x45‘)Le 5 juin 1944, cinq jours avant le plus important massacre de civils français pendant la Seconde Guerre mondiale, Philippe Gerbier (Matt Pokora), officier des Forces Françaises Libres, est parachuté près d’Oradour-sur-Glane où il doit diriger une mission secrète et capitale pour la Résistance à quelques jours du Débarquement. Sur place, il retrouve Marie (Caroline Anglade), son amour de jeunesse, qui fuit avec sa fille un mari violent. Tandis que le passé refait surface, leurs destins se mêlent au drame historique d’Oradour-sur-Glane…Prod(s) : Stéphane Drouet - Making Prod (Mediawan) & Thierry Saïd - M2THEP Entertainment.Scénariste(s) : Pierre Aknine et Sophie Lebarbier.Réal(s) : Pierre Aknine.Cast : Matt Pokora, Caroline Anglade, Chloé Stefani, Giulia Sagnier.MARIE-LINE, INCOGNITO (Série - 6x52‘)Marie-Line Maupain, espionne depuis trente ans pour les services secrets français, est brutalement mise en veille par sa hiérarchie. Elle devient un “agent dormant” dans sa région d’origine, le Cantal, où elle est censée se faire discrète. Habituée au danger et à l’imprévu, Marie-Line doit se résigner à la normalité et accepter de refaire sa vie dans ce coin reculé. Mais son instinct d’espionne reprend très vite le dessus, d’autant plus qu’elle retrouve une vieille connaissance, Bruno Lafon, devenu capitaine de gendarmerie. À peine de retour dans la ferme de son enfance, Marie-Line se met à enquêter sans aucune autorisation sur les affaires de Lafon. Avec des méthodes aussi différentes que complémentaires, ils forment bientôt un duo de choc.Prod(s) : Adriana Teofanova, Anne Marcassus et Mathieu Vergne - DMLS Films (Banijay).Scénariste(s) : Diane Clavier et Samantha Mazeras (créatrices) en collaboration avec Laurent Burtin.Réal(s) : Arnauld Mercadier.Cast : Isabelle Nanty (Marie-Line), Nicolas Gob (Bruno) Stefi Celma (Nina), Erika Sainte (Stéphanie), Pierre Perrier (Renaud), Jean-Luc Couchard (Quentin) Emma Grandjean (Adèle), Simon Rodzynek (Jules).GRANDIOSE (Série - 6x52‘)C’est l’histoire d’Honorine, Lola, Madi, Yohan, Karima et Nico. Six adolescents qui font leur rentrée à La Ruche, un établissement scolaire pas comme les autres, spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire. À La Ruche, on étudie et on se soigne. Malgré des origines sociales et des parcours de vie tous très différents, nos héros ont un point commun : un rapport problématique à leur poids. Certains en ont à perdre, d’autres ont impérativement besoin d’en reprendre, mais tous ont besoin de gagner, ou regagner, confiance et de s’en sortir. Et vite. L’amitié qu’ils vont tisser sera-t-elle assez forte pour les aider à accepter leur reflet dans le miroir et, pourquoi pas, apprendre à l’aimer ?Prod(s) et créatrice : Fanny Riedberger - Habanita Federation (Federation Studio France).Scénariste(s) : Caroline Franc, Christophe Régin, Géraldine de Margerie, Camille Rosset, Frédéric Rosset, Paul Madillo, Vladimir Haulet, Fiona Leibgorin, Hélène Faure.Réal(s) : Jean-Baptiste Pouilloux (épisodes 1 à 3) et Elsa Bennett (épisodes 4 à 6).Cast : Catherine Frot (la directrice), Claudia Tagbo (la nutritionniste), Gérémy Crédeville (le prof de sport), Marc Riso (le cuisinier), Joséphine Draï (la compagne de la nutritionniste), Cécile Rebboah (la mère de Yohan), Sarah Stern (la mère d’Honorine), Catherine Benguigui (la mère de Madi), Guillaume Bouchède (le père de Madi), Cyril Gueï (le père de Karima), Juliette Tresanini (la mère de Lola), Michaël Abiteboul (le père de Yohan). Le groupe d’adolescents : Elisa Noyez (Honorine), Louna Balavoine (Madi), Quentin Laclotte-Parmentier (Nico), Camille Léon-Fucien (Karima), Valentin Pradier (Yohan), Suzanne Ballier (Lola)CEYLAN (Série - 6x52‘)Le jour de la mort de son père, Louise Ceylan, neurochirurgienne star à Paris, commet une erreur médicale. Suspendue, elle retourne dans son village natal, un coin paumé du Vaucluse, qu’elle pensait avoir quitté pour toujours. Sur place, entre les chèvres, les urgences de campagne et un cabinet médical paternel laissé à l’abandon, elle décide de reprendre le flambeau… clandestinement. À ses côtés : Cindy, une infirmière locale, aussi barrée qu’attachante. Équipée de son sarcasme et de son perfectionnisme, Louise va devoir réapprendre à soigner autrement. Finis les blocs ultra-équipés : ici, chaque consultation est une urgence, chaque patient un défi, et chaque jour une leçon d’humilité. Entre clashs, débrouille, retrouvailles, médecine de terrain et situations improbables, Louise découvre qu’il existe une autre façon d’exercer, plus proche, plus humaine… et qu’en suivant les traces de son père, elle pourrait bien redonner un sens à sa vie.Prod(s) : Juliette Lassalle, Anthony Lancret et Pierre Laugier - Itinéraire Productions.Scénariste(s) : Camélia Acef et Mathilde Pol.Réal(s) : Cathy Verney (épisodes 1 à 4) et Edouard Deluc (épisodes 5 et 6).Cast : Natacha Lindinger (Louise Ceylan), Alice Pol (Cindy Boulain), Eric Pucheu (Nathan), Xavier Robic (Arnaud), Ariane Mourier (Claire), Mayel Elhajaoui (Vincent), Frédéric Bouraly (Jean-Noël Boulain). This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

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    🤸🏾 Battle - La Rényon

    ⚠️ Cet article contient des spoilers !Synopsis🎬 Fiche techniqueBattle - La Rényon est une web-série de 8 épisodes de 10 à 13 minutes chacun, ancrée dans l’univers du hip-hop et du breakdance. Elle est disponible à partir du lundi 10 novembre 2025 sur arte.tv (et plate-formes partenaires) jusqu’au 06/04/2028.* Production : Maxine Films (Lucie Portehaut et Sophie Flament) & Lanbéli en coproduction avec ARTE France.* Création / Réalisation : Romuald Beugnon.* Scénario : Romuald Beugnon & Hélène Abram.🎭 Avec : Karla Rousselot (Karla), Lucas Bataille (Lu-K), Lorna Basque (Lorna), Ali Facar El Hadad (Ali), Mohamed Layad (Layad), Willy Jean-Bart (Willyjb), Ophélie Galant (Ophélie), Bboy Joyeux (Joyeux), Erwann Grondin.📍 Tournage : L’île de La Réunion. Eté 2024 en 8 semaines avec 3-4 semaines de répétitions.📈 Accueil critique : La série a remporté le prix du jury jeune du festival de la fiction de La Rochelle💡 Anecdote : Karla, la danseuse qui interprète le rôle principal portant son nom, est l’une des meilleures b-girls de La Réunion : elle a été vice-championne de France à 16 ans.🔎 AnalyseArèneIntégration des codes du breakdance : battles, entraînements, hiérarchie des crews, respect, technique, culture du cercle. La langue créole et les sous-titres participent à une immersion culturelle forte.Moteur sérielLa vraie question qui traverse la série est : va-t-elle tenir le coup ou rechuter ? La série avance en jouant sur cette double dynamique : l’arène du break comme moteur visible, et la santé mentale de Karla comme moteur imprévisible.ObjectifsNon pas un, mais deux objectifs qui cohabitent, diluant un peu le message de fin.Axe 1 : La santé mentale* Objectif conscient (désir) : redevenir la championne qu’elle était.* Objectif inconscient (besoin) associé : retrouver un cadre stable, du soutien, une sécurité affective (sa mère, son crew).Axe 2 : Le regard des autres* Objectif conscient (désir) : renouer avec son père et obtenir sa reconnaissance.* Objectif inconscient (besoin) associé : arrêter de se définir à travers le regard du père (et des autres), se réapproprier sa valeur.La thématiqueVoici la thématique que j’ai décelée pour cette série : Comment se reconstruire, transformer ses fragilités en force, et trouver sa propre voix dans un monde où l’on cherche sans cesse à être validé ?—> Qui ressemble à celle de la série Apple TV Stick.La série navigue entre deux lignes fortes : préserver sa santé mentale et apprendre à exister pour soi plutôt qu’à travers le regard d’un parent… et choisit de les faire coexister plutôt que de trancher.Autres thématiques abordées* Le handicap : le handicap physique visible du coach vs. le handicap psychique invisible de Karla.* Comment la santé mentale se régule par le corps, notamment grâce aux exercices de respiration.* L’homophobie : abordée à travers le danseur gay, son rejet et la manière dont sa différence devient une force dans le crew.* La violence : montrée comme une impasse, utilisée comme un moyen de régler les conflits autrement. —> thématique évoquée dans le court-métrage Par souci pédagogique dont je parle dans l’épisode consacré au Festival Off-Courts Trouville.La place des femmes dans la sérieUn personnage principal féminin, dans un milieu majoritairement masculin, et représentée sans sexualisation : une rareté bienvenue !Par contre la réplique de Lorna : “C’est scientifique : les femmes n’ont pas la même puissance que les garçons. Il faut qu’elles exploitent leur féminité.” Est-ce un choix d’écriture ou une impro ? Et surtout, est-ce vraiment le message à adresser à de jeunes spectatrices ? Je reste mitigée.Dans une interview accordée à U2R, Hélène Abram et Romuald Beugnon expliquent que le jeu de séduction pour le couple Karla/Marco n’a pas été davantage développé, notamment parce que l’écriture et le casting se déroulaient en parallèle. Les comédiens avaient une certaine pudeur, ce qui a orienté la dynamique du couple. Par ailleurs, la chaîne n’était pas entièrement convaincue par l’idée d’un arc romantique prédominant, estimant, à juste titre, qu’on pouvait raconter l’histoire d’une jeune fille sans faire de la romance un enjeu central 🙌. Il s’agit d’ailleurs de sujets qui me tiennent à coeur et que j’évoque dans les épisodes sur French Lover et Los Anos Nuevos !Le rythme* Un début très réussi : les enjeux, l’histoire et la personnalité de Karla sont immédiatement lisibles ; la mise en place est fluide et efficace.* La crise avancée : dans l’interview U2R, les auteur.ices expliquent que la crise initialement prévue en épisode 5 a été déplacée en épisode 3, car son intensité nécessitait plus de temps de récupération dramatique. Dommage, car cela atténue la montée en puissance selon moi.* La révélation au coach : Karla assume son handicap mental dès l’épisode 4, ce qui me paraît un peu tôt alors que la scène aurait sans doute dû arriver en épisode 6 (après la crise). C’est un choix assumé, qui installe sa vulnérabilité en amont dans la série, mais qui aurait pu être plus progressif pour gagner en crédibilité.Ses limites* Un format court qui réduit les possibilités d’approfondir la dramaturgie. La série s’en sort bien, mais aborde peut-être un peu trop de thématiques à la fois.* Certains choix de dialogues interrogent (“t’en as pas marre d’être traité d’homosexuel ? vs. sous-titré : “t’en as pas marre d’être insulté parce que tu es homosexuel ?”) entre maladresse et volonté de réalisme ?* Le père dans le jury : un conflit d’intérêt évident, qui crée une tension narrative mais peut sembler peu crédible.* La victoire “morale” plutôt que technique : la série valorise la cohésion et l’éthique plutôt que la performance, ce qui est cohérent thématiquement. Mais en privant Ultimatum d’une victoire pleinement “propre”, elle laisse une légère impression d’inachevé.* Timing manqué avec les JO 2024 : alors que le breakdance a été introduit pour la première fois aux Jeux Olympiques en 2024, la série aurait bénéficié d’être diffusée à ce moment-là pour accompagner l’élan médiatique (mais impossible de refaire le monde n’est-ce pas…).Ses réussites* Le breakdance comme langage non-violent : la danse devient un vrai outil de communication et de résolution de conflits.* Des chorégraphies superbes : moments de danse intenses et inventifs.* Une immersion authentique dans la culture réunionnaise : musique, danse, nourriture, langue, combat de coqs… La série alterne français et créole, un choix important pour respecter l’identité locale sans exclure le public.* Un casting de danseurs non-professionnels très convaincants* Une réalisation inventive et libre : caméra pro + iPhone + drones.* Une lumière magnifique et des paysages valorisés : des décors naturels (plage, skatepark, forêt, centres culturels).ConclusionAu-delà de ses quelques limites structurelles, Battle – La Rényon réussit pleinement ce qu’elle entreprend : raconter l’histoire d’une jeune fille qui se reconstruit en dansant, tout en offrant un regard rare sur le break réunionnais et sur une génération qui cherche d’autres façons de s’exprimer. Grâce à sa mise en scène inventive, à la sincérité de ses interprètes et à l’énergie lumineuse de l’île, la série trouve une identité forte et profondément touchante. Une série courte mais vibrante, qui rappelle que la vulnérabilité peut aussi être une force, surtout quand elle se danse.Regardez-la ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  26. 33

    🦸‍♀️ Ruby (France TV)

    SynopsisAprès une rupture difficile avec son ex-toxique, Ruby revient s’installer dans sa ville natale (Tours). Elle devient serveuse, fait de nouvelles rencontres, affronte son quotidien post-rupture, part à la recherche de ses valeurs et de son autonomie.🎬 Fiche techniqueRuby est une web-série queer de 7 épisodes de 7 à 10 minutes chacun. Elle est disponible en intégralité sur la plateforme france.tv à partir du jeudi 20 novembre 2025 et diffusée à la télévision sur France 3 Centre-Val de Loire à partir du jeudi 27 novembre 2025 à 22h45.* Production : Portrait Robot (derrière Bouchon, Handicops…) en association avec France 3 Centre‑Val de Loire.* Création/Réalisation : Créée et réalisée par Daphné Chollet.* Scénario : Daphné Chollet.🎭 Avec : Daphné Chollet (Ruby), avec Lou Trotignon (Lou) et Aloïse Sauvage (Baton).📍 Tournage : Tours.🔎 AnalyseDispositifChaque épisode suit Ruby dans son parcours post-rupture et dans son quotidien à la fois banal, absurde et marqué par son besoin de se reconstruire.Moteur sérielLe moteur sériel repose sur la quête identitaire de Ruby : une succession de confrontations sociales et intimes qui la poussent à questionner qui elle est, à s’émanciper des forces qui la contrôlent et à apprendre à exister par elle-même et pour elle-même.Objectif(s)* Conscient : se remettre de sa rupture, passer à autre chose… ou renouer avec Baton.* Inconscient : se défendre, trouver sa voix, se trouver.La thématiqueLa série explore les compromis identitaires : faut-il se conformer pour être accepté.e ou rester soi-même coûte que coûte ? Quelle tolérance adopter face à des personnes intolérantes ?Ses limitesUn format qui limite la possibilité d’approfondir la dramaturgie. j’aurais souhaité que :* le conflit interne de Ruby soit davantage développé,* les enjeux de son choix entre Baton et Lou soient plus forts,* l’univers super-héroïque soit davantage défini,* la série adopte un regard moins manichéen, notamment en explorant ce qui a façonné la toxicité de Baton (même si ce choix éditorial est assumé).Ses réussites* Une vraie vision sur la communauté queer, ses liens, ses fragilités, sa solidarité.* Un format court efficace et agréable.* Une direction artistique perchée et réjouissante.* Des dialogues maîtrisés, notamment lors des confrontations (avec Lou, le commissaire ou Baton).* Une représentation juste d’une relation toxique (contrôle, manipulation, gaslighting).* Le personnage de Lou, qui apporte une énergie sincère et chaleureuse.* Un message final émouvant et bien amené.* Le pay-in/pay-off autour de Muriel Robin dans les épisodes 1 et 3 (on aurait adoré une apparition dans le final !).ConclusionMalgré ses limites, Ruby reste un ovni queer attachant, drôle, engagé et doté d’une vraie sincérité. C’est aussi une série qui n’a sans doute pas bénéficié d’un gros budget, ni d’un grand plan de communication, mais qui porte une cause nécessaire, dans une période politique particulièrement tendue pour les minorités. Elle met en avant une diversité précieuse, qu’on ne voit presque plus ailleurs, et qui n’aurait probablement pas trouvé sa place en dehors de France.TV.Dans un contexte où les coupes budgétaires et l’arrivée massive de l’IA risquent d’uniformiser les programmes et de réduire ce type d’initiatives plus libres, plus singulières, Ruby ressemble à une petite prise de risque éditoriale, le genre de tentatives que j’ai envie de mettre en avant et de soutenir.Regardez-là ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  27. 32

    🎆 Los Años Nuevos (Arte)

    Synopsis🎬 Fiche techniqueLos años nuevos, une série drame-romance espagnole de 10x45 minutes.Diffusion : disponible en intégralité sur arte.tv à partir du 7 novembre 2025 et diffusée à la télévision à partir du jeudi 20 novembre à 20h55 sur Arte.* Production : Caballo Films (Espagne), Movistar Plus+.* Producteurs : Rodrigo Sorogoyen, Sandra Hermida Muñiz, Eduardo Villanueva, François Sauvagnargues.* Création : Rodrigo Sorogoyen (Madre, As Bestas), Sara Cano et Paula Fabra.* Scénario : Rodrigo Sorogoyen, Sara Cano, Paula Fabra, Antonio Rojano et Marina Rodríguez Colás.* Réalisation : Rodrigo Sorogoyen, Sandra Romero et David Martín de los Santos.🎭 Avec : Iria del Río (Ana), Francesco Carril (Óscar), Pablo Gómez-Pando (Guille), Ana Telenti (Palo), Vladimir Perrin (Manu), Lucía Martin Abello (Vero).📍 Tournage : principalement à Madrid (Espagne), mais aussi à Lyon (France) et à Berlin (Allemagne).🎬 Style & ton : Une mise en scène naturaliste et intimiste, marquée par des plans-séquences et un regard lucide sur le couple contemporain.📈 Accueil critique : La série a été saluée lors de sa présentation à la Mostra de Venise 2024 (Hors compétition) pour sa justesse émotionnelle et son dispositif narratif original. En France, Télérama parle d’« une série déchirante de simplicité et de justesse ».🔎 AnalyseRésumé d’épisodesDix Nouvel An pour raconter dix ans de relation entre Ana et Óscar. Un début très lent (leur rencontre en 2015), puis des retrouvailles alors qu’ils sont chacun en couple avec quelqu’un d’autre, qu’ils finissent par quitter pour se mettre ensemble (2016). Viennent la vie commune et ses déboires (2017), un dîner familial et les premiers sacrifices (2018), le désenchantement à Berlin et la rupture (2019), le Covid vécus séparément (2020), Lyon et la grossesse d’Ana (2021), des retrouvailles maladroites (2022), une visite à un ami en centre de désintox (2023), l’adultère (2024), et enfin une fin “heureuse” (?!).DispositifUn épisode = une année. Aucun repère explicite à l’écran : difficile pour un spectateur qui ne sait pas ce qu’il vient voir, et parfois déroutant même quand on suit la série assidûment. C’est au spectateur de reconstruire les ellipses, mais cette désorientation fait partie du projet et on finit par s’y habituer.Le cadreMadrid, Valence, Berlin, Lyon… L’amour se déplace avec eux. Ce mouvement constant ajoute une touche de réalisme dans une Europe vivante.Moteur sérielPas d’intrigue traditionnelle : c’est le passage du temps qui fait avancer l’histoire à travers un dispositif chronologique.Objectif(s)Objectif initial : être ensemble (atteint dès l’épisode 3). Ensuite : survivre à la routine mais ce n’est pas un objectif tangible. Puis, après la séparation (épisode 5), il reste : se reconstruire, se retrouver, peut-être se remettre ensemble… mais sans réel enjeu clair.ConflitsConflits essentiellement internes : Oscar reste prisonnier du passé, Ana avance mais doute. On peut même se demander si Ana est réellement protagoniste ou juste miroir d’Oscar : le point de vue repose souvent sur ses problématiques et ses désirs, et un épisode entier se déroule sans elle.ArchesCertaines arches secondaires (comme l’épisode en centre de désintox) paraissent accessoires, sauf à les lire comme un parallèle métaphorique à la dépendance amoureuse, ce qui n’apparaît pas clairement à l’écran (contrairement à tout le reste).DynamiqueIls sont à la fois partenaires et antagonistes. Ils s’aiment, se sabotent, hésitent, se ratent. Très peu de sous-texte : tout est dit, expliqué, montré (sauf dans quelques regards et silences) laissant souvent le spectateur extérieur.RythmeGlobalement lent, surtout au début, avec un vrai manque de conflits. La série se regarde plus comme une chronique émotionnelle qu’un récit dramatique.L’évolution d’un coupleOn observe la banalité, la beauté et l’érosion d’un couple : espoirs, renoncements, tentatives de recommencer, cycles passion/ennui.La thématiqueConfiance, dépendance affective, carrière des femmes, désir (ou non) d’enfant, ménopause, lassitude.Elle renonce, doute, avance ; lui hésite, jalouse, stagne. Dans un couple, chacun renonce à quelque chose. La série montre comment la peur d’aimer, ou plutôt la peur d’échouer, finit par parasiter le lien.Le thème semble alors être : comment donner sa chance à une histoire quand on anticipe déjà qu’elle finira mal ?Amour vs. PassionIls se désirent quand ils se perdent et se lassent quand ils se retrouvent. On retrouve ce schéma familier où l’on veut l’autre tant qu’il n’est pas là (cf: mon article sur French Lover). Quitte à avoir un manque de conflits, on aurait aimé que la série ose rendre le quotidien désirable, romancer la stabilité plutôt que le manque.Le final reste typiquement passionnel : elle quitte probablement son mari parfait, bouleverse la vie de son enfant, pour rejouer une histoire que le temps a brisé. Un happy ending discutable, et qui n’aurait sans doute pas mieux fonctionné si elle avait eu un enfant avec Óscar…Reflet d’une générationLa série capte la fatigue sentimentale contemporaine, l’incapacité à choisir, à durer.Dès les premiers épisodes, une question se pose : Los años nuevos est-elle une fiction ou un documentaire sur le couple ?ScénarioTout paraît vrai : émotions, maladresses, silences, et pourtant tout est écrit. Les comédiens l’ont dit : les dialogues étaient déjà très précis, pensés pour sonner spontanés. Le vrai travail s’est joué dans les regards, les réactions et les non-dits.Jeu d’acteurJustesse remarquable : on croit assister à des moments saisis sur le vif.PlansPlans-séquences immersifs, durée réelle des actions, silences assumés, ajoutant à cette sensation de voyeurisme.ScènesMoments troublants (hallucination à Berlin lors de la discussion avec le mec du vestiaire/miroir au fond du cadre, projection d’Oscar à Lyon comme projection ou fantôme du passé) qui jouent avec la frontière réalité / fiction.Fiction vs. documentaireCe travail sur le vrai s’inscrit dans un mouvement plus large où les frontières entre fiction et documentaire se brouillent. Des Vivants (cf: mon article sur Des Vivants) laisse le réel s’emparer de la fiction en rejouant des faits historiques. Ceux qui rougissent s’appuie sur l’improvisation et des acteurs qui jouent leur propre rôle.Dans Los años nuevos : tout est écrit, mais le jeu et la mise en scène recherchent une illusion de spontanéité totale.SexeLes scènes sont réalistes, pas provocatrices, mais très nombreuses, parfois trop longues (près de 7 minutes dans l’épisode 1), avec un effet de voyeurisme, d’autant qu’aucun coordinateur d’intimité n’est crédité. Était-ce nécessaire ?Alcool, clopes et droguesLe même réalisme s’applique à l’alcool, aux cigarettes et aux drogues, omniprésents. Ces gestes deviennent des refuges ou des dépendances. Mais à force de tout montrer, jusqu’à évoquer de nouvelles drogues presque “cool”, la série flirte parfois avec une forme d’incitation.* Le passage du temps rendu tangible : on les voit changer physiquement.* Les portraits face caméra de différents couples qu’ils décrivent : parfois inspirés de leur vécu, parfois totalement projetés.* On y apprend aussi quelques traditions espagnoles, comme celle des douze raisins au Nouvel An.ConclusionLos años nuevos est une chronique sincère, parfois trop vraie, d’un amour qui se défait et se rejoue. Une série qui demande de la patience dans ses premiers épisodes, mais qui touche par sa justesse et par la manière dont elle fait exister le passage du temps.Regardez-là ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  28. 31

    🕵️👯‍♀️ Un meurtre (presque) parfait - (TF1)

    Synopsis🎬 Fiche techniqueUn meurtre (presque) parfait : téléfilm en deux parties (2×45 min).Diffusion : sur TF1 le 3 novembre 2025, puis disponible en intégralité en replay sur TF1+ à partir du même jour.* Production : Escazal Films et TF1 Production (coproduction) / Producteur.ices : Sophie Révil et Denis Carot.* Création : Éliane Montane (Scènes de Ménages, Papa ou maman, Les petits meurtres d’Agatha Christie, Drôle…).* Scénario : Éliane Montane & Elsa Mané (HPI, Le sens des choses…).* Réalisation : Christophe Douchand (Candice Renoir, Caïn, Tandem, Les petits meurtres d’Agatha Christie…)🎭 Avec : Claire Keim (Laure Mondo), Clémence Lassalas (Pica), Marie-Anne Chazel (Marianne Cayatte), Lionnel Astier (Joseph Mondoloni), Stanley Weber (Barthélémy Cayatte), Charlotte des Georges (Charlotte), Nicolas Briançon (Yves Cayatte), Benoît Moret (Titus Bernet), Dorcas Coppin (Marie-Joyce), Esteban (Diego Luardi), Ely Laurenty (Nemo), Brigitte Lucas (Brigitte), Michel Ferracci (Le Chat), Frédéric Poggi (Dumé le Grand), Didier Ferracci (Dumé le Petit), Simon Gillet (Boris), Jean-Baptiste Mazzucchelli (Nathan), Olivier Fazio (un gendarme).📍 Tournage : Région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour un pilote dont l’action se passe en Corse. 📈 Accueil & Audience : TF1 s’est hissée en tête des audiences lundi soir grâce à Un meurtre (presque) parfait, porté par Claire Keim, avec en moyenne 3,75 millions de téléspectateurs (20,4% de PDA), dont 14,9% sur les 25-49 ans et 17,6% sur les FRDA-50. Le premier épisode avait démarré plus fort, à 4,0 millions (19,8% de PDA).🔎 AnalyseDéfinition du WhodunitLe whodunit (« who has done it ? » = « Qui a fait ça ? ») est une forme de fiction policière centrée sur l’énigme. L’intrigue repose sur la question : qui est l’auteur du crime ?. Un crime a eu lieu, plusieurs suspects sont possibles, et le spectateur dispose des mêmes indices que l’enquêteur ce qui lui permet, en théorie, de déduire l’identité du coupable avant la révélation finale, qui survient au climax du récit. Le plaisir du whodunit repose donc sur le jeu intellectuel : observer, comparer, formuler des hypothèses, se tromper, réévaluer, puis découvrir si l’on avait raison. La révélation finale est conçue comme un moment de satisfaction logique : toutes les pièces du puzzle s’emboîtent. L’enquête est généralement menée par un détective excentrique, amateur ou semi-professionnel, dont l’originalité contribue au charme du genre.Un whodunit… qui n’en est pas vraiment unCette fiction se présente comme un light murder mystery en Corse, avec une autrice de polar (Laure) et son assistante improvisée (Pica). L’enquête est le point de départ, mais le récit s’oriente finalement vers un drama familial. Ici, l’objectif n’est pas de faire deviner le coupable au spectateur. On n’a d’ailleurs aucun moyen d’identifier les coupables avant la révélation par Laure et Pica.L’enquête sert de cadre émotionnel, pour révéler :* les tensions d’une famille puissante,* les secrets qu’on enterre,* les loyautés qui étouffent.On n’est pas dans la déduction d’indices, mais dans l’accompagnement des personnages. Cela tient aussi au fait qu’il s’agit d’un pilote pensé comme possible lancement de collection : la priorité est d’installer les figures principales et de créer de l’attachement, plutôt que de proposer une énigme complexe. Peut-être que d’éventuels épisodes suivants laisseraient plus de place au jeu de l’enquête… même si ce n’est pas vraiment le modèle privilégié par les chaînes généralistes comme TF1 et M6, qui misent davantage sur l’émotion et la relation que sur la réflexion…Le modèle TF1 / M6 : Une enquête pensée pour accompagner, pas pour challengerComme dans beaucoup de fictions de prime time :* le spectateur observe l’enquête plutôt que d’y participer activement,* les révélations arrivent plus par aveux que par reconstitution logique,* l’émotion prend le dessus sur le raisonnement.L’objectif est que le spectateur puisse suivre l’intrigue sans effort particulier, mais surtout rester attaché au cœur émotionnel des personnages. On se retrouve donc avec un spectateur plutôt passif, qui ne cherche pas à résoudre l’enquête mais se laisse porter. C’est très probablement un choix éditorial : privilégier la compréhension immédiate pour que le plus grand nombre puisse regarder, y compris ceux qui ne sont pas pleinement concentrés ou qui font autre chose en même temps.Historiquement, les chaînes généralistes se sont construites sur un modèle publicitaire où l’objectif était de rassembler un public large et stable, autrefois résumé sous la figure de la « ménagère », aujourd’hui rebaptisée « femme responsable des achats ». Le terme a évolué, mais la logique reste la même : proposer des programmes qui accompagnent, qui n’exigent pas, et qui assurent la continuité de l’attention plutôt que la mobilisation de la réflexion.Le duo Laure / Pica au cœur de la fictionCe qui fonctionne particulièrement bien :* Deux générations de femmes, deux tempéraments, deux façons de lire le monde.* Laure est dans la réflexion, assez fermée émotionnellement, construite dans le contrôle.* Pica est plutôt dans la spontanéité et plus chaleureuse.Leur relation fait vivre l’histoire autant que l’intrigue. C’est un duo qui porte le ton, le rythme et l’émotion.Ce qui est réussi* Le ton léger.* L’humour discret (Pica qui cache une oreille dans le sable, qui se trompe de valises, le styliste…).* Des personnages féminins nombreux et variés.* Les effets éditoriaux du début d’épisode, qui présentent les personnages avec des flèches et annotations, apportent une touche moderne et ludique. Dommage que ce procédé ne soit utilisé qu’au tout début.* Découpage en “Jour 1 / Jour 2 / Jour 3” permettant de comprendre la timeline même si ça met surtout en valeur les blocs narratifs.* On apprend au passage deux ou trois petites choses sur les coutumes corses (expressions, fleurs locales, ambiance), ce qui participe au charme du décor.Ce qui convainc un peu moins* Le spectateur ne peut jamais enquêter réellement.* Trop de personnages secondaires assez peu exploités.* Certaines révélations arrivent un peu vite.* Le final condense beaucoup d’informations.* Intrigue policière assez classique dans l’ensemble.En conclusionUn meurtre (presque) parfait est une fiction qui se regarde bien : c’est léger, parfois drôle, bien joué, avec un duo féminin attachant. Ce n’est pas un whodunit à proprement parler, mais plutôt un drama familial habillé en policier, où l’enquête sert surtout à révéler les liens, les blessures et les secrets. Un visionnage cohérent de “fiction de compagnie” : on reste avant tout pour les personnages, plus que pour l’énigme.Regardez-la ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  29. 30

    🏌️ Stick (Apple TV+)

    Synopsis🎬 Fiche technique* Production : Propagate, Entertainment 360, Kellerama et Apple Studios.* Créée et showrunnée par : Jason Keller (scénariste de Le Mans 66: Ford v. Ferrari).* Scénario : Jason Keller, Ryan Hooper, Jimy Shah, Christopher Moynihan, Bill Callahan, Kate Fodor, Esti Giordani, Bryan Johnson.* Réalisée par : Jonathan Dayton, Valerie Faris, David Dobkin, M.J. Delaney.🎭 Avec : Owen Wilson (Midnight in Paris, Loki), Peter Dager (Somebody Somewhere), Marc Maron (GLOW, Joker), Mariana Treviño (Un homme appelé Otto, Club de Cuervos), Lilli Kay (Yellowstone, Your Honor), Judy Greer (Ant-Man, The Descendants) et Timothy Olyphant (Justified, The Mandalorian), avec des apparitions de golfeurs pros comme Collin Morikawa, Keegan Bradley, Max Homa et Wyndham Clark.📍 Tournage : de mai à septembre 2024, principalement dans la province de British Columbia, Canada. Notamment dans la région de Vancouver et ses environs.📈 Accueil & Audience : Stick a atteint la #1 du Top 10 des séries les plus populaires sur Apple TV+ aux États-Unis (le 5 juillet) et est resté dans les premières positions pendant plusieurs semaines. Noté 82 % d’approbation sur Rotten Tomatoes.🔎 AnalyseStructure globale de la saisonLa série suit Pryce Cahill, ancien golfeur pro dont la carrière s’est effondrée après un breakdown public. Il croise Santi Wheeler, jeune prodige en perte de repères, et voit en lui la possibilité d’un nouveau départ. Les tournois, les déplacements, les rencontres et les tensions forment un road trip émotionnel, où l’enjeu n’est jamais vraiment le score mais comment chacun apprend à vivre avec son passé.ThématiqueComment se redéfinir si l’on refuse d’affronter son passé traumatique et si l’on n’interroge jamais les raisons qui nous poussent à agir ? La série rappelle que le passé ne nous enferme pas : l’identité n’est pas figée. On peut se réinventer au présent, à condition de comprendre pour qui et pourquoi l’on agit. Le véritable changement n’arrive que lorsqu’on commence enfin à faire les choses pour soi, et non pour répondre aux attentes des autres.Moteur sérielLe moteur repose sur une dynamique de réparation vouée à l’échec : Pryce tente de façonner Santi en champion. Chaque épisode renforce l’idée que cette tentative sert avant tout son propre ego.La série avance donc en rejouant ce paradoxe : aider l’autre ne permet pas d’avancer tant qu’on n’a pas affronté ses propres démons.Arches des personnages* Pryce : avancer ne sera possible que lorsqu’il acceptera enfin son deuil.* Santi : apprendre à jouer pour lui-même, et non pour prouver sa valeur aux autres.* Elena : laisser son fils faire ses propres choix, lâcher prise et se focaliser sur ce qu’elle veut.* Ray : pousser Pryce à guérir alors qu’il n’a pas encore fait lui-même son deuil.* Zero : trouver le courage de s’attacher et trouver sa place sans renoncer à sa singularité.Ils apprennent ensemble qu’on ne guérit pas en effaçant le passé, mais en choisissant comment le porter.Ce qui fonctionne particulièrement bien :* l’émotion authentique,* le duo Owen Wilson / Santi,* la manière dont le golf devient une arène pour parler du vivant plutôt qu’un sujet sportif.Ce qui fonctionne moins :* un rythme un peu étalé en début de saison,* certains personnages secondaires esquissés plutôt que pleinement développés (Zero, le père de Santi),* une prévisibilité sur certains arcs.Pour autant, Stick crée un vrai lien émotionnel, ce qui, pour moi, est l’essentiel.La fin de saison ouvre vers autre chose : là où la saison 1 racontait comment apprendre à vivre avec son passé, la saison 2 semble vouloir explorer le moment où l’on recommence réellement à vivre. Il n’est jamais trop tard pour faire marche arrière ou commencer quelque chose de nouveau.Stick n’est pas une série révolutionnaire, mais une série juste et qui fait du bien.Et suffisamment touchante pour me donner envie de la retrouver l’année prochaine.ConclusionRegardez Stick si : * Vous aimez les séries feel-good, les récits de seconde chance et les road-trip humains.* Vous êtes curieux d’un cross-over entre sport, comédie et drame sans overdose de jargon golfesque.Mais n’y allez pas en pensant que l’impact sera aussi fort que Ted Lasso, ou vous risqueriez d’être déçu·e·s.Regardez-la ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  30. 29

    🕊️ Des Vivants (France TV)

    Synopsis🎬 Fiche techniqueDes Vivants : mini-série de 8 épisodes de 50min à 1h20.Diffusion : en avant-première, en intégralité, sur France.TV, le 27 octobre 2025 et sur France 2 dès le 3 novembre 2025.* Production : Matthieu Belghiti pour What’s Up Films, Nicolas Mauvernay pour Mizar Films et Jérôme Corcos pour Nac Films.* Création & Scénarios : Jean-Xavier de Lestrade (Sambre, Laëtitia, Soupçons (The Staircase…) et Antoine Lacomblez (Laëtitia, Jeux d’influence…)* Réalisation : Jean-Xavier de Lestrade🎭 Avec : Benjamin Lavernhe de la Comédie-Française (Arnaud), Alix Poisson (Marie), Antoine Reinartz (Grégory), Félix Moati (Sébastien), Anne Steffens (Caroline), Thomas Goldberg (David), Cédric Eeckhout (Stéphane), Megan Northam, Aude Ruyter, Sophie Cattani, Foëd Amara.Et avec , Stéphanie Palies, Mathias Jacquin, Denis Eyriey, Sylvain Debry, Genc Jakupi, Caroline Arrouas, Giovanni Ortega, Marie-Josée Gonzales, Sam Karmann, Aliocha Reinert, Anette Lowcay, Jean-Paul Comart, Gaétan Peau, Nicolas Wanczycki et aussi Julie Sicard de la Comédie-Française, Sharif Andoura, Catherine Vinatier, Sarah Le Picard, François Perache📍 Tournage : 2024, Paris et ses alentours (Bataclan, au Panthéon, au Palais de Justice).📈 Accueil & Audience : Le premier épisode a rassemblé 1,946 million de téléspectateurs, soit 9,8 % de part de marché sur l’ensemble du public (Ozap). Un chiffre décevant mais aussi un peu prévisible.🔎 AnalyseOeuvre de fiction ou documentaire ?Dès sa diffusion, une confusion émerge, s’agit-il d’une fiction ou d’un documentaire.* France Télévisions parle de mini-série, mais recommande des documentaires en complément pour cette programmation spéciale.* Jean-Xavier de Lestrade est avant tout reconnu pour son travail documentaire (Oscar du meilleur documentaire en 2002), avant d’étendre progressivement sa démarche réaliste à la fiction avec 3 x Manon, Jeux d’influence ou encore Sambre…* Des Vivants adopte : une chronologie linéaire, aucun moteur narratif classique, une distance émotionnelle forte dans les premiers épisodes, des personnages directement inspirés des survivants, construits au plus près des récits recueillis = sans distanciation avec le réel, laissant peu d’espace à la construction fictionnelle et à la dramaturgie, un récit sans enquête, sans suspense, sans cliffhangers, juste l’expérience, telle qu’elle a été vécue.On a donc, sur les épisodes 1 à 3, l’impression de regarder un documentaire, mais interprété par des comédiens. Est-ce suffisant pour qualifier l’oeuvre de fiction…?« Dans vingt ans, si quelqu’un a envie de savoir ce qu’il s’est passé, il ou elle pourra regarder la série et être au plus près de la réalité et aussi de l’intimité des victimes » — Jean-Xavier de Lestrade (Source : CNC)« Il faut que la fiction s’empare de cette histoire » — Jean-Xavier de Lestrade (Source : 20minutes)On a appelé Des Vivants une mini-série, mais en réalité, ce n’en est pas une au sens dramaturgique. Une mini-série repose sur un moteur d’intrigue : elle pose un conflit ou une énigme dans le pilote, et elle le résout au dernier épisode, c’est un film en 6 à 8 épisodes. Des Vivants, au contraire, ne cherche pas à résoudre quelque chose. Elle cherche à faire éprouver un événement, à montrer comment il continue à résonner chez les survivants. D’où sa forme quasi-documentaire. Ce n’est donc pas une mini-série plot-driven, mais une fiction qui sert surtout de véhicule à une intention documentaire.Pourquoi avoir choisi d’en faire une fiction plutôt qu’un documentaire ?Plusieurs raisons possibles :* Les survivants ne souhaitaient pas réapparaître à l’écran.* Rejouer ou raconter à nouveau aurait pu être re-traumatisant.* Un documentaire pourrait avoir été jugé trop frontal par le diffuseur.* La fiction crée une distance de protection, pour les témoins comme pour le spectateur.Les producteurs le disent eux-mêmes :« Il ne fallait pas bricoler une dramaturgie artificielle. La vie invente déjà des choses folles. Nous ne voulions surtout pas être dans la mise en scène de la douleur humaine. » — Matthieu Belghiti (Source : CNC)« Je ne voulais pas qu’il pense que je venais exploiter sa vie, ce drame et la souffrance qui s’ensuit.» — Jérôme Corcos (Source : FranceTVPro)Pourquoi ne pas avoir choisi d’en faire un film ?« Comme une évidence, j’imaginais déjà une série construite sur trois axes « avant, pendant, après ». « À partir du moment où ils étaient sept, il fallait une série. Faire un film aurait été réducteur. » — Jérôme Corcos (Producteur) (Source : 20minutes).Il est compréhensible de vouloir raconter le vécu des sept otages en détail. Mais est-ce une raison suffisante pour en faire une série ? Pas au sens dramaturgique : ici, l’enjeu n’est pas de construire un arc, mais de restituer une expérience.🎧 Si vous voulez savoir ce qui aurait pu transformer cette histoire en véritable série de fiction, je développe ce point dans la version audio du podcast.Une distance émotionnelle dans les premiers épisodesCe qui m’a frappée en regardant Des Vivants, c’est la distance émotionnelle des premiers épisodes. Sur les épisodes 1 à 3, on reste en position de spectateur extérieur : on nous montre les faits, le quotidien, l’après, mais sans accéder à ce que les personnages ressentent. Ainsi, difficile de s’attacher, d’éprouver de l’empathie, et on a même parfois une sensation de voyeurisme, comme si l’on regardait quelque chose sans y être invité émotionnellement. Ce n’est qu’à partir des épisodes 3-4, quand les émotions se formulent enfin, que l’on commence à entrer dans leur intériorité et que la série devient plus incarnée. Alors peut-être que cette distance est volontaire, liée à la dissociation traumatique des survivants. Mais pour continuer à regarder une série, il faut pouvoir s’identifier, or ici, la question se pose : qui a envie de s’identifier à ces personnages, et dans quel but ?Et c’est ce qui nous amène à l’enjeu de la série et à son public cible.À qui s’adresse cette œuvre ?Qui a envie de se mettre à leur place ? De revivre ce traumatisme, cette peur, cette période anxiogène ? Personnellement, en lançant la série, je n’avais aucune envie de retourner dans cet état. On a plutôt envie d’oublier.Mais Des Vivants n’est pas une série de divertissement. Ce n’est pas une série qu’on met « parce qu’on a envie de regarder quelque chose ce soir ». C’est une œuvre de transmission, commémorative, pensée pour les survivants et ceux qui les accompagnent. L’objectif est de faire comprendre ce qu’ils ont vécu : ils ont besoin de se sentir compris, pas pour qu’on leur dise que tout ira bien, juste pour être entendus. C’est une série que l’on regarde par solidarité, pas par envie. Et si on ne le dit pas clairement, on passe à côté. C’est, je pense, ce qui explique la déception d’audience.Ce qui fonctionne* Une montée en puissance notable à partir de l’épisode 4 : l’émotion devient plus incarnée, les trajectoires s’ouvrent, et l’on commence à vivre avec les personnages. On le voit aussi dans l’évolution des titres d’épisodes, qui passent d’intitulés factuels à des titres plus intimes.* La réalisation, précise, pudique, qui cherche la justesse plutôt que l’effet.* Le jeu des comédiens, naturel, tout en retenue, sans surinterprétation.* La musique, omniprésente, qui crée un lien émotionnel et accompagne le vécu collectif.ConclusionDes Vivants n’est pas une série de fiction classique. C’est une forme hybride, entre documentaire et fiction, qui met du temps à trouver son incarnation émotionnelle, mais qui gagne en profondeur dès le midpoint de la série.C’est une œuvre de mémoire : elle montre l’ampleur du traumatisme et la façon dont on apprend, non pas à oublier, mais à continuer à vivre avec.Et regarder cette série jusqu’au bout relève, selon moi, d’un devoir citoyen.Regardez-la ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  31. 28

    🤫 Désenchantées (France TV)

    Synopsis🎬 Fiche techniqueUne mini-série de 4x52min, drame policier / thriller, diffusée sur France.TV, en avant-première, le 23 octobre 2025 et sur France 2, dès le 12 novembre 2025.Il s’agit d’une adaptation du livre Désenchantées de Marie Vareille (Éditions Charleston, 2022).* Production : Banijay Studios France (Carole Della Valle) & Beside Productions en coproduction avec France Télévisions et Pictanovo.* Scénarios : série créée et écrite par Solenn Le Priol (DNA, ITC, Prométhée, Les bracelets rouges, Skam) et Claire Kanny (DNA, ITC, Hors Saison, Prométhée), en collaboration à l’écriture avec Chloé Glachant (DNA, ITC, Mlle Holmes, Léo Matteï, TPLL).* Réalisation : David Hourrègue (Cut, Skam, Germinal, Rivages, Anaon).🎭 Avec : Constance Labbé (Cat’s Eyes), Marie Denarnaud (Tout le bleu du Ciel et bientôt Mitterrand Confidentiel), Fleur Geffrier (Les Gouttes de Dieu, Rivage), Élodie Frenck (l’Arnacoeur, Les Aventurières), Jonas Bloquet (Rivages, 37 secondes), Marc Ruchmann (Plan coeur), Steve Driesen (Germinal, Anaon), Eurydice El-Etr (Dérapages, Le procès de Bobigny), Nelligan (Nudes, Zonz), Daphné Girard-Lecoanet (Le remplaçant, Cette nuit-là), Capucine Malarre (Mixte, Sam, Anaon, Mon inconnue), Simon Rodzynek (Le nounou), Léïna Djema (Skam, Déter), Clémence Bœuf (Sam, Déter, Cassandre), Thibault Bonenfant (Ada, Néro), Adam Abdo (Askip, Nos vies en l’air, Cassandre, Clean et bientôt Karma).📍 Tournage : du 4 février au 25 mars 2025 en région Hauts-de-France.📈 Accueil & Audience : La série a été présentée en compétition au Festival de la fiction de La Rochelle 2025 dans la catégorie « Suspense / séries de 52 minutes », elle a remporté le Prix Jeune Espoir masculin ADAMI pour Simon Rodzynek.La série n’étant pas encore diffusée sur France 2 lors de la mise en ligne de cet épisode de podcast, pas d’indice sur les audiences actuellement.🔎 AnalyseSi vous voulez en savoir plus sur l’intrigue principale, mieux vaut écouter la version audio du podcast.Des thématiques fortes, mais un propos qui se disperseDésenchantées aborde beaucoup de sujets à la fois : la culture du silence autour des violences sexuelles, le déni familial, la honte sociale, la sororité comme espace de survie, la mémoire traumatique, et la question éthique de dire ou taire la vérité pour protéger. Cette pluralité est touchante, mais elle rend parfois le message final plus diffus. La série privilégie ainsi une approche intime et réparatrice, plus consolatrice que dénonciatrice. Alors que Sambre cherchait à provoquer une prise de conscience collective, Désenchantées choisit d’accompagner, d’apaiser, de réconcilier. C’est une force émotionnelle, mais cela limite la portée universelle du propos. (Je développe cette comparaison avec Sambre plus en détail dans la version audio du podcast.)Un public principalement féminin, déjà sensibiliséLa série s’adresse principalement à un public féminin, déjà sensibilisé aux thématiques abordées (les viols, l’impunité des agresseurs, le silence familial), notamment les lectrices du roman. Portée par une narration intime et empathique, elle privilégie la résonance émotionnelle plutôt que la confrontation. Les personnages masculins restent en marge, souvent traités de manière archétypale, ce qui contraste fortement avec une série comme Sambre, qui cherchait à impliquer et questionner le spectateur masculin.Une série à la croisée des registresConstruite comme un thriller mais résolue comme un drame réparateur, la série se clôt sur un soulagement plutôt qu’un choc. En cherchant à consoler plutôt qu’à confronter, Désenchantées choisit la douceur au détriment de l’impact.Le moteur sériel * Character-driven : 50 % → Les émotions, la sororité, la culpabilité et la réparation sont le cœur du récit.* Plot-driven : 35 % → L’enquête et les rebondissements structurent l’histoire, mais restent au service du drame humain plutôt que du suspense pur.* Arena-driven : 15 % → La Côte d’Opale et la mer = dimension symbolique, sans être moteur de conflit.Le moteur n’est donc pas tant « qui a tué Sarah ? » que comment chacun.e vit avec ce qui a été tu.Arches narratives* Sororité & secret : un pacte qui protège, détruit puis les réunit. * Sœurs Courtin : une enquête qui devient un chemin de réconciliation.* Famille Chevalier : du silence à la prise de position, du déni à l’aveu.* Eder & Lilou : une génération au regard neuf, qui questionne et nomme au lieu de taire.Les points de vue* Fanny = le présent rationnel : journaliste, elle recompose les faits et articule ce qu’on croit savoir et ce qu’on découvre.* Angélique = le passé sensible : les flashbacks passent par sa mémoire traumatique et émotionnelle.* Sarah = le fantôme du récit : absente mais centrale, elle existe à travers le regard et la culpabilité des autres, jusqu’à ce qu’elle retrouve enfin sa voix dans le dernier épisode.* Lilou & Eder = les témoins contemporains : leur regard neuf questionne les silences des adultes ; ils incarnent la relève morale.Le rythme* Ep1–Ep2 : mise en place solide, alternance présent.* Ep3 : enquête resserrée, révélations qui recentrent sur la sororité.* Ep4 : double résolution, en deux temps, et final émotionnel.Un rythme feuilletonesque assumé, parfois un peu didactique, mais efficace.Les personnagesLes personnages féminins sont particulièrement bien écrits, notamment Angélique et Fanny, dont les trajectoires offrent une vraie profondeur émotionnelle. Morgane, Jasmine et les personnages masculins, en revanche, restent plus esquissés.Lilou incarne le doute, Eder la sincérité : ensemble, ils apportent un regard neuf sur les silences du passé mais leur dynamique aurait pu être davantage développée (bien que difficile en 4 épisodes, je l’admets…).Fun fact : Eder est un ajout propre à l’adaptation de la série, il n’existe pas dans le roman.Autres remarques * Confession d’Iris : la révélation finale peut sembler en décalage avec certains éléments techniques (heure de marée, corps sec) si l’épisode ne précise pas clairement le lieu et le moment de la chute.* Paternité d’Eder : zone d’ombre qui est frustrante (qui est le père de cet enfant ? Je me suis même demandé si ce n’était pas Éric…).* Traversée de la Manche à la nage : la préparation accélérée flirte avec l’incrédulité d’après certains, l’idée est belle et symbolique, mais mériterait quelques jalons supplémentaires pour une touche de réalisme (encadrement, météo, logistique).Ce qui fonctionne* Écriture adolescente très juste, portée par des scénaristes/réal habitué·es à ce registre.* Bande-son réussie, française et internationale, qui ancre parfaitement la période.* Lilou & Eder apportent une vraie fraîcheur et un regard neuf.* Interprétations solides de l’ensemble des comédien·nes.* Direction artistique soignée : contraste passé/présent, lumière, décor côtier…* Format maîtrisé (4x52 min) : rythmé, fluide, sans remplissage.* Quelques scènes vraiment marquantes : ==> détaillées dans la version audio du podcast.ConclusionDésenchantées est une mini-série bien rythmée, portée par des amitiés fortes et des thématiques sensibles, qui tient en haleine tout en restant accessible. Là où elle aurait pu chercher le coup de poing pour provoquer une prise de conscience collective, elle choisit un final plus intime et émotionnel, centré sur la réparation et la séparation. C’est un parti pris qui fonctionne et qui respecte l’esprit du roman auquel elle reste très fidèle.Une série courte, cohérente, sincère, qui réconforte plus qu’elle ne bouscule, et qui restera dans les mémoires de celles et ceux qu’elle touche.Regardez-la ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  32. 27

    👯‍♀️ Meurtres à Mont-De-Marsan (France 3)

    ⚠️ Je SPOILE l’unitaire entier pour mieux l’analyser. L’épisode s’adresse donc à celleux qui l’ont déjà vu ou qui ne comptent pas le voir !SynopsisSoline Plassin, gendarme pure montoise, mène une vie bien remplie tout en veillant sur sa mère veuve et fragile. Quand un sexagénaire est retrouvé immergé dans une source réputée miraculeuse, elle et son adjoint Adam Tudoret se lancent dans une enquête où surgit… sa sœur aînée Aurore, tout juste libérée de prison.🎬 Fiche techniqueUnitaire de 90 minutes, diffusé le samedi 11 octobre 2025 à 21h10 sur France 3.* Production : Fléchette Production, label du groupe Elephant, (coproduction avec France Télévisions).* Scénario : Delphine Chouraqui (Meurtres à Albi, Meurtres en Guadeloupe, Follow, Le Négociateur, Les suicidés d’Annecy). Xavier Daugreilh (Un gars et une Fille, KD2A, PBLV, Les secrets du Paquebot, Léo Matteï).* Réalisation : Jean‑Marc Thérin (PBLV, Section de recherches, ITC, Meurtres dans les landes, La stagiaire, le chant des sirènes).🎭 Avec : Cécile Rebboah : Soline Plassin (commandante de gendarmerie) - (Avocats et Associés, Fais pas ci, fais pas ça et Les Bracelets rouges). Isabelle Gélinas : Aurore Plassin (sœur aînée de Soline) – (Fais pas ci, fais pas ça). Etienne Diallo : Adam Tudoret (adjoint) – (DNA, La Stagiaire, César Wagner et Anthracite). Arièle Séménoff : Marie-Claire Plassin (la mère de Soline) – (La Stagiaire, Joséphine l’ange gardien, Camping Paradis… et qui jouait aussi la mère dans Meurtres à Douai…).📍 Tournage : en février 2025, À Mont‑de‑Marsan (Landes) et ses environs.🎯 Audiences : environ 4,2 millions de téléspectateurs, pour 24 % de part d’audience, plaçant France 3 largement en tête de la soirée. A titre de comparaison —> Meurtres à Douai en septembre 2025 : 4,17 M, Meurtres à Chartres en juin 2025 : 4,06 M, Meurtres à Honfleur en 2025, ~4,5 M ou Meurtres à Amiens en 2022, ~4,5 M).🔎 AnalyseUn territoire présent, mais peu incarnéMont-de-Marsan est bien là : rivières, marché, forêt… Mais la région reste un décor.La piste des « sources miraculeuses » promettait une ambiance mystique… puis disparaît. On évoque la chasse à l’ortolan (espèce protégée d’oiseaux) mais on ne saura jamais à quoi ils ressemblent puisqu'ils ne seront jamais à l’écran.On aurait aimé en savoir plus sur la région et que l’arène influence réellement l’enquête. Quand l’enquête devient une affaire de familleLe duo officiel de flics Soline / Adam existe… mais reste léger, peu de conflits entre eux… il passe au second plan. L’intrigue se recentre très vite sur Soline et sa sœur Aurore, ex-détenue qui s’invite dans l’enquête (interrogatoires, filatures, perquisitions). Pourquoi pas, mais ça dénature un peu l’ADN du Meurtres à (où le duo policier est normalement central), et cela rend l’ensemble peu crédible côté procédure.Un potentiel social fort… mais une articulation floueL’épisode aborde un thème important : le désert médical et ses conséquences tragiques.Mais la chaîne de responsabilités est confuse :* Le seul fautif direct est Lafargue (qui ment sciemment à l’urgentiste).* Bret ne peut pas savoir que Lafargue ment, ce n’est pas un choix moral, c’est une erreur d’information.* La mère n’a fait que son travail, ayant été envoyée au mauvais endroit au mauvais moment.Donc la vengeance dirigée contre Bret et Marie-Claire n’est pas logique.Zach est adulte et il devrait être capable de distinguer cause vs. conséquence.Des incohérences et articulations artificielles* Bret perd son emploi à cause d’une situation provoquée par Lafargue puis devient son partenaire de chasse et associé ?* Le journaliste publie l’article qui “ruine” Bret (alors que ce qui ruine Bret c’est en fait tout simplement le mensonge de Lafargue) puis se retrouve par hasard dans le dîner clandestin sous un faux nom et c’est ce hasard qui débloque la piste policière et permet d’identifier Zach… cela ressemble à un raccourci scénaristique.Un coup de théâtre non préparéLa règle du whodunit veut que le spectateur puisse deviner le coupable ou du moins sentir que ça faisait sens a posteriori. Ici, ce n’est pas le cas car Zach apparaît trop peu, sans caractérisation émotionnelle liée au drame et sans scène préparatoire qui permet de relier sa souffrance à la tragédie. Cette révélation semble être un deus ex-machina qui est peu satisfaisant aux yeux des téléspectateurs.Quelques facilités…* Corps découvert par une joggeuse (le classique absolu de la collection)* Dialogues un peu explicatifs (« énergie tellurique »)* Placement produit très visible (Peugeot)Ce qui tient l’unitaireLa relation entre les deux sœurs est le vrai cœur battant de l’épisode. Elle apporte de la tendresse, du conflit, de la réparation. Le sujet du désert médical, lui, est pertinent et ancré dans une réalité sociale forte, même s’il aurait mérité d’être davantage creusé. On retient aussi quelques scènes émotionnelles réussies (notamment du côté d’Adam), et bien sûr, le plaisir de retrouver ensemble Cécile Rebboah et Isabelle Gélinas, duo comédien qui tient l’écran sans effort.ConclusionMeurtres à Mont-de-Marsan mise davantage sur ses comédiennes et sur la dimension familiale que sur la rigueur du polar territorial. Un unitaire parfois déséquilibré dans ses enjeux.Mais le public, lui, a répondu présent : de très bonnes audiences, preuve que la marque Meurtres à… reste un rendez-vous solide.Regardez-le ICI (disponible jusqu’au 19/12/2028). This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  33. 26

    Indociles / Waywards (Netflix)

    ⚠️ Cet épisode contient de gros spoiler !🎬 Fiche techniqueWaywards (ou le titre français : Indociles), est une série Netflix avec Tony Collette et Mae Martin sortie le 25 septembre 2025. Il s’agit d’un thriller d’environ 8x45min.En 2003, Sous ses airs paisibles la petite ville de Tall Pines dans le Vermont, dissimule un sombre secret. Lorsque deux adolescentes tentent de s’enfuir d’une institution pour « ados en difficulté », la fameuse Tall Pines Academy, dirigée par la mystérieuse Toni Collette, elles croisent la route d’un jeune policier fraîchement arrivé. Ensemble, ils vont découvrir que les ficelles du pouvoir, de la manipulation et du silence sont bien plus profondes qu’elles n’y paraissent…Le contexte* La série est produite par Sphere Media, en collaboration avec Objective Fiction.* Créée et incarnée par l’humoriste non-binaire Mae Martin, déjà dans la série Feel Good. Mae Martin est créatreur.ice, show-runner et acteur.ice principal.e.* La réalisatrice est Euros Lyn (Heartstopper Seasons 1 and 2).Au casting : Toni Collette (Evelyne), Sarah Gadon (Laura), Sydney Topliffe (Abbie), Alyvia Alyn Lind (Leila), Brandon Jay McLaren, ou encore Patrick J. Adams.📍Le tournage a principalement eu lieu en Ontario (Canada), notamment à Millbrook, comté de Peterborough.Origine & Adaptation : Le scénario s’inspire partiellement de la « troubled teen industry » (ces institutions souvent controversées pour adolescents), de sectes ou mouvements d’auto-aide des années 70, comme Synanon, et d’expériences personnelles de l’auteur d’après l’Eclaireur et le Hollywood Reporter.Accueil & audiences : La presse française note un succès rapide sur Netflix, s’installant dans le top 10 de la plateforme dans plusieurs territoires. À l’heure actuelle, aucune annonce officielle pour une saison 2, bien que les créateurs et certains acteurs soient intéressés.🔎 AnalyseL’ArèneL’un des aspects les plus fascinants de Wayward, c’est son arène : Tall Pines. Pas une simple ville, mais une expérience sociale fermée. Une communauté autosuffisante où personne n’a d’enfant biologique, où chaque adulte “adopte” un élève de l’Académie. En supprimant la filiation, la ville efface la mémoire et neutralise la révolte.La Thématique : le conformisme sous toutes ses formesLa série cherche à parler du conformisme, et de la difficulté à s’en libérer. Mais le message se dilue souvent dans le plot et les rebondissements.Wayward explore plusieurs types de conformisme : Parental, Amical, De couple et Sociétal.Il me semble que le message que la série souhaite faire passer est que se libérer du conformisme demande une volonté immense. Beaucoup préfèrent s’y soumettre, car être enfermé dans une cage reste plus rassurant que la liberté et la solitude.On a donc un récit sur l’émancipation qui pose la question : comment devenir soi-même, même quand tout pousse à rentrer dans le rang.Structure : une série Arena Driven déguisée en Plot DrivenPour moi, Wayward coche toutes les cases de l’Arena Driven, mais Netflix a cherché à la rendre plus “bingeable” : ajout d’un mystère central, d’arcs psychologiques individuels, cliffhangers et twists.Or, tout se joue dans l’arène de Tall Pines (un écosystème fermé où chaque disparition est remplacée), le conflit est avant tout idéologique ; il y a plusieurs clans : les anciens (Evelyne, Laura), les élèves (Leila, Abbie), les observateurs (Alex, les habitants).On aurait aimé que la série assume totalement sa logique d’arène et qu’elle explore davantage la ville, la secte, Evelyne, son passé et son idéologie.Le Moteur SérielLe moteur repose sur : le mystère (comprendre ce qu’est vraiment la Tall Pines Academy) et le dévoilement intérieur (jusqu’où les personnages iront pour rester du “bon côté du miroir”).Chaque épisode enlève une couche du mensonge collectif, forçant un personnage à choisir entre conformité et désobéissance, dans une arène qui récompense l’obéissance. Et la peur du vide ramène toujours les personnages à leurs chaînes.Les 3 Arches* 👭 Leila & Abbie : deux adolescentes rebelles, liées par la peur et la culpabilité. Arche du coming-of-age : apprendre la liberté et la solitude.* 🤰 Laura & Alex : un couple hanté par le passé. Arche psychologique : culpabilité, déni, quête de normalité.* 🏫 Tall Pines & Evelyne : le système lui-même. Arche idéologique : quand le ‘soin’ devient contrôle.Point de vue & narrationLigne adulte : Laura & Alex, thriller psychologique / Ligne adolescente : Leila & Abbie, récit sensoriel et instinctif. Deux temporalités, deux prisons, deux reflets d’un même système. L’effet miroir fonctionne, mais brouille parfois le point de vue, qui s’éparpilleCe qui fonctionne* Toni Collette, formidable dans son rôle.* Une ambiance unique et une esthétique maîtrisée entre Big Little Lies et The Truman Show.* Une vraie réflexion sur la filiation, le contrôle, et les techniques de manipulation sectaire.* Des scènes fortes :* la montée de la montagne (type Hunger Games) où la gagnante a le choix d’être libre mais finit par remonter dans le bus par peur de cette liberté et de la solitude,* la scène à la Midsommar où le couple est dépossédé du bébé qui appartient maintenant à la communauté, et où ils finissent par tous se serrer dans les bras à moitié nus.,* Alex qui s’imagine en train d’échapper à la cage, de se sauver avec Abbie et l’enfant mais qui en fait est resté figé. Ce qui fonctionne moins* 🕓 Rythme inégal : lenteur hypnotique (épisodes 2–4), fin précipitée.* Symboles trop appuyés (grenouilles, porte, lumière) sans réelle clarté.* Revirements peu motivés et trop rapides (Alex, Leila).* Evelyne, passionnante mais sous-exploitée.* Plus conceptuel qu’émotionnel : on réfléchit beaucoup, on ressent peu et on reste frustré sur la fin.ConclusionWayward (Les Indociles) est une série fascinante mais inégale. Une fiction d’arène non assumée pleinement, qui explore le conformisme, la culpabilité et la peur d’être soi.Regardez Les Indociles ICI This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  34. 25

    🤠🔮 Néro (Netflix)

    ⚠️ Cet épisode contient de gros spoiler !🎬 Fiche techniqueNéro est une série Netflix d’aventure historico-fantastique, d’environ 8x45min, sortie le 8 octobre 2025.Synopsis: 1504, Sud de la France. Traqué par ses ennemis, un assassin doit retrouver sa fille qu’il avait abandonnée. Ensemble, ils vont devoir traverser des terres hostiles, affronter des ennemis et des forces obscures, et Néro devra faire un choix. Il va devoir choisir entre sauver sa peau ou celle de sa fille… et du reste du monde.* Production : La série est produite par Karé Productions en coproduction avec Bonne Nouvelle productions.* Créateurs et scénaristes : Jean‑Patrick Benes (Le sens de la famille, Kaboul Kitchen), Martin Douaire (OVNI, Le sens de la famille, Fais pas-ci fais pas ça) , Allan Mauduit ((Le sens de la famille, Kaboul Kitchen, Rebelles), et Nicolas Digard (livres de jeunesse, dessins-animées, long-métrages et séries en développement), avec la participation de Raphaëlle Richet (Les Sentinelles, OVNI, Jusqu’ici tout va bien).* Réalisation : Allan Mauduit pour les épisodes 1-4, puis Ludovic Colbeau‑Justin pour les épisodes 5-8.🎭 Avec : Pio Marmaï incarne le rôle principal de Néro, un assassin cynique. Alice Isaaz joue le rôle de la princesse Hortense. Olivier Gourmet dans le rôle du moine Horace. Mais aussi : Lili-Rose Carlier Taboury (la fille de Néro), Louis‑Do de Lencquesaing (Rochemort, le père de la princesse), Camille Razat (la borgne), Yann Gaël (chevalier qui rejoint la bande de Néro), et bien d’autres.📍Tournage : au printemps-été 2024, dans le sud de la France et aussi en Italie et en Espagne.IP : Les créateurs ont initialement envisagé d’adapter le roman Gagner la guerre de Jean‑Philippe Jaworski, mais ont finalement décidé de s’en éloigner pour développer une histoire originale.Audiences : Néro est bien été classée dans les Top 10 Netflix dans plusieurs territoires (ce qui indique un certain succès de visibilité) mais on n’a pas encore d’information spécifique sur les audiences.🔎 AnalyseCe qui fonctionne* Promesse d’anti-héros efficace : Promesse d’anti-héros efficace : prologue percutant, humour noir, ton irrévérencieux, voix off maîtrisée.v* Univers visuel fort : beaux décors et costumes, DA lisible et crédible.* Pio Marmaï : parfait pour le rôle, charismatique.* Ambition de genre, rare en France : aventure + historique + western + fantastique.* Métaphores visuelles fortes : La cicatrice, trace de faute et de transformation. La sécheresse, symbole d’un monde moralement aride.* L’arc du Moine Horace, un arc fort : Le moine vit une vraie transformation spirituelle. Il découvre les mensonges de l’Église et perd sa croyance, mais gagne la lucidité. Là où Néro agit sans comprendre, Horace comprend et retourne sa veste contre l’église.* Une série étonnamment anticléricale assumée : La sorcière, devenue une figure du bien, affirme : “Le diable n’existe pas, c’est une invention de l’Église.” Étonnamment, Netflix valide ce discours sans détour, rare audace idéologique pour une plateforme américaine. Ici, la foi tue, la magie sauve. Il n’y a aucun contre-point à ce propos, on a donc une critique frontale du religieux.Ce qui fonctionne moins* La thématique comporte trop d’axes à la fois : Rédemption individuelle (Néro), fanatisme religieux et manipulation du sacré, disparition de la magie / écologie, filiation et cycle de la faute. Aucun n’est hiérarchisé donc le fond se dilue.Mon interprétation de la thématique : “Ce n’est pas le mal qui détruit le monde, c’est la peur du mal.” car on retrouve cela dans → L’Église crée le Diable pour contrôler, les hommes tuent leurs enfants par peur du démon, Néro ment par peur de perdre, Perla se sacrifie puis la peur cesse, la pluie revient.* Manque de moteur sériel :Les rebondissements s’accumulent sans dilemme interne récurrent, d’où l’impression de regarder un long film sous forme de quête, plus qu’une série.* Problème de point de vue :* On vit tout à travers Néro → bon pour l’action, moins pour la morale car impossible pour le spectateur de prendre du recul. Agirions-nous différemment de Néro dans ses circonstances ? (Sacrifieriez-vous votre enfant pour sauver le monde…?).* Les changements de focale (Horace, Hortense, Perla) donnent l’impression d’une série chorale non assumée. D’ailleurs, la série s’appelle Néro, mais chaque titre d’épisode porte le nom d’un personnage différent, sans pour autant se focaliser réellement sur lui, ce qui est étrange. Il semblerait que Netflix n’assume pas de produire des séries chorales, j’avais eu la même observation pour la série Soleil Noir…* Plot > émotions : poursuites, prophétie, alliances politiques… le conflit interne passe au second plan. Alors qu’on nous vend une série Character Driven (série éponyme…), voix-off interne de Néro… on se retrouve avec plus de conflits externes qu’internes.* Néro n’évolue pas vraiment :* Il ment, manipule, tue au départ pour lui, puis pour “les siens”.* Il croit changer, mais déplace seulement son égoïsme (“moi contre le monde” → “nous contre le monde”).* Le monde autour de lui évolue bien plus que lui : Néro n’est pas le moteur du changement, il en est seulement le témoin. Ce sont les autres personnages qui transforment l’histoire à sa place → Perla devient adulte et se sacrifie, Hortense s’émancipe. La Borgne révèle la vérité du monde. Le Moine ouvre les yeux sur sa foi. Néro est persuadé d’avoir évolué mais reste égoïste et n’a pas l’air d’avoir une prise de conscience à ce sujet. On a donc une impression de flou dramatique, tout bouge, sauf le (anti-)héros. D’ailleurs l’arc d’Horace le moine m’a paru bien plus intéressant que celui de Néro, ce qui ne me semble pas tout à fait normal. * D’autres personnages secondaires sous-exploités : Rochemort, la Borgne, Lothar, Zineb, l’Archevêque… chacun aurait pu incarner une facette de la foi, du pouvoir ou du mensonge.Second screen et lisibilité NetflixNéro semble s’inscrire dans la tendance des séries dites “second screen”, celles qu’on peut suivre en scrollant sur son téléphone. Comme le rappelait The Guardian dans son article du 17 janvier 2025, “Not second screen enough: Is Netflix deliberately dumbing down TV so people can watch while scrolling?”, Netflix favoriserait désormais des formats plus “lisibles” : exposition répétée, rebondissements constants, structure mission-par-mission, pour capter un spectateur distrait. Malheureusement, la nuance se perd.ConclusionNéro est un divertissement ambitieux porté par Pio Marmaï et une DA léchée, avec une promesse émotionnelle père/fille réelle mais sous-exploitée par un moteur très plot-driven.Si vous attendez une série à la portée symbolique claire, avec un vrai fil conducteur thématique et des dilemmes moraux forts, vous risquez d’être un peu dérouté.Par contre, regardez Néro si…* Vous aimez les série françaises ambitieuses, qui mélangent des genres.* Vous chercher un bon divertissement après une grosse journée de boulot.* Vous aimez les fresques historiques visuellement riches.Regardez Néro ICI This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  35. 24

    French Lover (Netflix)

    ⚠️ Je vous spoile dans l’audio et dans l’article. ⚠️PitchContexteLe film est produit pour Netflix, avec la participation de TF1.Les sociétés de production comprennent Zazi Films, Federation Studio France et Korokoro Productions.French Lover est co-écrit par : Noémie Saglio (Plan Cœur, Connasse, princesse des cœurs), Nina Rives (DNA, Pattaya, Tout ce qui brille), également réalisatrice du film, Hugo Gélin (Mon inconnue, Demain tout commence).Au casting on a : Omar Sy dans le rôle d’Abel, Sara Giraudeau (Le Bureau des Légendes, Tout va bien…) dans le rôle de Marion, Pascale Arbillot en agente d’Abel. Avec aussi Amaury de Crayencourt, Agnès Hurstel, Alban Ivanov et Xavier Lacaille.Le film s’inspire de la série israélienne Ish Hashuv Me’od, adaptée pour le public français.French Lover a atteint les premières places du Top 10 mondial Netflix, signe d’un démarrage fort et d’une visibilité internationale. Cependant, selon Netflix & Chiffres, les heures vues révèlent une rétention plus faible.Les points positifsLes dialogues sont bien écrits, avec quelques punchlines et de vrais moments de comédie : la scène du cheval, l’hôpital, ou encore la fuite d’eau qui transforme Abel en homme un peu ridicule.Le duo Omar Sy / Sara Giraudeau fonctionne, et leur “honeymoon phase” est plutôt réussie.Sara Giraudeau apporte une vraie douceur mêlée de caractère, tandis que Pascale Arbillot est excellente dans le rôle de l’agente : son discours sur la “peur du vide” est l’un des rares passages profond du film.Les personnages féminins ne sont pas présentés comme des rivales. Et les seconds rôles (Agnès Hurstel, Xavier Lacaille, Alban Ivanov) ajoutent de la légèreté.La bande-son est soignée, cohérente avec le ton du film, et la réalisation est classique mais efficace.Les points plus problématiquesUne comédie romantique qui ne fait rêver personneLa majorité des rom-coms sont pensées pour un public féminin. Ici, le protagoniste est masculin mais paradoxalement, French Lover ne parle ni vraiment aux hommes, ni vraiment aux femmes.Abel, interprété par Omar Sy, est une star célèbre, charismatique, adulée… difficile de s’y identifier pour un spectateur masculin. Quant aux spectatrices, elles découvrent un personnage colérique, menteur, un peu égoïste, qui ne subit jamais les conséquences de ses actes.Le film peine donc à créer de l’empathie.Marion, elle, reste secondaire. Son existence gravite autour de lui : elle le soutient, l’attend, le console. Et quand on découvre enfin son rêve à elle (ouvrir un foodtruck), il arrive à plus d’une heure de film, et semble daté : encore une femme dont le “grand projet” consiste à nourrir les autres…Même la dynamique de pouvoir inversé (la star masculine face à une femme “normale”) ne fonctionne pas : au lieu d’avoir un renversement, on reste dans un rapport utilitaire. Il brille, elle l’apaise.🎧 Retrouvez une comparaison avec les films L’Arnacoeur, Notting Hill et Hitch dans le podcast audio. Consentement & rapport de forceLa scène du premier baiser est malaisante : il l’embrasse sans prévenir, puis lui demande “tu consens pas ou quoi ?!”, et elle répond “bah si”. CRINGE !Le consentement, c’est avant l’action, pas après.Et la mise en scène rend le rapport de force évident : lui est chez elle, imposant physiquement et socialement.Le film enchaîne assez rapidement : ils couchent ensemble à 55 minutes. Comme si tout devait aller vite, sans laisser le temps à la tension amoureuse de se construire.Dans l’écriture…Pas de pay-in/pay-off : Dommage qu’il n’y en ait aucun. Par exemple, la coïncidence entre la soirée d’ouverture du foodtruck et la cérémonie des Césars n’est pas préparée. Il aurait suffi que Marion mentionne plus tôt une date symbolique pour rendre ce choix crédible émotionnellement.Peu d’enjeux réels : au climax, Abel doit “choisir” entre l’amour et la gloire. Mais il obtient les deux. Il ne perd rien, donc la scène n’a pas de poids dramatique.Timeline floue : impossible de savoir depuis combien de temps ils se connaissent ou vivent ensemble, ce qui rend leur lien moins crédible.ThèmesLe film aborde plusieurs thématiques intéressantes mais dispersées :La quête de reconnaissance : Abel n’existe qu’à travers le regard des autres.Le contrôle et la peur du vide : illustrée par son agente, qui refuse de s’arrêter de peur d’affronter le néant.L’amour comme miroir narcissique : Abel aime l’image que Marion lui renvoie, plus qu’il n’aime Marion elle-même.Le thème central pourrait être :“L’incapacité à se construire autrement que dans le regard des autres.”Mais comme le film s’éparpille, le propos se dilue.Les personnagesAbel (Omar Sy)Un homme charismatique mais creux, qui passe de femmes en femmes sans jamais se remettre en question. Il veut briller, plaire, être admiré.Son arc est circulaire : il commence et finit au même point, sans transformation selon moi. Même lorsqu’il choisit “l’amour”, c’est sans sacrifice réel.Marion (Sara Giraudeau)C’est la femme “simple” qui fait sentir au héros qu’il est quelqu’un de bien.Elle est douce, forte, drôle, mais piégée dans une écriture datée : dépendante émotionnellement et matériellement, elle soutient les hommes au lieu d’exister pour elle-même. Et même lorsqu’elle réussit à la fin (avec son foodtruck), sa réussite semble liée à son divorce… pas à son indépendance réelle.Structure et dramaturgieLe meet-cute : il la prend pour une paparazzi et lui crie dessus. Difficile d’accrocher émotionnellement.Le “All Is Lost” : Marion lui organise une surprise (un séjour dans les Vosges), mais lui doit aller à la fête de fin de tournage, elle n’est pas contente (à raison ! ) mais la scène est floue et ne donne raison à aucun des deux personnages, c’est bien dommage.Le climax : un faux choix entre gloire et amour, sans conséquence.Le dénouement : Abel n’a rien appris, Marion reste dans l’ombre, et tout rentre dans l’ordre.ConclusionFrench Lover partait d’une idée séduisante : inverser le schéma de Notting Hill pour en faire une romance contemporaine sur la célébrité.Mais entre rapport de force bancal et thématiques effleurées, le résultat manque de modernité et de sincérité.Et pourtant, sur le moment, on se laisse prendre : c’est joli, bien joué, plutôt plaisant à regarder.Mais plus on y pense, plus on réalise à quel point le fond reste conservateur :Une belle histoire d’amour bien emballée, qui reprend les codes du romantisme moderne pour faire passer en douceur une vision très datée des rapports hommes-femmes, où la femme reste douce, patiente et compréhensive, et où l’homme, malgré tout, finit toujours par obtenir ce qu’il veut.Et vous qu’en avez-vous pensé ?A regarder ICI.Ps: pour les hommes que mes propos pourraient froisser, ceci n’est pas une attaque contre les hommes, mais contre les récits qui oublient de donner autant de profondeur aux femmes. 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  36. 23

    Mon bilan du Festival de la Fiction de La Rochelle 2025

    Cette année encore, j’ai eu la chance d’assister au Festival de la Fiction de La Rochelle (16–21 septembre). Entre projections, rencontres et… huîtres, j’ai ramené une bonne dose d’inspiration (et une crève carabinée). Voici un condensé de ce que j’ai retenu.Tendances globalesLa qualité de la fiction française progresse, avec une vraie variété de genres et une attention accrue à la direction artistique. Mais en coulisses, le climat reste fragile : baisse annoncée des subventions de France Télévisions, polar et comédie toujours en tête des attentes diffuseurs, comédie romantique qui persiste, tandis que l’historique peine à convaincre… sauf quand il se “déguise” en IP* (Merteuil, Montmartre, Les Sentinelles, Les Disparues de la gare…). *(Intellectual Property). Justement, l’IP et les adaptations restent les valeurs refuge : La Belle et le boulanger (remake israélien), Belphégor, Il était deux fois adaptation du livre de Franck Thilliez, Le parfum du bonheur, adaptation du livre de Virginie Grimaldi ou encore Culte (les 2Be3).Côté stratégie des producteur.ices, quatre approches se dessinent :* Des projets quasi sur commande (selon briefs avec des diffuseurs),* Adaptations étrangères plus rapides à développer que des fictions originales,* Intuitions maison portées par les producteur.ices,* Mise en avant d’auteur.ices reconnu.es.Enfin, la question de la place des femmes a marqué l’édition : plusieurs fictions proposent des héroïnes fortes et des thèmes liés à la liberté, même si certaines réduisent encore cette notion à la seule libération sexuelle.Les fictions vuesAnalyse complète dans la version audio !Les Disparues de la gareBelle ambition sur l’invisibilisation des femmes disparues, mais narration trop linéaire, exposition redondante. Mélanie Doutey émouvante, structure trop étirée sur 6×52’.Format: 6×52’Création : Gaëlle BellanScénario : Gaëlle Bellan, collaboration Mehdi OuahabRéalisation : Virginie SauveurProduction : Itinéraire Productions (Pierre Laugier, Anthony Lancret)Diffusion : Disney+Casting : Camille Razat, Hugo Becker, Patrick Timsit, Mélanie Doutey, Kevin Azaïs, Théo CholbiLes Sentinelles Un “Marvel à la française” réussi visuellement, avec un comédien principal solide. Pas très original mais efficace, même si le point de vue manque de clarté.Format: 8×52’Création : Guillaume Lemans, Xabi MoliaScénario : Guillaume Lemans, Xabi Molia, Raphaëlle Richet (adapté de Dorison & Breccia)Réalisation : Thierry Poiraud, Édouard SalierProduction : Federation Studio France (Lionel Uzan, Thierry Sorel), Esprits Frappeurs (Delphine Clot, Guillaume Lemans)Coproduction : Canal+, UmediaDiffusion : Canal+Casting : Louis Peres, Thibaut Evrard, Kacey Mottet-Klein, Carl Malapa, Olivia Ross, Pauline Étienne, Nastya Golubeva, Noam MorgenszternBelphégor Mystère et décors du Louvre séduisent, mais héroïne trop passive et intrigues frustrantes au 1er épisode.Format: 4×52’Création : Nils-Antoine Sambuc (avec Thomas Mansuy)Scénario : Nils-Antoine Sambuc, Thomas MansuyRéalisation : Jérémy MainguyProduction : Pathé, en coproduction avec M6 et HBO MaxDiffusion : M6 / HBO MaxCasting : Shirine Boutella, Vincent Elbaz, Auré Atika, Tiphaine Daviot, Kad MeradMontmartre Surprise positive malgré un budget serré. Intrigue familiale claire, bons comédiens, une vraie ambition populaire.Format: 6×52’Création : Brigitte Bémol, Julien SimonetRéalisation : Louis ChoquetteProduction : Authentic Prod (Aline Panel, Estelle Boutière), coprod TF1 & Beside ProductionsDiffusion : TF1 (1ère fenêtre), Disney+ (2e fenêtre)Casting : Alice Dufour, Victor Meutelet, Claire Romain, Hugo Becker, Pablo Pauly, Mathilde Seigner, Thibault de Montalembert, Cristiana Reali, Benjamin Baroche, Mikaël Mittelstadt, Valérie KarsentiLe parfum du bonheur Adaptation sensible de Grimaldi, parfois maladroite mais émouvante. Structure en 4 phases du deuil bien trouvée.Format: 4×52’Création / Scénario : Samantha Mazeras (adaptation du roman de Virginie Grimaldi)Réalisation : Baya KasmiProduction : Merlin Productions (Mediawan), Ripley FilmsCoproduction : Be-Films RTBFDiffusion : France 2Casting : Caroline Anglade, Michèle Bernier, Michel Boujenah, Xavier Robic, Félix Moati, Julia Faure, Michèle Moretti, Alex VizorekPécheresses Teen drama provocateur dans un internat catholique. Moins politique que Derry Girls, mais attachant et audacieux.Format: 6×26’Création & Réalisation : Charlotte SansonScénario : Charlotte Sanson (épisode 5 coécrit avec Frédéric Rosset)Production : Empreinte Digitale (Éric Laroche, Raphaël Rocher)Diffusion : CINÉ+ / OCSCasting : Léonie Dahan-Lamort, Rita Benmannana, Ninon François, Lou Sériot, Sonia Bonny, Mireille HerbstmeyerSi je veux3 épisodes, 3 points de vue sur la maternité et la GPA. Bien écrit, touchant et intelligent.Format : 3×40’Création & Réalisation : Bénédicte PagnotScénario : Bénédicte Pagnot, Emmanuelle Mougne, Katell GuillouProduction : Blue Hour Films (Thomas Guentch)Coproduction : France 3 Bretagne, TVR, Tébéo, Tébésud, TV5MONDEDiffusion : France TélévisionsCasting : Chloé Lecerf, Océane Caïraty, Gigi LedronCulte 2be3écriture solide, alchimie entre les trois comédiens, vraie mise en abyme sur la fabrication des stars hier et aujourd’hui.Format : 6×52’Création, Réalisation, Scénario : Yaël LangmannProduction : P33 Studio (Michel Spavone)Coproduction : Famela, UmediaDiffusion : Prime VideoCasting : Antoine Simony, Namory Bakayoko, Marin Judas, Daphné Bürki, Cécile Cassel, Grégory Montel, Frank DelayConclusionUne édition contrastée mais stimulante : entre IP rassurantes, prises de risques mesurées et émergence de nouvelles voix, La Rochelle confirme que la fiction française évoluent !Et vous, qu’avez-vous pensé des séries du festival ? 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  37. 22

    Festival Off-Courts Trouville

    Aujourd’hui, j’ai décidé de consacrer un épisode spécial au Festival Off-Courts de Trouville, qui se tient du 6 au 12 septembre 2025.Un festival, qui a été créé il y a 25 ans, réunit des professionnels et des artistes venus du Québec et des quatre coins du monde. C’est un festival qui fait vraiment vivre la ville et qui est très important pour le public Normand jeune et plus âgé.Dans cet épisode, je vais me concentrer sur celleux dont les films étaient présentés dans les programmes France 1, France 2, France 3 et Carte Blanche FTV, donc majoritairement français, puisque ce sont principalement ces séances auxquelles j’ai pu assister.L’appel (10min40) :Synopsis : Alors qu’Alex est à l’anniversaire d’un ami, elle reçoit un appel de sa sœur. Elle va devoir maintenir cet appel le plus longtemps possible.Pays : FranceAnnée : 2025Genre : DrameScénario & Réalisatrice : Maroussia BleitrachInterprétation : Marine GramondMusique originale : XProduit et distribué par : Dimanche soirEn ces lieux (15min27) : Synopsis : Comme dans une conversation entre amies, quatre jeunes femmes témoignent des abus sexuels qu'elles ont vécu dans des lieux du quotidien. Sur les images de ces décors qui sont comme évidés, elles témoignent dans l'élan d'une sonorité nécessaire et interrogent notre regard : quelle est la mémoire invisible de ces lieux familiers à première vue inoffensifs ?Pays : FranceAnnée : 2024Genre : DocumentaireRéalisatrices : Anastacia Vlasenko et Enora Giboire.Produit et distribué par : Veronika FilmsDétachés (22min59)Synopsis : Vasil, 26 ans, travaille en France dans le bâtiment depuis plusieurs années ; sa femme et son enfant étant restés en Roumanie. Avec Nino, son patron, et Dafina, ils forment une équipe particulièrement soudée et efficace sur les chantiers. Pourtant, en son for intérieur, Vasil a décidé que cette journée serait la dernière de son exil.Pays : FranceAnnée : 2025Genre : Drame socialScénario & Réalisateurs :- Olivier Poisson.- Julien Lilti : Frère de Thomas Lilti (créateur du film et de la série Hippocrate), Julien Lilti a terminé ses études en sociologie et développement rural en 2002. Après un master en cinéma documentaire obtenu en 2003, il a travaillé comme JRI pour Canal+ pendant quatre ans tout en prenant part à plusieurs films devant ou derrière la caméra. En 2007, il quitte le journalisme pour devenir scénariste. Depuis, il a écrit aussi bien pour la télévision (Pahé), que pour le cinéma et le documentaire (Gilles Caron, j’ai voulu voir). Hippocrate, long métrage qu’il a co-écrit, était projeté en clôture de la 53eSemaine de la Critique. Adama, son long métrage d’animation sorti en octobre 2015 a été sélectionné dans de nombreux festivals (Chicago, San Sebastian, Annecy…) et fait partie des trois longs métrages d’animation nominés pour les European Films Awards 2015. Julien Lilti écrit actuellement deux longs métrages et un programme télévisé pour Canal+.Interprétation : Liviu Bora (Caro Nostra, Mortel…), Bellamine Abdelmalek (La Famille Rose, Extra-Lucide (à venir) et Bélphégor (à venir)), Nathanael RutterMusique originale : Jean-Christophe GairardProduit par : Voir le Jour, Les films d'Avalon et 11:11 Éditions O2B FilmsDistribué par : Les films d'AvalonRives (23min54)Synopsis : Deux ados dérivent malgré eux sur une bouée sur un fleuve. Ils vont être recueillis par un frère et une sœur. C’est la rencontre de deux jeunesses issues de deux milieux différents.Pays : FranceAnnée : 2024Genre : Comédie dramatique sociale - chronique initiatiqueScénario & Réalisateur : Arthur Cahn est écrivain et cinéaste. Ses deux premiers romans ont été publiés aux éditions Seuil et Christian Bourgois. Il a participé à l’écriture de plusieurs longs-métrages et écrit et réalisé plusieurs courts-métrages primés en festival. Rives est sa cinquième réalisation.Interprétation : Victoria Eber (bientôt dans Eté 36 et Un jour on fera l’amour), Luna Aglat, Guillaume Soubeyran (bientôt dans La Famille de Ziad Doueiri), Simon Jaspart.Musique originale : Antoine GlatardProduit par : 5 à 7 Films et Films Grand HuitDistribué par : ManifestPar souci pédagogique (20min33)Synopsis : Brigitte, la cinquantaine, est prof d'EPS dans un lycée. Déplorant l'absence de garçons dans l'option danse qu'elle anime, elle tente de convaincre l'un de ses élèves dont elle a perçu le potentiel, Krimo, d'y participer. Mais Krimo ne se laisse pas facilement persuader et quand Brigitte, fatiguée d'entendre ses « va niquer ta mère » permanents, lui suggère en plein cours d'aller plutôt « enculer son père » pour changer, les choses dégénèrent…Pays : FranceAnnée : 2025Genre : Comédie socialeScénario & Réalisateur•rices :- Charlotte Cayeux : Après un Master en Études Cinématographiques et Audiovisuelles à l'Université Paris 3, Charlotte Cayeux a écrit et réalisé huit courts-métrages diffusés dans de nombreux festivals, parmi lesquels Ceux qui peuvent mourir et Nos horizons. Son premier roman, L’autre Amhed ou l’attente, a été publié en 2021.- Hassan Benali : Formé au CLCF, Hassan Benali réalise des courts-métrages comme Proz (2011) et T’es con ou quoi ? (2019), explorant l’adolescence, l’identité et l’humour social. Il exerce comme assistant mise en scène sur des téléfilms, des courts métrages et autres productions audiovisuelles. Il a écrit le film d'animation "Le Prince au bois dormant" produit par Prototypes Productions. En parallèle, il dessine et sa bande dessinée Brèves de prison est parue en 2021 aux éditions de la Pigne. Depuis 2022 à 2025, il a travaillé chez une grande chaîne de télévision nationale en tant que Chargé de création multimédia.Interprétation : Julie Ferrier, Guillaume Marius, Hicham Talib, Julie Hadida, Patrice Tepasso, Pierre Kiebbe, Caroline Erdman.Musique originale : Lisa ChevalierProduit et distribué par : Hippocampe ProductionsMort d’un acteur (21min51)Synopsis : Philippe Rebbot est annoncé mort par les médias et les réseaux sociaux. Premier problème : il va très bien. Second problème : la rumeur prend de l’ampleur, malgré ses tentatives de démenti.Pays : FranceAnnée : 2024Genre : Comédie noire / satireScénario et Réalisateur : Ambroise Rateau - Né à Paris en 1995, Ambroise Rateau étudie l'écriture de scénario à la Fémis (classe Série 2023). Après plusieurs films autoproduits, il réalise son premier court métrage avec Punchline Cinéma : « Mort d'un Acteur », avec Philippe Rebbot et Finnegan Oldfield. Lauréat du prix France 2 Histoires courtes au festival Paris Court Devant, le scénario est une comédie noire sur les fausses informations et les dérives du numérique. Plaçant le travail de l'acteur au centre, il cultive une écriture alliant férocité et sensibilité, teintée d'absurde et d'onirisme.Interprétation : Philippe Rebbot (De Grace…), Finnegan Oldfield, Marc Riso (Un ptit truc en plus et bientôt Ma femme est une espionne, Le Diplôme, Grandiose…), Afrika Baso-GohierMusique originale : Victor BarancyProduit par : Punchline CinémaDistribué par : ManifestEn beauté (19min05)Synopsis : Après cinquante ans d'amour, Anne et Léon ont décidé de mettre fin à leurs jours pour partir en beauté. Endimanché, le couple attend la mort, main dans la main... mais leur plan tourne court lorsqu'une discussion anodine sur l'oreiller fait éclater une dispute. Visiblement, il leur reste des choses à régler avant de passer l’arme à gauche.Pays : FranceAnnée : 2024Genre : Comédie noire intimisteScénario & Réalisateur : Rémi Mardini - est un jeune scénariste et réalisateur. Après des études à Sciences-Po Paris, il a obtenu un Master 2 en Écriture de scénario et Écriture audiovisuelle à l'Université Paris Nanterre. Depuis, il développe des projets de courts et longs métrages, souvent à la frontière de la comédie et du suspense. En Beauté est son premier court métrage.Interprétation : Saadia Bentaïeb, Jackie BerroyerMusique originale : Clémence DucreuxProduit par : Capricci Films et Bobi LuxDistribué par : Capricci FilmsSam & Lola (20min54)Synopsis : Sam et Lola ne supportent plus leur troisième coloc, l’infernal Paul. Lorsqu’à la suite d’une énième dispute, elles le tuent par accident, c’est la panique. Et ça ne va pas en s’arrangeant lorsque Katty, la copine de Paul débarque dans l’appartement.Pays : FranceAnnée : 2024Genre : Comédie noireScénario : - Mahaut Adam, a écrit et réalisé son premier film en 2023, Mon petit Papa, dans lequel elle donne la réplique à Anaïde Rozam, Jean-Luc Vincent et Martin Jauvat. Cette comédie hilarante et déjantée, sélectionnée au festival de Pantin et primée à Cabourg, faisait partie de la Sélection Officielle des Courts Métrages de Fiction des César 2024. Avec Sam & Lola, Mahaut met son humour acéré au service d'un buddy movie féministe, formant avec Anaïde Rozam et Eva Huault un trio aussi déjanté que libre.- Martin Jauvat (Le Sang de la veine, son premier film « produit » est sélectionné aux César du court métrage 2022, Son premier long métrage, Grand Paris est présenté dans la sélection ACID au Festival de Cannes 2022, BAISE-EN-VILLE a été primé sur scénario dans le cadre du Prix à la Création 2024 de la Fondation Gan.)Réalisatrice : Mahaut AdamInterprétation : Anaïde Rozam, Mahaut Adam, Eva Huault, Martin JauvatMusique originale : Thomas KrameyerProduit par : Les Films Norfolk et Zinc.Distribué par : ManifestEssling (20min19)Synopsis : Sud de la France. Adrien, pisciniste, pose un volet chez un gros client : Vincent, sexagénaire qui noie le départ de sa femme dans le pastis, la xénophobie et la passion pour sa chienne Essling. Ce jour-là, le canidé disparaît malencontreusement. Vincent bascule alors et embarque Adrien dans une quête insensée à la recherche d’un bouc émissaire.Pays : Belgique, FranceAnnée : 2024Genre : Comédie noire / Buddy movieScénario & Réalisateurs : - François Bierry : né en 1981. Après des études de droit à Strasbourg, il rentre à l’IAD (Institut des Arts de Diffusion) en Belgique. Scénariste et réalisateur pour la télévision belge, il réalise son premier court métrage, Solo Rex, en 2014. Le film rencontre un grand succès en festivals, où il remporte de nombreux prix. Il développe actuellement son 1er long métrage de fiction : Seuls les poissons…- Thomas Van Zuylen : Diplômé de l'Institut des Arts de Diffusion, il s'initie au ‘cinéma direct’ sous la houlette de Manu Bonmariage. Ses études terminées, il réalise "Premier Ministre ou Rien"(52') un documentaire dans le style « Strip-tease » sur la participation aux élections législatives du premier parti décroissant belge.Interprétation : Fred Tousch, Etienne Alaga II (agent immo), Ludivine Portalier (Cimetière Indien)Musique originale : Eloi RagotProduit par : Apoptose, Offshore et 13 ProdsDistribué par : Agence belge du court-métrageAccalmie (21min02)Synopsis : Annabelle, la cinquantaine, est devenue invisible pour sa famille. Elle vit en pilotage automatique. Ahmad, un jeune Syrien, un chien et une randonnée en montagne vont rebattre les cartes de son existence.Pays : FranceAnnée : 2024Genre : Drame - chronique intimisteScénario & Réalisateur : Martin Geisler - Après une maîtrise de philosophie, Martin Geisler réalise pendant plus de 10 ans des films publicitaires qui sont régulièrement sélectionnés et primés dans les festivals. Martin est également producteur au sein de Karus Films. En 2019, il écrit et réalise "Match", un court métrage sur la rivalité masculine à 20 ans. Ce film est sélectionné et primé dans de nombreux festivals, en France et à l’étranger. Après une résidence au Groupe Ouest, il tourne en 2024 son deuxième court métrage : "Accalmie", soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et lauréat de la résidence musique de la Chaise-Dieu. Son prochain court métrage, "Mâ" , soutenu par le CNC et par la Région des Pays de la Loire, est actuellement en pré-production. Martin travaille parallèlement sur l’écriture de son premier long métrage : "le Brame du cerf", projet lauréat de l’Aide à l’écriture Beaumarchais-SACD.Scénario en collaboration avec Hélèna Colin et Floriane de SorasInterprétation : Julie-Anne Roth, Ahmad Kontar (Le Diplôme)Musique originale : Sylvain LivenaisProduit par : Dimanche soir, Téléphone Maisons Films et Karus FilmsDistribué par : Eroïn ProductionsLe dernier homme de Vicky Venucci (23min06)Synopsis : Vicky Venucci est actrice pornographique et s'apprête à tourner la scène la plus importante de sa jeune carrière. Mais une fois le moment venu, elle décide de s'enfuir du plateau pour rejoindre son père qu'elle n'a pas vu depuis des années.Pays : FranceAnnée : 2025Genre : Drame initiatiqueScénario & Réalisatrice : Swann Dupont est titulaire d'un master de cinéma de l'Université Paris-Diderot, spécialité Nouvelle Vague. Elle a débuté sa carrière professionnelle comme comédienne, avant de se tourner vers l'écriture de scénario, découverte lors d'une résidence d'écriture au Moulin d'Andé. Le dernier homme de Vicky Venucci est son premier film, dont le scénario a été sélectionné dans plusieurs festivals (Paris court devant, Valence, Marseille). Parallèlement, Swann écrit plusieurs bandes dessinées, notamment pour Albin Michel et Aire Libre, sur les thèmes de l'âge d'or du cinéma érotique dans les années 70 et de l'histoire de la prostitution. Toujours curieuse de découvrir de nouveaux supports pour explorer ce qu'elle appelle sa « thématique obsessionnelle », elle a publié sa première nouvelle érotique, Le Quarante-troisième, aux éditions La Musardine en 2022, et vient de terminer l'écriture d'un roman autobiographique, Fille de pute, actuellement en recherche d'éditeur.Interprétation : Alba Gaïa Bellugi, Laurent FernandezMusique originale : Rémi BoubalProduit par : Punchline CinémaDistribué par : ManifestTN sensible (8min52)Synopsis : Naïm quitte son mobil-home de banlieue, où il squattait avec ses amis. Il aperçoit Léa au loin et en pince pour elle. Méfiante et curieuse, elle s'approche. Leur amitié naissante est vite brisée par l'arrivée de la bande de Naïm.Pays : France Année : 2025Genre : Romance - Drame socialScénario & Réalisatrice : Juliette Moncuit - Née en 1999 et originaire du 92, Juliette Moncuit se forme au Cours Florent en tant que comédienne avant de s’intéresser à l’écriture et à la réalisation. Autodidacte, elle est aujourd’hui professeure d’art dramatique, programmatrice et directrice de casting. Alliant un univers brut comme empreint de poésie, TN Sensible est réalisé en un seul jour de tournage et en auto-production.Interprétation : Léa Billard, Naïm BakhtiarMusique originale : Louis ChenuProduit et distribué par : Juliette MoncuitSmells like kids spirit (19min13)Synopsis : L’été de Rita bascule quand Brooks, un musicien américain, séjourne dans le ranch où elle vit seule avec sa mère. Ancien amant de cette dernière, il ravive leur amour sous le regard de l’enfant en quête d’un père. Une fascination troublante naît, où se mêlent premiers émois et mystères des adultes.Pays : FranceAnnée : 2025Genre : Drame initiatique - coming of ageScénario & Réalisatrice : Aude PépinInterprétation : Marnie Louise Tennessee, François Verkerk, Kate Moran, Blanca MignonMusique originale : Bryan’s Magic TearsProduit par : Topshot Films et Bootstrap Label Distribué par : ManifestVautours (14min43)Synopsis : Dans les minutes tendues qui suivent un accident de voiture, avant l'arrivée de la police, un chauffeur de dépanneuse se bat afin de remorquer le véhicule accidenté. Mais la situation lui échappe rapidement.Pays : France, Afrique du SudAnnée : 2025Genre : Drame - ThrillerScénario & Réalisateur : Dian Weys est un cinéaste sud-africain. Il a étudié le droit à l'Université de l'État libre, est titulaire d'un master en études cinématographiques avec mention de l'Université du Cap et est actuellement doctorant à l'Université de Groningue. Il est le scénariste et réalisateur de trois courts métrages, « Accelerate » (2017), « Farmhouse » (2021) et « Bergie » (2022), qui ont été projetés dans plus d'une centaine de festivals, dont Clermont-Ferrand, Tampere, Palm Springs, Message to Man et ZINEBI Bilbao. « Bergie » a remporté le Tanit d'Argent du meilleur court métrage aux Journées cinématographiques de Carthage. Son dernier court métrage, « Vautours » (2025), a été sélectionné en Compétition Officielle des Courts Métrages au 78e Festival de Cannes.Interprétation : Edwin van der WaltMusique originale : XProduit par : Insolence Productions et Electronic Roof FilmsDistribué par : Salaud MorissetHurikan (13min07)Synopsis : Hurikán se rue pour sauver son stand de bière préféré et impressionner son crush, la barmaid, en ouvrant un nouveau fût. Dans un quartier de Prague violent, il affronte voleurs, flics et sa propre soif.Pays : France, République tchèque, Slovaquie, BosnieAnnée : 2024Genre : Animation - ComédieScénario : Jan Saska, Václav HasekRéalisateur : Jan Saska - est un réalisateur et auteur de bandes dessinées tchèque, diplômé de l'Académie du Film de Prague (FAMU). Il a fondé en 2012 avec deux amis le collectif "True Lovers". Son film de fin d'études "Happy End", comédie à l'humour noir, a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, pré-nominé pour les Oscars, et a reçu une trentaine de prix à travers le monde.Interprétation : Johana Matoušková, Patrik VelekMusique originale : XProduit par : Last Films MAUR Films, Laïdak Films, Artichoke et Aeon ProductionDistribué par : Miyu DistributionDieu est timide (15min34)Synopsis : Lors d'un voyage en train, Ariel et Paul s'amusent à dessiner leur plus grandes peurs lorsque Gilda, une étrange passagère, s'invite dans leurs confidences. Son expérience de la peur ne semble néanmoins pas aussi innocente que leurs dessins.Pays : FranceAnnée : 2025Genre : Animation - Drame/horreurScénario & Réalisateur : Jocelyn Charles - Jocelyn Charles s'est formé aux arts appliqués à l'école Boulle, Estienne, puis aux Gobelins, où il a affiné son dessin et sa maîtrise de l'animation. Réalisateur de clips musicaux (The Weeknd, L'Impératrice), de courts métrages et illustrateur, il développe un univers visuel singulier.Interprétation : Danièle Evenoux, Alba Gaïa Bellugi, Anthony BajonMusique originale : P.R2BProduit par : RemembersDistribué par : ManifestDîtes-moi ceux qui vous font le plus envie ! This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  38. 21

    📜 Meurtres à Douai

    ⚠️ Je SPOILE l’unitaire entier pour mieux l’analyser. L’épisode s’adresse donc à celleux (oui on passe à l’écriture inclusive) qui ont déjà vu Meurtres à Douai ou qui ne comptent pas le voir ⚠️.SynopsisDans une église de Douai, le corps d’un homme est retrouvé dans le confessionnal, mis en scène de manière à rappeler les procès de l’Inquisition ayant marqué la région au XVe siècle. Pour résoudre ce crime énigmatique, la commandante Clara Baudran (Sonia Rolland), de retour dans le Nord, est contrainte de faire équipe avec Jérôme Santerre (Nicolas Bridet), un amour de jeunesse qu’elle croyait devenu prêtre, il est aujourd’hui policier et père d’un adolescent.🎬 Fiche techniqueTéléfilm unitaire de 90 minutes, diffusé le samedi 6 septembre 2025 à 21h10 sur France 3 (et disponible en replay sur France.tv).* Production : L’unitaire est produit par Box Fish Productions (aussi derrière le court-métrage Camping Sauvage et le documentaire Wonder Boy), en coproduction avec France Télévisions.* Scénario : Céline Decoox (Astrid et Raphaëlle, Tropiques Criminels, Camping Paradis…) et Adeline Laffitte (Tandem, Camping Paradis, Tom & Lola…)* Réalisation : Pascale Guerre (ITC, Cassandre, Tropiques Criminels…).🎭 Avec : Sonia Rolland (Ancienne Miss France des années 2000, actrice sur Tropiques criminels, Midnight in Paris) dans le rôle de Clara Baudran, Nicolas Bridet (Tu seras mon fils, Je vais bien, ne t’en fais pas) dans le rôle de Jérôme Santerre, Arièle Sémenoff (Les Visiteurs, Les Tuche) dans le rôle d’Eliane Baudran, Aziz Aboudrar (Visitors, Engrenages) dans le rôle de Sofiane Halimi, Gavril Dartevelle dans le rôle de Marceau Santerre, Hanaé Rollier-Bertetti dans le rôle de Joséphine, Alice Favreul dans le rôle d’Alizée et Sarah Denys dans le rôle de Juliette Poquin.📍 Tournage : principalement à Douai, cité de Gayant mais aussi à Roubaix, Tournai, Lille, Lambersart et Armentières entre le 14 octobre -12 novembre 2024.🎶 Musique originale : Maïdi Roth🎯Audiences : Meurtres à Douai a largement dominé la soirée du samedi 6 septembre 2025 sur France 3, en réunissant environ 4,17 millions de téléspectateurs, soit une part d’audience de 25,2 %. Meurtres à Douai se situe dans la moyenne haute de la collection : certains épisodes récents comme Meurtres à Honfleur en 2025 (4,52 millions) ou Meurtres à Amiens en 2022 (4,5 millions) ont fait un peu mieux, mais beaucoup d’autres unitaires oscillent plutôt entre 3,5 et 4 millions de téléspectateurs.🔎 AnalyseThématiqueLa thématique que j’ai trouvé est la suivante : jusqu’où le passé, qu’il soit historique ou personnel, façonne-t-il le présent ? L’unitaire mélange mémoire locale (Inquisition, beffroi, carillons) et histoire contemporaines (harcèlement, revenge porn, écoute institutionnelle défaillante). Il interroge la chaîne des responsabilités. Pas seulement qui tue, mais qui n’a rien fait/est resté inactif au lieu d’aider la victime.Moteur narratifComme tous les “Meurtres à” il s’agit d’un procédural à ancrage patrimonial.* Ici, chaque piste renvoie à un élément de Douai (rites, légendes, lieux).* Tandis que le duo Clara/Jérôme sert d’accélérateur émotionnel:* Anciens amants : ils sortaient ensemble à la fac et du jour au lendemain, Jérôme l’a quittée sans rien lui dire, parti au séminaire pour devenir prêtre en entrant dans les ordres. Elle a très mal vécu cette période et a été harcelée à la fac à cause de cela, ce qui l’a poussée à partir vivre à La Réunion.* Seconde chance/le pardon…: Lorsque Clara a été harcelée, personne n’a rien fait, ni Jérôme qui ne savait rien de son mal-être, ni leurs amis communs, ni l’établissement, ni la police. Jérôme lui demande pardon, ainsi que les amis qu’elle n’a pas vu depuis qu’elle était partie.* Le fil rouge, c’est la liste écrite de noms, retrouvée dans la main de la première victime Nicolas (Nicolas - prof au collège n’ayant pas écouté la détresse d’une ado (Eva) / Stéphane - le médecin qui est resté passif face au désarroi de cette même ado / Marc (qui finalement se révèle être Marcia (la principale du collège d’Eva qui a fait la sourde oreille) et Marceau - le petit copain d’Eva qui a partagé les “Nudes” d’Eva à son pote Tom - le fils de la proviseur) et la logique punitive d’une vengeance ciblée contre l’inaction autour d’Eva qui a fini par se suicider en sautant du Beffroi. Character driven (40%) : Le cœur de l’unitaire repose beaucoup sur Clara : son retour à Douai, son trauma de jeunesse (harcèlement), sa relation contrariée avec Jérôme et leurs enfants qui s’impliquent dans l’affaire. Les choix personnels orientent clairement l’enquête (Clara écarte Jérôme puis le réintègre, Marceau devient central, la grand-mère et Jo nourrissent la dynamique).Les conflits sont majoritairement internes : trauma de Clara, culpabilité de Jérôme, adolescents pris dans la spirale des nudes, question intime de la responsabilité parentale : jusqu’où aller pour protéger ou venger les siens ? Qui résonne avec la vengeance de Pauline (mère d’Eva) et la question posée à Clara à la fin de l’unitaire : “Vous auriez fait quoi si c’était votre fille ?”.Arena driven (35%) : L’épisode exploite beaucoup l’arène douaisienne : beffroi, carillons, fête médiévale, souterrains, symboles inquisitoriaux, vocabulaire local (capirote - chapeau type KKK, procès…). Cette immersion territoriale est l’une des spécificités les plus visibles de l’épisode, même si elle est parfois un peu lourde.Les conflits sont avant tout relationnels, politiques et institutionnels : tensions avec la procureure et la hiérarchie, poids d’un passé inquisitorial, institutions scolaires et judiciaires qui n’écoutent pas les victimes, communauté complice par son silence… Et pose la question, jusqu’où va la responsabilité de ceux qui se taisent ou détournent le regard ?Plot driven (25%) : La mécanique de la liste (Nicolas / Stéphane / Marc-ia), la succession des meurtres et l’urgence imposée par la procureure assurent une structure procédurale classique, mais elle reste au service des personnages et de l’arène, plutôt qu’au premier plan.Avec des conflits externes : course contre la montre pour arrêter le tueur avant qu’il ne frappe à nouveau, vérification d’alibis, protection des prochaines victimes. Et cette question, peut-on faire justice soi-même quand la police, l’école ou les pairs n’ont pas protégé une victime ?Crescendo dramatique en trois temps1. Mise en place et fausses pistes : meurtre mis en scène dans l’église, polémiques autour de la BD Les Hérétiques de Douai, suspects “académiques” (historienne féministe, thésard et réseau “sataniste”).2. Accélération, deuxième victime : médecin retrouvé étranglé, incendie criminel au collège du bureau de la Principale ; l’enquête bascule vers le harcèlement d’Eva et la responsabilité des adultes.3. Confrontation et révélation : au beffroi, Pauline (la mère d’Eva) tente d’exécuter Marceau ; mobile : faire payer l’inaction (prof, médecin, proviseure, petit copain). Arrestation, aveux, retentissement intime pour Clara, Jérôme et leurs enfants.Arches narratives* Policière : la liste, les alibis, et les symboles de l’Inquisition utilisés dans les mises en scène des meurtres, que les enquêteurs doivent interpréter.* Personnelle : Clara/Jérôme (amour passé, remords, parentalité), Marceau/Jo et la question de la responsabilité des adolescents.* Sociale : harcèlement scolaire et silence des institutions ; responsabilisation des adultes ; angle féministe (misogynie, disqualification de la parole).HumourTouches légères et inégales (Sofiane, sandwich au maroilles, la grand-mère en haut-parleur dans la voiture, quelques quiproquos), mais l’ensemble reste sérieux.❌ Ce qui fonctionne moinsDémarrage trop long, suspense amoindri : le lien d’un personnage central à l’affaire (Ludovic) est trop vite évident, dès les premières minutes, Ludovic, le mari de Pauline (mère de l’ado qui s’est suicidée), s’inquiète pour le prêtre et mentionne la dépression de sa femme à la sortie de l’église. Indice trop appuyé pour ne pas y voir une connexion avec l’enquête. Le récit tente ensuite de détourner l’attention en introduisant d’autres suspects, mais ceux-ci sont rapidement disculpés par la police (alibis éliminés trop vite, poursuite et arrestations un peu faciles), ce qui laisse peu de place au doute et affaiblit la tension. Pareil on devine bien avant la fin que c’est Tom (fils de la proviseur du collège, ami de Marceau et à qui Marceau à envoyé les “Nudes”) qui a envoyé les nudes à tout le lycée. C’est dommage.Un équilibre qui finit par alourdir le récit : On reproche parfois à certains Meurtres à de privilégier un aspect au détriment des autres, la relation entre les flics (Meurtres à Chartres avec un couple à la ville comme à l’écran) ou l’ancrage culturel et personnel au détriment de l’intrigue policière (Meurtres aux Marquises). Ici, Meurtres à Douai cherche clairement l’équilibre : character (40 %), arena (35 %) et plot (25 %) sont tous mis en avant, avec l’ambition d’être « bon » dans chaque domaine. Mais à vouloir tout couvrir, le récit s’alourdit.Le démarrage concentre énormément d’informations, notamment historiques : jargon, détails inquisitoriaux, références médiévales. On apprend des choses, certes, mais cette approche didactique peut sortir le spectateur de la fiction et rapproche parfois l’unitaire du documentaire, au détriment du divertissement. Tout dépend de ce que l’audience vient chercher.Même constat côté thématique : harcèlement, suicide, institutions défaillantes, féminisme, mémoire inquisitoriale, pardon… Autant d’éléments qui se rejoignent, mais dont la profusion finit par saturer le récit. À cela s’ajoute un parallèle très appuyé entre la backstory de Clara (elle-même victime de harcèlement) et l’affaire centrale. L’intention est claire, mais le miroir manque de subtilité, créant une impression de redite et un certain côté moralisateur par répétition du message.La vraisemblance pose aussi problème à plusieurs reprises. Les enfants sont intégrés de manière un peu trop facile à l’enquête (stage de Marceau, découvertes dans l’ordinateur de la police, etc.). De la même manière, certaines coïncidences paraissent forcées, comme la poussette qui empêche Clara de tirer sur un fugitif en scooter. Les mises en scène des crimes, très sophistiquées, interrogent aussi : difficile de croire qu’une mère isolée ait pu orchestrer de tels dispositifs, tout en laissant sciemment des indices (la liste de noms dans les mains des victimes). On devine le besoin d’une logique policière, mais le procédé reste artificiel. Le lien entre les peintures de la “fille rousse” et Eva est lui aussi tiré par les cheveux : il faut comprendre a posteriori que les élèves, ayant vu les nudes circuler, auraient projeté son image sur les représentations historiques. Une idée intéressante sur le papier, mais trop implicite pour être vraiment percutante.Les thématiques manquent parfois de profondeur. Le harcèlement de Clara est évoqué, mais reste si vague qu’il ne pèse pas vraiment dans le récit, réduisant la portée du parallèle avec Eva. Le timelock, censé donner du rythme, se résume à une injonction de la procureure, “il faut aller vite car la presse s’en empare”, ce qui manque de force dramatique. Enfin, la sous-intrigue de Sofiane et de sa non-promotion, présentée comme un fil rouge secondaire, reste confuse : ses méthodes sont différentes, certes, mais pourquoi ses résultats ne suffisent-ils pas à le faire reconnaître ? On a l’impression d’une piste à peine esquissée.Le traitement des personnages reste inégal. Le duo Clara/Jérôme manque d’alchimie dans la première partie, même si leur complicité s’installe un peu plus sur la fin. L’arc de Jérôme, ex-prêtre devenu flic, peine à convaincre. La grand-mère et la procureure apparaissent anecdotiques, et leur présence n’a que peu d’impact sur l’intrigue. Quant aux adolescents, leur jeu est contrasté : Marceau est plutôt juste, mais ne laisse transparaître ni réelle peine, ni remords en lien avec la mort d’Eva, ce qui fragilise l’émotion de son arc. Jo, de son côté, réagit de manière étonnamment légère face à Tom “elle est dégoûtée, elle l’aimait bien quand même”..., l’auteur de la diffusion des nudes, comme si la gravité des faits lui échappait.Le scénario soulève aussi une frustration autour du personnage de Tom. Qu’il soit l’auteur de la diffusion des nudes n’a rien de surprenant, mais le fait d’en faire le fils de la principale paraît sous-exploité. Il aurait été plus fort dramatiquement que cette mère choisisse de protéger son fils en gardant le silence, incarnant ainsi l’institution complice. Or, elle se contente de détourner le regard pour préserver l’image de son établissement, et surtout, elle ne subit aucune conséquence. Là encore, la question demeure : qu’arrive-t-il à ceux qui n’ont rien fait ? Tom, en classe de troisième, risque quelques travaux d’intérêt général, mais la principale, elle, sort indemne de l’affaire. Le message se dilue et perd en force.✅ Ce qui fonctionneL’unitaire réussit d’abord à s’ancrer fortement dans son territoire. Douai n’est pas qu’un décor, mais devient un véritable personnage avec son beffroi, son carillon, ses souterrains, son vocabulaire médiéval et son histoire inquisitoriale. Cet ancrage culturel donne une identité marquée à l’épisode et justifie pleinement son inscription dans la collection “Meurtres à…”.La dimension sociétale est également pertinente. L’affaire d’Eva, victime de harcèlement et de diffusion de nudes, met en lumière la difficulté des victimes à être entendues, et plus encore lorsqu’il s’agit de femmes. Le récit adopte ainsi un regard féministe assumé sur l’inaction coupable des institutions. Un détail marquant illustre bien cette critique : le prédécesseur de Clara, un commandant que l’on ne voit jamais mais dont on nous rappelle qu’il affichait des posters de femmes dénudées dans son bureau. C’est auprès de lui que Pauline, la mère d’Eva, avait tenté de déposer plainte, sans être écoutée. Ce choix scénaristique, discret mais efficace, renforce la cohérence thématique et souligne à quel point une plainte ignorée peut avoir des conséquences tragiques. Toutes ces victimes auraient pu être épargnées si la parole de Pauline avait été prise au sérieux.La dramaturgie trouve sa cohérence dans le troisième acte. Les confrontations finales tendues, au beffroi et dans la salle d’interrogatoire, donnent son intensité au récit. Les différents fils narratifs, enquête policière, drame personnel et dimension sociale, se rejoignent, et toutes les graines plantées depuis le début finissent par trouver un sens, même si parfois de manière un peu laborieuse. Ce dernier segment emporte néanmoins l’adhésion et clôt l’épisode sur une note forte.ConclusionMeurtres à Douai respecte l’identité de la collection : un polar ancré dans un patrimoine local, enrichi d’une résonance sociale. L’unitaire assume une double ambition, divertir et questionner, et s’il peine parfois à trouver le juste équilibre, il a le mérite de chercher à combiner enquête, mémoire collective et propos sociétal. Un épisode qui séduira surtout celleux qui apprécient les polars territorialisés à forte portée sociale, moins ceux qui cherchent une enquête efficace, plus axée sur le suspense que sur les discours.Regardez l’épisode ICI. This is a public episode. 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  39. 20

    🏠🔓Dans de beaux draps (France TV)

    🎬 Fiche techniqueMini-série, comédie familiale, en 6×52 min disponible en intégralité sur france.tv depuis le 28 août 2025, et en prime-time sur France 2 à partir du 10 septembre 2025.* Création originale de Sarah Tissandier, co-écrite avec Fabrice de Costil.* Production : La série est produite par Redstone (Valérie Tubiana), en coproduction avec France Télévisions.* Scénario : Sarah Tissandier (The Collection, La Petite Histoire de France, Scènes de Ménages) et Fabrice de Costil (Meurtres à Tahiti, Camping Paradis).* Réalisation : Stéphanie Pillonca (Disparition Inquiétante, Enquête Parallèle).🎭 Avec : Éléonore Bernheim dans le rôle de Justine Blanchet. Gil Alma dans le rôle de Rémi Blanchet. Charlie Bruneau dans le rôle de Kathy Malinsky. Arié Elmaleh dans le rôle de Jérôme Malinsky. Amaury de Crayencour dans le rôle de Gauthier Gouget. Avec également Marie-Christine Adam, Bernadette Le Saché, Carima Amarouche, Camille Genau, Axel Auriant…📍 Tournage : automne 2024 – hiver 2025 dans la région Hauts-de-France, principalement autour de Lille et Marcq-en-Barœul.🎶 Musique originale : Maxime Desprez & Michaël Tordjman.🏆 Sélection : présentée en avant-première au Festival de la Fiction de La Rochelle 2025.Synopsis: Les Blanchet sont sur le point d’accéder au saint des saints de la haute bourgeoisie quand ils se retrouvent ruinés et privés de ressources. Incapables d’assumer ce déclassement, ils vont peu à peu passer du côté obscur de la force pour sauver les apparences... trouvant dans leur double vie rocambolesque et dangereuse un retour de flamme inattendu.Anecdote: La créatrice Sarah Tissandier s’est inspirée de sa propre expérience : après un licenciement, elle a caché la vérité à sa famille, vivant plusieurs mois dans le mensonge par peur du déclassement. Une situation à la fois pesante et comique, qui lui a donné l’idée d’imaginer un couple entraîné malgré lui dans des combines de plus en plus folles.🔎 AnalyseThématiqueJusqu’où peut-on aller pour sauver son confort ou son image ? Dans Dans de beaux draps, cette ligne rouge prend la forme du déclassement social et de la peur de perdre son statut. La série illustre comment l’apparence devient une stratégie de survie, quitte à plonger ses protagonistes dans une spirale de mensonges et de combines. Entre satire sociale, vaudeville et thriller domestique, elle met en lumière les contradictions d’une époque où sauver les apparences compte parfois plus que la vérité.Moteur sérielLe récit repose sur une spirale de mensonges. À chaque épisode, Justine et Rémi imaginent une nouvelle combine pour protéger leur image : faux cambriolage, arnaque, vengeance, kidnapping… Mais chaque tentative entraîne une conséquence imprévue qui les enfonce davantage. Type de conflitDans de beaux draps est une série avant tout:* Character driven : L’histoire naît du couple Justine et Rémi, leur peur du déclassement, leur besoin de sauver les apparences, leurs choix douteux mais drôles. Le moteur principal, ce sont leurs émotions (honte, peur, fierté, amour familial), leur dynamique de duo, leur double identité. * Elle comporte aussi une forte composante arena driven, car l’arène sociale (la bourgeoisie provinciale, la pression du regard des autres, le voisinage, les réseaux d’influence) nourrit énormément le conflit. C’est bien parce qu’ils veulent rester dans ce monde-là, qu’ils basculent dans la double vie.Crescendo dramatique en trois temps⚠️ SPOILER * Episodes 1 et 2: Le couple découvre la ruine et organise un faux cambriolage, avant d’être trahi par leur assureur. * Episodes 3 et 4: développent la pression sociale, les faux objets de luxe, la jalousie et les crises conjugales. * Episodes 5 et 6 : franchissent une nouvelle étape avec l’enlèvement de la mère de Rémi, des manipulations politiques et une confrontation finale avec la corruption.FIN DU SPOILER ⚠️.Arches narratives* Une arche familiale, qui révèle l’hypocrisie des parents. * Une arche sociale, qui dénonce la bourgeoisie corrompue et l’illusion du “club” mondain, face à la Cité qui peine à survivre et dont les habitants subissent les conséquences du système.* Une arche policière, où l’enquêtrice se retrouve confrontée à la difficulté d’investiguer sur ses propres connaissances.HumourRepose sur plusieurs registres : * Le comique de situation, quand un couple “normal” s’improvise cambrioleur, le contraste entre leur image bourgeoise et leurs actes illégaux crée l’effet comique.* L’humour de quiproquo et de vaudeville, avec mensonges en cascade, doubles vies, malentendus avec la police, situations domestiques qui dégénèrent.* La satire sociale, on rit de l’obsession des apparences, du désir de reconnaissance, de la peur du déclassement.Ce qui fonctionne* Un ton efficace, mêlant humour, émotion, satire sociale et suspense. * La complicité d’Éléonore Bernheim et Gil Alma, à la fois touchants et drôles, donne un vrai relief au couple central. Leur dynamique rend le duo attachant et crédible, et leurs scènes de mensonge conjugal ou de combine improvisée sont parmi les plus réussies de la série. * Les personnages secondaires, notamment les enfants, enrichissent l’arène familiale et permettent à la série d’explorer différentes facettes du déclassement et de l’obsession des apparences.* La réalisation de Stéphanie Pillonca, élégante et rythmée, apporte une vraie fluidité et soutient le mélange des tons. On sent une mise en scène précise mais jamais pesante, qui valorise les moments comiques. * Proposer une comédie familiale et populaire accessible tout en assumant un regard satirique sur la bourgeoisie et le déclassement, un registre encore peu exploré dans la fiction française de prime time.Ce qui fonctionne moins* Un manque de nuance: tous les riches sont représentés comme corrompus ou pervers, tandis que les autres sont dépeints comme honnêtes (ou malhonnêtes pour la bonne cause) et victimes d’un système qui les écrase. Ce manichéisme s’explique par le registre de la comédie, qui repose volontiers sur la caricature et l’exagération. Mais cette simplification appauvrit le propos. L’absence de nuance rend les situations lisibles et drôles, comme dans le vaudeville où chaque rôle est archétypal. Cependant, la nuance aurait pu enrichir le récit en ajoutant de la profondeur émotionnelle ou des renversements inattendus, à l’image de séries où les “méchants” se révèlent aussi pathétiques, touchants ou vulnérables. Ici, l’absence de demi-teintes produit un humour frontal et efficace, mais prive la série d’une subtilité qui aurait pu prolonger son impact.* Un manque de réalisme. De nombreux détails paraissent difficilement crédibles (Justine qui squatte chez la secrétaire, Rémi qui se met en danger et vole un appareil de cuisine à 90 euros comme s’il en valait 500€, les policiers qui identifient directement son véhicule volé…). Ces invraisemblances ne gênent pas la logique comique car la série assume un ton d’humour pur, mais elles affaiblissent l’immersion.* Une mécanique qui peut sembler répétitive. La série est riche en conflits, mais au bout du troisième cambriolage, on commence à anticiper la formule et à se lasser, ce qui amoindrit la tension dramatique. On aurait aimé davantage de surprises ou de retournements inattendus. De plus, l’absence d’ancrage territorial clair nuit à la cohérence : on a parfois l’impression que tout le monde se connaît dans la ville, ce qui réduit l’ampleur de l’arène sociale.* ⚠️ SPOILER - Certaines intrigues paraissent trop prévisibles. L’histoire d’amour entre Capucine et le jeune infirmier de la Cité prend des allures de coup de foudre un peu trop rapide : ils se rencontrent, s’embrassent presque immédiatement, puis se marient sans que l’on perçoive vraiment l’évolution de leur relation. On aurait gagné en intensité dramatique si ce lien s’était construit progressivement, en mettant davantage en avant le dilemme de Capucine : se marier pour le statut sous l’influence de ses parents, ou suivre son cœur au risque de les décevoir. Là encore, le mariage final paraît précipité et pas forcément nécessaire. Même constat pour d’autres péripéties : les Blanchet qui décident de cambrioler leur assureur, et qui tombent “par hasard” au moment où le couple part en week-end.* Ce déficit de profondeur touche aussi les arcs de personnages. Rémi, présenté comme un père “droit” (d’ailleurs ce n’est pas montré mais dit, cela aurait été plus impactant de le voir), qui se révèle menteur depuis toujours dès le second épisode, ce qui entre en contradiction avec sa droiture. On aurait gagné à faire porter le rôle de la droiture à Justine, qui aurait alors basculé progressivement dans le goût du cambriolage. Cela aurait rendu son évolution plus claire et plus intéressante. Capucine, bien incarnée, reflète la prison dorée d’un mariage de convenance, mais son dilemme aurait pu être renforcé en montrant plus explicitement la pression parentale et sa peur de décevoir. Lucas, de son côté, incarne bien le parallèle ironique entre l’hypocrisie des parents et ses propres vols de copies, mais sa relation avec la fille de flic aurait gagné à devenir un vrai conflit de loyauté : il aurait pu être pris entre l’amour et la famille, sa copine contrainte de l’espionner pour sa mère, lui obligé de lui mentir pour protéger ses parents. Cela aurait ajouté une tension dramatique bienvenue.Du côté des Malinsky, avec la femme flic, la dynamique reste trop sage. Le père, ancien ami d’université de Rémi, aurait pu entrer dans une vraie confrontation : trahi, en colère, partagé entre amitié et désillusion. Le potentiel dramatique n’est pas entièrement exploité. Quant à la famille de Rachida, elle fonctionne comme un contrepoint humoristique intéressant, mais son rôle reste anecdotique : on aurait aimé qu’elle soit plus active dans le récit - FIN DU SPOILER ⚠️.ConclusionDans de beaux draps est une comédie légère et rafraîchissante qui amuse par ses quiproquos et ses exagérations, mais dont les conflits manquent de consistance. Les dilemmes esquissés auraient pu être poussés plus loin sans nuire à l’humour, et les personnages auraient gagné à évoluer dans des nuances plus complexes. Le résultat reste plaisant, mais donne parfois le sentiment d’une comédie qui, en refusant d’approfondir ses enjeux, s’interdit une portée plus durable.Si vous attendez une satire très nuancée, où même les “méchants” révèlent une part d’ambiguïté ou si vous privilégiez la vraisemblance et la subtilité dramatique, vous risquez d’être un peu déçu.Par contre, regardez Dans de beaux draps si…* Vous aimez les comédies françaises légères, qui mélangent quiproquos, humour de situation et satire sociale.* Vous appréciez les séries familiales où chaque personnage,parents comme enfants, a sa part de contradictions.Regardez la série ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  40. 19

    ❤️‍🩹 Too Much (Netflix)

    🎬 Fiche techniqueSérie américaine et britannique en 10 épisodes de 37 à 58 minutes, Too Much est disponible sur Netflix depuis le 10 juillet 2025.Produite par Good Thing Going (la société de Lena Dunham) en collaboration avec Working Title Television (Tales of the City, Hanna) et Netflix Studios, la série marque le retour de Lena Dunham à la télévision depuis Girls.* Création, production exécutive & direction artistique : Lena Dunham (Girls)* Scénario : Lena Dunham & Luis Felber (son mari)* Réalisation : Lena Dunham et réalisateurs invités🎭 Avec : Megan Stalter (Cora Bora), Will Sharpe (The White Lotus S2), Emily Ratajkowski, Jessica Alba, Rita Ora, Andrew Scott, Michael Zegen, Kit Harington, Adèle Exarchopoulos, et Lena Dunham dans un rôle secondaire📍 Tournage : Royaume-Uni et États-Unis🎯 Genre : comédie romantique dramatique, autofictionInspirée de la relation réelle entre Lena Dunham et son mari Luis Felber, la série suit Jessica, une Américaine qui s’installe à Londres après une rupture, et qui navigue entre rencontres, blessures intimes et recherche d’un nouvel équilibre affectif.Côté réception, la série a suscité des réactions contrastées : elle n’a pas intégré le Top 10 streaming Netflix US lors de sa première semaine, mais a enregistré un indice de demande 22,3× supérieur à la moyenne selon Parrot Analytics, rivalisant avec Hacks ou The White Lotus.🔎 AnalyseLa nouvelle série de Lena Dunham, "Too Much", porte bien son titre : tout y est excessif. Une héroïne égocentrique et instable, des personnages secondaires surchargés de problématiques, une histoire d'amour toxique qui se veut romantique, et un rythme languissant, ponctué de scènes inutilement longues. Pourtant, la série ambitionne de dresser le portrait d'une génération en perte de repères, tiraillée entre quête d'authenticité et besoin d’adaptation sociale.Ni vraiment comédie, ni vraiment romantique, encore moins feel good…Too Much est présentée par Netflix comme une comédie romantique. Mais dès les premiers épisodes, le ton s’avère bien plus sombre qu’annoncé. L’idée d’une romcom modernisée, avec plus de réalisme et de complexité émotionnelle, pourrait être séduisante. Sauf qu’ici, le mélange ne prend pas. On attend d’une comédie romantique un minimum de légèreté, un effet feel good, or la série accumule au contraire les éléments dramatiques, voire tragiques, au point qu’il devient difficile de savoir ce que l’on regarde vraiment. Finalement, au lieu d’un équilibre subtil entre comédie et drame, Too Much donne l’impression d’un récit pesant, qui échoue à assumer son identité.Une héroïne… étouffanteJessica est un personnage difficile à suivre : constamment triste, en colère ou dans la plainte, elle parle sans arrêt d’elle-même, à ses proches comme à la caméra. Le procédé des vidéos adressées à Wendy, la nouvelle compagne de son ex, illustre cette obsession du "je" qui devient rapidement pesante. On peine à s'attacher à elle, malgré des éclats de vulnérabilité qui surgissent sporadiquement.Une romance qui manque de crédibilitéDès le premier épisode, Jessica rencontre Félix, musicien torturé. Leur rapprochement est immédiat et excessif, sans réelle construction émotionnelle. Leur relation, censée porter la série, souffre d'un manque flagrant de chimie à l’écran. Pire : Félix accumule les red flags (infidélité, dépendances, instabilité affective), sans que Jessica ne semble réellement s’en inquiéter. (SPOILER) La série valide implicitement l'idée qu’une relation toxique peut aboutir à un mariage heureux… (FIN DU SPOILER) un message discutable.Des personnages secondaires… trop nombreux et mal exploitésEntre collègues “woke” (je suis plutôt partisane d’introduire des personnages originaux et modernes en fiction, mais ici on frôle parfois la caricature… Or, au vu de l’image publique de Lena Dunham, qui défend l’inclusion et les figures hors cadre, il est difficile de croire que ce soit intentionnel, ce qui donne plutôt l’impression d’un raté), voisin énamouré sorti de nulle part, patrons dysfonctionnels et famille aux conversations gênantes, la série aligne une galerie de personnages secondaires dont on peine à saisir la fonction. Ni véritable série chorale, ni comédie de bureau, ce flottement narratif finit par alourdir l’ensemble.Une esthétique travaillée mais vaineCertains effets visuels stylisés et la bande-son soignée participent à l’ambiance mélancolique et pop. Mais ces artifices peinent à masquer le fond : l'intrigue principale stagne, les dialogues s'étirent, et les scènes sans enjeux se multiplient.Un propos flouLa série semble vouloir interroger la question suivante : Faut-il rester soi-même à tout prix ou s’adapter au monde qui nous entoure ? Le problème : la réponse semble être… (SPOILER) s’enfoncer dans une relation toxique alors qu’on ne s’est pas remis de sa rupture précédente, en épousant son nouveau copain après quelques mois de rencontre, en acceptant ses tromperies et ses dérives (mais il lui a dit la vérité donc tout va bien…). (FIN DU SPOILER) Un final qui laisse franchement perplexe.Un casting prometteur… sous-exploitéCe qui renforce la frustration face à "Too Much", c’est son casting impressionnant. Michaela Coel dans le rôle de Jessica, Will Sharpe dans celui de Félix, et en guests : Michael Zegen (Zev, l’ex), Emily Ratajkowski (Wendy), Andrew Scott (le réalisateur), Naomi Watts (la femme du boss), Adele Exarchopoulos (Poly), sans oublier Rita Ora en guest improbable. Même Kit Harington fait une apparition dans le rôle du père décédé.Malheureusement, cette distribution prestigieuse est rarement mise en valeur. Le problème vient-il de l’écriture, de la direction ou du jeu d’acteur lui-même ? Difficile à dire, mais certains choix laissent perplexe. Andrew Scott, pourtant habitué aux personnages ambigus, paraît ici particulièrement gênant. Michael Zegen, quant à lui, peine à rendre son personnage (Zev) crédible ou même intéressant.Dans cet ensemble, quelques surprises positives : Adèle Exarchopoulos, à l’aise dans une série internationale, avec un anglais fluide et un accent discret ; et Emily Ratajkowski, qui livre une performance étonnamment juste dans un rôle pourtant sous-écrit.Ce qui mérite néanmoins d’être salué :* (SPOILER) L’évocation rare des abus dans l’enfance par les femmes (la "nounou pédophile" de Félix) même si le sujet est survolé… (FIN DU SPOILER)* Une réflexion intéressante sur l’influence des relations passées sur les histoires présentes.* Quelques dialogues percutants.* Une bande-son efficace et un casting solide (malgré l'écriture incohérente des personnages).En résumé :"Too Much" ressemble à une autofiction générationnelle qui cherche à faire vrai, mais tombe un peu dans la caricature et le cliché. Entre la normalisation des substances, le recyclage des romances toxiques comme idéal amoureux, et une héroïne plus irritante qu’attachante, la série perd son propos sous une couche de prétendue modernité. Reste une série inégale, un peu "trop" sur tous les plans. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  41. 18

    La Rochelle 2025

    Le Festival de la Fiction de La Rochelle se tiendra du 16 au 21 septembre 2025. Cette édition aura une résonance particulière : Stéphane Strano, président du Festival depuis 2015, nous a quittés tragiquement le samedi 16 août 2025 suite à une longue maladie. Il aura été, pendant près de dix ans, l’âme bienveillante, chaleureuse et passionnée du festival.Cette édition mettra en lumière la création audiovisuelle avec plusieurs compétitions : séries unitaires, séries de 26’ et 52’, programmes courts, formats innovants, ainsi que les sections francophones étrangères et européennes hors compétition.Les jurys, composés de professionnels de l’audiovisuel et d’artistes, auront la lourde tâche de départager les œuvres en lice.🎧 Vous trouverez dans ce mail l’audio complet du podcast consacré à cette édition.👉 Si vous souhaitez écouter directement par catégorie, voici les liens correspondants :N’hésitez pas à me dire les séries/unitaires que vous avez le plus envie de voir ! This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  42. 17

    La Rochelle - Pitchs et projections spéciales

    Retrouvez les pitchs (Séquences 7, CEEA, SACD) et les projections spéciales (Empathie, Adami). This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  43. 16

    La Rochelle - Séries Francophones Internationales

    Retrouvez le programme écrit ici : COMPÉTITION FRANCOPHONE INTERNATIONALESéries plus de 20’ : Arcanes -- Dernière seconde -- Gâtées pourries -- L’Indétectable -- Lakantane, la Méduse -- Qui a poussé Mélodie ? -- Quiproquo.Séries moins de 20': Crapules -- Fleur de peau -- Ils sont parmi nous. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  44. 15

    La Rochelle - Programmes courts

    Retrouvez le programme écrit ici : PROGRAMMES COURTS.Au Fond du Trou -- Battle la Rényon -- Fleur bleue -- Friendcast -- Immeuble partagé. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  45. 14

    La Rochelle - Unitaires

    Retrouvez le programme écrit ici : UNITAIRESMonsieur -- Un autre père -- Une relation dangereuse -- Prisonnière. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  46. 13

    La Rochelle - Séries de 26'

    Retrouvez le programme écrit ici : SERIES DE 26':Bistronomia -- Extra-lucide -- Pécheresses. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  47. 12

    La Rochelle - Séries de 52'

    Retrouvez le programme écrit ici : SERIES DE 52'.- Comédie/Comédie dramatique : La Belle et le boulange -- Le Diplôme -- Ma femme est une espionne !- Drama : L’Affaire Laura Stern -- Les Saisons -- Si je veux.- Suspense : Désenchantées -- Je sais pas -- Il était deux fois -- Phœnix. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  48. 11

    La Rochelle - Fictions Événements

    Présentation des 8 FICTIONS EVENEMENTS :Les Disparues de la Gare -- Les Sentinelles -- Belphégor -- Merteuil -- Montmartre -- The Deal -- Le Parfum du Bonheur -- Culte - 2Be3. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  49. 10

    ⛪ Meurtres à Chartres (France 3)

    🎬 Fiche techniqueUnitaire de 90min, diffusé le 14 juin 2025 sur France 3 dans la collection Meurtres à…. Cet unitaire, porté par Gil Alma et Alexia Barlier, mêle enquête criminelle et légende locale autour de la Vierge enceinte.* Production : Les Films du Cygne (aussi derrière Les Bigornaux, un court-métrage d’Alice Vial et Clémence Madeleine-Perdrillat, et la série Extra diffusée sur Ciné+OCS), en coproduction avec France Télévisions, RTBF, RTS, avec le soutien de plusieurs régions françaises.* Scénario : Thomas Griffet (Brigade du Fleuve, Cassandre) et Lionel Pasquier (Meurtres à Orléans, Meurtres sur le lac Léman).* Réalisation : Sandrine Cohen (Meurtres dans le Cantal, Les Reclus).🎭 Avec : Alexia Barlier (La Dernière Vague, Toutouyoutou), Gil Alma (Nos Chers Voisins, Kaboul Kitchen), et un casting secondaire incluant Hubert Delattre, enfants et habitants de la région.📍 Tournage : Chartres, Maintenon, Château de Châteaudun (sept-oct 2024).🎯 Genre : Policier.De bonnes audiences :* Diffusion France 3 : 4,06 millions de téléspectateurs (27,7 % de PDA).* Avec replay : environ 4,8 millions de vues.Particularité : pour la première fois dans la collection, le duo d’enquêteurs est un couple marié à l’écran, en compétition pour le même poste de commissaire.🔎 AnalyseUn duo complice et piquantCe qui fait vraiment le sel de cet épisode, c’est le couple d’enquêteurs formé par Gil Alma et Alexia Barlier. Leur dynamique est vive, naturelle, et surtout pleine de piques amusantes. On sent une vraie alchimie entre les deux comédiens, qui s’amusent à jouer sur les tensions conjugales et professionnelles de leurs personnages. Ce plaisir est communicatif : on aime les voir se chercher, se défier, se compléter malgré leurs divergences. Cela apporte au récit une légèreté bienvenue, presque ludique, qui contraste efficacement avec l’atmosphère sombre de l’enquête.Une intrigue bien ficelée mais sans véritable twistSur le papier, le scénario coche toutes les cases du genre : un meurtre rituel dans la crypte de la cathédrale, une légende mystique autour de la Vierge enceinte, une compétition hiérarchique entre deux policiers. Mais on comprend assez tôt que le dénouement ne bouleversera pas les codes du genre. Les pistes sont claires, et certains comportements éveillent rapidement les soupçons… (SPOILER) notamment celui de la médecin légiste, qui adopte une posture froide, presque distante. Dès le milieu de l’enquête, son attitude suscite la méfiance. Pourtant, on se dit : “ce ne serait quand même pas quelqu’un des services de police”… Si. Ce choix peut décevoir : le twist, manque surtout de vraisemblance, car on peine à croire qu’un tel personnage, intégré dans l’équipe, puisse agir sans éveiller davantage de soupçons (FIN DU SPOILER).Un féminisme esquissé… mais inaboutiL’unitaire aborde à plusieurs reprises la question de la place des femmes au sein de la famille et dans la police, à travers le personnage de Victoire Templard, qui vise un poste de commissaire contre son propre mari. L’opposition homme/femme et le plafond de verre sont bien là. Mais le scénario semble rapidement reculer devant ces tensions. (SPOILER) Plutôt que de les assumer jusqu’au bout, il introduit un personnage masculin, qui vient résoudre la rivalité dans le couple puisque c’est lui qui recevra la promotion… désamorçant ainsi le conflit principal. C’est une solution de facilité, qui évite de se positionner clairement… quitte à frustrer une partie du public. DOMMAGE ! (FIN DU SPOILER).Des personnages secondaires touchantsLes personnages secondaires viennent contrebalancer un peu ces manques :* Le petit garçon, mis à l’écart par ses deux parents flics, touche par sa douceur et sa résilience.* Sa grand-mère pimente l’ensemble par son franc-parler, sa lucidité et son rôle de pilier familial.* Le collègue flic stressé et tiraillé au sein du couple, quant à lui, apporte des respirations comiques bienvenues.Ces figures apportent de l’émotion, de l’humour, et rendent l’univers moins rigide. Le polar devient alors plus tendre que tendu, un choix assumé par la réalisatrice Sandrine Cohen, qui joue sur les contrastes entre drame policier et comédie de couple.Une vraie ambiance, malgré un décor un peu désertLe tournage dans la crypte de la cathédrale de Chartres offre de belles séquences : lumière à la bougie, jeux d’ombre, atmosphère sacrée. La ville est bien mise en valeur… mais manque de vie. Peu de figurants, peu d’habitants dans les rues : cela donne un aspect un peu artificiel à l’univers. La ville semble hors du temps, comme figée pour les besoins de l’intrigue.ConclusionUn épisode chaleureux, esthétique, bien interprété, qui assume un ton plus soft et accessible que la moyenne des unitaires policiers. On regrette toutefois un manque d’ambition dans la résolution, et une dimension sur la condition féminine esquissée mais pas assumée.Dans l’ensemble, Meurtres à Chartres reste une proposition plaisante, portée par un duo solide et amusant, dont la complicité fait tout le sel.Regardez-le ICI (disponible jusqu’au 18/12/2025). This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

  50. 9

    🦎 Les Outsiders du Monde Animal (Disney+)

    🎬 Fiche techniqueMini-série documentaire en 5x35 min, disponible depuis le 16 juin 2025 sur Disney+ et le 22 juin 2025 sur National Geographic, Les Outsiders du Monde Animal renouvelle le genre du documentaire animalier. Co-produite par Maximum Effort, la société de Ryan Reynolds et Wildstar Films (filiale de Fremantle, spécialiste des docus nature), en partenariat avec National Geographic, elle mélange images spectaculaires, narration moderne et humour assumé.🎙 Narration : Ryan Reynolds (VO).🎵 Musique : Harry Gregson-Williams (Shrek, The Martian, Gladiator 2) + utilisation maline du titre Underdog de Green Day dans le teaser.📍 Durée : 5 épisodes d’environ 35 minutes.🎯 Genre : documentaire animalier pop & décalé, accessible à un public familial.De quoi ça parle ?Pas question ici de lions majestueux ou de dauphins photogéniques. Les Outsiders du Monde Animal s’intéresse aux marginaux du règne animal :Les tricheurs, les escrocs, les losers, les bêtes aux techniques douteuses, surprenantes… voire franchement répugnantes !Le tout est raconté sur un ton sarcastique et moderne, loin du documentaire animalier classique et solennel. On apprend en riant et ça marche.Une structure claire, un ton assuméChaque épisode explore un thème précis, ce qui évite l’effet “compilation d’images” et donne un vrai rythme :* Super-zéros : grenouille de verre, ratel, crevette-pistolet… des super-pouvoirs improbables.* Des Parents Terribles : stratégies parentales catastrophiques (mention spéciale au koala).* Bêtes de Sexe : séduction absurde et parade extravagante.* Braquage Animal : camouflage, tromperie et arnaques grandeur nature.* Qui veut être le plus dégueu ? : mucus anal, pets toxiques et autres horreurs de survie.Pourquoi ça fonctionne* La voix de Ryan Reynolds : sarcastique, rythmée, complice avec le spectateur.* Une approche éditorialisée : chaque épisode a un fil rouge clair, ce qui rend la série addictive.* Un montage pop : effets visuels stylisés, incrustations façon BD, transitions dynamiques.* Des images dignes de National Geographic : beauté visuelle et détails impressionnants.Résultat : un ton “pop culture” assumé, mais qui ne sacrifie jamais la qualité des infos.Ce que ça n’est pasSi vous cherchez un documentaire animalier sérieux, contemplatif et naturaliste, à la manière des classiques BBC Earth, ce n’est pas votre programme. Les Outsiders du Monde Animal est volontairement décalé, parfois irrévérencieux, et ne cache pas son ambition de divertir autant qu’instruire.ConclusionUn docu à la fois drôle, instructif et visuellement bluffant, qui renouvelle le genre en assumant un ton moderne. Idéal pour un visionnage familial ou pour s’offrir une pause intelligente et fun.Pour les curieux curieux, foncez : ICI. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit jomopodcast.substack.com

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